Le 10 novembre 2025, le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU a émis un avis sévère sur les conditions arbitraires dans lesquelles le régime du président tunisien Kaïs Saïed détient en prison le leader islamiste Rached Ghanouchi, la figure centrale et sophistiquée du printemps arabe après la fuite du général Ben Ali en Arabie Saoudite. La Tunisie tenta alors de réussir un alllage apaisé entre les valeurs des communautés musulmanes et celles des sociétés démocratiques.
Mondafrique publie les conclusions de ce groupe d’experts qui devraient être mentionnées prochainement dans le rapport que cette cette commission remet au Conseil des droits de l’homme. Avec l’espoir que les chancelleries occidentales exerceront enfin des fortes pressions sur la dictature tunisienne actuelle, l’alliée de l’Iran des mollahs et de la Syrie de l’ex Président Assad, pour qu’elle mette fin à l’arbitraire.

Qui se souvient que Rached Ghannouchi, chef historique et admiré des islamistes tunisiens, a été l’acteur majeur de la transition démocratique en Tunisie (2011-2019) après le départ forcé du pouvoir de l’ex président Ben Ali? Trop peu de monde, hélas, au sommet de l’État tunisien ou dans les chancelleries où seuls les États Unis, la Turquie et l’Allemagne ont protesté vigoureusement après l’arrestation du leader tunisien en 2023.
Cette figure incontournable de l’Histoire de la Tunisie s’est toujours inscrite dans le sillage des défuntes révolutions arabes, où la quête d’un ordre politique renouvelé avait conduit à repenser la place de l’islam dans la vie publique. C’est qu’à partir d’une tradition islamique marquée par la théologie du califat et la souveraineté divine, Rached Ghannouchi a tenté d’imoser une conception de la démocratie qui conjugue liberté, pluralisme et éthique religieuse.
Or le scandale, le voici: l’actuel Président, Kaïs Saïed, a imposé à la Tunisie une dictature médiocre, et a incarcére`é la plupart des figures importantes de la vie publique tunisienne, dont la plupart dans des conditions indignes. Le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU vient de s’élever notamment contre le sort réservé à l’ancien Président de l’Assemblée Tunisienne tunisienne, Rached Kheriji (dit Ghannouchi. Pas moins de douze procédures judiciaires distinctes ont été lancées contre lui, toutes truffées d’approximations, d’erreurs, de mensonges. Sans même évoquer les libertés prises par le pouvoir judiciaire tunisien avec les codes sophistiqués d’une nation qui a toujours manifesté un légalisme scrupuleux.
Ce qu’une des filles du « Cheikh » avait parfaitement résulé voici un an, en avril 2025, sans que grand monde dans les chancelleries occidentales ne hausse le ton à l’exception de la Turquie et des États Unis. « Mon père, bien qu’en mauvaise santé, a été maintenu en détention préventive, malgré les appels nationaux et internationaux à sa libération. Aujourd’hui, la vie de mon père est en danger. Il a été condamné le mercredi 5 février 2025 à 22 ans de prison, par le tribunal de première instance de Tunis à l’issue d’un procès sans fondement juridique, et ce, en plus d’autres affaires montées de toutes pièces. L’acharnement judiciaire dont il est victime vise non seulement sa personne, mais aussi ce qu’il incarne : l’idée qu’une Tunisie démocratique, inclusive et pluraliste est encore possible. À travers lui, c’est un pan entier de l’espoir démocratique tunisien que l’on cherche à faire disparaître, en effaçant la mémoire et les acquis d’une décennie de lutte pacifique ».
Des procédures bafouées
On découvre sur l’image ci dessus Rached Ghannouchi qui se rendait à la convocation d’un poste de police en février 2023. Rien n’indique la moindre velléité de violence ou même d’agressivité dans l’attitude sereine qui est la sienne. Les conditions de son arrestation deux mois plus tard sont d’autant plus extravagantes « Les 17 avril 2023, plus d’une conquantaine d’agents en civil auraient fait irruption au domicile de M. Kheriji. Celui ci aurait été arrêté sans qu’aucun mandatsoit présenté et tous ses documents personnels, ses appareils électriques et ses journaux auraient été saisis ». Cette intervention ressemblait plus à un enlèvement qu’à une arrestation/ « Il aurait été ensuite emmené vers une destination inconnue et privé de tout contact avec le monde extérieur ». Pendant quarante-huit heures, ses avocats ne parviendront à prendre contact avec l’ancien Président de l’Assemblée tunisienne.
