Le Niger sombre dans la répression aveugle

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« Hier j’étais à la prison civile de Filingué pour rendre visite à un ami et j’y ai trouvé 16 élèves du département de Loga et Balleyara dont 4 mineurs » témoigne de source sûre un citoyen nigérien qui précise que 241 étudiants sont illégalement détenus dans des prisons et des lieux secrets.

Alors que le gouvernement du Niger essaie de faire diversion en menaçant de fermer les cités et restaurants de toutes les universités du pays à partir de lundi si la crise en cours depuis des mois à l’université de Niamey se poursuit et malgré l’appel d’ « Amnesty International », d’ « Oxfam », de « Front Line Defenders », de la coalition mondiale « Publiez Ce Que Vous Payez », de la campagne « Tournons La Page » et de « Reporters sans Frontières », la répression continue et s’accentue contre les étudiants, les jeunes et tous ceux qui désirent davantage de démocratie dans le pays,

contre M. Yahaya Badamassi, coordinateur régional de Alternative Espace Citoyen, accusé « d’appel au mouvement insurrectionnel » qui a été déféré à la prison civile de Zinder,

contre MM. Maikoul Zodi coordinateur du mouvement « Tournons la Page » et Ibrahim Diori qui ont été placés sous mandat de dépôt respectivement à Say et Kollo, deux villages au sud-est de Niamey,

contre MM. Abdoulaye Hamadou Koné, agent de l’Institut de Recherche et de Développement (IRD) et Mohamed Aminou Nassirou Hassane, étudiant en master Physique Fondamentale à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, qui ont entamé le 23 avril 2018 une grève de la faim pour protester contre leur détention à la prison civile de Daikaina sans être écoutés,

et contre tous les défenseurs des droits humains arrêtés par les forces de sécurité les dimanches 25 mars et 15 avril 2018 lors de manifestations organisées par la société civile pour appeler à l’abrogation de la loi de finance 2018 qui prévoit, entre autres, de nouvelles taxes sur l’habitation et l’électricité.

A cette occasion Mondafrique rappelle un discours du président Issoufou lors de la manifestation du FDD, le 14 Juin 2009, qu’il semble avoir étrangement oublié :  » Nous voici tous réunis, militants et sympathisants des partis politiques et organisations de la Société Civile, membres du Front pour la Défense de la Démocratie (FDD), dans cette gigantesque manifestation, afin de défendre nos acquis démocratiques et nos libertés civiles et politiques. En effet, le Président de la République, ignorant le glorieux passé de luttes du peuple Nigérien, a entrepris avec une rage particulièrement féroce, de démanteler l’édifice démocratique construit avec nos sueurs, nos larmes et notre sang. »

Certains pays ont aujourd’hui compris qu’il est difficile de considérer le Niger comme une démocratie. L’Allemagne et les Etats-Unis commencent à se démarquer d’une position complice et expriment leurs préoccupations par rapport à la situation des droits de l’homme dans ce pays où les libertés sont bafouées et menacées, mais la France se tait, et son président Emmanuel Macron, lors de son passage récent à Niamey a félicité le président Mahamadou Issoufou : « vous êtes un exemple pour la démocratie ».

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