Macron appelle Ouatta pour contrer la junte malienne 

Après avoir tenté le tout pour le tout pour faire renoncer la junte militaire au pouvoir à Bamako de contracter les services de la société russe de sécurité Wagner, le président français Emmanuel Macron compte désormais sur l’intervention de son homologue ivoirien Alassane Ouattara pour arriver à ses fins.

Lors d’un dîner mardi soir à l’Elysée, qui n’était pas inscrit à son agenda officiel, Macron a exhorté Ouattara à convaincre le président de la transition malienne le colonel Assimi Goïta et son Premier ministre Choguel de « revenir à la raison ». Le choix de Ouattara pour obtenir des autorités maliennes ce que les menaces françaises n’ont pas permis d’atteindre ne relève pas du hasard. Pays enclavé, sans débouché maritime, le Mali dépend pour une grande partie du port autonome d’Abidjan pour ses importations. S’y ajoute le statut des doyens des chefs d’Etat de la sous-région de Ouattara depuis l’éviction du pouvoir du Guinéen Alpha Condé : un argument qui vaut son pesant d’or dans les rapports entre dirigeants africains. Reste maintenant à savoir si les arguments de Ouattara suffiront à faire reculer Assimi Goïta dont le rapprochement avec la Russie semble faire consensus parmi la junte militaire et dans l’opinion malienne. 

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)