Massacres au Niger: le ministre soutient l’armée

Le ministre de la Défense du Niger, Issoufou Katambe
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Le ministre de la Défense Nationale a pris ses distances avec les conclusions récentes de la Commission Nationale des Droits de l’Homme qui a estimé que les auteurs de massacres commis fin mars et début avril dans la région de Tillabéri avaient été commis par des membres de l’armée nigérienne.

Dans un communiqué daté du 11 septembre, Issoufou Katambé écrit que « l’armée ne se reconnaît nullement à travers les conclusions » sur les allégations de violations des droits humains à Tillabéri. Il rejette en particulier l’affirmation selon laquelle « il n’y a aucun doute que les auteurs sont des éléments des forces de défense et de sécurité. »

En effet, cette affirmation « pourrait être de nature à saper le moral des troupes, discréditer leurs actions dans leur combat contre les Groupes Armés Terroristes, les Groupes Criminels Organisés et troubler la sérénité de la conduite des opérations. » Le ministre réaffirme donc « que les FDS ont toujours fait montre de professionnalisme en respectant les Droits de l’Homme dans l’exécution de leurs missions. » Il rappelle que ces personnels reçoivent dès leur formation initiale un enseignement sur le droit de la guerre.

Dans une formulation alambiquée, il semble reprendre à son compte la thèse officielle initiale – pourtant contredite par les résultats de l’enquête – selon laquelle les massacres (plus de 102 personnes tuées entre mars et avril autour d’Inatès) auraient été commis par des terroristes se faisant passer pour des militaires nigériens.

Enfin, le ministre réitère, au nom du Président de la République et du gouvernement, sa « confiance aux forces de défense et de sécurité dans leur mission de défense de l’intégrité du territoire national ». Et il rappelle à la population que « les FDS sont engagées nuit et jour, au péril de leur vie, à assurer la libre circulation des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du pays. »

Il faut sans doute voir dans ce communiqué très politique l’expression de la volonté du gouvernement nigérien de soutenir les forces de défense et de sécurité, au prix d’un grand écart acrobatique entre sa loyauté à l’égard de l’armée nigérienne, secouée récemment par les révélations sur des détournements de fonds massifs dans le secteur de la défense, et un effort de vérité et de transparence qui a été salué par les enquêteurs en droits humains eux-mêmes.

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