Mauritanie, le grigri du président Aziz

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Le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, qui hésite à se présenter en 2018 pour un troisième mandat anti constitutionnel, cherche à se prémunir contre le mauvais sort en faisant appel au fétichisme vaudou.

On savait le président mauritanien adepte des amulettes et autres sorcelleries. A de maintes occasions, ce dernier, qui ne fait confiance à personne, consulte des marabouts ou des sorcières pour voir clair dans son propre avenir.

Une discrète tresse

Tout dernièrement, on surprend le président Aziz dissimulant, dans ses cheveux, un grigri censé lui porter chance. Lequel grigri est une discrète barre horizontale dissimulée dans sa chevelure, à l’exception d’une terminaison, celle ci verticale et proche de sa nuque, qu’on aperçoit très bien sur la photo que Mondafrique a réussi à obtenir.

Il n’est pas sûr que les esprits censés protéger le président Aziz parviendront à le préserver des retombées des pratiques corrompues qui sont les siennes et à lui garantir un avenir tranquille, alors que la colère monte en Mauritanie.

Le 9 janvier dernier, le président mauritanien était attendu à Nouakchott pour prononcer un discours lors d’une journée « contre la haine et la haine », une mascarade pour un régime qui réprime et emprisonne les leaders anti esclavagistes. Or quelques minutes avant qu’il arrive, la tribune où il devait s’installer, s’est écroulée brutalement et sans raison évidente.

Hélas, plusieurs personnalités dont l’imam wahabite fondamentaliste de la grande Mosquée de Nouakchott, un des piliers du régime, étaient déja présents sur place. Un signe du sort? Après l’écroulement de la tribune, le pauvre ministre délégué au budget, Mohamed Ould Kembou a du être transporté sur une civière et évacué vers la France où il a été soigné depuis.

L’honnèteté, le meilleur porte-bonheur

En Mauritanie, beaucoup pensent que la Présidence avait fait appel pour construire la tribune officielle à une entreprise amie et payée au black dont le compétences étaient plus qu’hasardeuses. Le président Aziz ne fait en effet travailler que ses proches et ses obligés, qui sont rarement les plus aptes à remplir les missions qui leur sont confiées.

Mieux qu’un grigri dans les cheveux, une gestion transparente et honnète de l’argent public permettrait au Préisdent Aziz de dormir sur ses deux oreilles.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)