Après quarante-deux ans passés au pouvoir, Denis Sassou-Nguesso a rempilé ce dimanche 15 mars pour un cinquième mandat consécutif. Le suspense étant inexistant, le Président sortant peut déjà se rassoir dans son fauteuil. Les Congolais, eux, ont assisté à ce scrutin comme à la rediffusion d’un film dont la fin est déjà connue.
Le mauvais souvenir de 2016
A part quelques affiches arrachées ici et là, cette élection présidentielle s’est passée sans anicroche. Denis Sassou Nguesso a tout fait pour ne pas rééditer le cauchemar de 2016, l’unique campagne électorale où il fut vraiment en danger. Cette année-là, face à une opposition organisée et unie, Sassou et son clan avaient tremblé. L’opposant le plus dangereux, son ancien chef d’état-major, le général Jean-Marie Michel Mokoko, avait contesté la victoire du président sortant et appelé à la désobéissance civile. La tension avait rapidement débordé et dans la région du Pool, elle avait dégénéré en affrontements armés. La crise post-électorale avait duré des semaines, inquiétant toutes les chancelleries. Dans la foulée, Mokoko et un autre opposant, André Okombi Salissa, avaient été arrêtés. Depuis 2016, ils dorment toujours en prison.
Dans un fauteuil…
Dix ans plus tard, le paysage politique s’est nettement éclairci et simplifié. Face à Denis Sassou-Nguesso, il ne reste plus que six candidats chargés d’assurer le minimum syndical du pluralisme électoral. Reste donc la seule véritable inconnue du scrutin : la participation. Sur ce point, les premiers témoignages convergent. Dimanche matin, les médias sur place décrivaient des bureaux de vote clairsemés à Brazzaville comme à Pointe-Noire. Cette abstention n’a rien de très surprenant dans un pays où les résultats électoraux sont connus d’avance et où l’alternance politique reste théorique. Au Congo-Brazzaville, difficile de parler de recul démocratique : il eût fallu, pour cela, d’abord des avancées.





























