Maroc, le film « Pastorales électriques » projeté à l’IMA

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Samedi 30 juin à 11h00, le film Pastorales électriques » le film d’Ivan Boccara sera projeté à l’Institut du monde arabe, 1 Rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris

Pastorales électriques témoigne du développement de la montagne marocaine, d’une modernisation qui bouleverse le mode de vie de ceux qui la peuplent.

En 2008, un projet national de « désenclavement des zones rurales » met la montagne en chantier. Partout dans le pays, on construit des routes et on électrifie.

On raconte les Pastorales électriques au sein d’un Maroc profond, dans la province d’Azilal, sur les plateaux d’altitudes et au creux des vallées entre le haut et moyen-Atlas. C’est là que s’ancrera ce film, sur un grand territoire qui change à vue d’œil. Les montagnes bouleversées s’érodent et se désertifient sous les pieds des bergers qui les peuplent. La vie pastorale se transforme, de nouvelles voies d’accès arrivent avec l’électricité au cœur du pays enclavé et se confronte à un monde, à là fois fort et fragile, rugueux et perméable.

La montagne est en chantier, mais la montagne se désertifie tant sur le plan écologique que démographique. Ce qu’offre le milieu ne suffit plus à la subsistance de la population. L’économie a été fragilisée par une surexploitation de la forêt, un appauvrissement des sols et des pâturages.

Teaser du film :

Deux époques se rencontrent et tendent à se confondre. Les berbères ont vécu sans électricité pendant des siècles. Les deux mondes qui se côtoyaient jusqu’à présent se superposent aujourd’hui de manière progressive et brutale à là fois.

L’électrification, la modernisation limitera-t-elle l’exode ? De toute évidence, c’est une page de l’histoire du Maroc qui se tourne.

Mots du réalisateur

 » Après Mout Tania et Tameksaout, deux films documentaires sur la vie des paysans et des bergers du Haut-Atlas marocain, Pastorales électriques, entre migration et développement vient compléter la trilogie d’un travail de recherche sur vingt ans.

Mout Tania, mon premier film, suivait de près la vie en autarcie d’une famille dans une vallée isolée de l’Atlas. Mon second film, Tameksaout, s’attachait à recueillir la mémoire de ce monde pastoral voué à disparaître à mesure que la région se modernise.

Après vingt années passées à sillonner ce pays, à côtoyer ses habitants devenus des amis, je peux désormais filmer au plus près de leur regard et de leur ressenti ce changement profond et imminent. Car plus que la transformation géographique et sociétale, c’est le bouleversement humain qui m’intéresse.

En l’espace de vingt ans, on est passé de l’autarcie à la précarité et de la précarité à la dépendance. Même si beaucoup s’enthousiasment pour la découverte d’un monde de consommations sans limites, d’autres critiquent cette modernisation aveugle. L’arrivée de l’électricité suppose que, progressivement, les populations auront également accès à l’éducation, aux soins et à des voies de circulations, pistes, routes… Mais dans quel ordre ? Et quels sont véritablement les besoins des gens ?

Bientôt, les cris des bergers se mêleront aux sons des télévisons du monde entier.  »

L’électricité et la route arrivent dans les zones les plus enclavées du Haut- Atlas marocain. Sur une période de huit ans, le film suit le long processus d’électrification de la montagne et témoigne des bouleversements que l’arrivée de la « modernité » engendre au sein du mode de vie pastorale. Ce documentaire est un voyage sur le fil, à la rencontre des habitants, de leur humanité et de leur poésie.

 

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