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Philippe Aractingi filme les secrets  de Byblos

Avec Liban, les secrets du royaume de Byblos, Philippe Aractingi ne se contente pas d’accompagner l’exposition de l’IMA. Son documentaire en devient l’un des prolongements les plus précieux, en donnant un visage, un rythme et une émotion aux fouilles récentes qui ont révélé une nécropole intacte, la porte Sud de la ville et de nouvelles données sur le port antique.

Images extraites du documentaire de Philippe Philippe Aractingi Les secrets du royaume de Byblos. © GEDEON PROGRAMMES

À l’Institut du monde arabe, l’exposition « Byblos, cité millénaire du Liban » donne à voir plus de 400 pièces et met en lumière les découvertes les plus récentes du site, notamment autour du port antique, de la porte Sud et d’une nécropole de l’âge du bronze restée intacte. Mais à côté des vitrines, des cartels et du parcours muséal, un autre regard s’impose : celui de Philippe Aractingi. Avec son documentaire Liban, les secrets du royaume de Byblos, le cinéaste ajoute à l’exposition une dimension décisive. Il transforme la découverte archéologique en récit vivant, en expérience sensible, presque en plongée dans le temps.

L’intérêt du film tient d’abord à son sujet. L’IMA souligne qu’au sein de la cité antique de Byblos, une nécropole souterraine de l’âge du bronze, miraculeusement préservée, a été découverte. Elle fournit de précieux indices sur la vie et la mort de ses habitants, tout en éclairant les liens entre le royaume de Byblos à son apogée et l’Égypte ancienne. Cette mise au jour n’est pas présentée comme un simple épisode spectaculaire destiné à enrichir le parcours. Elle constitue au contraire l’un des éléments centraux de l’exposition, précisément parce qu’elle renouvelle la compréhension de l’organisation sociale et économique de cette cité maritime.

C’est là que le regard de Philippe Aractingi prend tout son sens. Selon la présentation de l’IMA, le documentaire suit pendant deux ans, en 2022 et 2023, les fouilles menées dans cette riche nécropole. Il accompagne de près une équipe de chercheurs comprenant notamment Tania Zaven, archéologue de la Direction générale des Antiquités du Liban et directrice du site de Byblos, ainsi que Julien Chanteau, archéologue au département des Antiquités orientales du Louvre et directeur des fouilles du programme de recherche Byblos Hypogeum. Le film ne surplombe donc pas la science. Il l’accompagne. Il en épouse la lenteur, la précision, les attentes, les hésitations et les révélations.

Philippe Aractingi

Ce choix de mise en scène est essentiel, car l’exposition elle-même insiste sur le fait que Byblos n’est pas seulement un grand site de la longue durée méditerranéenne. Elle montre aussi un lieu qui continue de parler au présent, à travers les fouilles en cours et les découvertes qui en modifient la lecture. L’IMA annonce d’ailleurs en exclusivité les dernières données sur le port antique ainsi que les recherches ayant mis au jour la porte Sud et cette nécropole intacte. En mettant sa caméra au service de ce moment de dévoilement, Philippe Aractingi fait plus qu’illustrer un contenu scientifique. Il lui donne une épaisseur narrative. Grâce à lui, la fouille cesse d’être une note de catalogue. Elle devient une aventure humaine et intellectuelle.

Le cinéma comme prolongement de l’archéologie

Il y a chez Philippe Aractingi une affinité évidente avec un tel sujet. Byblos n’est pas pour lui un décor lointain ni un simple objet de prestige patrimonial. C’est une matière libanaise, historique et sensible. L’IMA présente son documentaire comme une plongée dans un monde disparu depuis près de quatre millénaires. La formule convient bien à sa manière de filmer. Il ne s’agit pas de figer les vestiges dans une admiration muséale, mais de les faire réapparaître comme des traces encore vibrantes, capables de retrouver une forme de présence. Le film devient ainsi le prolongement naturel de l’exposition. Là où les vitrines montrent les objets, Aractingi montre les cheminements qui mènent jusqu’à eux. Là où le musée expose des résultats, il restitue le temps de la recherche, l’enfouissement, l’attente et la révélation.

Le mérite du film est aussi de rendre accessible une matière qui pourrait demeurer réservée aux spécialistes. L’archéologie, surtout lorsqu’elle touche à des structures funéraires, à des couches anciennes ou à des programmes de recherche en cours, peut vite paraître abstraite pour le grand public. Aractingi réussit à lui donner un souffle sans en trahir la rigueur. Il fait sentir que chaque objet sorti du sol, chaque tombe préservée, chaque indice patiemment relevé participe à une histoire beaucoup plus vaste, celle d’une ville qui a traversé des millénaires sans cesser de livrer ses secrets.

Informations pratiques
« Liban, les secrets du royaume de Byblos », documentaire de Philippe Aractingi
Samedi 11 avril 2026 à 20h55 sur ARTE
Disponible également du 21 mars au 9 octobre 2026 sur arte.tv. L’IMA le présente comme un prolongement direct de l’exposition, centré sur la nécropole de l’âge du bronze et les fouilles menées en 2022 et 2023.