L’ombre de l’ex dictateur Yahya Jammeh plane en Gambie

 Les électeurs gambiens ont voté massivement dimanche lors d’un scrutin présidentiel censé tourner définitivement la page Yahya Jammeh chassé du pouvoir en 2016 après une dictature longue de plus de 20 ans.

Si elle a permis des changements sur le plan des libertés individuelles et collectives, l’élection il y a cinq ans du président sortant Adama Barrow n’a pas apporté la rupture avec l’ère Jammeh espérée par tant de Gambiens. En dépit du travail remarquable accompli par la Commission Vérité et Réconciliation nationale, les tortionnaires des années Jammeh n’ont jamais été inquiétés.

Plus grave, le président Barrow a nommé conseillers plusieurs proches de l’ancien dictateur, suscitant ainsi une grande déception parmi ses compatriotes.

Un secteur touristique dévasté

Dans ce contexte, la première urgence du président élu à l’issue du scrutin de ce dimanche sera de convaincre les Gambiens que l’ère Jammeh est désormais révolue. Réfugié en Guinée-Equatoriale après sa chute, l’ex-dictateur continue d’avoir une grande influence sur la vie politique de son pays, notamment à travers l’Alliance pour la réorientation et la reconstruction, le parti qu’il a fondé.

L’autre grand défi pour le nouveau président sera de relancer l’économie du pays après les coups durs portés par la pandémie du Covid-19 au secteur touristique, principale source de devises du pays.  

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)