Mali, une mobilisation sans précédent pour le départ d’IBK

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A l’initiative notamment des religieux, une alliance sans précédent appelle à marcher, le vendredi 5 juin, pour exiger la démission du président malien IBK. Sur fond d’échecs à répétition d’un pouvoir malien corrompu et impuissant? 

Les principaux « parrains » de la marche de vendredi auront été le très influent imam Mahmoud Dicko, qui a déjà démontré depuis vingt ans sa puissante capacité de mobilisation et les leaders de l’opposition réunis au sein du Front pour la Solidarité et la Démocratie, présidé par Soumaïla Cissé. Du moins  jusqu’à l’enlèvement de ce dernier le 25 mars, dans des conditions mal éclaircies, dans sa circonscription de Niafunke.

Cette mobilisation sans précédent a lieu alors que des rumeurs font état d’une hospitalisation récente d’IBK en France. Le pouvoir malien est plus affaibli que jamais. 

L’alliance des religieux et des politiques.

L’imam wahhabite, qui avait pourtant soutenu Ibrahim Boubacar Keita lors du scrutin de 2013 à travers le mouvement Sabati 2012, a retourné son tapis de prière. Ce religieux, qui fut longtemps le patron tout puissant du conseil islamique au Mali, dénonce désormais la mauvaise gouvernance du régime et l’aggravation de la situation sociale, tout en contestant le modèle démocratique occidental.

Ce wahabbite, financé par le Royaume séoudien se présente désormais comme un violent opposant à la présence militaire française au Mali. Ce qui n’était pas le cas au moment de l’opération militaire française de 2013, lorsqu’il modérait les ardeurs de son ami Ag Ghali, qui avait pris le commandement du groupe djihadiste qui prétendait alors marcher sur Bamako, justifiant ainsi l’opération Serval des militaires français

La volonté de l’Imam Dicko de peser politiquement dans le jeu politique  malien n’a jamais été aussi claire. Sur fond d’un mouvement religieux identitaire , le seul qui mobilise des foules considérables, ce Frère Musulman, qui a favorisé la création d’écoles coraniques dans tout le pays,   attend que le pouvoir tombe entre ses mains comme un fruit trop mûr.

https://mondafrique.com/limam-dicko-parle-a-gouvernent-monde/

L’imam Dicko a invité les manifestants à se pas se rendre dans leurs mosquées habituelles et à se retrouver place de l’Indépendance pour une prière collective, et cela  avant la marche. Sa déclaration, lundi 1er, a été qualifiée par la Cour Constitutionnelle d’insurrectionnelle.

Cette fois, la démission du Président est exigée dans un contexte d’exaspération des Maliens qui semble atteindre un paroxysme, malgré la faible propagation du coronavirus dans le pays. Beaucoup de fonctionnaires ont passé le Ramadan sans salaire. Les enseignants sont en grève depuis six mois.

Inquiétudes pour Soumaïla Cissé

A l’Union pour la République et la Démocratie, le parti du chef de file de l’opposition, l’inquiétude grandit sur le sort du leader septuagénaire, Soumaila Cissé, dont on est sans nouvelle officielle ni preuve de vie.Le chef de file de l’opposition se déplaçait sans escorte alors que le Président IBK s’était porté garant de la sécurité de tous les candidats.

Beaucoup d’observateurs doutent de la sincérité des autorités dans leur volonté de le faire libérer, voire soupçonnent une possible passivité en amont, alors que président IBK tente de négocier la paix civile avec certains groupes armés. 

Une source fiable approchée par Mondafrique estime en des termes sans ambiguité que l’enlèvement de Soumaïla Cissé « sent mauvais ». https://mondafrique.com/mali-aqmi-negocie-cherement-la-liberation-de-soumaila-cisse/

Un contexte très tendu

Une contre marche à l’initiative du pouvoir, qui aurait, dit-on, distribué de l’argent à des scolaires pour les soudoyer, nourrit l’inquiétude de possibles affrontements violents.

Dans ce contexte très tendu, toutes sortes de rumeurs circulent dans le pays. Selon certains observateurs, qui ne cachent pas leur inquiétude, le Président IBK et son fils Karim se seraient même mis à l’abri temporairement, en attendant l’issue de la journée de vendredi.

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