De Grenoble à Abidjan, de la Seine-Saint-Denis aux scènes européennes, les musiques africaines et afro-diasporiques s’imposent au cœur d’une actualité culturelle dense. Festivals, concerts majeurs et sorties streaming dessinent une cartographie en mouvement où se croisent engagements, industries culturelles et nouvelles circulations artistiques, confirmant le rôle structurant de ces scènes dans les dynamiques contemporaines.
À Grenoble et dans toute l’Isère, le festival Détours de Babel déploie une programmation foisonnante où les musiques du monde dialoguent avec les créations contemporaines. Entre héritages, expérimentations et engagements, l’édition 2026 affirme une vision ouverte et profondément vivante des cultures.

Le festival Détours de Babel a ouvert le 13 mars 2026 à Grenoble avec une soirée inaugurale à la Belle Électrique, marquée par la rencontre entre l’artiste brésilienne Bia Ferreira et le groupe Arat Kilo, accompagné notamment de la chanteuse malienne Mamani Keïta et du rappeur américain Mike Ladd. Une ouverture dense et engagée, entre afro-jazz, spoken word et musiques politiques, qui a immédiatement posé les fondations d’une édition tournée vers les circulations culturelles.
Depuis, le festival se déploie à travers Grenoble et l’ensemble du département de l’Isère, confirmant sa singularité : un événement qui ne se contente pas de programmer des artistes, mais construit une véritable cartographie musicale. Détours de Babel revendique un « nomadisme ancré », une manière de faire circuler les œuvres et les publics tout en s’inscrivant profondément dans un territoire. Avec près de 80 concerts, 18 créations et une présence dans 34 communes, il s’impose comme un dispositif culturel à la fois ambitieux et accessible.
Le jeudi 19 mars, deux propositions ont illustré cette diversité. Le ciné-concert Samba Traoré, porté par Oriki et Woz Kaly, a exploré le dialogue entre image et musique, dans une logique de création immersive. Le même soir, L’Odyssée Transantarctic, interprétée par l’Ensemble Calliopée, a proposé une traversée sonore contemporaine, en résonance avec l’un des fils conducteurs de cette édition : l’océan, ses imaginaires et ses dérives.

Le vendredi 20 mars, le festival met à l’honneur une figure majeure des musiques du monde avec un hommage à Cesária Évora. Disparue en 2011, la chanteuse cap-verdienne a marqué durablement l’histoire musicale en portant la morna au-delà de son archipel. Le Cesária Évora Orchestra prolonge cet héritage à travers plusieurs voix contemporaines, dont Elida Almeida, Ceuzany, Lucibela et Teófilo Chantre. Ensemble, ils réactivent cette esthétique de la saudade, entre nostalgie, mémoire et désir d’ailleurs.
Dans le prolongement, du 20 au 22 mars, le projet Jawa Manla & Adèle Viret s’inscrit dans cette logique d’hybridation. Entre jazz et musiques du monde, il propose une écriture musicale ouverte, fidèle à l’identité du festival : croiser les influences, déplacer les repères et faire émerger de nouvelles formes.

Mais Détours de Babel ne se limite pas à ses temps forts. Il s’organise comme un parcours, une traversée sensorielle et intellectuelle. Le sourire de la chanteuse éthiopienne Etenesh Wassié, invitée notamment dans le cadre d’un brunch musical à Fort Barraux, incarne cette dimension à la fois accessible et exigeante. Le festival invite à emprunter des chemins de traverse, à découvrir des artistes qui inventent de nouveaux récits et redessinent les patrimoines musicaux.
La programmation met ainsi en lumière des figures engagées, qui interrogent les grands enjeux contemporains. Les performances de Bia Ferreira ou d’Arat Kilo rappellent que la musique peut être un espace de lutte et de prise de parole. D’autres artistes, comme Sona Jobarteh, inscrivent leur démarche dans une transmission active des traditions, tout en les projetant dans le présent.
