Le 23 janvier, sous l’arbre à palabres du Burkina Faso, Hassane Kassi Kouyaté rend hommage à son père Sotigui à travers des contes initiatiques vivants, entre mémoire griotique, humour, sagesse et dialogue avec le public.
Avec L’Arbre à palabres, Hassane Kassi Kouyaté rend hommage à son père Sotigui Kouyaté, figure majeure du théâtre et du cinéma africains, originaire du Burkina Faso. Plus qu’un spectacle, il s’agit d’un voyage sensible dans l’univers du conte, tel qu’il se transmet depuis des générations sous l’arbre à palabres : un espace de parole partagée, de sagesse collective et de lien vivant entre les êtres, profondément ancré dans les traditions ouest-africaines.
Sur scène, Hassane Kassi Kouyaté convoque des récits initiatiques venus d’Afrique et d’ailleurs, mais dont les racines plongent dans l’imaginaire et la culture du Burkina Faso. Des histoires pleines d’humour, de poésie et de profondeur, portées par une parole incarnée, rythmée, attentive à l’écoute du public. Loin d’une narration figée, le conte devient un moment d’échange : les spectateurs sont invités à réagir, répondre, rire, parfois même à entrer dans le jeu. Cette interaction constante recrée l’atmosphère conviviale des veillées traditionnelles, où la frontière entre celui qui raconte et ceux qui écoutent s’efface.
Cet hommage prend tout son sens à la lumière du parcours singulier de Sotigui Kouyaté. Issu d’une grande famille de griots du Burkina Faso, il connaît une vie aux multiples visages : footballeur professionnel, capitaine de l’équipe nationale burkinabè, puis comédien à partir de 1966. Sa carrière artistique est marquée par des collaborations majeures, notamment avec Peter Brook dans Le Mahabharata, œuvre monumentale qui le fait connaître sur les scènes internationales. Au cinéma, il s’illustre dans de nombreux films, dont London River de Rachid Bouchareb, rôle pour lequel il reçoit l’Ours d’argent du meilleur acteur au Festival de Berlin en 2009. Sotigui Kouyaté s’éteint le 17 avril 2010, laissant derrière lui une œuvre traversée par la spiritualité, la transmission et le dialogue des cultures.
Le Mandapa, lieu emblématique des arts du monde à Paris, occupe une place particulière dans cette histoire. Sotigui Kouyaté y est venu à de nombreuses reprises, souvent entouré de sa famille, renouant avec l’art du conte et la tradition griotique burkinabè. C’est dans cette continuité que s’inscrit aujourd’hui Hassane Kassi Kouyaté, lui-même comédien, metteur en scène et conteur, et directeur depuis 2019 du Festival des Francophonies en Limousin.
En redonnant corps à la parole du conte, Hassane Kassi Kouyaté prolonge l’héritage de son père et rappelle, du Burkina Faso aux scènes européennes, la puissance de la transmission orale.































