- Mondafrique https://mondafrique.com/limage-du-jour/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Fri, 06 Feb 2026 07:23:26 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg - Mondafrique https://mondafrique.com/limage-du-jour/ 32 32 L’Afrique francophone championne de la croissance https://mondafrique.com/economie/lafrique-francophone-championne-de-la-croissance/ https://mondafrique.com/economie/lafrique-francophone-championne-de-la-croissance/#respond Fri, 06 Feb 2026 05:43:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146548 Pour la douzième année d’affilée, l’Afrique subsaharienne francophone affiche la croissance économique la plus élevée d’Afrique subsaharienne, tout en demeurant la partie la moins touchée par l’inflation et l’endettement. Cette triple performance devrait de nouveau se répéter en 2026. Analyse d’Ilyes Zouari, qui préside le CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone). […]

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Pour la douzième année d’affilée, l’Afrique subsaharienne francophone affiche la croissance économique la plus élevée d’Afrique subsaharienne, tout en demeurant la partie la moins touchée par l’inflation et l’endettement. Cette triple performance devrait de nouveau se répéter en 2026. Analyse d’Ilyes Zouari, qui préside le CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone).

Il ressort des dernières données publiées par la Banque mondiale dans le cadre de son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales que l’Afrique subsaharienne francophone a réalisé en 2025 les meilleures performances d’Afrique subsaharienne en matière de croissance. Elle a ainsi été le moteur du continent, avec une croissance globale de 4,9 %, contre 3,4 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne.

Dans le même temps, et à partir des dernières estimations du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone a continué, comme depuis plusieurs décennies, d’afficher le niveau d’inflation le plus faible avec un taux estimé à seulement 4,0 %, contre 17,4 % pour l’Afrique subsaharienne non francophone. Enfin, et toujours selon les données du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone continue à maîtriser son endettement en affichant le niveau le plus faible en Afrique subsaharienne pour la neuvième année d’affilée, avec une dette publique estimée à 51,6 % du PIB en 2025, creusant l’écart avec le reste de l’Afrique subsaharienne à 64,6 %. 

L’UEMOA en tête, avec plus de 6% de croissance

En zone CFA, qui regroupe 13 des 22 pays francophones (y compris la Guinée équatoriale et la Guinée-Bissau), et qui rassemble 55 % de la population de l’Afrique francophone subsaharienne, la croissance a légèrement baissé, de 5,0 % à 4,9 %. Au sein de cette zone, l’espace UEMOA a continué à se distinguer avec une évolution globale de 6,1 %, comme en 2024, confirmant ainsi son statut de plus vaste zone de forte croissance du continent. Pour sa part, l’espace CEMAC, qui compte notamment trois importants producteurs d’hydrocarbures, a de nouveau fait baisser la moyenne globale de la zone CFA, avec un taux de croissance de 2,9 % (contre 3,0 % en 2024).

Quant à la croissance observée en Afrique subsaharienne hors zone CFA, celle-ci s’est élevée à 3,5 %, un taux tiré vers le haut par les pays francophones qui s’y trouvent et qui ont connu une croissance globale de 5,0 %. La partie francophone de l’Afrique de l’Est, qui se situe justement en dehors de la zone CFA, a enregistré une progression globale de son PIB de 3,8 %.

Six des dix plus fortes croissances de 2025 sont celles de pays francophones : la Guinée (première du classement avec un taux de 7,5 %), le Bénin (deuxième, avec un taux de 7,3 %), le Niger, classé en cinquième position (6,5 %) et immédiatement suivi par le Sénégal (6,4 %), la Côte d’Ivoire (6,3 %) et Djibouti (6,0 %). Le premier pays non francophone, l’Éthiopie, arrive en troisième position (7,2 %). Ce classement n’intègre pas le cas très particulier du Rwanda, qui ne peut plus être pris en compte dans les classements économiques africains étant donné que ses performances officielles (7,0 % en 2025) sont largement faussées par le pillage massif des richesses de la RDC voisine, qui représentent désormais près de 50 % des exportations rwandaises de biens.

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Abdelhadi Belkhayat, la voix marocaine qui ne s’est jamais tue https://mondafrique.com/limage-du-jour/abdelhadi-belkhayat-la-voix-qui-ne-sest-jamais-tue/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/abdelhadi-belkhayat-la-voix-qui-ne-sest-jamais-tue/#respond Thu, 05 Feb 2026 12:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146544 Figure majeure de la chanson marocaine, Abdelhadi Belkhayat s’est éteint dans une relative discrétion médiatique. Pourtant, sa voix, entre lyrisme populaire et exigence poétique, a marqué durablement des générations entières. La disparition d’Abdelhadi Belkhayat, vendredi dernier, n’a pas provoqué l’écho qu’elle aurait dû susciter, notamment dans la presse française. Un silence étonnant au regard de […]

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Figure majeure de la chanson marocaine, Abdelhadi Belkhayat s’est éteint dans une relative discrétion médiatique. Pourtant, sa voix, entre lyrisme populaire et exigence poétique, a marqué durablement des générations entières.

