Les questions sans réponses sur l’agression terroriste de Rambouillet

Partages

Les terroristes de Nice en 2016 et de Rambouillet cette semaine, Mohamed Boulhel et Jamel Gorchene, sont tous deux originaire de M’saken en Tunisie où ils ont été endoctrinés par un imam salafiste, Bechir Ben Hassen, qui a sévi entre la France et la Tunisie ces dix dernières années 

Tout démontre que depuis son arrivée en France en 2009, Jamel Gorchène a été l’objet d’une radicalisation lente mais  progressive, même si cette dernière a échappé, semble-t-il, à toute surveillance des services anti terroristes. ON ne s’explique pas comment la coopération anti terroriste entre la France et la Tunisie n’a jamais identifié la proximité entre le terroriste de Rambouillet et celui qui en 2016 à Nice provoque la mort de plus de quatre vingt victimes sur la promenade des Anglais

Tous deux étaient originaires d ela même commune près de Sousse en Tunisie, tous deux ont été au contact d’un Imam salafiste radical qui a évolué entre la France et la Tunisie en toute liberté malgré des appels à la décapitation des ennemis du Prophète.

Mohamed Salmin Bouhlel,: 86 morts, plus de deux cent blessés

Deux amis d’enfance

Lors de son arrivée sur le territoire français en 2009, le jeune tunisien rejoint à Nice un autre tunisien, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, installé depuis cinq ans. Tous deux amis d’enfance et tous deux originaires de la ville de M’Saken en Tunisie. La région niçoise est la terre d’émigration des Tunisiens de cette grande banlieue de Sousse. 

Menaces, violences et violences volontaires sur concubine, vol et dégradation s’égrènent entre 2010 et 2016. Les mains courantes s’accumulent contre Mohamaed Boulhel .En 2016, le même homme commet un attentat à Nice: 86 morts, 458 blessés. Personne ne comprend son geste.

En 2020, un Tunisien âgé d’une vingtaine d’années originaire de Sfax assassiné trois personnes en perpétrant un attentat à la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption, à Nic. Dix jours plus tôt, une vidéo était diffusée sur Facebook, prêchant en arabe la décapitation de tous ceux qui offensent le prophète Mahomet. L’auteur? Un certain Bechir Ben Hassen.

 Béchir Ben Hassen, la matrice

C’est un Imam populiste, proche de l’Arabie Saoudite , Béchir Ben Hassen, qui ara été à l’origine de la formation des deux apprentis terroristes.  Né à Msaken comme les jeunes terroristes de Nice et de Rambouillet, l’homme n’a rien d’un tueur, mais il est un de ces notables partisans de l’Islam politique, prédicateur appointé sur la chaine qatarie El Djazira, puis soutien des cadres du mouvement islamiste Ennahdha. Son rle étaitd’encadrer, pat des prèches enflammés, une jeunesse en voie de radicalisation. « Cet Imam piétiste, explique un universitaire,  tentait comme d’autres d’amortir le choc provoqué par l’islamisation du pouvoir et de la société ». .
Ce notable pieux n’a cessé de multiplier les allers et retours entre la Tunisie, le Maroc et la France. Béchir Ben Hassen a étudié à l’Institut d’Oum Al Qura à la Mecque, ainsi qu’à l’Université Américaine internationale de théologie islamique avant de suivre des cycles de formations au Centre Islamique et culturel de Bruxelles. Installér quelque temps au Maroc où il séjourne en prison, le Cheikh Béchir Ben Hassen rentre finalement dans son pays en 2014 après avoir passé neuf mois en détention en France à cause d’une plainte déposée par son épouse française pour avoir kidnappé ses enfants.

En 2016, ce prédicateur salafiste revient dans la région Parisienne où il résidera pendant quatre ans avant de repartir à M’saken en Tunisie. Comment de tels allers et retours d’une personnalité aussi sulfureuse ont-ils été tolérés par les services de renseignement français et tunisien? Quel rôle cet Imam radicalisé a-t-il joué durant toutes ces années auprès des jeunes tunisiens qui, depuis la même région de Sousse en Tunisie,  avaient émigré en France? Autant de questions sans réponses ! 

 

I

 

 

 

Partages
Previous articleBenin : Patrice Talon met en scène sa réélection
Next articleTony Blair, le digne héritier de la Françafrique
Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)