Le sondage publié ce 19 octobre en Cote d’Ivoire et signé par le réseau Afrobarometer, montre des Ivoiriens traumatisés par les violences post électorales de 2011, mais partagés en deux blocs sur le bilan économique du président Ouattara
Deux blocs irréductibles
Seulement 40% des sondés pensent que le décompte des résultats sortis des urnes se fait de manière « honnête ». Ils ne sont que 37% à estimer que les élections offrent aux citoyens un vrai choix. Les Ivoiriens, mar ailleurs, portent un regard partagé sur Alassane Ouattara. S’ils sont 64% à penser que le pays va dans la bonne direction (contre 41% qui pensent qu’il se dirige dans une mauvaise direction), ils ne sont que 40% à faire « totalement confiance » dans le président sortant. Leur regard sur l’état économique du pays est également plus contrasté que ce que laissent entrevoir les rapports élogieux sur la « croissance-presque-à-deux chiffres ». Seuls 45% des sondés pensent que l’économie se porte « très bien » ou « assez bien » quand 38% estiment qu’elle va « assez mal » ou « très mal ». Et 17% qui disent, prudents, qui s’abstiennent en disant qu’elle ne va ni bien ni mal. Des résultats néammoins qui suffiraient à contenter en France un François Hollande plus mal servi.
Pouvoir et opposition sont perçus avec méfiance par les électeurs. 64% des sondés font « peu » ou « pas » confiance au parti au pouvoir ; 66% font « peu » ou « pas » confiance à l’opposition. Cela dit, le clivage fondamental de la société ivoirienne apparaît quand il est demandé aux sondés s’ils pensent que l’opposition représente une alternative crédible. 38% disent oui, 40% oui, et le reste refuse de se prononcer clairement.
Globalement, la majorité des Ivoiriens est sans illusion sur leur classe politique. 62% d’entre eux pensent qu’elle sert ses propres ambitions ; et 33% estiment qu’elle est au service du peuple.
