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L’Afrique craint les conséquences économiques de la guerre en Iran

L’Union africaine, la CEDEAO et plusieurs chefs d’État ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences pour leurs économies de la guerre israélo-américaine en Iran. Un conflit prolongé pourrait fragiliser plusieurs pays du continent.

La flambée du pétrole 

Le premier impact concerne l’énergie. Les tensions au Moyen-Orient ont déjà fait remonter les cours du pétrole au-delà de 80 dollars le baril et ce n’est pas terminé. Certains analystes envisagent un baril à plus de 100 dollars. Or la plupart des pays africains importent leurs carburants. Une hausse du brut renchérit le transport, l’électricité et la production industrielle. Elle se répercute mécaniquement sur les prix à la consommation où l’énergie et l’alimentation représentent une part importante du budget des ménages.

 « L’Afrique subit déjà les conséquences de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, avec des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et une hausse des prix de l’énergie », a déclaré le Sud-Africain Cyril Ramaphosa

Inflation et pression sur les monnaies

La hausse des prix de l’énergie pourrait aussi accentuer les tensions inflationnistes. La plupart des pays africains paient leurs importations en dollars. Lorsque la facture énergétique augmente, la demande de devises progresse et les monnaies locales risquent de se déprécier. Cette pression renchérit encore le coût des importations et peut alourdir la dette extérieure libellée en dollars. Pour plusieurs économistes, un conflit prolongé pourrait ainsi peser sur la croissance et accentuer les fragilités de certaines économies africaines.

Perturbation des routes maritimes

Les inquiétudes portent également sur le commerce maritime. Le conflit menace des routes stratégiques comme le Détroit d’Hormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial. La mer Rouge et le canal de Suez sont également des axes essentiels pour les échanges entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Toute perturbation dans ces zones peut entraîner une hausse des coûts du transport maritime, des retards de livraison et une augmentation des primes d’assurance. Certaines compagnies ont déjà instauré des surtaxes liées au risque de guerre sur les routes vers l’Afrique.

Un effet inégal selon les pays 

Les conséquences de la crise pourraient toutefois varier d’un pays à l’autre. Certains exportateurs de pétrole, comme le Nigeria, l’Angola ou l’Algérie, pourraient bénéficier temporairement de la hausse des cours grâce à des recettes d’exportation plus élevées. Mais la majorité des pays africains, importateurs nets d’énergie, verraient au contraire leur facture énergétique s’alourdir.

Le paradoxe africain

Alors même que l’Afrique est l’un des grands producteurs mondiaux de matières premières, elle reste aussi l’une des régions les plus vulnérables aux chocs internationaux. La raison en est simple : elle produit peu. La plus grande partie de ses ressources est exportée à l’état brut, tandis que le continent importe encore de nombreux produits transformés, carburants ou biens industriels.

Cette dépendance aux marchés mondiaux explique pourquoi les crises géopolitiques, même lointaines, se traduisent souvent par une hausse rapide des prix, une pression sur les monnaies et un ralentissement de la croissance. Autrement dit, même lorsqu’elle n’est pas directement impliquée dans ces conflits, l’Afrique en paie l’addition économique. Une donnée jamais prise en compte par ceux qui décident de la guerre ou de la paix…