- Mondafrique https://mondafrique.com/limage-du-jour/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Thu, 26 Feb 2026 10:06:12 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg - Mondafrique https://mondafrique.com/limage-du-jour/ 32 32 Israël. Des sévices subis en prison par les journalistes https://mondafrique.com/limage-du-jour/israel-des-sevices-systematiques-contre-les-journalistes-emprisonnes/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/israel-des-sevices-systematiques-contre-les-journalistes-emprisonnes/#respond Thu, 26 Feb 2026 10:01:10 +0000 https://mondafrique.com/?p=147699 Le Comité pour la protection des journalistes vient de publier un rapport d’enquête sur les sévices subis en prison par 58 journalistes palestiniens. Des coups, de la musique à très haut volume (dans ce que les prisonniers surnomment « la chambre disco »), des chocs électriques, des violences sexuelles, la pendaison par les bras (surnommée le strappado), […]

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Le Comité pour la protection des journalistes vient de publier un rapport d’enquête sur les sévices subis en prison par 58 journalistes palestiniens.

Des coups, de la musique à très haut volume (dans ce que les prisonniers surnomment « la chambre disco »), des chocs électriques, des violences sexuelles, la pendaison par les bras (surnommée le strappado), la négligence médicale, la privation sensorielle et la privation de nourriture (le CPJ a calculé une perte de poids moyenne de 23,5 kg) sont très souvent décrits par les témoins, qui ont été détenus dans 13 établissements différents dans le cadre d’une rétention administrative.

Le CPJ a documenté l’arrestation de 94 journalistes et d’un travailleur des médias, dont 33 à Gaza, 60 en Cisjordanie et deux en Israël. Trente étaient toujours emprisonnés le 19 février 2026 et 48 d’entre eux n’ont jamais fait l’objet de poursuites judiciaires. Interrogées par le CPJ, les autorités israéliennes ont protesté de leur innocence et affirmé respecter les conventions internationales en vigueur.

Le rapport est téléchargeable en ligne ici en anglais et en arabe. 

Pour la deuxième année consécutive, Israël est le pays qui a tué le plus de journalistes au monde. 

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FICSA : le festival du bout du monde https://mondafrique.com/limage-du-jour/ficsa-le-festival-du-bout-du-monde/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/ficsa-le-festival-du-bout-du-monde/#respond Wed, 25 Feb 2026 05:28:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147623 Cette année, Mondafrique a participé au Festival des cultures sahariennes qui se tenait au Tchad, dans la ville d’Amdjarass. Se rendre à cet événement, c’est aller au bout du monde, au bord d’un monde hors du temps. C’est aussi découvrir un désert rempli de richesses et de beautés insoupçonnées. Une expérience mémorable. Amdjarass, une ville […]

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Cette année, Mondafrique a participé au Festival des cultures sahariennes qui se tenait au Tchad, dans la ville d’Amdjarass. Se rendre à cet événement, c’est aller au bout du monde, au bord d’un monde hors du temps. C’est aussi découvrir un désert rempli de richesses et de beautés insoupçonnées. Une expérience mémorable.

Amdjarass, une ville mirage

Si le Festival des cultures sahariennes se tient à Amdjarass, à plus de 1 000 kilomètres à vol d’oiseau de N’Djamena, c’est d’abord en raison de sa situation au cœur du Sahara tchadien. Mais c’est surtout pour sa portée symbolique : la localité est la terre natale d’Idriss Déby, ancien président et père de l’actuel chef de l’État. Il repose ici, dans le jardin de la maison familiale. Une tombe sobre, tournée vers la grande mosquée.

Sans cette volonté politique, Amdjarass serait sans doute restée un hameau. Le dernier recensement, en 2009, faisait état d’environ 20 000 habitants. Depuis, la localité a connu un certain essor, notamment avec l’arrivée de nombreux réfugiés soudanais fuyant la guerre qui fait rage de l’autre côté de la frontière, à quelques dizaines de kilomètres.

Amdjarass est également devenue un carrefour commercial. En 2023, le gouvernement tchadien a décidé que les camions en provenance de Libye transiteraient désormais par cette ville plutôt que par Fada, également située dans le département de l’Ennedi. Le trajet est plus long – cinq jours de pistes rocailleuses au lieu de trois – mais cette décision consolide le développement de la cité.

Il n’en demeure pas moins qu’Amdjarass reste une ville plantée au milieu du désert : un marché modeste, une piste d’aéroport, un petit quartier résidentiel où des notables de la communauté zaghawa de la capitale possèdent une résidence secondaire. Pourtant, lorsqu’ils reviennent sur leur terre d’origine, beaucoup délaissent les maisons en dur pour dormir sous la tente, sous les ciels étoilés des campements nomades.