La disparition d’Abdelhadi Belkhayat, vendredi dernier, n’a pas provoqué l’écho qu’elle aurait dû susciter, notamment dans la presse française. Un silence étonnant au regard de l’importance de cet artiste, dont la voix a accompagné pendant plus d’un demi-siècle la mémoire intime de millions de Marocains et, au-delà, de l’immigration maghrébine en Europe.

Né à Fès en 1940, Abdelhadi Belkhayat appartient à cette génération d’artistes qui ont façonné la modernité musicale marocaine sans jamais rompre avec ses racines. Formé très jeune au chant, il se distingue dès les années 1960 par un timbre ample, grave, immédiatement reconnaissable, et par une capacité rare à faire dialoguer tradition arabo-andalouse, chanson populaire et orchestrations plus contemporaines. À une époque où la radio nationale joue un rôle structurant, sa voix devient familière, presque domestique, présente dans les foyers comme dans les cafés, lors des fêtes comme dans les moments de mélancolie.

Ses chansons, devenues des classiques, parlent d’amour contrarié, d’attente, de fidélité, de douleur contenue. Elles touchent parce qu’elles restent simples sans jamais être simplistes, portées par une diction précise et une intensité émotionnelle maîtrisée. Belkhayat ne force pas l’émotion : il l’installe, la laisse monter, puis la retient. Cette retenue, presque pudique, explique sans doute l’attachement profond que lui portent plusieurs générations d’auditeurs.

Dans les quartiers populaires de Casablanca comme dans les cafés de Barbès ou de Molenbeek, ses titres ont longtemps circulé comme des repères affectifs. Pour beaucoup de familles issues de l’immigration marocaine, sa voix est liée aux souvenirs d’enfance, aux trajets en voiture, aux soirées partagées. Elle incarne un lien avec le pays d’origine, une continuité culturelle, mais aussi une forme de dignité émotionnelle face à l’exil.

Artiste reconnu de son vivant, Abdelhadi Belkhayat avait pourtant choisi, au début des années 2010, de se retirer progressivement de la scène musicale profane pour se consacrer à des chants à dimension spirituelle. Un tournant personnel, assumé, qui n’efface en rien l’ampleur de son héritage artistique. Cette retraite volontaire a sans doute contribué à son effacement progressif des radars médiatiques, dans un paysage culturel de plus en plus dominé par l’instantané et le spectaculaire.

La relative discrétion entourant sa disparition interroge. Elle révèle, une fois encore, la difficulté qu’éprouvent les médias français à reconnaître pleinement les grandes figures culturelles issues du Maghreb lorsqu’elles ne s’inscrivent pas dans des catégories familières ou contemporaines. Or Belkhayat n’est pas seulement un chanteur « du passé » : il est une mémoire vivante, un jalon essentiel de l’histoire musicale marocaine et arabe.

Rendre hommage à Abdelhadi Belkhayat, c’est rappeler que certaines voix traversent le temps sans bruit, mais avec une persistance rare. Des voix qui n’ont pas besoin d’actualité pour exister, parce qu’elles sont déjà inscrites dans la vie de ceux qui les ont aimées. Sa disparition marque la fin d’une époque, mais son chant, lui, continue de circuler, discret, profond et indélébile.

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Les civils sont en danger dans l’est de la RD Congo https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-civils-sont-en-danger-dans-lest-de-la-rd-congo/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-civils-sont-en-danger-dans-lest-de-la-rd-congo/#respond Thu, 05 Feb 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146499 Dans son Rapport mondial 2026, publié le 4 février, Human Rights Watch tire la sonnette d’alarme sur les dangers auxquels sont exposés les civils dans l’est de la RD Congo ainsi que sur la répression de l’espace civique observée en Afrique centrale.  «Les abus commis par les forces gouvernementales et les groupes armés à l’encontre […]

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Dans son Rapport mondial 2026, publié le 4 février, Human Rights Watch tire la sonnette d’alarme sur les dangers auxquels sont exposés les civils dans l’est de la RD Congo ainsi que sur la répression de l’espace civique observée en Afrique centrale. 