Le festival explore également les innovations sonores et les nouvelles lutheries. Des projets comme Nusantara Splash ou les propositions de Grégory Dargent témoignent d’un intérêt pour les instruments détournés, les pratiques expérimentales et les formes hybrides. Cette attention portée aux sons, aux textures et aux dispositifs scéniques participe à une expérience immersive, où l’écoute devient un acte actif.

Les formats proposés reflètent cette diversité. Aux concerts s’ajoutent des brunchs musicaux, des ateliers, des rencontres, des événements destinés au jeune public et des interventions dans des lieux variés : musées, bibliothèques, écoles, hôpitaux ou encore sites patrimoniaux. Cette dispersion géographique et artistique constitue l’une des forces du festival.
Détours de Babel propose ainsi une autre manière de penser les musiques du monde.
Informations pratiques
Lieu : Grenoble et agglomération (Isère)
Dates : du 13 mars au 5 avril 2026
Temps forts à venir :
– 20 mars : hommage à Cesária Évora
– 20–22 mars : Jawa Manla & Adèle Viret
Artistes : Bia Ferreira, Arat Kilo, Mamani Keïta, Mike Ladd, Sona Jobarteh, Kolinga, Roberto Negro, Grégory Dargent, Elida Almeida, Ceuzany, Lucibela, Teófilo Chantre, Etenesh Wassié
Billetterie selon les lieux et événements
Didi B, roi du rap ivoirien, fait vibrer Abidjan le 21 mars
Le rap ivoirien franchit une nouvelle étape. Le samedi 21 mars 2026, Didi B se produit en concert live à la Salle Lougah François, au Palais de la Culture de Treichville, à Abidjan. Un rendez-vous stratégique pour un artiste qui s’impose depuis plusieurs années comme l’un des visages les plus visibles et structurants de la scène urbaine ivoirienne.

Ancien membre du groupe Kiff No Beat, Didi B s’est imposé en solo avec une trajectoire maîtrisée, marquée par une montée en puissance constante. Son positionnement repose sur un équilibre précis : ancrage local fort et ambition continentale. Ses titres, largement diffusés en Afrique francophone, combinent trap, drill et influences afro, avec un travail soigné sur la production et l’image.
Ce concert s’inscrit dans cette dynamique. L’annonce d’un format « 100 % live » n’est pas anodine. Elle traduit une volonté de se situer dans une logique de performance musicale réelle, au-delà des formats hybrides souvent dominés par le playback. Dans un contexte où la crédibilité scénique devient un critère central pour les artistes africains en expansion, ce choix marque un positionnement clair.
La Salle Lougah François, l’un des espaces emblématiques du Palais de la Culture, offre un cadre adapté à ce type de montée en gamme. Située à Treichville, au cœur d’Abidjan, elle constitue un lieu de référence pour les grandes productions locales. Le choix de cette salle renforce la dimension institutionnelle de l’événement, tout en maintenant une proximité avec le public urbain.
Didi B capitalise également sur une image de performeur. Ses prestations scéniques sont construites autour de l’énergie, de la précision et d’un rapport direct au public. Cette capacité à tenir la scène est aujourd’hui un élément déterminant dans sa reconnaissance, au-delà du succès digital.
Le concert du 21 mars s’inscrit aussi dans un moment particulier pour le rap ivoirien. Longtemps dominée par le coupé-décalé, la scène musicale du pays connaît depuis plusieurs années une diversification. Le rap, et plus largement les musiques urbaines, occupent désormais une place centrale dans les usages des jeunes publics. Didi B fait partie des artistes qui ont contribué à cette bascule.
Son influence dépasse le cadre strict de la Côte d’Ivoire. Il s’inscrit dans une circulation plus large des artistes africains, entre Abidjan, Dakar, Paris et d’autres capitales culturelles. Cette dimension diasporique est aujourd’hui un levier essentiel de visibilité et de structuration pour les carrières musicales africaines.
Le choix d’un dress code blanc et noir pour la soirée participe également à la mise en scène de l’événement. Il crée une unité visuelle, renforce l’identité du concert et s’inscrit dans une logique de branding désormais centrale dans l’industrie musicale. Le concert devient ainsi une expérience globale, où l’image, l’ambiance et la scénographie comptent autant que la musique.