Le souffle du festival

Du 6 au 13 février, des centaines d’invités venus des quatre coins du Sahara et du Sahel se sont retrouvés dans cette ville-mirage. Cette année, le Niger était à l’honneur : son Premier ministre, Lamine Zeine, et sa ministre de la Culture avaient fait le déplacement. Une importante délégation burkinabè était également présente.

La cérémonie d’ouverture, majestueuse et hors du temps, s’est déroulée sous le regard impassible de troupeaux de dromadaires parés de leurs habits de fête. Tambours et danses venus de chaque contrée saharienne se répondaient dans l’air clair du désert. Et, en invité d’honneur, le chanteur nigérien Bombino a illuminé la nuit de ses riffs électriques, pour le plus grand bonheur des festivaliers.

La porte d’entrée d’un patrimoine unique

En marge du festival, les plus aventureux prennent la piste vers les paysages grandioses du massif de l’Ennedi, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2016.

Ici, les falaises de grès sculptées par le vent dessinent des arches monumentales et des canyons vertigineux. Au creux des roches surgissent des gueltas, ces poches d’eau permanentes qui défient l’aridité et où viennent s’abreuver les troupeaux.

La guelta de Bachikélé, parfois orthographiée Bachiguiri, apparaît comme une oasis suspendue. Plus loin, La guelta d d’Archei, où subsistent encore des crocodiles du désert, vestiges d’un Sahara anciennement verdoyant.

Ces paysages ne sont pas qu’un décor spectaculaire, ils sont habités par les éleveurs nomades. Ils abritent aussi des peintures rupestres millénaires et portent la mémoire des routes caravanières qui reliaient autrefois la Méditerranée au Sahel.

Au bout du monde, il y a Amdjarass.
Au bout du monde, il y a le désert tchadien et un festival qui rappelle que même aux marges de la carte, au cœur d’un territoire classé,  nature et mémoire dialoguent depuis des millénaires.

 

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Gaza secoue la Berlinale: Kaouther Ben Hania refuse son prix https://mondafrique.com/loisirs-culture/gaza-secoue-la-berlinale-kaouther-ben-hania-refuse-son-prix/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/gaza-secoue-la-berlinale-kaouther-ben-hania-refuse-son-prix/#respond Tue, 24 Feb 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147608 À la Berlinale, la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania a refusé un prix pour protester contre ce qu’elle considère comme une relativisation des souffrances palestiniennes. Un geste politique fort qui a marqué le festival et relancé le débat sur Gaza. En refusant un prix lors d’une cérémonie organisée en marge de la Berlinale, la réalisatrice […]

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À la Berlinale, la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania a refusé un prix pour protester contre ce qu’elle considère comme une relativisation des souffrances palestiniennes. Un geste politique fort qui a marqué le festival et relancé le débat sur Gaza.

En refusant un prix lors d’une cérémonie organisée en marge de la Berlinale, la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania a transformé un moment de célébration en geste politique fort. Son refus, motivé par ce qu’elle considère comme une mise en parallèle inacceptable entre les souffrances palestiniennes et israéliennes, a profondément marqué cette édition du festival berlinois.

La scène s’est déroulée lors du Cinema for Peace Gala, événement organisé parallèlement à la Berlinale. Kaouther Ben Hania devait y recevoir un prix récompensant son film The Voice of Hind Rajab, consacré à l’histoire de la petite Hind Rajab, tuée à Gaza en 2024. Au moment de monter sur scène, la cinéaste a choisi de ne pas accepter la distinction, laissant le trophée sur place. Dans un discours sobre mais ferme, elle a expliqué qu’elle ne pouvait recevoir un prix dans un contexte où, selon elle, la réalité des violences subies par les Palestiniens était relativisée ou mise en équivalence avec d’autres souffrances, sans reconnaissance des responsabilités.

Son geste s’inscrit dans un climat particulièrement tendu au sein du festival. Plusieurs artistes internationaux avaient déjà dénoncé le silence ou la prudence des institutions culturelles européennes face à la situation à Gaza. La Berlinale, historiquement perçue comme l’un des festivals les plus politisés d’Europe, s’est retrouvée au cœur d’un débat sur la liberté d’expression, la responsabilité morale des manifestations artistiques et la qualification même des événements en cours. En employant le terme de « génocide », Kaouther Ben Hania a assumé une position juridique et politique lourde de conséquences, suscitant à la fois des soutiens et des critiques.

Pour comprendre la portée de son geste, il faut revenir sur le parcours de la réalisatrice. Née à Sidi Bouzid, en Tunisie, elle s’est imposée au fil des années comme l’une des voix majeures du cinéma arabe contemporain. Formée à Tunis puis à Paris, elle développe un cinéma à la frontière du documentaire et de la fiction, explorant les traumatismes individuels et collectifs. Son film La Belle et la Meute (2017) avait déjà marqué les esprits. Inspiré d’un fait réel, il racontait l’errance nocturne d’une jeune femme violée par des policiers, dans une Tunisie post-révolutionnaire confrontée à ses propres contradictions. Le long métrage, construit en longs plans-séquences, dénonçait frontalement les violences institutionnelles et l’humiliation infligée aux victimes.

