Divorce houleux à la tête du groupe Castel

Les héritiers du géant de la bière en Afrique demandent officiellement la tête du directeur général du groupe.

À la veille d’une assemblée générale de la holding du groupe Castel mentionnant à l’ordre du jour la proposition de révocation de Grégory Clerc, le directeur général du groupe, la famille Castel a publié un communiqué exposant les raisons de ce divorce. Aujourd’hui âgée de 99 ans, Romy Castel, la fille unique du fondateur du géant de la bière Pierre Castel, s’est associée à un communiqué publié par l’un de ses neveux, Alain Castel, directeur général de Castel-Vins, pour faire part d’une « rupture profonde de confiance », apparemment irréversible, à l’égard de Grégory Clerc, en raison d’une « concentration sans précédent des pouvoirs » de ce dernier, qui « cumule aujourd’hui plus de 31 mandats au sein des entités du groupe » et gouverne seul. Une partie de ses mandats lui avaient initialement été confiée par Romy Castel, passée depuis dans le camp de son neveu, pour représenter ses intérêts personnel au sein du groupe.

Une logique d’abord financière 

Alain Castel, disant parler au nom de « l’ensemble de la famille Castel’, dénonce également sa propre révocation de plusieurs mandats, le 9 décembre, « sans explication ni débat ».

Le profil de fiscaliste de l’actuel patron du groupe créé en 1949 est également critiqué. Selon les signataires, il oriente en effet la trajectoire de l’entreprise en privilégiant « une logique financière au détriment du développement industriel et entrepreneurial, notamment dans les métiers du vin et de l’agroalimentaire, qui constituent le socle de son identité et de sa réussite ».

Le groupe Castel compte 43 000 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 6,5 milliards d’euros, dont 5 milliards dans la bière et les sodas en Afrique