Le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État du Niger, a-t-il croisé le ministre français de l’Intérieur à Alger ? Les visites officielles des deux hommes se sont chevauchées pendant une journée.
Dimanche et lundi, Abdourahamane Tiani avait exceptionnellement troqué son treillis contre un boubou blanc pour s’entretenir avec le président algérien, à l’occasion d’une visite de réconciliation très médiatisée après presque un an de brouille. Il a été reçu avec une importante délégation gouvernementale par un Abdelmadjid Tebboune chaleureux, désireux de ressusciter la confiance entre son pays et son voisin du sud. Le Niger avait pris ses distances avec Alger par solidarité avec le Mali, partenaire clé de Niamey au sein de l’Alliance des États du Sahel dans la lutte contre l’ennemi djihadiste commun. La relation entre Alger et Bamako est au plus mal depuis avril 2025, date à laquelle l’armée algérienne a abattu un drone malien qu’elle a accusé d’avoir survolé son territoire.
De son côté, Laurent Nunez était à Alger lundi et mardi, pour un séjour également destiné à refermer une longue parenthèse de crise entre la France et l’Algérie. Il était reçu par son homologue Saïd Sayoud. Les deux parties espèrent, là aussi, relancer un dialogue rompu par la reconnaissance par Emmanuel Macron de la marocanité du Sahara occidental et par les assauts incessants contre l’Algérie du prédécesseur de Nunez, Bruno Retailleau.
Ces deux voyages auraient pu offrir une toute petite fenêtre d’opportunité pour une rencontre inopinée entre les officiels français et nigériens, dont les relations sont encore plus mauvaises qu’avec l’Algérie. Abourahamane Tiani accuse régulièrement le président français de déstabiliser son pays. Il a réitéré ces accusations à partir d’Alger.




























