Maroc, les personnalités marquantes de 2017

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Qu’ils soient issus de la scène politique, du show biz, de la culture ou du sport, ces noms ont marqué l’année 2017. Une chronique de Nouhad Fathi

Abdelilah Benkirane, le grand perdant

L’année 2017 a dû être épuisante pour l’ex-zaïm du PJD, le mouvement islamiste marocain au pouvoir depuis 2011. Démis de ses fonctions comme Premier ministre, il aura connu des mois de blocage dus à l’impossibilité de trouver une majorité parlementaire. Une fois qu’il eut jeté l’éponge, l’ami Benkirane a bien tenté de briguer un troisième mandat au sein de son mouvement, mais il n’a réussi qu’à provoquer des querelles intestines interminables. Battu en décembre dernier par Saad-Eddine El Othmani, le leader charismatique qu’il demeure s’impose aujourd’hui un jeûne médiatique. Reviendra-t-il un jour sur la scène politique? Les Marocains l’oublieront-ils ? Une certitude, lui ne les oubliera pas. Et il ne renoncera pas!

Les islamistes, ces notables pieux, n’ont-ils pas l’éternité pour eux?

Mohamed Hassad, l’étoile filante

Sanction des écoles privées pour leurs pratiques frauduleuses, publication des noms des professeurs absentéistes, généralisation des bourses et de l’enseignement préscolaire… Mohamed Hassad était sur le point de révolutionner l’Éducation nationale comme ministre quand il a été limogé par le roi Mohammed IV suite après la publication d’un rapport accablant de la Cour des comptes sur le projet « Al Hoceima Manarat Al Moutawassit ». Le siège est désespérément vide à la tête du ministère de l’Éducation nationale.

Reste le souvenir d’un balbutiement d’espoir chez pas mal de Marocains!!!

 

Mahi Binebine, le lot de consolation

Il nous a offert une place parmi les finalistes d’un prix littéraire prestigieux, le Renaudot, qui change des têtes connues (Abdellah Taia, par exemple). Mais si le roman “Le fou du roi” — qui retrace la vie de son père, un des bouffons de Hassan II —n’a pas emporté la récompense, son auteur sera bientôt nommé chevalier de la Légion d’honneur en France.

 

Leila Slimani, un magistère très parisien

Après le Goncourt décroché en 2016 pour son roman “Chanson douce”, l’auteure franco-marocaine a signé une brillante enquête sur la sexualité des Marocains, intitulé “Sexe et mensonges”. Ce recueil de témoignages entrecoupés d’analyses a exaspéré plus d’un Marocain tellement il dégouline de vérités généralement tues.

Etait-ce le début d’un engagement solide pour la cause des femmes? On en doute. L’auteure a d’autres combats à mener du haut de son siège de représentante personnelle d’Emmanuel Macron à la francophonie.

 

Saad Lamjarred, toute honte bue

Laura Prioul, la victime présumée du chanteur marocain, est sortie de son silence le temps d’une vidéo poignante diffusée sur « Youtube » en novembre dernier. Ce qui n’a pas empêché un magazine masculin de la place d’accorder au délinquant présumé, Saad Lamjarred, une interview-fleuve et une couv’. Les Morocco Music Awards lui ont attribué un prix pour son vidéo clip “Let’s go”.

Cette année, le chanteur Saad Lamjarred a brillé en nous rappelant qu’au Maroc, les violences à l’encontre des femmes relèvent des trivialités.

 

Bouchra Ddeau, le degré zéro de l’ITV 

Imaginez que vous vous appeliez Aicha Ech-chenna et que vous ayez  passé toute votre vie à abriter des mères célibataires et à sauver l’avenir de leurs enfants dans un pays conservateur où les islamistes vous accusent d’encourager la prostitution. Imaginez qu’après des années de sacrifices, on finit quand même par reconnaître vos efforts ici et ailleurs à coups de prix prestigieux. Imaginez qu’un jour après un tel parcours une gamine un peu trash vous invite à son émission et vous humilie devant des milliers de spectateurs. “Étiez-vous vierge avant votre nuit de noces?”.

Croyez-le ou pas, Bouchra Ddeau a vraiment posé cette question à Aicha Ech-chenna lors de son émission éphémère diffusée sur Télé Maroc pendant le ramadan.

Hervé Renard, l’essai non transformé

Pour la première fois depuis 20 ans, le Maroc a réussi à se qualifier à la Coupe du Monde qui se tiendra cette année en Russie. Après, on a eu la malchance de se retrouver dans le même groupe que l’Espagne et le Portugal; mais Hervé Renard est juste sélectionneur de son équipe, pas un sorcier capable de contrôler l’avenir.

 

Hassan Hajjaj, le Andy Warhol africain

Le photographe marocain basé à Londres a eu une belle année. En plus de sa toute première exposition à Casablanca (jusqu’au 13 janvier à l’Atelier 21), celui qu’on surnomme le Andy Warhol de l’Afrique a pris en photo « Cardi B », la star montante du rap, pour la couv’ du New York Times. Rien que ça !

 

                                                               Salwa Akhannouch, du rose aux joues

Après la fermeture des Galleries Lafayette de Casablanca, Salwa Akhannouch a compris qu’en matière de maquillage, les Marocaines (comme toutes les filles du monde disposant d’une connexion internet décente) apprennent tout sur Youtube et achètent rarement des marques de luxe. Grâce à Yan & One, le vaste magasin dédié à la beauté que Salwa Akhannouch a ouvert récemment au Morocco Mall, les jeunes femmes n’ont plus besoin d’attendre que quelqu’un rentre des États-Unis pour acheter une palette de fards à paupières.

 

Nasser Zefzafi, le détonateur

Grâce au Hirak, le mouvement de protestation dans le nord du Maroc dont Nasser Zefzafi a été le leader avant son arrestation, plusieurs Marocains se sont intéressés à l’histoire du Rif. Mieux encore, des citoyens épris de patriotisme ont pris l’avion pour visiter Al Hoceima, cette ville belle et digne, mais délaissée depuis des lustres par le pouvoir central.

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