Mais c’est avec Les Filles d’Olfa qu’elle atteint une reconnaissance mondiale. Présenté à Cannes et nommé aux Oscars, le film brouille les frontières entre documentaire et mise en scène pour raconter l’histoire d’une mère tunisienne dont deux filles ont rejoint le groupe État islamique en Libye. À travers un dispositif hybride, mêlant actrices professionnelles et protagonistes réelles, Kaouther Ben Hania interroge la radicalisation, la culpabilité, la transmission et la responsabilité familiale. Son cinéma se caractérise par une volonté constante de confronter les zones grises, sans simplification.

Une caméra ancrée dans le réel

Avec The Voice of Hind Rajab, elle poursuit cette exploration des fractures contemporaines. Le film reconstitue les dernières heures d’une enfant palestinienne piégée dans une voiture après une attaque, à travers les enregistrements téléphoniques échangés avec les secours. Le choix de centrer le récit sur la voix, sur l’attente et sur l’impuissance, confère à l’œuvre une dimension presque insoutenable. Plus qu’un simple documentaire de guerre, le film s’attache à l’expérience humaine brute, à la peur d’une enfant et à l’incapacité du monde à la sauver.

En refusant son prix au Cinema for Peace Gala, la cinéaste a voulu éviter, selon ses propres mots, que l’histoire de Hind Rajab ne devienne un élément de mise en scène compassionnelle. Elle a affirmé qu’un trophée ne pouvait effacer la réalité des morts civiles ni remplacer une prise de position claire sur les responsabilités. Son intervention a provoqué une émotion palpable dans la salle et a immédiatement circulé sur les réseaux sociaux, relançant le débat sur la place de l’art face aux conflits armés.

La démarche de Kaouther Ben Hania ne surprend pas ceux qui suivent son travail. Depuis ses débuts, elle revendique un cinéma ancré dans le réel, traversé par les questions de pouvoir, de domination et de mémoire. Elle n’a jamais dissocié l’esthétique de l’éthique. Son refus de prix apparaît ainsi comme le prolongement cohérent d’un parcours où la création artistique est indissociable d’un engagement citoyen.

Au-delà du geste individuel, l’épisode révèle une tension plus large dans le monde culturel européen. Les festivals internationaux sont devenus des espaces où se cristallisent les débats géopolitiques contemporains. Entre impératifs diplomatiques, financements publics et attentes des artistes, l’équilibre est fragile. La Berlinale, comme d’autres grandes manifestations, se retrouve sommée de clarifier sa position dans un contexte où chaque mot, chaque silence, est scruté.

Pour Kaouther Ben Hania, la question dépasse le cadre d’un festival. Elle touche à la manière dont les récits sont construits, hiérarchisés et parfois neutralisés. En refusant de ramener son prix chez elle, elle a voulu poser un acte symbolique : rappeler que certaines œuvres ne peuvent être dissociées du contexte politique qui les a rendues nécessaires. Qu’on partage ou non son analyse, son geste aura marqué cette édition berlinoise et confirmé la place qu’elle occupe désormais dans le paysage cinématographique international : celle d’une cinéaste dont la parole, comme ses films, refuse la neutralité confortable.

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Le Conseil des obligés de l’Amérique https://mondafrique.com/limage-du-jour/conseil-de-la-paix/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/conseil-de-la-paix/#respond Mon, 23 Feb 2026 05:19:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147554 La première réunion du Conseil de la paix de Donald Trump, jeudi à Washington, a esquissé quelques précisions sur le dispositif supposé ramener la paix à Gaza. Mais ce fut surtout l’occasion, pour le président américain, de faire son show habituel de maître du monde.  La première réunion du Conseil devait être consacrée à la […]

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La première réunion du Conseil de la paix de Donald Trump, jeudi à Washington, a esquissé quelques précisions sur le dispositif supposé ramener la paix à Gaza. Mais ce fut surtout l’occasion, pour le président américain, de faire son show habituel de maître du monde. 

La première réunion du Conseil devait être consacrée à la planification de la reconstruction de Gaza. Le président américain a mis sur la table un financement de 10 milliards de dollars. Selon Trump, membre à vie de la nouvelle organisation, plusieurs pays ont promis plus de 7 milliards de dollars supplémentaires. Une force de stabilisation de 20 000 hommes sera mobilisée, sous commandement américain et commandement adjoint indonésien, a-t-on appris par ailleurs, si l’on en croit les annonces du général Jasper Jeffers. L’Indonésie abrite la plus grande population musulmane au monde. Outre les 8000 hommes promis par ce pays, des contingents seront mobilisés par quatre autres pays : le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie. Une force de police palestinienne, qui aurait déjà reçu 2000 candidatures, doit également être formée, notamment par la Jordanie et l’Égypte. 

