Le sauvetage pathétique d’IBK par la CEDEAO

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Une délégation de la CEDEAO, envoyée par son président, Issoufou Mahamadou, au Mali, s’efforce de sauver Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le président malien décrié par une large frange de son peuple.
Une chronique de Moussa Tchangari

A Bamako, cette délégation, conduite par le ministre nigérien des affaires étrangères, M. Kalla Ankouraou, a rencontré tous les protagonistes locaux de la crise en cours ; mais, aussi et surtout ceux qui ont pris le contrôle du Mali : les ambassadeurs de la France, de l’Union européenne et des USA.
C’est un détail, mais c’est révélateur : les ambassadeurs des autres pays du monde ne sont pas concernés par ce qui se passe au Mali ; ils ne sont au courant de rien, leurs pays sont très petits et ne peuvent peser sur le cours des événements.

Au service de « la communauté internationale »


En bons nègres, les ministres ouest-africains ont parlé avec les représentants des grandes puissances impérialistes ; et ils ont reçu les consignes qu’ils devraient recevoir : demander aux Maliens mobilisés dans les rues de laisser tomber leur histoire de démission de IBK, offrir à ceux qui le veulent une place dans son gouvernement, et surtout inviter tout le monde à s’investir dans la mise en oeuvre des accords concoctés par la communauté internationale

Dieu merci, les Maliens ont bien retenu la leçon de 2012, lorsque la même CEDEAO leur demandait de régler la crise à Bamako, en leur promettant de s’occuper elle après de la crise au Nord du pays où des groupes armés avaient pris le contrôle de certaines localités : Ils ont préféré continuer leur lutte, plus que jamais déterminés, convaincus que, comme l’autre fois, la CEDEAO est là pour les divertir

Un président décrié


En 2012, les missions et réunions de la CEDEAO n’ont servi finalement qu’à préparer le terrain à l’invasion française et onusienne et à imposer aux Maliens un président qu’ils ont dû aller molester dans son palais; cette fois ci aussi on voit bien que les objectifs n’ont pas changé, il s’agit toujours d’imposer un président décrié, et peut être ouvrir la voie à quelque chose d’inédit.

Solidarité avec le vaillant peuple malien. Ne lâchez rien, IBK doit partir ; il doit être suivi par tous ceux qui ont vendu leurs pays. Ça suffit comme ça, il faut que le Sahel se réveille et se prenne en mains. La crise a commencé au Mali ; elle doit s’achever là et être enterrée dans un autre pays. Définitivement.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)