À la galerie Angalia, l’exposition Au cœur du bassin du Congo propose une immersion photographique dans l’un des territoires les plus vitaux et menacés de la planète. Le regard de Hugh Kinsella Cunningham relie paysages, communautés humaines et urgences climatiques.
Jusqu’au 28 février 2026, la Galerie Angalia présente Au cœur du bassin du Congo, une exposition photographique de Hugh Kinsella Cunningham, visible tout au long de la semaine du 6 février. Fidèle à sa ligne éditoriale, la galerie poursuit son travail de mise en lumière d’artistes engagés, attentifs aux réalités contemporaines de l’Afrique centrale et, en particulier, de la République démocratique du Congo.
Le bassin du Congo constitue l’un des plus vastes ensembles forestiers du monde et l’un des principaux régulateurs climatiques de la planète. Pourtant, ce territoire demeure largement absent des récits visuels dominants, souvent réduit à des chiffres, des alertes ou des images spectaculaires décontextualisées. Le travail de Hugh Kinsella Cunningham prend le contre-pied de cette approche. Son regard s’inscrit dans le temps long, celui de la présence, de l’observation et de la relation patiente avec les lieux et les populations.
L’exposition rassemble une sélection de photographies issues de plusieurs années de terrain. Le fleuve Congo y apparaît comme une colonne vertébrale, structurant les vies, les déplacements et les imaginaires. Autour de lui, se déploient des scènes de la vie quotidienne : pêche, transport fluvial, gestes agricoles, instants de repos ou de traversée. À ces images s’ajoutent des paysages plus silencieux — forêts denses, montagnes des Virunga, sommets des Ruwenzori — où la nature impose une présence presque écrasante, mais désormais fragile.
Ce qui frappe dans cette série, c’est l’absence de toute dramatisation forcée. La menace climatique, pourtant bien réelle, n’est jamais illustrée par l’effroi. Elle se lit dans les détails : la fonte progressive des glaciers, les transformations des écosystèmes, les adaptations quotidiennes des populations riveraines. La photographie devient alors un outil de compréhension, un espace de nuance, loin des récits catastrophistes qui saturent l’actualité environnementale.
Le travail de Cunningham se situe à la frontière du photojournalisme et de la photographie documentaire sensible. Il ne cherche pas à imposer un discours, mais à rendre visibles des liens : liens entre humains et milieux naturels, entre mémoire et territoire, entre exploitation et vulnérabilité. Chaque image semble poser la même question, en filigrane : comment habiter un monde en transformation sans en épuiser les ressources vitales ?
La galerie Angalia accompagne cette démarche par une présentation sobre, laissant au regard le temps de circuler. Spécialisée dans la mise en avant d’artistes vivant et travaillant en République démocratique du Congo, la galerie s’attache à défendre des pratiques visuelles ancrées dans le réel, mais ouvertes à une lecture globale. Ici, l’Afrique centrale n’est ni périphérique ni exotisée : elle est montrée comme un espace stratégique, au cœur des enjeux planétaires contemporains.
Au cœur du bassin du Congo dépasse ainsi le simple cadre de l’exposition photographique. Elle invite à une prise de conscience lente, presque silencieuse, où l’image agit comme un lieu de rencontre plutôt que comme un choc. Dans un contexte de crises écologiques accélérées, ce travail rappelle que la photographie peut encore être un outil de vigilance, de transmission et de responsabilité.
Informations pratiques
Galerie Angalia, 10–12 rue des Coutures Saint-Gervais, Paris 3ᵉ
Du 1er au 28 février 2026
Horaires habituels de la galerie
Entrée libre

































