Maroc, Bye Bye mister Abdelilah Benkirane !!!

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Le 8e Congrès national du mouvement islamiste, le PJD, aura lieu demain samedi. On connaitra le sort politique d’Abdelilah Benkirane, un ex-chef de gouvernement qui a su se rendre inoubliable.

Il reste encore une chance infime qu’Abdelilah Benkirane brigue un troisième mandat à la tête du Parti justice et développement. On croyait la question réglée par un “non” ferme, mais le jeudi 7 décembre, il a convoqué une réunion d’urgence du Secrétariat général du parti. Le but ? Etudier les possibilités que lui offrent quelques failles dans le règlement intérieur du parti. Il se trouve que l’article 105 du règlement qui limite le nombre des mandats à deux à la tête du parti n’est entré en vigueur qu’en 2012. Le premier mandant de Benkirane ayant eu lieu entre 2008 et 2012, il n’en serait, techniquement, qu’à son premier mandat.

Dans tous les cas, on connaîtra le sort de l’ex-Chef du gouvernement ce dimanche à l’issue du 8e congrès national du  » parti de la lampe ». Le refus final d’un troisième mandat peut signer la fin de sa carrière politique, mais l’on peut comprendre pourquoi certains s’accrochent becs et ongles au zaïm. Malgré ses défauts — des maladresses verbales, des sorties médiatiques qui tiennent plus du show biz que de la politique, ses pics dignes de mégères sur les “crocodiles” et les“démons”—, Benkirane l’ex-chef de gouvernement aura marqué les esprits et laissé une trace indélébile dans la scène politique marocaine.

On lui doit au moins ces quelques bonnes réalisations.

Moins pour le gasoil, mais plus pour l’éducation

Critiquée à juste titre par les partis de l’opposition pour avoir réduit le pouvoir d’achat des Marocains, la réforme de la caisse de compensation impulsée par Abdelilah Benkirane en 2014 a tout de même permis à l’Etat d’économiser 100 milliards de dirhams en deux ans, ce qui a permis de renflouer certains budgets ministériels — comme celui de l’Education — et calmer les inquiétudes des instances financières internationales.

Des cancers moins chers à traiter

Depuis 2015, les Marocains se saignent moins pour se soigner. Après un an de bras de fer entre le ministère de la Santé et les professionnels de l’industrie pharmaceutiques, les prix de 1578 médicaments ont en effet baissé de 10 à 80%. Cette réduction porte sur les médicaments prescrits pour le traitement des maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires, neurologiques, inflammatoires, infectieuses, gastro-intestinales, le diabète, l’asthme, ainsi que certains types de cancers et l’hypertrophie bénigne de la prostate.

Dit comme ça, on ne se rend pas compte à quel point la baisse des prix des médicaments a provoqué le soulagement de plusieurs citoyens. A titre d’exemple, le prix du Zometa 4, un médicament utilisée pour la prévention des complications de certains cancers de l’os, est passé de 4.041,40 dhs à 2.513 dhs grâce à cette réforme.

La santé des étudiants prise en compte

Avant, les étudiants étaient condamnés à traiter leur grippe avec un des bonbons mentholés écrasés et dilués dans un bol de lait chaud. Depuis janvier 2015, l’Assurance maladie obligatoire (AMO) couvre également les étudiants y compris étrangers, de l’enseignement public et du privé. Ce régime qui a nécessité une enveloppe budgétaire de 110 millions de dirhams, a profité à quelques 288.000 étudiants durant l’année universitaire 2015-2016, lesquels ont bénéficié de remboursements allant jusqu’à 70% pour les médicaments et 100% pour les maladies coûteuses. Quand à la prise en charge, elle vair entre 90% dans le cas d’une hospitalisation dans le secteur privé et 100% si on opte pour les établissements de soins publics. De quoi regretter d’avoir fait ses études à la mauvaise période…

La fin du « mika kahla » (sac en plastique)

Les sacs en plastiques noirs faisaient partie de l’identité visuelle marocaine, au même titre que les djellabas et les babouches… jusqu’à leur interdiction en juillet 2016. Et par interdiction, on veut dire qu’aujourd’hui, le moins scrupuleux épicier de quartier préfère se pendre que vendre un sac en plastique sous le bras.

Rarement une loi n’a été autant respectée en si peu de temps après son entée en vigueur. Rarement les Marocains ont changé leurs habitudes si facilement! Les voici soudain coupables de la consommation de neuf cent sacs par tête et par an. Nous en consommions tellement que le seul pays qui nous dépassait dans le domaine était les Etats-Unis. C’est que le gouvernement de Benkirane, via l’ex-championne de la COP22 Hakima El Haité, a décidé de frapper fort : une amende allant jusqu’à 1 million de dhs pour les fabriquants, et 500.000 dhs pour les revendeurs.

Un an et demi plus tard, c’est comme si les sacs en papier et en tissus ont toujours existé.

Pas de mariage pour les violeurs

En janvier 2014, les députés marocains ont voté en faveur d’un amendement scélérat de l’article 475 du Code pénal permettant à l’auteur d’un viol d’échapper à la prison en épousant sa victime. C’est vrai qu’il a fallu presque deux ans après le suicide de l’adolescente Amina Filali — qui avait ingurgité de la mort aux rats après avoir été forcé d’épouser son violeur ­— pour que le deuxième alinéa de cette loi soit supprimé.
Paradoxalement, c’est la seule victoire féministe de ces dernières années et nous la devons aux islamistes.

Reste que le projet de loi punissant les violences à l’égard des femmes impulsé par Nouzha Skalli en 2008 est toujours en stand by.

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