Parmi les 60 pays invités par Donald Trump, moyennant un ticket d’entrée d’un milliard de dollars versés dans un fonds contrôlé par le président américain, seuls les suivants ont accepté, pour le moment : l’Arabie Saoudite, l’Argentine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bahrein, la Bulgarie, les Émirats arabes unis, la Hongrie, l’Indonésie, Israël, la Jordanie, le Kazakhstan, le Kosovo, le Maroc, la Mongolie, l’Ouzbékistan, le Pakistan, le Paraguay, le Qatar, le Salvador et la Turquie. D’autres réservent leur réponse ou ont décliné. Quant au Canada, son invitation a finalement été annulée, en signe de mauvaise humeur de Donald Trump. 

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Pour l’ONU, « les dossiers Epstein choquent la conscience de l’humanité » https://mondafrique.com/limage-du-jour/onu-les-dossiers-epstein-choquent-la-conscience-de-lhumanite/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/onu-les-dossiers-epstein-choquent-la-conscience-de-lhumanite/#respond Sat, 21 Feb 2026 05:11:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147475 Dans un communiqué publié le 16 février, le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a joint sa voix à l’opprobre mondiale suscité par la révélation publique, le 30 janvier, des Epstein Files.  Les « dossiers Epstein » contiennent des preuves troublantes et crédibles d’abus sexuels, de traite et d’exploitation systématiques et à […]

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Dans un communiqué publié le 16 février, le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a joint sa voix à l’opprobre mondiale suscité par la révélation publique, le 30 janvier, des Epstein Files. 

Les « dossiers Epstein » contiennent des preuves troublantes et crédibles d’abus sexuels, de traite et d’exploitation systématiques et à grande échelle de femmes et de filles, écrit le Haut Commissariat, pour qui ces crimes pourraient être qualifiés « d’esclavage sexuel, de violence reproductive, de disparition forcée, de torture, de traitements inhumains et dégradants et de féminicide.» De plus, s’insurge l’institution onusienne, ils ont été « commis dans un contexte de croyances suprémacistes, de racisme, de corruption, de misogynie extrême, de marchandisation et de déshumanisation des femmes et des filles de différentes régions du monde. »

« Les « dossiers Epstein », qui suggèrent l’existence d’une entreprise criminelle mondiale, ont choqué la conscience de l’humanité et soulevé des implications terrifiantes quant [au] niveau d’impunité » dont ils ont bénéficié. Le Haut Commissariat exhorte les institutions et les gouvernements à enquêter sur les fonctionnaires concernés, qu’ils soient toujours en poste ou non. « Personne n’est trop riche ou trop puissant pour être au-dessus des lois. »

L’institution onusienne n’a pas échappé au torrent de boue qu’a déchaîné la publication de la moitié des archives du criminel sexuel américain. On verra si l’organisation, peu réputée pour sa transparence, est capable, pour une fois, d’être cohérente avec ses propres recommandations.

Comment l’ONU a été infiltrée par Epstein

 

 

 

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Deux attaques contre des convois militaires dans le nord du Mali https://mondafrique.com/limage-du-jour/deux-attaques-contre-des-convois-militaires-dans-le-nord-du-mali/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/deux-attaques-contre-des-convois-militaires-dans-le-nord-du-mali/#respond Thu, 19 Feb 2026 05:10:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=147330 Au premier jour du Ramadan mercredi, le Front de Libération de l’Azawad (FLA) a revendiqué une attaque de drones kamikazes dans le nord du Mali, contre un convoi de l’armée malienne et de ses alliés russes d’AfricaCorps circulant entre Anefis et Kidal. Le même jour, les djihadistes du Groupe de Soutien à l’Islam et aux […]

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Au premier jour du Ramadan mercredi, le Front de Libération de l’Azawad (FLA) a revendiqué une attaque de drones kamikazes dans le nord du Mali, contre un convoi de l’armée malienne et de ses alliés russes d’AfricaCorps circulant entre Anefis et Kidal. Le même jour, les djihadistes du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) ont également revendiqué une attaque à l’engin explosif improvisé contre un autre convoi près d’Aguelhoc.

Les deux opérations n’étaient pas coordonnées, a assuré le FLA à Mondafrique

Les bilans sont contrastés. Le GSIM dit avoir tué 6 hommes, des Touaregs partisans du général Elhadj Gamou, le gouverneur de Kidal, qui guidaient le convoi. Le FLA revendique des dégâts et des victimes mais sans précision de bilan.

En revanche, on sait que deux combattants du FLA ont été tués par une mauvaise manipulation de leur drone. Et pas n’importe qui, puisqu’il s’agit du fils d’Alghabass Ag Intallah, Mohamed, et du plus jeune frère de Fahad Ag Almahmoud, Alyazid Ag Matafa. Alghabass est le chef du Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (HCUA) et Fahad, tué par une frappe de drone il y a quelques mois, était le chef du Groupe auto-défense touareg imghrad et alliés (GATIA), longtemps associé au général Gamou. Fahad avait rejoint la rébellion après l’abandon par Bamako de l’accord de paix d’Alger. Il a été tué par une frappe de drone le 1er décembre 2024. 