Les mêmes n’auront pas plus de chance quand ils seront informés en toute dernière extrémité de la date des procès, ce qui les privera de toute possibilité de préparer la défense et expliquera leur absence durant l’audience
Deux jours après son arrestation, le leader islamiste est aperçu à la caserne de la Garde Nationale d’El Aouina et comparait pendant neuf heures devant un juge d’instruction qui émet un mandat de dépôt. Ce magistrat aux ordres accuse Ghannouchi de vouloir changer la forme de l’État et inciter le peuple tunisien à s’armer alors que de 2011 à 2013-.Autant de « prétextes » pour les experts de l’ONU qui pèsent leurs mots au trébuchet.
Des propos politiques ordinaires
En approfondissant leurs investigations, le groupe sur la détention arbiraire de l’ONU a fait la liste des jugements prêtés par la justice tuniisenne au chef du Mouvement Ennadha devenu la première force politique en Tunisie avant le coup d’2tat de Kaïs Saïed. Ces propos, mes voici:
-En témoignant à un procès d’un de ses compagnons de toure, Ghannouchi déclarait que ce dernier « ne craignait ni les puissants, ni les tyrans ». Cette appréciation fut considérée comme une offense fait à l’appareil sécuritaire
-La marginalisation des mouvements politiques sous l’actuel Président Kaïs Saïed qui a juste emprisonné la pluopart de ses opposants a provoqué ce jugement de Rached Ghannouchi: « Imaginer une Tunisie dans tel ou tel camp (…°, la Tunisie sans Ennahda, la Tunisie sans l’Islam politique, sans la gauche, ou toute autre composante est un projet de guerre civile ». De quoi être poursuivi dans l’étrange pays qu’est devenu la Tunisie pour « apologie du terrorisme »
-Les condamnations contre les atteintes à l’état de droit lui ont valu d’innombrables interrogatoires, alors que le 25 juillet 2021, Kaïs Saïed révoquait le Premier ministre, susêndait le Parlement,, s’octroyait le droit de légiférer par décret et s’attribuait, en un mot comme uen cent, la totalité des pouvoirs. Ce crime lui a valu notamment vingt deux ans d’emprisonnement pour conspiration contre la Sécurité de l’État.
Persécutions en tous genres.
Grace à cet avis écrit avec une sobriété extrême on apprend que cet homme malade et pieux né en 1941 est emprisonné dans la prison de Monarguia où son traitement contre la maladie de Parkinson a été interrompu et où il est interdit de toute activité commective, y compris les prières. Sa cellule est soumise à des variations de température extrèmes. Cette force d’ame qu’il a toujours montré lorqu’il fut condané dans une autre vie à la peine de mort par Bourguiba avant d’être gracié, lui a donné le courage d’entamer trois grèved de la faim depuis février 2024 en soutien aux prisonniers politiques de tous bords.
Et les experts de conclure après avoir mis en cause les lois tunisiennes sur le terrorisme, la torture ou la garde à vue n’étaient pas conformes au droit international, de conclure: « En l’espèce, M.Kheriji (alias Ghannouchi), en sa qualité de Président de la chambre des Représentants du peuple serait une figure politique éminent du pays et aurait été arrêté et poursuivi en raison de ses prises de position politiques publiques, sans qu’il soit démontré que celles cipuissent être interprétées comme des appels à la violence ou des menaces pour la sécurité nationale et l’ordre public. M.Kheriji aurait qu’exprimé ses positions de manière pacifique et exercé son droit à la liberté d’expression ».
Le Groupe de travail de l’ONU regrette de n’avoir reçu à temps aucune réponse de la part du gouvernement tunisien.
Maroc, la solidarité avec Ghannouchi, l’islamiste tunisien emprisonné
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