Mauritanie, la fin de règne du président Aziz

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L’opposant au régime mauritanien, Marega Baba, un des dirigeants de l’UFP, dénonce la répression et la violence qui ont saisi la Mauritanie depuis cet été.

La Mauritanie vit une situation, le moins que l’on puisse dire, très inquiétante dans cette période caractérisée par l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire  à des fins de règlement des comptes politiques – donnant encore une image de plus en plus dégradée du pays -, une répression sans précédente contre des sénateurs, de personnalités de la société civile, d’hommes affaires, une tentative de bâillonnement de la presse indépendante.

Pendant ce temps la misère s’amplifie gagne toutes les couches sociales et vient s’y ajouter une année qui s’annonce particulièrement catastrophique pour le monde rural avec des déficits pluviométriques dans la quasi-totalité du territoire national – jamais vu depuis plus de dix ans dans le pays selon les experts-.

Cette répression et cette violence du régime finissant de Ould Abdel Aziz, après son échec au référendum anticonstitutionnel inutile et coûteux – plus de six milliards d’ouguiya-, organisé le mois d’août dernier, peut faire basculer dangereusement le pays vers sa déstabilisation avec des conséquences non seulement internes – pays déjà soumis à des tensions internes de toutes sortes- mais aussi externes au vue de la  situation géopolitique et stratégique du pays dans une sous-région qui fait face aux terrorismes et aux narcotrafics.

Un peuple déterminé

L’instrumentalisation de l’appareil judiciaire semble destiner à impressionner, à intimider, à décourager et plus particulièrement à tenter de colmater, le vide, le désert et la solitude qui se dessine inéluctable autour de ce régime discrédité.

Le pouvoir se trompe de stratégie, et ceux qui le poussent dans la voie actuelle le conduisent irrémédiablement à sa perte, vers le suicide. Aucun pouvoir n’a pu perdurer dans la voie de la répression et dans la violence. La détermination d’un peuple aura toujours raison sur tout régime dictatorial et répressif.

Si ces mots ont encore un sens pour ce pouvoir, La sagesse et le patriotisme voudraient qu’Ould Abdel Aziz et son régime, pour les quelques mois qui leur restent encore à la direction du pays, s’engagent et engagent le pays dans la voie de la réconciliation nationale, la voie de la concorde,  donc créer ainsi les conditions d’une alternance pacifique et démocratique.

Ould Abdel Aziz et son régime peuvent-ils écouter et entendre enfin les voix la de raison, non de ceux qui n’ont que des privilèges et des intérêts égoïstes à défendre qui le pousseraient à la surenchère répressive et à la violence dont les conséquences pourraient être dangereuses pour le pays ? La Mauritanie mérite mieux.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)