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Le général Tiani a-t-il croisé Laurent Nunez à Alger ? https://mondafrique.com/limage-du-jour/le-general-tiani-a-t-il-croise-laurent-nunez-a-alger/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/le-general-tiani-a-t-il-croise-laurent-nunez-a-alger/#respond Tue, 17 Feb 2026 02:26:13 +0000 https://mondafrique.com/?p=147284 Le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État du Niger, a-t-il croisé le ministre français de l’Intérieur à Alger ? Les visites officielles des deux hommes se sont chevauchées pendant une journée.  Dimanche et lundi, Abdourahamane Tiani avait exceptionnellement troqué son treillis contre un boubou blanc pour s’entretenir avec le président algérien, à l’occasion d’une visite […]

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Le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État du Niger, a-t-il croisé le ministre français de l’Intérieur à Alger ? Les visites officielles des deux hommes se sont chevauchées pendant une journée. 

Dimanche et lundi, Abdourahamane Tiani avait exceptionnellement troqué son treillis contre un boubou blanc pour s’entretenir avec le président algérien, à l’occasion d’une visite de réconciliation très médiatisée après presque un an de brouille. Il a été reçu avec une importante délégation gouvernementale par un Abdelmadjid Tebboune chaleureux, désireux de ressusciter la confiance entre son pays et son voisin du sud. Le Niger avait pris ses distances avec Alger par solidarité avec le Mali, partenaire clé de Niamey au sein de l’Alliance des États du Sahel dans la lutte contre l’ennemi djihadiste commun. La relation entre Alger et Bamako est au plus mal depuis avril 2025, date à laquelle l’armée algérienne a abattu un drone malien qu’elle a accusé d’avoir survolé son territoire. 

De son côté, Laurent Nunez était à Alger lundi et mardi, pour un séjour également destiné à refermer une longue parenthèse de crise entre la France et l’Algérie. Il était reçu par son homologue Saïd Sayoud. Les deux parties espèrent, là aussi, relancer un dialogue rompu par la reconnaissance par Emmanuel Macron de la marocanité du Sahara occidental et par les assauts incessants contre l’Algérie du prédécesseur de Nunez, Bruno Retailleau.

Ces deux voyages auraient pu offrir une toute petite fenêtre d’opportunité pour une rencontre inopinée entre les officiels français et nigériens, dont les relations sont encore plus mauvaises qu’avec l’Algérie. Abourahamane Tiani accuse régulièrement le président français de déstabiliser son pays. Il a réitéré ces accusations à partir d’Alger.

 

 

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L’Union africaine contre le « blanchiment » des coups d’État https://mondafrique.com/limage-du-jour/union-africaine-mise-en-garde-contre-le-blanchiment-des-coups-detat/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/union-africaine-mise-en-garde-contre-le-blanchiment-des-coups-detat/#respond Mon, 16 Feb 2026 11:51:22 +0000 https://mondafrique.com/?p=147238 Lors de la 39ᵉ session de l’Union africaine (qui s’est tenue à Addis Abeba les 14 et 15 février), avant de quitter son poste de président en exercice de l’organisation et de passer le témoin au président burundais Évariste Ndayishimiye, le président angolais João Lourenço a prononcé un long discours dans lequel il a affiché […]

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Lors de la 39ᵉ session de l’Union africaine (qui s’est tenue à Addis Abeba les 14 et 15 février), avant de quitter son poste de président en exercice de l’organisation et de passer le témoin au président burundais Évariste Ndayishimiye, le président angolais João Lourenço a prononcé un long discours dans lequel il a affiché des positions fortes sur plusieurs crises du continent. Mais au-delà des volets diplomatiques et économiques, l’une de ses déclarations a particulièrement retenu l’attention.

Soudan, RDC, Somaliland : des prises de position claires

Sur le Soudan, il s’est montré alarmiste, évoquant « une crise humanitaire sans précédent », avec « des milliers de morts, des déplacements massifs de populations et la destruction d’infrastructures essentielles ». Il a appelé la communauté internationale à regarder « cette catastrophe en cours » et insisté sur la nécessité de protéger les civils et d’aider les Soudanais à retrouver « la voie juste vers la paix, la concorde et la réconciliation nationale».

Concernant la République démocratique du Congo, il a dit observer « avec inquiétude la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire », évoquant l’occupation de nouvelles positions par le M23 et l’installation d’une administration parallèle. Pour lui, il est « vital et urgent » de lancer un dialogue inter-congolais, présenté comme une étape essentielle vers la réconciliation nationale et une paix durable.