Avec un tarif unique fixé à 30 000 FCFA, l’événement se positionne dans une gamme intermédiaire, accessible mais valorisée. Ce type de pricing traduit une évolution du marché local, où les concerts deviennent des produits culturels structurés, avec une montée en professionnalisation.
Au-delà de sa performance, Didi B, en occupant cette scène, participe à la redéfinition des standards du rap africain.
Informations pratiques
Lieu : Salle Lougah François, Palais de la Culture, Treichville (Abidjan)
Date : Samedi 21 mars 2026
Artiste : Didi B
Billet : Pass unique – 30 000 FCFA
Dress code: Blanc & Noir
Format : Concert 100% live
Les Amazones d’Afrique à La Merise le 21 mars
Le 21 mars 2026, La Merise accueille Les Amazones d’Afrique pour une soirée engagée au croisement de la musique et du militantisme. Porté par trois grandes voix maliennes, l’événement célèbre la culture africaine et les luttes contemporaines pour les droits des femmes.

Il y a des concerts qui dépassent le simple cadre musical pour devenir des prises de parole. La soirée consacrée aux Amazones d’Afrique, organisée le samedi 21 mars 2026 à La Merise dans le cadre du Mois des droits des femmes, appartient à cette catégorie. Plus qu’un événement culturel, elle s’inscrit dans une dynamique politique et symbolique où la scène devient un espace d’expression, de transmission et d’engagement.
Créé comme un collectif panafricain, Les Amazones d’Afrique rassemble des artistes qui placent la musique au cœur d’un combat : celui des droits des femmes sur le continent africain et au-delà. Pour cette soirée exceptionnelle, trois figures majeures de la scène malienne incarnent cette parole : Mamani Keïta, Oumou Sangaré et Mariam Doumbia. Trois voix singulières, trois trajectoires puissantes, réunies par une même volonté de faire de la musique un levier de transformation sociale.
Leur répertoire navigue entre traditions mandingues, sonorités contemporaines et influences électro, mais c’est surtout la dimension politique de leur démarche qui frappe. Les textes abordent des questions centrales : violences faites aux femmes, autonomie, dignité, liberté de choisir sa vie. Loin d’un discours abstrait, ces thématiques s’ancrent dans des réalités concrètes, portées par des artistes qui, chacune à leur manière, ont fait de leur carrière un espace de résistance.
La soirée s’ouvre pourtant bien avant le concert. Dès 17 heures, le conte « Le guerrier d’ébène » installe une première couche narrative, inscrivant l’événement dans une tradition orale africaine où les récits participent à la construction des imaginaires collectifs. À 18h30, les élèves du Conservatoire prennent le relais, accompagnés du Natangué Project, dans une séquence qui met en lumière la transmission et la circulation des savoirs artistiques entre générations et territoires.
Cette articulation entre différentes formes d’expression – conte, musique, performance – n’est pas anodine. Elle reflète une conception élargie de la culture, où l’art ne se limite pas à une production esthétique mais participe à une dynamique sociale plus large. La présence d’une restauration proposée par Fedde Amaadu Hampaate Bah à partir de 19h30 prolonge cette logique en inscrivant l’événement dans une expérience sensorielle complète, où la convivialité joue un rôle essentiel.
Mais c’est à 20h30 que la soirée atteint son point culminant avec le concert des Amazones d’Afrique. Sur scène, les voix se répondent, se croisent, se superposent. Elles racontent des histoires individuelles et collectives, des parcours marqués par les obstacles mais aussi par une énergie de résistance et de transformation. La musique devient alors un espace de circulation des émotions, mais aussi des idées.
Dans un contexte où les questions de genre occupent une place croissante dans les débats publics, la présence de telles artistes sur scène revêt une dimension particulière. Elles ne se contentent pas de représenter une culture : elles la mettent en mouvement, la questionnent, la politisent. Leur engagement dépasse les frontières nationales et s’inscrit dans une perspective globale, où les luttes locales résonnent avec des enjeux universels.

