ONU, l’intervention pathétique de la junte guinéenne

Le Premier ministre de Guinée, Bernard Goumou, a été l’un des derniers à prendre la parole à l’Assemblée générale des Nations unies. Devant une salle vide, il s’est livré à un exercice quelque peu suranné et aussi inutile que fastidieux.

Le Premier ministre a commencé par saluer l’Assemblée au nom de « son excellence le colonel Mamadi Doumbouya » dont il a égrené tous les titres : « chef de la transition, chef du CNRD, chef de l’Etat, chef suprême des Armées. »

Puis il a justifié le coup d’Etat du 5 septembre 2021 avec une épaisse langue de bois : « le CNRD a pris ses responsabilités pour permettre un développement inclusif et durable ». Il a dénoncé la mauvaise gouvernance d’Alpha Condé et la politisation à outrance qui régnaient sous ses deux mandats. Il a enchainé les poncifs pour lister tous les objectifs de son gouvernement : « bonne gouvernance, moralisation de la vie publique, rajeunissement de l’administration » Pour justifier la durée de la transition, Bernard Goumou, a usé de la vieille ficelle du long et nécessaire travail de recensement pour obtenir un fichier électoral exemplaire permettant une élection tout aussi exemplaire… Mamadi Doumbouya en tant que « panafricaniste avéré » (sic) est prêt à relever les défis.

Et pour prouver cette exemplarité, le Premier ministre a rappelé l’organisation du procès du 28 septembre 2009, qui attendait depuis 13 ans. Mamadi Doumboya, chef de l’Etat, chef des Armées, chef du CNRD, panafricaniste avéré l’a fait !

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)