Le 24 au mars au Burkina Faso, trois journalistes ont été arrêtés par les services de renseignements. Ces faits viennent s’ajouter à de nombreuses autres atteintes à la liberté d’expression depuis l’arrivée d’Ibrahim Traoré au pouvoir en 2022. Ouagadougou ne fait cependant pas exception, en ce début de 21ème siècle jamais la profession n’a connu une telle régression. Dans de nombreux endroits du monde, les journalistes mettent leur vie en danger pour exercer leur métier.
En mars 2025, le président et le vice-président de l’Association des journalistes du Burkina Faso (AJB), Guézouma Sanogo et Boukari Ouoba, ont été arrêtés par des agents du service de renseignement. Le même jour, Luc Pagbelguem de BF1, une télévision privée a été emmené par les agents du Conseil national de la sécurité pour être entendu sur un reportage réalisé sur… le congrès de l’Association des journalistes du Burkina Faso (AJB) !
Ces arrestations sont d’autant plus inquiétantes que depuis juin 2024, un de leur confrère, Serge Oulon a été enlevé dans des conditions similaires. Aucune information officielle sur sa localisation ou son état de santé n’a été communiqué depuis cette date.
« L’arrestation arbitraire et la disparition des trois journalistes montrent que la junte du Burkina Faso cherche désespérément à contrôler la vérité et à s’assurer que les autorités militaires puissent commettre des abus en toute impunité », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « La junte militaire devrait prendre des mesures immédiates pour localiser et libérer les trois journalistes. »
Des journalistes réduits au silence
Outre ces arrestations, le gouvernement burkinabé a interdit l’association des journalistes du Burkina Faso. La liste des médias occidentaux qui ont subi le même sort est longue : RFI, FR24, TV5 Monde, Deutsche Welle, le Monde, Apanews, le Gardian, l’Agence Ecofin… La presse burkinabé n’est pas en reste : suspensions ou restrictions de la télévision BFI, du journal l’événement, ou encore de la célèbre radio Oméga. Au Burkina, au nom de la patrie on marche au pas ou on se tait d’une manière ou d’une autre.
Mais l’Etat dirigé par Ibrahim Traoré n’invente rien, la situation est identique en Guinée Conakry. Dans ce pays, aux arrestations et disparitions inquiétantes s’ajoute la torture. Ailleurs, on meurt. Dans la guerre qui fait rage au Soudan, 12 journalistes ont été tués dont trois au mois de mars après une frappe de drone sur le Palais présidentiel. Cependant, Gaza détient tous les records. Les chiffres sont différents selon les sources, mais les médias arabes annoncent 220 journalistes assassinés par Israël depuis le début du conflit. La Palestine tient donc le sinistre record.