Organisée en partenariat avec le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, cette soirée s’inscrit ainsi dans une programmation qui cherche à faire dialoguer les publics, les disciplines et les territoires. Elle rappelle aussi que la scène culturelle française constitue aujourd’hui un espace important pour les expressions artistiques africaines et diasporiques, non pas comme simples objets d’exotisme, mais comme forces actives de création et de réflexion.
À La Merise, le 21 mars, la musique ne sera donc pas seulement un spectacle. Elle sera une parole. Une parole portée par des femmes qui, depuis des années, transforment leurs voix en instruments de lutte, et leurs chansons en espaces de liberté.
Informations pratiques
Lieu : La Merise, Trappes
Date : Samedi 21 mars 2026
Programme :
– 17h–18h : Conte « Le guerrier d’ébène »
– 18h30–19h30 : Conservatoire & Natangué Project
– À partir de 19h30 : Restauration (Fedde Amaadu Hampaate Bah)
– 20h30 : Concert Les Amazones d’Afrique
Artistes : Mamani Keïta, Oumou Sangaré, Mariam Doumbia
Réservation conseillée
En partenariat avec le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines
« Fatal Seduction » : la mécanique du désir sur Netflix
Avec sa troisième saison mise en ligne le 13 mars 2026, Fatal Seduction confirme son positionnement dans le paysage des productions africaines diffusées à l’international. La série sud-africaine poursuit une trajectoire claire : proposer un récit accessible, fondé sur des ressorts narratifs éprouvés, capable de maintenir une tension constante.

Le point de départ reste simple. Nandi Mahlati, professeure mariée, voit sa vie basculer après une relation extraconjugale. Très vite, l’intrigue dépasse le cadre intime pour s’installer dans un registre plus instable, où se mêlent secrets, manipulations et tensions familiales. Le récit s’élargit progressivement, introduisant une dimension criminelle et psychologique plus marquée.
Cette troisième saison se situe dans un temps décalé par rapport aux précédentes. Elle explore les conséquences des événements passés plutôt que de relancer entièrement l’histoire. Les relations se recomposent, les conflits s’intensifient et les enjeux deviennent plus diffus. La série avance par accumulation de tensions, plus que par rupture.
Le dispositif repose sur un mélange assumé de registres. Thriller, drame familial et érotisme coexistent sans hiérarchie nette. Les scènes intimes occupent une place importante et participent directement aux rapports de pouvoir entre les personnages. Le désir n’est pas seulement un moteur narratif, il devient un outil de contrôle, un levier de domination.
Le personnage de Nandi, interprété par Kgomotso Christopher, concentre ces tensions. Elle évolue dans un environnement où chaque choix produit des effets durables. Autour d’elle, les figures masculines structurent le récit à travers des logiques de rivalité, de manipulation et de pression. L’ensemble privilégie une intensité constante, parfois au détriment de la nuance.
Une série calibrée pour circuler
Fatal Seduction s’inscrit dans une logique de production propre aux plateformes. Le récit repose sur des codes immédiatement lisibles : intrigue linéaire, suspense progressif, rebondissements réguliers. L’objectif est de capter rapidement l’attention et de la maintenir.
Les thèmes — désir, trahison, culpabilité — sont traités de manière universelle, sans ancrage culturel trop spécifique. Ce choix facilite la circulation de la série à l’international. Elle peut être regardée sans effort d’adaptation, quel que soit le contexte du spectateur.
Cette accessibilité a un revers. La série privilégie l’efficacité à la complexité. Certaines critiques pointent une écriture inégale et une tendance à accumuler les effets plutôt qu’à construire une véritable progression dramatique. Le rythme, soutenu, compense en partie ces limites.
La série remplit néanmoins sa fonction. Elle propose un contenu cohérent, identifiable, qui s’inscrit dans les attentes du public des plateformes. Elle ne cherche pas à renouveler le genre, mais à en maîtriser les codes.