«Les abus commis par les forces gouvernementales et les groupes armés à l’encontre des civils sont devenus monnaie courante dans le conflit qui frappe l’est de la République démocratique du Congo», écrit l’organisation. « Les populations des pays d’Afrique centrale ont été confrontées à des risques croissants au cours de la dernière année, qu’il s’agisse d’attaques ou de déplacements forcés dans l’est de la RD Congo ou de la suppression des droits fondamentaux ailleurs dans la région », a expliqué Lewis Mudge
, directeur pour l’Afrique centrale de Human Rights Watch. « Les organismes régionaux et internationaux doivent inciter les gouvernements d’Afrique centrale à protéger les civils et à défendre l’espace démocratique. »

Conflit armé et élections 

Le conflit qui oppose le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, aux forces armées congolaises a conduit à de nouvelles atrocités dans l’est de la RD Congo, où le M23 a commis de nombreux crimes de guerre, y compris des meurtres et des violences sexuelles. L’armée congolaise et ses alliés Wazalendo, ainsi que d’autres groupes armés, ont également commis des crimes de guerre.

En République centrafricaine et au Burundi, c’est la période précédant les élections locales et législatives au Burundi et présidentielles en République centrafricaine qui a été marquée par des abus. Dans les deux pays, les candidats de l’opposition ont été empêchés de se présenter. Au Burundi, les électeurs ont été intimidés et ont subi des pressions lors du vote.

Dans les quatre pays, les autorités ont réprimé les médias, la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique. En RD Congo, les autorités et le M23 ont tous deux pris pour cible des journalistes, des contestataires et des activistes. Un tribunal militaire a condamné l’ancien président Joseph Kabila à la peine capitale par contumace pour des chefs d’inculpation motivés par des raisons politiques. Au Rwanda, la cheffe de l’opposition Victoire Ingabire a de nouveau été arrêtée dans le cadre d’un procès en cours contre des membres de son parti.

« Briser la déferlante autoritaire dans le monde »

Les mécanismes de justice internationale ont fait des progrès significatifs en Afrique centrale en 2025. La Cour pénale internationale a reconnu deux chefs de milices anti-balaka coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité perpétrés en République centrafricaine. Roger Lumbala, ancien chef rebelle et ministre congolais accusé de crimes contre l’humanité commis en RD Congo, est, lui, jugé en France.

Dans la 36ème édition de son Rapport mondial, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Pour le directeur exécutif, Philippe Bolopion, briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.

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Donald Trump envoie son émissaire au Mali https://mondafrique.com/international/donald-trump-envoie-son-emissaire-en-mission-de-bons-offices-au-mali/ https://mondafrique.com/international/donald-trump-envoie-son-emissaire-en-mission-de-bons-offices-au-mali/#respond Tue, 03 Feb 2026 17:11:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146404 Lundi 2 février, Nick Checker, le représentant pour le Mali de l’administration Trump, qui dirige le Bureau des affaires africaines du département d’État américain, était en visite officielle à Bamako. Cette visite illustre une tentative de rapprochement de la Maison Blanche à l’égard des membres de l’Alliance des États du Sahel. Nick Checker a été […]

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Lundi 2 février, Nick Checker, le représentant pour le Mali de l’administration Trump, qui dirige le Bureau des affaires africaines du département d’État américain, était en visite officielle à Bamako. Cette visite illustre une tentative de rapprochement de la Maison Blanche à l’égard des membres de l’Alliance des États du Sahel.

Nick Checker a été reçu en audience par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a rapporté l’agence malienne de presse AMAP. 

À l’issue de la rencontre qui s’est tenue au ministère, il a déclaré être venu « pour discuter avec le gouvernement du Mali ». Il a précisé que les échanges avaient porté sur la lutte contre le terrorisme, le développement économique et la correction des erreurs de l’administration américaine précédente.« Moi je suis venu pour respecter le principe de souveraineté du Mali », a-t-il assuré.

Sécurité et économie

Cette rencontre s’inscrit dans une nouvelle posture de l’administration Trump visant à réengager les relations avec le Mali, après une période de tensions diplomatiques et un recentrage américain sur le respect de la souveraineté des États sahéliens. Elle fait suite aux visites d’autres responsables américains et offres de services diverses, ces derniers mois, accueillies jusqu’ici avec une certaine méfiance par les capitales concernées en butte à une forte hostilité de la France depuis leur prise de distance brutale avec Paris.

Nick Checker effectue ce déplacement pour explorer une nouvelle voie de coopération bilatérale, axée sur la sécurité et l’économie, en consultant également les autorités des pays voisins comme le Burkina Faso et le Niger, précise l’AMAP.

Bien que les trois pays du Sahel central aient fait appel à la Russie pour leur défense et leur sécurité, après la crise ouverte avec la France – leur partenaire militaire précédent dans la guerre contre les groupes djihadistes – Washington semble ne pas renoncer à jouer un rôle, dont les contours précis restent flous.  

