Le 21 mars 2026, La Merise accueille Les Amazones d’Afrique pour une soirée engagée au croisement de la musique et du militantisme. Porté par trois grandes voix maliennes, l’événement célèbre la culture africaine et les luttes contemporaines pour les droits des femmes.

Il y a des concerts qui dépassent le simple cadre musical pour devenir des prises de parole. La soirée consacrée aux Amazones d’Afrique, organisée le samedi 21 mars 2026 à La Merise dans le cadre du Mois des droits des femmes, appartient à cette catégorie. Plus qu’un événement culturel, elle s’inscrit dans une dynamique politique et symbolique où la scène devient un espace d’expression, de transmission et d’engagement.
Créé comme un collectif panafricain, Les Amazones d’Afrique rassemble des artistes qui placent la musique au cœur d’un combat : celui des droits des femmes sur le continent africain et au-delà. Pour cette soirée exceptionnelle, trois figures majeures de la scène malienne incarnent cette parole : Mamani Keïta, Oumou Sangaré et Mariam Doumbia. Trois voix singulières, trois trajectoires puissantes, réunies par une même volonté de faire de la musique un levier de transformation sociale.
Leur répertoire navigue entre traditions mandingues, sonorités contemporaines et influences électro, mais c’est surtout la dimension politique de leur démarche qui frappe. Les textes abordent des questions centrales : violences faites aux femmes, autonomie, dignité, liberté de choisir sa vie. Loin d’un discours abstrait, ces thématiques s’ancrent dans des réalités concrètes, portées par des artistes qui, chacune à leur manière, ont fait de leur carrière un espace de résistance.
La soirée s’ouvre pourtant bien avant le concert. Dès 17 heures, le conte « Le guerrier d’ébène » installe une première couche narrative, inscrivant l’événement dans une tradition orale africaine où les récits participent à la construction des imaginaires collectifs. À 18h30, les élèves du Conservatoire prennent le relais, accompagnés du Natangué Project, dans une séquence qui met en lumière la transmission et la circulation des savoirs artistiques entre générations et territoires.
Cette articulation entre différentes formes d’expression – conte, musique, performance – n’est pas anodine. Elle reflète une conception élargie de la culture, où l’art ne se limite pas à une production esthétique mais participe à une dynamique sociale plus large. La présence d’une restauration proposée par Fedde Amaadu Hampaate Bah à partir de 19h30 prolonge cette logique en inscrivant l’événement dans une expérience sensorielle complète, où la convivialité joue un rôle essentiel.
Mais c’est à 20h30 que la soirée atteint son point culminant avec le concert des Amazones d’Afrique. Sur scène, les voix se répondent, se croisent, se superposent. Elles racontent des histoires individuelles et collectives, des parcours marqués par les obstacles mais aussi par une énergie de résistance et de transformation. La musique devient alors un espace de circulation des émotions, mais aussi des idées.
Dans un contexte où les questions de genre occupent une place croissante dans les débats publics, la présence de telles artistes sur scène revêt une dimension particulière. Elles ne se contentent pas de représenter une culture : elles la mettent en mouvement, la questionnent, la politisent. Leur engagement dépasse les frontières nationales et s’inscrit dans une perspective globale, où les luttes locales résonnent avec des enjeux universels.
Organisée en partenariat avec le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, cette soirée s’inscrit ainsi dans une programmation qui cherche à faire dialoguer les publics, les disciplines et les territoires. Elle rappelle aussi que la scène culturelle française constitue aujourd’hui un espace important pour les expressions artistiques africaines et diasporiques, non pas comme simples objets d’exotisme, mais comme forces actives de création et de réflexion.
À La Merise, le 21 mars, la musique ne sera donc pas seulement un spectacle. Elle sera une parole. Une parole portée par des femmes qui, depuis des années, transforment leurs voix en instruments de lutte, et leurs chansons en espaces de liberté.
Informations pratiques
Lieu : La Merise, Trappes
Date : Samedi 21 mars 2026
Programme :
– 17h–18h : Conte « Le guerrier d’ébène »
– 18h30–19h30 : Conservatoire & Natangué Project
– À partir de 19h30 : Restauration (Fedde Amaadu Hampaate Bah)
– 20h30 : Concert Les Amazones d’Afrique
Artistes : Mamani Keïta, Oumou Sangaré, Mariam Doumbia
Réservation conseillée
En partenariat avec le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines




