Au-delà de son intrigue, Fatal Seduction illustre une évolution plus large. Les productions africaines gagnent en visibilité, mais s’inscrivent de plus en plus dans des formats standardisés. La série témoigne de cet équilibre entre exposition internationale et adaptation aux logiques du streaming.
Sans ambition démonstrative, elle avance sur une ligne claire : efficacité, continuité, lisibilité. Une mécanique bien huilée, pensée pour durer.
Informations pratiques
Titre : Fatal Seduction – Saison Origine : Afrique du Sud
Sortie : 13 mars 2026 (Netflix)
Avec : Kgomotso Christopher, Prince Grootboom, Thapelo Mokoena
Genre : thriller, drame, érotique
Plateforme : Netflix
Davido en Europe : 7 dates pour frapper fort
Avec sa tournée 5ive Alive Tour, Davido investit l’Europe au printemps 2026. Sept villes, sept dates, un même objectif : livrer des performances calibrées et confirmer son poids sur une scène musicale désormais hautement concurrentielle.
La tournée européenne de Davido s’inscrit dans une logique précise : enchaîner des dates dans des salles identifiées, toucher des publics déjà acquis tout en élargissant son audience, et maintenir une présence régulière sur le circuit international.
Du 25 mars au 5 avril 2026, l’artiste nigérian traverse l’Europe avec un itinéraire efficace. La tournée démarre à Vienne (Raiffeisen Halle) le 25 mars, avant de se poursuivre à Zurich (The Hall) le 27 mars et à Rotterdam (Ahoy) le 28 mars. Elle se prolonge ensuite à Bruxelles (Ancienne Belgique) le 31 mars, puis à Stockholm (B-K) le 2 avril et à Copenhague (Poolen) le 3 avril, avant de se conclure à Barcelone le 5 avril.
Ce parcours ne relève pas du hasard. Il cible des villes où la demande existe déjà, avec des salles capables d’absorber une audience importante. La tournée privilégie la continuité et la densité plutôt que l’expansion dispersée.
Sur scène, le format est maîtrisé. Davido s’appuie sur une setlist rodée, construite autour de ses titres les plus identifiables, auxquels s’ajoutent les morceaux récents liés à son projet 5ive. L’ensemble repose sur une mécanique efficace : rythme soutenu, interaction constante avec le public, enchaînement rapide des titres.
Musicalement, le registre reste cohérent. L’Afrobeats constitue la base, enrichie d’influences amapiano et pop, sans rupture radicale. Le choix est clair : consolider une signature sonore plutôt que multiplier les expérimentations.
La force de Davido réside moins dans l’innovation que dans la constance. Il capitalise sur une identité stable, reconnaissable, qui fonctionne sur différents marchés. Cette régularité lui permet de maintenir une visibilité forte, dans un environnement où la concurrence est désormais structurée.
La tournée répond aussi à un impératif de présence. Dans un secteur dominé par les plateformes, la scène reste un levier central : elle permet de fidéliser, de monétiser et de renforcer l’image d’un artiste. Chaque date devient un point d’ancrage.
Le choix de terminer à Barcelone, dans un cadre plus festif, prolonge cette logique. Il ne s’agit pas seulement de performer, mais de maintenir une dynamique jusqu’au bout de la tournée.
Au final, la 5ive Alive Tour n’a rien d’une démonstration spectaculaire. Elle fonctionne plutôt comme une opération maîtrisée, efficace, pensée pour durer. Une tournée sans effet de manche, mais construite avec méthode.