L’État islamique pour cible

C’est ainsi que le général John Brennan, commandant adjoint d’Africom, a déclaré que son pays collaborait « toujours avec les armées des juntes au pouvoir au Burkina Faso, au Mali et au Niger », lors d’une interview accordée à l’Agence France Presse le 24 janvier à Abuja. « Nous avons même partagé des informations avec certains d’entre eux pour frapper des cibles terroristes clé », a-t-il ajouté, reconnaissant que la situation était cependant « très différente d’il y a deux ou trois ans ». La date mentionnée par le général correspond à la fermeture, en août 2024, de la base américaine de drones d’Agadez, dans le nord du Niger, à la demande de Niamey.  

« Nous sommes devenus beaucoup plus agressifs et nous travaillons avec des partenaires pour cibler de manière cinétique les menaces, principalement l’État islamique. » Il a ajouté que l’objectif des États-Unis était de renforcer les capacités des partenaires, de leur fournir des renseignements et des équipements « avec moins de restrictions » pour leur permettre d’être plus efficaces. 

 

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Le prix politique des sanctions contre le Mali https://mondafrique.com/limage-du-jour/le-prix-politique-des-sanctions-contre-le-mali/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/le-prix-politique-des-sanctions-contre-le-mali/#respond Tue, 03 Feb 2026 05:16:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146315 L’arrêt que la Cour de justice de l’UEMOA vient de rendre donne raison au gouvernement de Bamako. Les sanctions prises contre le Mali en 2022 étaient illégales : l’Union économique et monétaire des États d’Afrique de l’Ouest est sortie de son rôle en appliquant des décisions de la Communauté régionale. Mais si cette victoire juridique […]

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L’arrêt que la Cour de justice de l’UEMOA vient de rendre donne raison au gouvernement de Bamako. Les sanctions prises contre le Mali en 2022 étaient illégales : l’Union économique et monétaire des États d’Afrique de l’Ouest est sortie de son rôle en appliquant des décisions de la Communauté régionale. Mais si cette victoire juridique est réelle, elle reste limitée : les sanctions ont déjà produit des effets économiques et politiques durables.

Cette « victoire » arrive tard, trop tard. Les sanctions ont été levées depuis 2022 et la Cour n’ouvre la voie à aucun dédommagement. Or elles ont bel et bien été appliquées : frontières fermées, avoirs gelés, échanges perturbés. Elles ont pesé sur les prix, sur l’activité, sur la vie quotidienne. L’illégalité est reconnue, mais pas les coûts économiques et sociaux.

Retour à l’envoyeur

Quant à l’effet politique, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en paie encore le prix fort. Les sanctions de 2022 ont nourri au Mali un narratif souverainiste très efficace : celui d’organisations régionales perçues comme punitives et déconnectées des populations. Dans un contexte de défiance déjà très important, ces mesures coercitives ont légitimité le récit des autorités de transition.

Cette dynamique s’est ensuite propagée au-delà du Mali. Le Niger puis le Burkina Faso se sont inscrits dans une logique similaire de souveraineté revendiquée et de rupture avec la CEDEAO. Pour rappel, les autorités nigériennes – sanctionnées après le putsch de juillet 2023 – ont déposé une requête de même nature et attendent le verdict de la Cour. La création de l’Alliance des États du Sahel, qui a amputé l’organisation sous-régionale de trois pays, doit beaucoup à ces sanctions. Pensées pour infléchir des trajectoires politiques nationales et favoriser un retour à l’ordre constitutionnel, elles ont produit l’effet inverse et accéléré une recomposition régionale qui a affaibli la CEDEAO.

Cet effet boomerang relance un débat plus large sur l’usage politique des instruments économiques régionaux. Comme l’écrivait l’économiste togolais Kako Nubukpo, qui dénonçait dès 2022 ces mesures, « une union économique et monétaire qui aspire à la prospérité durable de ses citoyens ne devrait pas utiliser sa banque centrale comme un instrument de règlements de comptes politiques ». Quatre ans plus tard, la Cour de justice lui donne raison.

 

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Justice pour Birama Touré, dix ans après sa disparition https://mondafrique.com/limage-du-jour/toujours-pas-de-justice-pour-birama-toure-dix-ans-apres-sa-disparition/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/toujours-pas-de-justice-pour-birama-toure-dix-ans-apres-sa-disparition/#respond Mon, 02 Feb 2026 11:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146300 «29 janvier 2016 – 29 janvier 2026. Voilà 10 ans que nous demandons Justice pour Birama Touré», rappelle le journal malien Le Sphynx dans sa dernière édition parue ce lundi. Le journaliste de l’hebdomadaire d’investigation est probablement mort sous la torture après son enlèvement par les services de sécurité maliens. Le directeur du Sphynx, Adama […]

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«29 janvier 2016 – 29 janvier 2026. Voilà 10 ans que nous demandons Justice pour Birama Touré», rappelle le journal malien Le Sphynx dans sa dernière édition parue ce lundi. Le journaliste de l’hebdomadaire d’investigation est probablement mort sous la torture après son enlèvement par les services de sécurité maliens.

