Maâti Mounjib. Encore une bataille perdue pour le Makhzen

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L’historien marocain Maâti Mounjib observe depuis 9 jours une grève de la faim pour protester contre les multiples interrogatoires et interdictions de quitter le territoire dont il fait l’objet depuis des mois.

Maati_Mondjib

Le 13 octobre, le professeur universitaire Mâati Mounjib, connu pour ses sorties virulentes contre le Makhzen a été hospitalisé en urgence après des complications dues à la grève de la faim qu’il mène, mais également parce qu’il est diabétique et cardiaque. Cela fait des années que l’historien est en bisbille avec les autorités marocaines, notamment à cause d’une supposée proximité avec le prince Moulay Hicham et de certains travaux sur le secret des correspondances privées, notamment électroniques, dans le royaume.

Acharnement inutile

« Cet acharnement aveugle contre une personne est tout ce dont n’a pas besoin le Maroc », affirme un membre du parti au pouvoir, le PJD. Pourtant, c’est une procédure judiciaire émanant du ministère de la Justice dirigé par l’islamiste Mustapha Ramid qui a fermé les frontières devant Maâti Mounjib, accusé d’irrégularités financières dans la gestion de la société « Centre Ibn Rochd d’études et de communication ».

Pour venir en aide au gréviste de la faim, deux comités de soutien ont été constitués. Le premier au Maroc est composé d’une vingtaine de personnalités et présidé par le militant des droits de l’homme Sion Assidon. Le deuxième à l’international a porté à sa tête l’éminent philosophe américain Naom Chomsky. Cet élan de solidarité qui trouve un grand écho dans les réseaux sociaux met le makhzen dans de mauvais draps, puisque l’image véhiculée est celle d’un simple citoyen faisant face à l’acharnement de tout un système.

Balle perdue

«Le régime au Maroc a l’art de se fabriquer des ennemis gratuitement ou de mener des batailles perdues d’avance, même si sur le fond il a raison. Les autorités marocaines doivent savoir que la forme juridique que revêtent ses interventions est scrutée par les organisations internationales », explique sous couvert d’anonymat un membre du Conseil National des Droits de l’homme, instance qui s’est saisi du cas de Maâti Mounjib pour essayer de trouver une solution à feuilleton qui risque encore de s’enliser.

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