Informations pratiques
Artiste : Davido
Tournée : 5ive Alive Tour (2026)
Dates européennes :
Vienne (Autriche), Raiffeisen Halle — 25 mars
Zurich (Suisse), The Hall — 27 mars
Rotterdam (Pays-Bas), Ahoy — 28 mars
Bruxelles (Belgique), Ancienne Belgique — 31 mars
Stockholm (Suède), B-K — 2 avril
Copenhague (Danemark), Poolen — 3 avril
Barcelone (Espagne), Afrobrunch — 5 avril
Informations pratiques
Artiste : Davido
Tournée : 5ive Alive Tour (2026)
Dates européennes :
Vienne (Autriche), Raiffeisen Halle — 25 mars
Zurich (Suisse), The Hall — 27 mars
Rotterdam (Pays-Bas), Ahoy — 28 mars
Bruxelles (Belgique), Ancienne Belgique — 31 mars
Stockholm (Suède), B-K — 2 avril
Copenhague (Danemark), Poolen — 3 avril
Barcelone (Espagne), Afrobrunch — 5 avril
Banlieues Bleues : jazz, luttes et diasporas en mouvement (27 mars- 17 avril)
Du 27 mars au 17 avril 2026, le festival Banlieues Bleues revient en Seine-Saint-Denis avec une édition resserrée et ambitieuse, mêlant jazz, musiques du monde et scènes afro-diasporiques dans une programmation audacieuse, politique et résolument tournée vers les circulations culturelles contemporaines.

Pendant trois semaines, la Seine-Saint-Denis se transforme en cartographie sonore en constante recomposition. Pour sa 43e édition, le festival Banlieues Bleues choisit de condenser son énergie du 27 mars au 17 avril 2026, en investissant dix villes du département et une quinzaine de salles. Loin d’un simple rendez-vous musical, l’événement s’affirme comme un espace de circulation des imaginaires, où les héritages africains, les diasporas et les expérimentations contemporaines se rencontrent, se frictionnent et se réinventent.
Cette année, la programmation assume pleinement son ambition : faire du jazz non pas un genre figé, mais un langage en perpétuelle transformation. Un jazz traversé par les mémoires coloniales, les luttes politiques, les hybridations culturelles et les esthétiques urbaines. Un jazz qui dialogue avec le rap, les musiques électroniques, les traditions africaines et les scènes du Sud global.
L’affiche du festival, signée par l’illustratrice Calixte Bernard, donne d’ailleurs le ton. Elle met en avant le public lui-même, comme pour rappeler que Banlieues Bleues est avant tout une expérience collective, un lieu où se fabrique une écoute partagée, attentive aux mutations du monde.
Dès la soirée d’ouverture, le 27 mars à Pantin, le festival annonce la couleur. Le projet Twende Pamoja, réunissant la Nigériane Aunty Rayzor, la Tanzanienne Kadilida et le violoniste Théo Ceccaldi, incarne cette volonté de brouiller les frontières. Le singeli tanzanien y croise des flows rap et des textures instrumentales inattendues, dessinant une musique à la fois ancrée et déterritorialisée.
Dans la foulée, la DJ Edna Martinez prolonge cette dynamique avec ses sets inspirés de la culture picó colombienne, elle-même nourrie d’influences africaines. Une manière de rappeler que les circulations musicales ne sont jamais univoques, mais tissées d’allers-retours, de détours et de réappropriations.
Héritages vivants, modernités réinventées
Au cœur de cette édition, une idée traverse l’ensemble de la programmation : les héritages ne sont pas des archives figées, mais des matières vivantes à réactiver. Le festival met ainsi en lumière des artistes qui travaillent la mémoire musicale pour en faire un terrain d’expérimentation.
Le 29 mars à Épinay-sur-Seine, l’Orchestre de la Crèche, venu de Kinshasa, offre une relecture vibrante de la rumba congolaise. Cette musique, longtemps associée à une forme de nostalgie, retrouve ici une vitalité nouvelle, portée par une scène locale qui ne cesse de la réinventer. Sa présence pour la première fois en France constitue un moment fort du festival.
Dans un autre registre, le projet Love & Revenge, programmé le 4 avril à Saint-Denis, revisite le répertoire d’Oum Kalthoum. Mais loin de la simple reprise, il s’agit d’une transfiguration. La musique devient un espace visuel et sonore où se rencontrent tradition arabe et esthétiques contemporaines, dans un geste artistique qui interroge la transmission autant qu’il la célèbre.