Il a également pris une position très claire sur le Somaliland, réaffirmant « la position ferme de l’Union africaine qui rejette toute initiative visant à reconnaître le Somaliland comme entité indépendante ». Une telle reconnaissance, a-t-il dit, violerait les principes de l’UA et la règle de l’intangibilité des frontières héritées des indépendances. Il a martelé que « la préservation de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’unité et de la stabilité de la Somalie est non négociable ».

Oligui Nguema et Mamadi Doumbouya dans le viseur

Cependant, la partie de son discours qui a le plus fait réagir concerne sa dénonciation du « blanchiment des coups d’État ». Pour le président angolais, le passage par les urnes « ne signifie pas que l’ordre constitutionnel est rétabli dès lors que les auteurs d’un coup d’État organisent des élections et se font élire ». Selon lui, c’est « une forme de blanchiment d’un acte entaché d’illégitimité ».

Il a prévenu que cela ne devait pas devenir « une nouvelle norme d’accès au pouvoir », car ce serait « une manière indirecte d’encourager les coups d’État ». S’il ne cite personne nommément, ses propos font clairement référence à la Guinée Conakry et au Gabon, où les putschistes ont organisé des élections et ont ensuite été réintégrés dans les institutions africaines.

 

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Comment l’ONU a été infiltrée par Epstein https://mondafrique.com/limage-du-jour/comment-lonu-a-ete-infiltree-par-epstein/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/comment-lonu-a-ete-infiltree-par-epstein/#respond Mon, 16 Feb 2026 10:17:34 +0000 https://mondafrique.com/?p=147232 L’affaire Epstein ne se résume ni au parcours d’un délinquant sexuel et financier, ni à la simple énumération de personnalités en vue. Elle révèle le rôle politique que lui et son acolyte Ghislaine Maxwell ont joué dans les relations internationales. En tissant un réseau serré autour de diplomates, ils sont parvenus à infiltrer l’ONU et […]

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L’affaire Epstein ne se résume ni au parcours d’un délinquant sexuel et financier, ni à la simple énumération de personnalités en vue. Elle révèle le rôle politique que lui et son acolyte Ghislaine Maxwell ont joué dans les relations internationales. En tissant un réseau serré autour de diplomates, ils sont parvenus à infiltrer l’ONU et à accéder à des passe-droits et à des informations confidentielles.

Les accords d’Oslo revisités

Terje Rød-Larsen est un poids lourd de la diplomatie. Ce sociologue norvégien fondateur de l’institut FAFO a joué un rôle pivot dans les accords d’Oslo de 1993, en facilitant les négociations secrètes entre Israël et l’OLP, aux côtés de son épouse Mona Juul, aboutissant à la poignée de main historique entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin sous l’égide de Bill Clinton.

En 1994, Larsen est nommé coordinateur spécial pour les Nations unies dans les territoires occupés, basé à Gaza. Puis, jusqu’en 2010, il enchaîne les postes prestigieux et importants, chargé du processus de paix au Moyen-Orient et de la résolution de la crise libanaise post-guerre de 2006. Ensuite, entre 2010 et 2020, il est président d’un think tank basé à New York, l’International Peace Institute, qui collabore avec l’ONU.

Dans les dossiers publiés par le Département de la Justice américain le mois dernier, ses liens étroits avec Epstein ne sont documentés qu’à partir de 2010, mais, côté palestinien, ces révélations ont ravivé des soupçons anciens. Mustafa Barghouti, secrétaire général du parti politique Initiative nationale palestinienne, a déclaré : « Nous n’avons jamais été à l’aise avec cette personne (…) Oslo était un piège… et je suis convaincu que Terje Rød-Larsen était manipulé par la partie israélienne depuis le début. » Des suspicions renforcées par la disparition d’archives officielles norvégiennes clés sur les négociations entre Palestiniens et Israéliens.

Le complice français

Fabrice Aidan, diplomate français, a été détaché par le Quai d’Orsay à New York auprès de Larsen, à partir de 2003, en tant que conseiller, et il est resté aux Nations Unies jusqu’à sa démission en 2013. Un départ en catimini, exfiltré par le ministre des Affaires étrangères, en raison d’une enquête du FBI le soupçonnant de consulter des vidéos pédopornographiques.

Les documents le concernant sont accablants. Ils montrent qu’il n’a pas seulement facilité l’accès de Jeffrey Epstein à des forums fermés et à des responsables de haut niveau au Moyen-Orient, mais qu’il lui a aussi transmis, via son adresse professionnelle onusienne, des notes confidentielles, des comptes rendus de conversations et des briefings du Conseil de sécurité, en violation manifeste des règles de confidentialité de l’ONU.

Comment ce haut fonctionnaire a-t-il pu utiliser son poste et son réseau au service d’un prédateur condamné dès 2008, sans être inquiété pendant des années, posant ainsi de graves questions sur la gouvernance interne des Nations Unies et sur les responsabilités de l’État français ?

