Présidentielle Niger, la chasse à la fraude au deuxième tour

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La Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’est engagée, avec la caution de l’armée, à corriger certaines insuffisances du processus électoral d’ici le deuxième tour de l’élection présidentielle au Niger, le 21 février.

L’e Niger se situe dans une zone grise
entre démocratie et dictature

A l’issue de deux jours d’échange sur l’évaluation des élections locales, législatives et du premier tour des présidentielles, en décembre dernier, les participants ont formulé 10 recommandations et le président de la CENI, Issaka Souna, a promis de « faire preuve de diligence et de vigilance » sur ces points.

La présence de l’armée en tant que garantie du bon déroulement du scrutin semble désormais faire l’objet d’un consensus. Issaka Souna l’a d’ailleurs remerciée pour son accompagnement « professionnel et efficace ».

Fraude dans les bleds éloignés

Les recommandations des participants visent essentiellement à limiter la fraude massive déplorée à l’occasion des différents scrutins de décembre et qui fait actuellement l’objet de poursuites devant les tribunaux. La fraude a été surtout constatée dans les zones reculées du pays, à l’occasion des opérations de vote et surtout, du dépouillement et de la transmission des résultats. La complaisance, le manque de vigilance ou la partialité de certains responsables locaux et régionaux de la CENI ont été largement dénoncés.

Cahier de doléances

Les revendications des protestataires sont les suivantes:

L’amélioration des dispositions sécuritaires de l’acheminement des agents, du matériel et des documents électoraux

La vérification de l’authenticité des procès-verbaux en présence des membres de bureaux de vote, pour éviter la réécriture ou la production de procès-verbaux a posteriori

Le renforcement des moyens d’acheminement des procès-verbaux de dépouillement à temps, le renforcement des modalités de la transmission des résultats des bureaux de vote à la commission

L’application stricte des dispositions du code électoral en cas d’abandon de poste des membres des bureaux de vote, et, surtout, le remplacement des « présidents de commissions électorales déconcentrées qui ont fait preuve d’indélicatesse et/ou d’incompétence. »

Présidentielle, le leader de l’opposition
dénonce la fraude du premier tour
dans les régions délaissées du Niger

Le candidat de l’opposition, Mahamane Ousmane, a rebondi sur cette dernière recommandation pour demander officiellement à la CENI de remplacer le président régional de la CENI de Zinder, le procureur du tribunal de grande instance Chaibou Moussa ainsi qu’une trentaine de présidents communaux, essentiellement dans les zones pastorales. Des participations hors norme ont été enregistrées et des faits graves de fraude constatés.

Zone grise

Les processus électoraux en Afrique se situent dans une zone floue qui n’est plus la dictature, mais pas encore une démocratie. Le Niger ne fait pas exception. Les protestations contre la fraude ont produit un certain effet, sans remettre en cause la légitimité du scrutin.

Le 21 janvier, le tribunal de grande instance de Dosso a annulé l’élection régionale de Dosso, les élections municipales des communes de Dosso, Garankedey, Goroubankassam, Karguibangou, Farrey, Tessa, Harikanassou et Matankari ainsi que les résultats de 38 bureaux de vote.

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