Le directeur du Sphynx, Adama Drame, est bien seul dans cette bataille pour la mémoire, qui l’a conduit à quitter son pays pour trouver refuge en France, fuyant, à l’époque, le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta et de son fils Karim dont l’ombre plane sur cette sombre affaire. Malgré les changements de pouvoir à Bamako, les personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce dossier sont toujours protégées et restent hors d’atteinte des juges français et malien saisis. 

Mondafrique s’était entretenu avec Adama Drame en 2024. 

Les autorités maliennes bloquent l’enquête sur la mort du journaliste Birama Touré

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Restitution des biens culturels : simplification en vue https://mondafrique.com/limage-du-jour/restitution-des-biens-culturels-simplification-en-vue/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/restitution-des-biens-culturels-simplification-en-vue/#respond Mon, 02 Feb 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146258   Pour faciliter la restitution des biens culturels aux pays victimes d’appropriation illicite – pendant la conquête coloniale et par la suite – le Sénat français a adopté, le 28 janvier, un projet de loi qui simplifie les contraintes légales très strictes en vigueur.  « En raison du principe d’inaliénabilité du domaine public, la restitution aux […]

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Pour faciliter la restitution des biens culturels aux pays victimes d’appropriation illicite – pendant la conquête coloniale et par la suite – le Sénat français a adopté, le 28 janvier, un projet de loi qui simplifie les contraintes légales très strictes en vigueur. 

« En raison du principe d’inaliénabilité du domaine public, la restitution aux pays d’origine des biens culturels relevant des collections muséales ne peut aujourd’hui passer que par la loi. Les demandes de restitution sont en conséquence traitées par le biais de loi d’espèce, qui encombrent l’ordre du jour parlementaire et présentent parfois un caractère arbitraire », explique un communiqué du Sénat. 

Actuellement, les biens volés, pillés ou acquis sous la contrainte détenus dans les musées français sont, en raison de leur appartenance au domaine public, « inaliénables », à l’exception de ceux qui ont été acquis après la ratification par la France, le 7 avril 1997, de la « Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels ». Les autres, entrés dans les collections publiques antérieurement doivent faire l’objet d’une dérogation à travers un texte de loi spécifique au cas par cas. 

Une loi-cadre pour des restitutions « transparentes »

« Le Sénat préconise de longue date l’adoption de lois-cadres définissant une procédure de restitution transparente, reposant sur des critères opposables et une méthode rigoureuse. Ces principes, qui figurent dans un rapport de la commission de la culture de 2020 et une proposition de loi adoptée par le Sénat en 2022, ont déjà été traduits dans la loi de 2022 relative aux biens culturels spoliés dans le contexte des persécutions antisémites perpétrées entre 1933 et 1945 et la loi de 2023 sur les restes humains », poursuit le communiqué. 

Le projet de loi examiné la semaine dernière par le Sénat et qui devra encore être adopté par l’Assemblée nationale, « constitue le troisième et dernier volet de ce triptyque législatif. » Il substitue une procédure administrative à la procédure parlementaire actuelle, sauf pour les demandes qui ne satisferont pas aux critères définis comme suit.

« Cette procédure est circonscrite dans son périmètre et ne pourra porter que sur les biens relevant des collections publiques, y compris lorsqu’ils y ont été incorporés par dons ou legs, à l’exception des biens militaires et archéologiques ; ayant fait l’objet d’une appropriation illicite entre 1815 (date à laquelle débute le second empire colonial) et 1972 (date à partir de laquelle s’applique le régime judiciaire de restitution issu de la convention de l’Unesco du 14 décembre 1970) ; issus du territoire actuel de l’État demandeur et n’ayant pas déjà fait l’objet d’un accord international. » 

La restitution des biens culturels à l’Afrique

 

 

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Les kamikazes de l’aéroport de Niamey ciblaient les drones https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-kamikazes-de-laeroport-de-niamey-ciblaient-les-drones/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-kamikazes-de-laeroport-de-niamey-ciblaient-les-drones/#respond Sat, 31 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146209 Après Bamako, il y a seize mois, Niamey. L’attaque djihadiste qui a visé la base de l’armée de l’Air du Niger, dans la nuit du 28 au 29 janvier, a été repoussée avec son lot de ruines et de cadavres. On connaît désormais l’identité des assaillants, leur mode opératoire et leur mobile. Les dirigeants nigériens, […]

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Après Bamako, il y a seize mois, Niamey. L’attaque djihadiste qui a visé la base de l’armée de l’Air du Niger, dans la nuit du 28 au 29 janvier, a été repoussée avec son lot de ruines et de cadavres. On connaît désormais l’identité des assaillants, leur mode opératoire et leur mobile. Les dirigeants nigériens, eux, continuent de soupçonner une main étrangère.

