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La CEMAC en panne sèche

La communauté d’Afrique centrale se débat dans des difficultés financières d’une ampleur inédite.

L’organe dirigeant de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC) est à l’arrêt, faute de ressources financières, a révélé dimanche RFI. Si le site internet de la CEMAC est muet sur le sujet, l’information figure dans une note interne de la Commission de la CEMAC à laquelle RFI a eu accès. La note évoque une « dégradation continue» de la situation financière de l’organisation, d’une telle gravité qu’elle en menace même la survie, a rapporté le correspondant à Yaoundé de la radio. Toutes les activités prévues au budget 2026 sont suspendues. Seules les activités jugées « hautement stratégiques » seront maintenues. 

En cause, le non versement par les États membres de la taxe communautaire d’intégration supposée alimenter le budget de l’organisation d’Afrique centrale. Cette taxe est perçue par les États sur les importations mais pas reversée systématiquement à la CEMAC, comme cela devrait être le cas. Le Gabon est le seul des pays membres à avoir payé sa quote-part, à hauteur de 10,5 milliards de francs CFA en 2025. Le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Tchad sont presque tous confrontés à des crises sécuritaires, politiques et économiques sévères. 

Le dernier message officiel du président de la Commission, l’Équato-Guinéen Baltasar Engonga Edjo’o, est un message de vœux du 31 décembre, dans lequel il a dressé, dans sa plus belle langue de bois, «un bilan positif de l’intégration régionale, marqué par une croissance de 2,7 % et le succès des projets intégrateurs.»

Le 22 janvier dernier, une session extraordinaire de la conférence des chefs d’État, accueillie par Denis Sassou N’guesso, avait reflété à mi-mots la situation financière difficile de la zone en mentionnant le rapport du gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale selon lequel, compte-tenu du «contexte macroéconomique et des perspectives, des mesures urgentes et vigoureuses étaient [nécessaires] pour le redressement de la situation»