Jean-Noël Barrot a déclaré être effaré et indigné par ces révélations et il a saisi le procureur de la République. Pourtant, depuis la publication, en 2016, du livre de Vincent Jauvert La face cachée du Quai d’Orsay, enquête sur un ministère à la dérive, l’affaire était connue de tous, même si Aidan n’y était pas cité nommément.

Un président de l’Assemblée générale en contact avec Epstein

Le cas de Miroslav Lajčák illustre comment Epstein parvenait à normaliser ses relations avec des responsables onusiens en exercice, bien après sa condamnation. Président de l’Assemblée générale de l’ONU de 2017 à 2018, ce diplomate slovaque a échangé des messages avec Epstein entre 2017 et 2019, mêlant discussions diplomatiques sérieuses et propos personnels déplacés, le traitant comme un intermédiaire utile et un connecteur privilégié dans les réseaux internationaux. Sans implication avérée dans des crimes, cette relation révèle cependant une banalisation troublante du contact avec un prédateur sexuel notoire. En 2026, la publication de ces échanges a provoqué sa démission d’un poste de conseiller à la sécurité nationale en Slovaquie, Lajčák lui-même concédant un « mauvais jugement».

TerraMar : la philanthropie comme passeport diplomatique

Mais Epstein et Maxwell ne se sont pas contentés de « tamponner » comme on le dit dans le jargon des diplomates de haut rang pour obtenir des informations confidentielles et peser sur des négociations. En 2012, Ghislaine Maxwell crée le TerraMar Project, présenté comme une ONG dédiée à la protection des océans, au moment où le scandale Epstein commence à refaire surface après la condamnation de 2008. Dès 2013-2014, elle s’affiche dans des événements onusiens sur les océans et les Objectifs de développement durable (ODD), obtenant un accès privilégié à des panels, side-events et réseaux diplomatiques multilatéraux : un positionnement stratégique qui agit comme un cheval de Troie et lui ouvre grand les portes de l’écosystème onusien. L’ONG, financée par les fonds d’Epstein, fermera en juillet 2019 après l’arrestation de ce dernier. Mais pendant six ans, elle aura eu pignon sur rue, sans, bien entendu, jamais agir pour de nobles causes.

Finalement, ce ne sont pas seulement les actes d’Epstein/Maxwell qui interrogent, mais la longévité de leur fréquentabilité dans des milieux censés incarner la rigueur diplomatique. Les noms, les dates et les e-mails sont désormais connus ; les archives parlent d’elles-mêmes. Reste à savoir ce que les institutions feront de cette mémoire écrite.

 


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Avec près de 800 apparitions dans les Epstein files, le Sénégal fait partie des pays africains les plus concernés (après l’Afrique du Sud) par ce dossier aux ramifications planétaires. Cité plus de 500 fois, Karim Wade, le fils d’Abdoulaye Wade, est au centre des écrits de Jeffrey Epstein concernant le Sénégal. En effet, l’homme d’affaires voyait en lui un futur Président. 

Par Mor Amar

Au centre de plus de 500 e-mails, Karim Wade est sans doute la personnalité politique sénégalaise la plus exposée. Au Sénégal, ses rapports avec le sulfureux homme d’affaires suscitent pas mal d’interrogations et de zones d’ombre, même si jusque-là, aucun fait compromettant n’est apparu. La relation entre les deux hommes est amicale et nourrie par des dons financiers importants, des services de mise en relation et des projets d’affaires.

Des rapports privilégiés 

Epstein semble avoir beaucoup misé sur celui qui fut le ministre de l’Énergie et de la Coopération internationale d’Abdoulaye Wade. Dans un mail du 29 novembre 2016 adressé à l’influent Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton puis directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche sous Barack Obama, Epstein présentait son ami Wade comme « l’une des personnalités les plus importantes d’Afrique de l’Ouest », qui deviendrait, à coup sûr, Président de la République en 2019 ou 2024. (Karim Wade, alors tout juste libéré après trois ans d’emprisonnement, ne participera pas, finalement, à ces élections, étant déclaré inéligible par le Conseil constitutionnel).

Epstein était convaincu que la condamnation de Karim Wade visait surtout à l’empêcher d’être candidat. « Il se trouve actuellement au Qatar, où il attend son retour au pouvoir, qui est presque garanti. C’est le plus charismatique et le plus rationnel de tous les Africains, et il a leur respect », écrivait Epstein très élogieux. Il répondait à une question de Summers lui demandant « qui est le type avec qui » il lui avait « arrangé un rendez-vous ». 

Dès sa sortie de prison le 24 juin 2016, par l’effet d’une grâce présidentielle, Karim a renoué avec Epstein. En atteste une conversation du 26 juin, moins de 48 heures après sa libération suivie de son « exil » à Doha, au Qatar, à bord d’un jet privé affrété par les plus hautes autorités de ce pays du Golfe où il est installé depuis lors.     

