Dans son discours annuel devant les ambassadeurs, le 8 janvier, Emmanuel Macron a défendu sa politique africaine. Le passage consacré à l’armée française révèle surtout une réécriture habile des reculs militaires, présentés comme une brillante stratégie.
C’est sans doute le passage le plus révélateur du discours présidentiel. Emmanuel Macron assume avoir « revu » les bases militaires françaises en Afrique, concédant que cette évolution a été « vue comme un abandon », avant d’inviter à s’en « détromper ». Selon lui, la France aurait simplement « rééquilibré le partenariat », en supprimant une « composante militaire qui n’était plus comprise par les pays et les jeunesses ».
Cette lecture occulte pourtant l’essentiel : la réduction de la présence militaire française n’a pas été choisie, mais largement imposée, à la suite d’expulsions et de ruptures diplomatiques que le discours évacue soigneusement. Le retrait est ainsi requalifié en excellence stratégique.
La référence au Bénin, présentée comme la preuve qu’« on a rebâti un partenariat militaire pertinent » est édifiante. Le président français ne parle pas ici de coopération militaire, mais de l’intervention discrète de forces spéciales pour faire échouer une tentative de coup d’État afin de garantir le maintien au pouvoir de Patrice Talon.
Derrière la fin des bases visibles se dessine donc une continuité. Poussée à la sortie par la grande porte, la France revient par la fenêtre des interventions, en présentant ce retour en arrière comme une réussite.



























