Lors de la 39ᵉ session de l’Union africaine (qui s’est tenue à Addis Abeba les 14 et 15 février), avant de quitter son poste de président en exercice de l’organisation et de passer le témoin au président burundais Évariste Ndayishimiye, le président angolais João Lourenço a prononcé un long discours dans lequel il a affiché des positions fortes sur plusieurs crises du continent. Mais au-delà des volets diplomatiques et économiques, l’une de ses déclarations a particulièrement retenu l’attention.
Soudan, RDC, Somaliland : des prises de position claires
Sur le Soudan, il s’est montré alarmiste, évoquant « une crise humanitaire sans précédent », avec « des milliers de morts, des déplacements massifs de populations et la destruction d’infrastructures essentielles ». Il a appelé la communauté internationale à regarder « cette catastrophe en cours » et insisté sur la nécessité de protéger les civils et d’aider les Soudanais à retrouver « la voie juste vers la paix, la concorde et la réconciliation nationale».
Concernant la République démocratique du Congo, il a dit observer « avec inquiétude la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire », évoquant l’occupation de nouvelles positions par le M23 et l’installation d’une administration parallèle. Pour lui, il est « vital et urgent » de lancer un dialogue inter-congolais, présenté comme une étape essentielle vers la réconciliation nationale et une paix durable.
Il a également pris une position très claire sur le Somaliland, réaffirmant « la position ferme de l’Union africaine qui rejette toute initiative visant à reconnaître le Somaliland comme entité indépendante ». Une telle reconnaissance, a-t-il dit, violerait les principes de l’UA et la règle de l’intangibilité des frontières héritées des indépendances. Il a martelé que « la préservation de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’unité et de la stabilité de la Somalie est non négociable ».
Oligui Nguema et Mamadi Doumbouya dans le viseur
Cependant, la partie de son discours qui a le plus fait réagir concerne sa dénonciation du « blanchiment des coups d’État ». Pour le président angolais, le passage par les urnes « ne signifie pas que l’ordre constitutionnel est rétabli dès lors que les auteurs d’un coup d’État organisent des élections et se font élire ». Selon lui, c’est « une forme de blanchiment d’un acte entaché d’illégitimité ».
Il a prévenu que cela ne devait pas devenir « une nouvelle norme d’accès au pouvoir », car ce serait « une manière indirecte d’encourager les coups d’État ». S’il ne cite personne nommément, ses propos font clairement référence à la Guinée Conakry et au Gabon, où les putschistes ont organisé des élections et ont ensuite été réintégrés dans les institutions africaines.





