Quand Epstein mobilisait tout Washington pour faire pression sur Dakar 

Les échanges entre Epstein et Karim Wade remontent au moins à l’année 2010, si l’on en croit les documents rendus publics le 30 janvier par le ministère américain de la Justice. Ils sont très fréquents entre 2010 et 2012, avant l’arrestation de Karim Wade, en avril 2013, suivie de sa condamnation en mars 2015 pour enrichissement illicite. Lâché par plusieurs de ses amis, Karim a pu compter sur Epstein qui ne l’a pas abandonné dans sa longue bataille judiciaire contre le régime de Macky Sall.

À sa demande, le financier américain lui fait un don de 100 000 dollars US (environ 55 millions de francs CFA) pour s’attacher les services du cabinet Nelson Mullins à Washington. L’objectif est d’obtenir le soutien des États-Unis pour pousser le Sénégal à donner suite à la décision du Groupe de travail des Nations Unies qui avait déclaré « arbitraire » la détention de Karim Wade. 

Le 20 janvier 2016, Epstein informe les proches de Wade qu’il a payé la note. Les documents montrent également des traces de transactions avec Me Seydou Diagne, un avocat de Karim Wade, pour un montant avoisinant 500 000 dollars US, soit plus de 237 millions de francs CFA. Officiellement, si l’on en croit les Epstein Files, il s’agirait du paiement d’honoraires relatifs à l’assistance juridique dans le cadre du suivi des opérations et des investissements.

Ce qui est curieux pour un observateur, c’est que Karim Wade, condamné pour s’être enrichi illicitement de plus de 69 milliards de francs CFA et condamné à rembourser cette somme ainsi qu’une amende du même montant, semblait alors dans l’incapacité de financer sa défense.

En avril 2016, Bob Crowe, associé au cabinet Partners Nelson Mullins, informe Epstein d’une réunion fructueuse au Département d’État le même jour. « Mon contact travaille en coulisses pour aider à faire pression sur Macky Sall et son administration. Notre ambassadeur apporte également son aide », assure le lobbyiste. Et d’ajouter : « Nous travaillons également avec le Département d’État pour que la détention de Wade soit mise en évidence dans le rapport sur les droits de l’homme au Sénégal pour l’exercice 2017. »

Les résultats d’un lobbying intense

Du côté du Congrès, les résultats semblent moins positifs, à cause de la publication, au même moment, des Panama Papers. Mais les lobbyistes engagés par Epstein s’accrochent. Le 19 mai 2016, dans une lettre adressée à Élisabeth Feliho (assistante de Karim Wade), Vinoda Basnayake, du cabinet Nelson Mullins, annonce une délégation du Congrès au Sénégal. « Cela pourrait être une occasion importante pour rencontrer certains membres très influents du personnel chargés de la politique étrangère », écrit-il à Féliho.

Dans ce cadre, pour faciliter la rencontre, les lobbyistes se sont rapprochés de Yebbie Watkins, l’un des membres du personnel, proche collaborateur de l’influent James Clayburn – responsable au sein du Caucus noir. L’objectif est non seulement de faire connaître l’histoire de Karim Wade à certains leaders du Congrès mais aussi de placer les projecteurs sur son cas.

C’est dans ce contexte que le fils de l’ancien Président est libéré dans la nuit du 23 au 24 juin. En sus du lobbying américain exercé à la demande d’Epstein, d’autres réseaux locaux – en particulier les marabouts – ainsi que qataris ont également pesé dans les tractations.

Macky Sall, Khalifa Sall et Jean-Claude Mimran

Les autres courriers de Jeffrey Epstein liés au Sénégal sont rares. Les recherches sur l’ex président Macky Sall ne font ressortir que 37 résultats, presque tous liés directement à l’affaire Karim Wade. Il y est soit critiqué pour avoir fait emprisonner« arbitrairement » un opposant politique, soit interpellé par le biais d’intermédiaires. Il en va de même pour Khalifa Ababacar Sall, à l’époque maire de Dakar, dont les relations avec Karim Wade étaient exécrables.

Quant à Cheikh Kanté (l’ancien directeur général du Port autonome de Dakar), il est cité dans un mail entre Epstein et le top management de DP Word – l’opérateur principal du Port autonome de Dakar – en l’occurrence Mohammed Sharaf, alors bras droit du PDG de l’entreprise émiratie, le Sultan Bin Sulayem, autre ami d’Epstein et proche de Karim Wade (plus de 4700 occurrences dans les Epstein files.) 

La dernière personnalité du Sénégal qui apparaît furtivement dans l’une des conversations est le patron de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), le milliardaire français Jean-Claude Mimran, cité comme participant à un dîner, le 10 décembre 2009, avec le prince Andrew. L’expéditeur du mail, dont le nom est masqué, informe Epstein qu’il va « dîner avec Andrew ce soir » et qu’il a également invité le magnat sénégalais du sucre, l’un des hommes les plus puissants du pays.

 

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