La Galerie Africaine illumine Paris jusqu’au 9 septembre

Peintures, sculptures et photographies dialoguent au cœur du Marais, dans une exposition vivante qui met à l’honneur la créativité contemporaine africaine et les talents de la diaspora, entre rencontres et découvertes.

Aude Minart, grande passeuse d’art

Dans le foisonnant quartier du Marais, à deux pas des quais de Seine, la Galerie Africaine s’impose, une nouvelle fois, comme un carrefour essentiel de la scène artistique à Paris. Du 21 août au 9 septembre 2025, l’exposition « L’Afrique célébrée » propose un voyage inédit au sein de la création contemporaine africaine, conjuguant la diversité des médiums, des regards et des récits. Le visiteur est invité à circuler librement entre les univers d’artistes confirmés et les promesses d’une jeune génération, tous porteurs d’une énergie singulière.

Fondée par Aude Minart, grande passeuse d’art et infatigable dénicheuse de talents, la Galerie Africaine n’a jamais été un simple espace d’accrochage : c’est un lieu de transmission, de découverte et de dialogue. « L’Afrique célébrée » incarne cette philosophie, en offrant une véritable mosaïque de voix et de formes où chaque œuvre devient un pont entre l’intime et l’universel. L’exposition refuse toute vision monolithique : ici, l’Afrique se déploie plurielle, foisonnante, mêlant les traditions revisitées et les explorations avant-gardistes, le souvenir des racines et la vitalité de l’exil.

Amadou Camara Guèye

Sur les murs, les toiles chatoyantes de Camara Gueye, avec leurs scènes de vie et leurs couleurs vives, dialoguent avec les abstractions poétiques de Yao Metsoko, dont chaque motif évoque une mémoire fragmentée ou un rêve éveillé. À leurs côtés, les sculptures de Siriki Ky, façonnées dans le bronze, laissent deviner la trace de la main, la tension du geste, la force du regard. Yacouba Touré et Issouf Dermé, quant à eux, façonnent des formes épurées qui s’élèvent comme des totems contemporains, porteurs de récits anciens et de promesses nouvelles.

Junior Mvunzi, étoile montante

Sur les cimaises, la photographie trouve aussi sa place : Junior Mvunzi, étoile montante de la scène congolaise, capte les visages et les gestes du quotidien, avec une tendresse qui n’exclut jamais la lucidité. Ses images, baignées de lumière, racontent le lien entre l’individuel et le collectif, la tradition et l’audace de l’invention. Chaque cliché devient un fragment d’histoire, une invitation à repenser la notion d’appartenance, d’héritage ou d’avenir.

Un cocktail, le 4 septembre au soir, rassemblera artistes, collectionneurs, amateurs éclairés et simples curieux. L’atmosphère, loin des codes parfois figés du vernissage traditionnel, se veut ouverte et chaleureuse, propice aux échanges sincères. Aude Minart, fidèle à sa démarche, circulera de groupe en groupe, racontant la genèse d’une œuvre, l’histoire d’une rencontre, ou la promesse d’un projet à venir. Les tea-times des 6 et 7 septembre, nouveauté de cette édition, promettent eux aussi des moments précieux : autour d’une sélection de thés africains et de douceurs, les visiteurs pourront prolonger la découverte, dialoguer avec les artistes présents ou simplement s’imprégner de la magie des lieux. Dans le calme ouaté de la galerie, la conversation prend une autre densité, l’art se fait plus accessible, moins intimidant.

Pour de nombreux visiteurs, cette exposition s’impose comme un rendez-vous à ne pas manquer : le plaisir de la découverte, la beauté du dialogue entre les arts, l’émotion brute devant une toile ou une sculpture. Mais aussi le sentiment de participer, le temps d’une visite, à une aventure collective où la création redevient, enfin, une langue universelle.

Infos pratiques :

L’Afrique célébrée – La Galerie Africaine
Du 21 août au 9 septembre 2025
19 rue du Pont Louis‑Philippe, 75004 Paris
Entrée libre.
Cocktail le 4 septembre (18h‑ 21h), tea-time les 6 et 7 septembre.
Programme sur : lagalerieafricaine.com

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Nicolas Beau
Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)