Le festival accorde également une place importante aux traditions musicales africaines revisitées. Le 9 avril à Saint-Ouen, Maalem Houssam Guinia fait résonner la musique gnawa dans une dimension à la fois spirituelle et contemporaine. À ses côtés, Retro Cassetta, surnommé « l’homme aux 20 000 cassettes », explore les archives sonores du Maghreb, révélant des trésors oubliés et leur redonnant une nouvelle actualité.
Cette tension entre passé et présent se retrouve aussi chez des artistes comme Sombat Simla, qui détourne les sonorités traditionnelles thaïlandaises, ou encore le duo Guillaume Latil et Matheus Donato, qui tisse des liens subtils entre jazz et choro brésilien. Autant de propositions qui témoignent d’un monde musical en constante recomposition.
Musiques, luttes et imaginaires politiques
Mais Banlieues Bleues ne se contente pas d’explorer les formes musicales. Le festival interroge aussi leur dimension politique. Cette année, cette réflexion prend une forme particulièrement marquante avec la projection du documentaire Soundtrack to a Coup d’État de Johan Grimonprez, le 31 mars au cinéma Le Trianon à Romainville.
Le film revient sur l’assassinat de Patrice Lumumba, figure majeure des indépendances africaines, en mettant en lumière un angle original : le rôle du jazz dans les stratégies de soft power des États-Unis pendant la guerre froide. À travers les musiques d’Abbey Lincoln, Max Roach, Nina Simone ou encore Dizzy Gillespie, le documentaire montre comment le jazz a été utilisé à la fois comme outil de propagande et comme langage de résistance.
Cette ambivalence traverse l’ensemble du festival. Elle se retrouve dans les performances d’artistes qui interrogent les rapports de pouvoir, les héritages coloniaux et les identités contemporaines. Le projet Aïchoucha de Khalil EPI, par exemple, révèle la richesse des musiques traditionnelles tunisiennes tout en les inscrivant dans un dispositif scénique contemporain.
De même, la présence d’artistes comme Uzi Freyja, qui ouvre le festival avec un rap-électro-twerk intense et engagé, ou encore KeiyaA, dont la musique échappe à toute catégorisation, témoigne d’une volonté de bousculer les normes. Ici, les genres se mélangent, les identités se recomposent et les récits dominants sont remis en question.
Le festival donne également une visibilité forte aux artistes féminines qui réinvestissent des traditions longtemps réservées aux hommes. Asmaa Hamzaoui, avec son groupe Bnat Timbouktou, en est un exemple emblématique. En s’imposant dans l’univers gnawa, elle ouvre un espace inédit, à la fois musical et symbolique.
Enfin, Banlieues Bleues continue de penser la musique comme un espace de circulation globale. Des sound systems colombiens aux scènes nord-africaines, des expérimentations électroniques aux traditions africaines, la programmation dessine une cartographie décentrée, où les périphéries deviennent des centres.
Informations pratiques
Festival Banlieues Bleues – 43e édition
Du 27 mars au 17 avril 2026
Seine-Saint-Denis (10 villes) + Paris
37 groupes – 23 soirées
Lieux principaux :
– La Dynamo (Pantin)
– Théâtre Berthelot (Montreuil)
– Studio Zéro – Académie Fratellini (Saint-Denis)
– Le Trianon (Romainville)
– Divers lieux à Saint-Denis, Saint-Ouen, Épinay-sur-Seine, Aubervilliers
Événements à retenir :
– 27 mars : ouverture avec Twende Pamoja (Pantin)
– 29 mars : Orchestre de la Crèche (Épinay-sur-Seine)
– 31 mars : projection Soundtrack to a Coup d’État (Romainville)
– 4 avril : Love & Revenge (Saint-Denis)
– 9 avril : Maalem Houssam Guinia & Retro Cassetta (Saint-Ouen)
– 17 avril : clôture avec Konono n° 1 (Aubervilliers)
Accès : Navettes gratuites disponibles pour certains concerts (Stains, Clichy-sous-Bois) sur réservation.
Réservations : 01 49 22 10 10



































