L’implication du Mossad dans le scandale du logiciel Pegasus

An Emirati official stands near an air-plane of El Al, which carried a US-Israeli delegation to the UAE following a normalisation accord, upon it's arrival at the Abu Dhabi airport in the first-ever commercial flight from Israel to the UAE, on August 31, 2020. - A US-Israeli delegation including White House advisor Jared Kushner took off on a historic first direct commercial flight from Tel Aviv to Abu Dhabi to mark the normalisation of ties between the Jewish state and the UAE. (Photo by Karim SAHIB / AFP)

L’affaire du logiciel espion Pegasus de l’entreprise israélienne NSO Group fait les grands titres des médias à travers le monde depuis une semaine. Les téléphones intelligents de centaines d’hommes d’État, de journalistes, de militants des droits de la personne et d’opposants politiques ont été infiltrés par des États autoritaires. Un article de Norman Lester, Journal de Montréal 

Est-il possible que NSO Group opère indépendamment du gouvernement israélien? Jusqu’ici, uniquement le Washington Post et The Guardian se sont vraiment intéressés à la question. Des sources au sein des services de renseignements américains et européens ont confié au Post que le groupe NSO fournit au gouvernement israélien des informations sur ses clients et des renseignements sur des personnes ciblées. Normal… les fondateurs de NSO sont tous des anciens de l’unité 8200, la formation d’élite des services d’espionnage électronique d’Israël. Qui va croire qu’ils n’entretiennent plus aucune relation avec leurs vieux collègues et leurs anciens supérieurs? Les informations que le logiciel Pegasus collige sont les mêmes que celles que recueillent les agences de renseignement du monde entier sur leurs cibles.

De plus, le gouvernement israélien connaît les clients de NSO, puisqu’il accorde des autorisations d’exportation requises pour ses produits. Israël a ainsi permis au NSO Group de vendre Pegasus aux Saoudiens. Un accord d’une valeur d’au moins 55 millions de dollars. Même si, jusqu’à récemment, Israël et l’Arabie saoudite étaient des ennemis.

Selon The Guardian, NSO Group a interdit à l’Arabie saoudite d’utiliser Pegasus à la suite du meurtre du chroniqueur Jamal Khashoggi en 2018. Mais les Saoudiens ont pu reprendre la surveillance électronique de leurs adversaires après que le gouvernement israélien a ordonné à NSO de continuer à leur fournir le logiciel. Les services secrets saoudiens ont pu ainsi pirater des dizaines de journalistes d’Al Jazeera, le réseau d’information télévisé mondial du Qatar, peu prisé à Riyad.

Outre l’Arabie saoudite, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, la Hongrie, le Kazakhstan, le Rwanda et les Émirats arabes unis ont été autorisés par Israël à utiliser Pegasus. Tous des pays dont les gouvernements respectent scrupuleusement la liberté de la presse et les droits de la personne…

Des spécialistes du renseignement estiment que les relations entre les compagnies privées israéliennes de technologies numériques — comme le NSO Group et les services de sécurité du pays — sont aussi étroites que celles entretenues par la Russie et la Chine avec leurs entreprises équivalentes.

Et les Américains, dans tout ça? L’ex-diplomate français Gérard Araud croit que Pegasus agit comme un «backdoor» (accès clandestin), autant pour le Mossad que pour la CIA, afin d’obtenir les renseignements dérobés. L’ancien ambassadeur de France à Washington a brièvement collaboré à titre de consultant pour NSO Group en 2019. Il affirme que trois Américains ayant des liens avec la CIA siégeaient alors au conseil consultatif du groupe et refusaient que Pegasus soit utilisé pour cibler des numéros de téléphone américains.

3 COMMENTS

  1. J’ai écrit, cher lecteur, deux articles sur le sujet.
    Pour le reste, j’ai autant d’amis au Maroc qu’en Algérie, je pense seulement que le régime marocains, quelles que soient ses insuffisances notamment en matière de liberté de la presse, a construit, est parvenu à de bons résultats notamment en matière de cohabitation avec la mouvance islamiste et dans sa volonté d’ouverture vers le reste de l’Afrique.

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