La spectaculaire attaque conduite contre l’aéroport de la capitale du Niger a commencé à livrer ses mystères. Un communiqué du ministère de la Défense, diffusé jeudi soir, a fourni des détails précis : l’heure (00h20), la durée (une trentaine de minutes), le déroulement (« des assaillants à bord de motos arrivés tous phares éteints ») et le bilan. Côté ami : 4 militaires blessés, du matériel endommagé dont « un stock de munitions » incendié, ainsi que des dommages mineurs occasionnés dans leur fuite par les terroristes « tirant à la sauvette » sur trois aéronefs civils stationnés, dont deux de la compagnie Asky. Côté ennemi, « la vigoureuse réponse aéroterrestre a permis la neutralisation de 20 mercenaires et l’arrestation de 11 autres, dont la majorité est grièvement blessée, ainsi que la récupération d’un important matériel de guerre et des motocyclettes. »

Remerciement appuyé aux « partenaires » russes

Le communiqué signé du ministre de la Défense, le général Salifou Modi, se félicite de « la parfaite coordination du dispositif de sécurité de la base aérienne appuyé par les forces de défense et de sécurité de la ville de Niamey », qui semble attestée par la brièveté de l’accrochage. Officiellement, aucune autre force, à l’exception des partenaires russes chaudement remerciés par le chef de l’État, n’a participé à ces événements. Ni les 350 Italiens déployés à l’aéroport de Niamey dans le cadre de la Mission bilatérale de soutien à la République du Niger ni la nouvelle force unifiée de l’Alliance des États du Sahel, également logée à la base 101, qui réunit des soldats du Niger, du Mali et du Burkina Faso. 

Prisonniers capturés après l’attaque. Capture d’écran.

Bien sûr, il y a ce que le communiqué ne précise pas. Il ne dit pas, par exemple, que le troisième aéronef touché par des balles est ivoirien. La mauvaise relation entre les autorités de Niamey et d’Abidjan explique cette omission. Il ne fournit pas non plus les détails matériels des destructions. Des appareils militaires ont-ils été endommagés ? Selon des sources de Mondafrique, c’est notamment le cas d’un Cessna détruit par un drone kamikaze. Le communiqué ne dit pas non plus comment les assaillants ont réussi à pénétrer dans une des zones les plus surveillées de la capitale, sans se faire repérer. Il ne dit pas que le passage des terroristes s’enfuyant de la base 101 vers l’aéroport civil, qui est contigu à l’aéroport militaire, a été facilité par le manque de résistance opposée par gendarmes et policiers sur place.

Il ne précise pas le rôle précis joué par les militaires russes. Mais le général Abdourahamane Tiani, qui s’est rendu dans la matinée à l’Escadrille, a, lui, publiquement remercié les « partenaires russes pour leur prompte réaction qui a permis, dans les 20 minutes suivantes, de mettre l’ennemi en déroute », ajoutant plus loin qu’ils avaient « défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité. » Il semble que ce sont les Russes qui ont fait fonctionner la défense anti-aérienne dans une gerbe de feu qui a illuminé, pour la première fois, le ciel nocturne de la capitale.

Un commando de l’État islamique visant les drones 

Selon une source de Mondafrique en contact avec l’État islamique au Sahel (EIS), c’est un commando de cette organisation qui serait l’auteur de l’attaque, composé de 15 motos (soit 30 hommes) et d’un véhicule 4×4 – transportant probablement les « chefs ». Selon cette source, 4 membres du groupe – peut-être les passagers de ce véhicule dont nul ne fait mention – ont réussi à s’enfuir. Les « cavaliers » à  moto étaient, eux, en mission kamikaze. Leur but : détruire les drones militaires qui gênent considérablement l’EIS dans ses déplacements au Niger, de la zone des trois frontières au nord-ouest du Nigeria (voir article plus bas.) Quatre hommes, deux Saharouis et deux Peuls, seraient entrés à Niamey début janvier pour organiser la logistique. Les motos et certains matériels auraient été achetés sur place. L’État islamique a revendiqué l’opération vendredi, dans un communiqué en arabe où le groupe dit avoir « infligé d’importants dégâts matériels à l’infrastructure militaire. » 

Selon nos informations, le responsable de l’opération est bien connu de l’armée nigérienne. Abdou Tcheyguel est l’un des principaux chefs militaires de l’EIS et bien que Nigérien, il est l’émir d’Indélimane, un village du cercle d’Ansango au Mali, fief de longue date de l’organisation. Quant au cadavre blanc de peau aux cheveux roux, dont la photo a beaucoup circulé en le faisant passer pour celui d’un Français, il s’agit de celui d’un combattant sahraoui.

