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Voix de Gaza : musique et poésie de l’exil à l’IMA (6 février)

À Paris, l’Institut du monde arabe accueille une soirée exceptionnelle portée par des artistes gazaouis en exil. Musique et poésie s’y font mémoire vivante, résistance sensible et affirmation d’une création qui persiste malgré la guerre, l’exil et l’effacement.


 Radio Gaza

Le vendredi 6 février 2026, l’Institut du monde arabe accueille Voix de Gaza | أصوات غزة, une soirée musicale et poétique dédiée aux créations d’artistes gazaouis aujourd’hui en résidence en France. Organisé en partenariat avec l’Institut français de Gaza, l’événement donne à entendre des voix que la guerre et l’exil n’ont pas réduites au silence, mais qui continuent de créer, de transmettre et de résister par l’art.

Depuis le début de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, de nombreux artistes, intellectuels et chercheurs palestiniens ont été accueillis en France par des institutions culturelles et universitaires de premier plan, dans plusieurs villes du pays. Cette mobilisation exceptionnelle, portée par des dispositifs publics et une chaîne de solidarité impliquant de nombreux acteurs de la société civile, a permis à ces femmes et ces hommes de trouver refuge, mais aussi de poursuivre leur travail de création.

Éprouvés par la tragédie en cours à Gaza, par la séparation, par la perte parfois irréparable de proches, ces artistes ont pourtant continué à écrire, à composer, à jouer. Loin d’être une parenthèse, l’exil est devenu un lieu de création à part entière — fragile, douloureux, mais fertile. Voix de Gaza s’inscrit dans cette dynamique : faire entendre des œuvres nées dans la fracture, mais tendues vers la vie.

La soirée rend hommage aux bénéficiaires originaires de Gaza du programme PAUSE (Programme d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil), qui œuvre à la protection des libertés académiques et artistiques, tout en favorisant l’accueil et l’intégration de ces créateurs au sein d’établissements d’enseignement supérieur, de recherche et d’institutions culturelles. À travers ce concert et ces lectures, l’IMA affirme sa volonté de continuer à offrir une scène à ces artistes en 2026, afin que leurs parcours, leur courage et la qualité de leurs projets soient pleinement visibles du public français.

Au cœur de la soirée, le projet musical Radio Gaza, produit par l’association Al-Kamandjati, occupe une place centrale. Plus qu’un groupe, Radio Gaza est une expérience collective née de l’union de musiciens palestiniens originaires de Gaza. Ensemble, ils revisitent des chansons traditionnelles palestiniennes en y insufflant une énergie résolument contemporaine, entre rock, hip-hop, grooves urbains et arrangements traditionnels. Leur répertoire, riche en symboles, mêle des paroles profondes et engagées à des rythmes entraînants. Chaque morceau devient une ode à la résistance, à la vie, à l’amour et à l’espoir — une musique qui refuse le repli et affirme la joie comme acte politique.

Sur scène, les voix et les instruments dialoguent : le bouzouk de Moneim Adwan, le rap d’Abu Joury, l’oud de Mohammed Alhabbash, la basse de Khamis Abushaban, la guitare électrique de Mohammed Lomani, la batterie et les percussions de Sameh Abulaila. À leurs côtés, le violoniste Mohammed Hilles, qui a quitté Gaza pour étudier la musique à Paris-Saclay, prolonge ce fil tendu entre héritage et transmission.

La musique laisse aussi place à la poésie. Le poète, écrivain et performeur Mohammed Al Qudwa, originaire de la ville de Gaza, fait entendre une écriture ancrée dans l’expérience vécue. Son travail explore le corps comme lieu de mémoire, traversé par les thèmes du déplacement, de l’identité et de la réalité palestinienne contemporaine. À ses côtés, Doha al-Kahlout, poétesse de Gaza et professeure d’arabe, donne voix à une poésie à la fois intime et universelle. Autrice du recueil Asbah (Similarités), publié en 2018 aux éditions Dar Tarik, elle inscrit ses textes dans une langue précise, habitée par l’exil, la perte et la persistance.

À travers la musique et la poésie, Voix de Gaza | أصوات غزة ne se contente pas de témoigner. La soirée fait entendre des voix artistiques puissantes qui refusent l’effacement, portent une mémoire vivante et affirment que la création reste possible, même — et peut-être surtout — dans les contextes les plus violents. Une soirée où l’art devient espace de partage, de résistance et d’espoir.

Informations pratiques
Voix de Gaza | أصوات غزة
Vendredi 6 février 2026 – 19h30
Auditorium de l’Institut du monde arabe (niveau –2)
1 rue des Fossés-Saint-Bernard, Paris 5ᵉ
Soirée musicale et poétique – Radio Gaza
Production : Association Al-Kamandjati
En partenariat avec l’Institut français de Gaza