
Victime collatérale de la publication des Epstein Files, Olivier Colom, ancien sherpa adjoint du président Nicolas Sarkozy et spécialiste de l’Afrique, est rattrapé par ses échanges avec le financier américain : il est nommé plus de 2000 fois dans les 3 millions de documents rendus publics le 30 janvier. L’ancien diplomate passe désormais pour conseiller Marine Le Pen sur le continent.
Selon le Journal Officiel et sa notice bio au Forum économique mondial, Olivier Colom a exactement le profil social et professionnel de l’élite libérale atlantiste éclaboussée par le scandale Epstein.
Diplômé de l’ENA, promotion Valmy –comme Bruno Le Maire – en 1998, Colom débute une carrière d’administrateur civil, puis il est affecté à l’administration centrale, aux affaires étrangères et à la francophonie. En 2000, il est promu conseiller des affaires étrangères. Sa carrière le conduit ensuite à des postes diplomatiques, au cabinet du ministère délégué en 2002, à l’ambassade de France en Norvège en 2003 – pays où Epstein a cultivé des relais au plus haut niveau – et à Londres, où il est détaché au cabinet de Tony Blair en 2005-2006 puis, l’année suivante, à l’ambassade de France, où il est conseiller politique. Il grimpe une marche après sa nomination, le 6 juin 2007, comme conseiller technique du président Nicolas Sarkozy, où il restera jusqu’à la fin du mandat en 2012.
Du groupe Rotschild à Endeavour Mining
Ensuite, Colom quitte la fonction publique pour entrer au comité exécutif du groupe Edmond de Rothschild, comme conseiller international, avant d’en devenir le secrétaire général. Rappelons que la présidente du groupe, Ariane de Rothschild, est elle-même très proche de Jeffrey Epstein. Il y croise sans doute un autre compatriote familier du prédateur sexuel, recruté en janvier 2014 comme lobbyiste à l’international: le diplomate Fabrice Aidan. (Ce dernier fait l’objet d’une enquête officielle depuis quelques heures.) Après son départ du groupe, Colomb devient administrateur de plusieurs sociétés appartenant à l’Egyptien Naguib Sawiris, parmi lesquelles Endeavour Mining, qui exploite plusieurs mines d’or en Afrique de l’Ouest.
En 2013, il échange avec Jeffrey Epstein sur son ami Bruno Le Maire, ancien ministre de Sarkozy, dont il assure qu’il sera candidat à la présidentielle de 2017. « J’adorerais l’aider à lever des fonds. Des idées?« , écrit-il à Epstein. Il se présente comme un très vieil ami de l’actuel secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin – autre conseiller de Nicolas Sarkozy – et semble proche de Gérard Araud, l’ex-ambassadeur de France à Washington. Colomb et Epstein entretiennent des échanges volontiers graveleux, le second essayant d’appâter le premier avec la perspective d’un séjour sur son « île des Caraïbes, avec un aquarium plein de filles. » Les deux hommes s’amusent à comparer les femmes à diverses espèces marines. Notamment des crevettes : « il faut jeter la tête et garde le corps« , suggère Epstein.
Un carnet d’adresses sur le continent
Dans sa dernière livraison, Afrique Intelligence affirme que le diplomate « s’est rapproché au cours des dernières années de l’ex-présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, qui le consulte sur les dossiers africains. » La lettre confidentielle écrit qu’il s’agit d’une relation « discrète voire secrète, que les proches de Marine Le Pen préféreraient ne pas voir éventée. » Familier du continent africain, Colom conteste le titre de conseiller mais confirme être consulté « au titre de son « expérience diplomatique passée ». Il a notamment été associé au déplacement de Marine Le Pen au Tchad en mars 2025.
Les relations entre Jeffrey Epstein et Olivier Colom illustrent, comme la galaxie de mails saisis dans les ordinateurs du financier américain, un réseautage planétaire à haut niveau où les informations et les contacts s’échangent pour des gains en argent, en influence, en carrière ou l’accès à des avantages « exclusifs » en nature : appartement de grand standing, vacances aux Caraïbes, jolies filles blondes et minces.




