Il semble bien que la capitale se préparait depuis le début de l’année à un événement de ce genre. Depuis la mi-janvier des alertes avaient été données et elles avaient d’ailleurs circulé sur les réseaux sociaux pro-Bazoum, qui ironisaient alors sur la paranoïa du général Tiani. Les mêmes acteurs en ligne ont abondamment commenté l’attaque jeudi, à travers de nombreux récits et détails invérifiables, voire inventés de toutes pièces. Le fait que ces personnes hors du pays – notamment en France – semblent se réjouir de chaque attaque contre le Niger contribue à nourrir la frustration des Nigériens vivant sur place et la théorie d’un soutien de Paris aux forces de déstabilisation locales, qu’elles soient rebelles – comme le groupe qui sabote régulièrement l’oléoduc – ou djihadistes. Abdourahamane Tiani martèle ces accusations. Il a jeudi, dans l’interview improvisée à l’Escadrille, accusé nommément Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara d’être les « sponsors » de ces « mercenaires téléguidés ». L’ambassadrice du Niger en Côte d’Ivoire a d’ailleurs été convoquée le lendemain par le ministre des Affaires étrangères à Abidjan pour s’en expliquer.

Le bras de fer politique et judiciaire engagé entre la France et le Niger sur le sort de 1000 tonnes d’uranate entreposées justement à l’aéroport, en vue d’une future vente, est une raison de plus pour que le général Tiani voie la main de Paris dans cette attaque. 

L’Etat islamique trace sa route du Mali vers le Nigeria via le Niger

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Paris tente une médiation entre les frères ennemis libyens https://mondafrique.com/limage-du-jour/paris-tente-une-mediation-entre-les-freres-ennemis-libyens/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/paris-tente-une-mediation-entre-les-freres-ennemis-libyens/#respond Fri, 30 Jan 2026 08:30:35 +0000 https://mondafrique.com/?p=146168 Ainsi, selon des sources françaises de haut niveau, une rencontre secrète a eu lieu à Paris sous le parrainage conjoint de la France et des États-Unis, réunissant deux délégations libyennes.

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C’est parfois dans le secret des salons du pouvoir que la diplomatie avance. Ainsi, selon des sources françaises de haut niveau, une rencontre secrète a eu lieu à Paris sous le parrainage conjoint de la France et des États-Unis, réunissant deux délégations libyennes représentant des camps traditionnellement opposés. L’une de ces équipes était dirigée par Saddam Khalifa Haftar, le vice-commandant de l’État-Major général, l’autre « team » ayant à sa tête Ibrahim Dbeibah, le conseiller du Gouvernement d’unité nationale.

Christophe Moncel.

Le but de cette tentative de conciliation était de relancer différents processus politiques capables d’unifier les institutions de l’État libyen, puis de former un gouvernement unifié.

Selon des sources françaises de Mondafrique, la rencontre s’inscrit bel et bien dans des démarches diplomatiques menées de concert par le couple américano-français. Ce qui montre que Paris et Washington continuent parfois de travailler en commun, ici pour trouver un consensus libyen. L’effort porte donc sur la nécessité d’établir ce fameux consensus entre les parties libyennes. Le travail diplomatique s’est concentré sur l’avenir et la nature des futures institutions politiques et l’attribution de leurs pouvoirs, l’objectif final étant d’examiner des options qui permettent de former un gouvernement unifié de nature à réduire la division entre l’Est (le commandant Haftar et ses partisans) et l’Ouest (les institutions loyales à Dbeibah).

Aguila Saleh sur le banc de touche

Cette rencontre parisienne a conduit à des progrès mais aussi laissé des désaccords. Ainsi les deux parties se sont entendues pour « mettre fin au rôle du président de la Chambre des représentants, Aguila Saleh, et l’écarter complètement dans le cadre d’un nouveau processus politique de transition nationale ». Sur ce point un calendrier a été établi.

Par ailleurs il a été convenu de réduire le rôle du Conseil présidentiel, et même de le limiter définitivement, avec la possibilité de le remplacer par un organe commun aux deux camps, ou, à défaut, de changer le président du Conseil et ses deux vice-présidents.

L’accord entre les deux parties indique, nous dit notre source, qu’il est maintenant possible d’examiner l’adoption de l’accord maritime conclu entre la Libye et la Turquie « dans le cadre d’un règlement politique englobant les intérêts des différentes parties ». En effet, jusqu’à présent, l’accord de 2019 entre le Gouvernement d’Entente Nationale et la Turquie, demeure, en Libye, un sujet de controverse interne quant à sa légitimité et à la nécessité de son approbation par le Parlement.

