Maroc, la Mamounia en vente pour 600 millions d’euros

Partages

Les personnalités françaises, invitées par le Palais Royal dans le luxueux  hôtel de la Mamounia à Marrakech, devront-elles entamer une campagne de protestation?  La privatisation de l’établissement va les priver d’agréables séjours. 

Le projet marocain de loi de finances qui vient d’être déposé devant le parlement marocain pour 2019, prévoit de privatiser un certain ombre d’entreprises publiques, dont la célèbre Mamounia, le superbe place de Marrakech.

Mamounia 3 - Maroc, la Mamounia en vente pour 600 millions d'eurosLa Mamounia, qui perd une cinquantaine de millions d’euros par an, devrait être vendu pour 500 à 600 millions d’euros. Beaucoup à Rabat pensent que seul un groupe international est en mesure de mettre au pot de tels fonds et de rétablir l’équilibre financier de cet établissement prestigieux.

                                                                      Tous frais payés

Il faudrait pouvoir raconter les innombrables séjours des politiques et journalistes français invités depuis Hassan II et aux frais du Palais Royal dans ce magnifique établissement. Peu d’entre eux qui ne succombent pas à « l’effet Pastilla », cette pâte feuilletée fourrée de pigeon au miel et aux amandes que des milliers de touristes (et des centaines d’invités du Royaume) découvrent dans les Palaces de Marrakech, de Fez ou d’Agadir. On se rappelle l’épisode désormais célèbre de ce ministre français venu avec sa compagne, à l’époque du quinquennat de Jacques Chirac, et qui avait tout cassé dans sa suite après une scène de ménage, comme « le Canard » l’avait raconté. Le Palais Royal, bon prince, avait réglé la note, y compris la réparation des dommages.

Mamounia 2 300x200 - Maroc, la Mamounia en vente pour 600 millions d'eurosJadis l’homme d’affaires Abdelmoumen Diouri a croqué ces invités du Palais qui profitaient avec délices des invitations royales. « Apparemment aussi présentables et bien élevés que des mères de princes, un rien crispés, visiblement honorés, ils ont des sourires entends qui parlent de ce qu’en arabe on nomme tegr’a, les relents de festaille, de mangeaille ».

Il semble que la modernisation du Royaume marocain passe aujourd’huii par l’abandon de ces pratiques dont raffolaient les officiels français.

La Mamounia, au top des classements

La Mamounia a été sacrée encore le 9 octobre dernier “Meilleur Hôtel au Monde” et “Meilleur Hôtel en Afrique” par le magazine Conde Nast Traveler US. Trois années seulement après avoir reçu le Prix du Meilleur Hôtel au Monde par Conde Nast UK, le célèbre palace marrakchi est de nouveau sous le feu des projecteurs grâce au Conde Nast Traveler Choice, le prix le plus prestigieux de l’industrie hôtelière du luxe.

ALAN KEOHANE

 

                                               Au sommet du podium

Pour ce classement, plus d’un demi-million de lecteurs du prestigieux magazine ont participé à ce vote ayant donné à La Mamounia un score impressionnant de 99.77 sur 100. Avec, en prime, cinquante millions d’euros de déficit.

Partages
Article précédentGao (Mali), trois civils tués par un attentat suicide
Article suivantMauritanie, le rôle incontournable du général Ghazouani
Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)