Restent certains points cruciaux évoqués lors de cette rencontre secrète. Selon nos informations, Saddam Haftar aurait refusé d’accepter une condition portant sur la fin de la présence de certaines personnalités au sein de grandes institutions souveraines de l’État (exigence posée par le parti de l’Ouest), comme préalable à l’approbation de tout accord politique. Ce refus refléterait la persistance du principal désaccord entre les parties, à savoir l’identité des personnalités appelées à diriger la prochaine phase de transition. Par ailleurs, selon la même source, Saddam Haftar exigerait l’obtention des deux-tiers des postes du futur gouvernement, y compris les ministères des Affaires étrangères, des Finances, de l’Intérieur et de la Défense, ainsi que la présidence et la direction des institutions de la Banque centrale, du secteur pétrolier et de l’investissement, le tout comme condition essentielle pour avancer vers toute solution politique globale.

 

 

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Burkina: une purge dans une armée à bout de souffle https://mondafrique.com/limage-du-jour/burkina-faso-nouvelle-purge-dans-une-armee-a-bout-de-souffle/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/burkina-faso-nouvelle-purge-dans-une-armee-a-bout-de-souffle/#respond Thu, 29 Jan 2026 05:42:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146034 Depuis l’extradition de l’ancien président et putschiste Paul-Henri Sandaogo Damiba, le 17 janvier, une vague d’arrestations ciblées a éclairci les rangs des officiers. Cette purge vient affaiblir un peu plus une armée déjà épuisée par dix années de guerre contre les groupes armés djihadistes. La purge L’extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba, soupçonné d’être l’instigateur d’un […]

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Depuis l’extradition de l’ancien président et putschiste Paul-Henri Sandaogo Damiba, le 17 janvier, une vague d’arrestations ciblées a éclairci les rangs des officiers. Cette purge vient affaiblir un peu plus une armée déjà épuisée par dix années de guerre contre les groupes armés djihadistes.

La purge

L’extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba, soupçonné d’être l’instigateur d’un complot visant à renverser son successeur à la fin de l’année 2025, a agi comme un détonateur. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs sources ont évoqué une série d’arrestations et d’enlèvements visant des officiers soupçonnés de proximité avec l’ancien chef de la transition. Dans un post publié sous le pseudonyme Henri Segbo, nom de plume en hommage au journaliste d’investigation Norbert Zongo, assassiné en 1998, l’auteur évoque « une purge méthodique déclenchée par l’extradition de Damiba, ciblant ses proches et anciens collaborateurs dans un climat d’omerta».

Selon plusieurs sources burkinabè, cette traque aurait déjà touché des figures de premier plan, dont le commandant Abdoul Aziz Korogo, ancien numéro deux du Régiment de sécurité présidentielle, et le lieutenant-colonel Mahamadi Bonkoungou, ex-directeur général de l’Agence nationale de renseignement. Plus récemment, le capitaine Thomas d’Aquin Ilboudo, commandant du centre d’instruction régional de la 4ᵉ région militaire de Dori et proche de Damiba en 2022, aurait été enlevé à son domicile par un commando venu de Ouagadougou. Autant d’opérations qui renforcent l’idée d’une épuration ciblée au sein de l’institution militaire.

Un climat de suspicion permanent

Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, les tentatives de coups d’État, réelles ou supposées, se sont multipliées. Toutes ont été déjouées par les services de sécurité dirigés par le capitaine Oumarou Yabré. Après chaque annonce de complot avorté, de nombreuses arrestations dans les rangs de l’armée ont suivi. Résultat : une institution progressivement décapitée de ses meilleurs éléments. La peur de la dénonciation, l’autocensure et la méfiance mutuelle se sont installées durablement dans les casernes.  

Cette nouvelle crise interne survient dans une armée déjà à bout de souffle. Plus de dix années de lutte contre les groupes armés djihadistes ont laissé des traces profondes : pertes humaines importantes, fatigue extrême des troupes, syndromes post-traumatiques largement ignorés, sentiment d’abandon sur le terrain.

Un calme trompeur

Si depuis quelques mois, l’armée burkinabè connaît une relative accalmie sur le front, cela ne saurait être interprété comme un tournant décisif dans la guerre. Le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) dirigé par Iyad Ag Ghaly a choisi de concentrer l’essentiel de ses forces sur le théâtre malien. Selon une source sécuritaire burkinabè, « il est vrai que depuis trois mois, le front s’est calmé : il n’y a plus de grosses attaques, mais presque quotidiennement des accrochages de faible intensité, notamment contre des postes de Volontaires pour la défense de la patrie (supplétifs de l’armée),  avec un ou deux morts à chaque fois ». Mais pour ce contact de Mondafrique, ce n’est pas la seule explication : «Les FDS ne sortent plus de leur base. Il y a une sorte d’accord  tacite : tant que personne ne provoque l’autre, chacun évite l’affrontement ». Une attitude qui s’explique par la lassitude et le découragement des militaires.

Dans ce contexte, les purges actuelles risquent d’achever de fragiliser une armée déjà éprouvée, au moment même où elle aurait le plus besoin d’unité, de confiance et de stabilité pour faire face à une menace qui, elle, n’a pas disparu.

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