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Iran : les secrets enfin révélés du code source

 

À travers la métaphore du « code source », cet article propose une lecture géopolitique des crises contemporaines. En appliquant une logique d’ingénierie inverse à plusieurs conflits récents, il suggère l’existence de mécanismes stratégiques récurrents mêlant énergie, influence et guerre de l’information.


Une chronique de Xavier Houzel




L’Histoire n’est pas une palanquée d’évènements dévidée à la queue leu leu à la manière de l’AFP ou de Reuters. Elle peut, en revanche, être vue comme un puzzle numérique où chaque logiciel[1] contient des secrets qui attendent d’être démêlés. Les historiens et les politologues ne font ni plus ni moins qu’emprunter aux informaticiens la méthode dite de l’ingénierie inverse (reverse engineering) pour isoler une chaîne de causalité et la soumettre à l’ordinateur et remonter ainsi jusqu’à qu’à son code source[2], afin d’en interpréter alors au mieux le sens et la portée.

Cet outil puissant de rétro-ingénierie leur permet de déceler et de synthétiser a posteriori les plans de conception, les données d’application ou les processus de fabrication des crises, y compris les guerres et, de ce fait, le moyen de dénouer – sans le trancher nécessairement – le nœud gordien qui a été tressé.

S’agissant des quatre crises d’Ukraine, de Gaza, du Venezuela et d’Iran, le logiciel est parvenu à la conclusion suivante, qui se révèle être sans conteste aucun : ces quatre agressions, programmées à partir d’un même code source, ont été méthodiquement préparées et déclenchées de conserve par le moyen d’un faisceau de mécanismes successifs (à commencer par un entrelacs de sanctions) aussi intriqués que directifs ; et selon des séquences identiques, ayant le même premier terme et la même raison, ce qui est particulièrement troublant.

Une bonne part du code source concerne le Gaz et le Pétrole d’une part, leurs « routes [3]» d’autre part et l’hégémonie du Dollar américain sur le commerce international, contestée par les BRICS+, enfin.

There is no free lunch !

Mais les prétextes invoqués sont toujours les mêmes, adaptés toutefois aux vieux poncifs (toujours porteurs dans l’opinion) du néo-soviétisme poutinien, de l’expansionnisme israélien, du narcotrafic latino-américain et du risque de prolifération nucléaire en République Islamique d’Iran.

Autre révélation du code source dévoilé : la vieille Europe a été, au préalable, promptement déshabillée de ses colonies et ainsi dépossédée de ses comptoirs au profit des Américains, des Russes et des Chinois ; elle y est réduite à un rôle de spectateur et aux fonctions de consommateur (à la fois de biens, de services et de bobards). La France est devenue l’ombre d’elle-même. Quant aux Institutions gravitant autour de l’ONU, elles se sont vues délestées de toute influence – y compris l’AIEA et jusques au Conseil de Sécurité, qui ne sert plus à rien, paralysé par l’usage intempestif du veto.

Mais l’évidence la plus formelle et la plus invraisemblable à laquelle ledit logiciel a abouti est la constatation catégorique que chaque crise, chacune des quatre guerres (celle du Venezuela est « larvée ») auraient été systématiquement précédées par le conditionnement de l’opinion internationale en défaveur de l’agressé, au moyen d’une action ou d’un geste apparemment imputables à l’adversaire alors que ce dernier, désormais prisonnier d’une image de marque encore plus désastreuse qu’auparavant, n’en était pas l’instigateur premier.

Il en serait ainsi

  • des manifestations de Février 2014 en Ukraine et du renversement du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovytch, donné pour corrompu, puis du sabotage des gazoducs Nord Stream, pour prévenir toute conciliation possible ;
  • du bombardement d’embarcations et de positions à terre de soi-disant narcotrafiquants » vénézuéliens[4] ;
  • du « 7 Octobre »
  • des manifestations de Janvier 2026 en Iran.

L’on en reste coi, tellement le procédé est trompeur et à ce point cynique et parce que cela voudrait dire, pour ne parler d’abord que de la mystification la plus récente et la plus meurtrière, que la CIA et le Mossad et leurs employeurs (Trump et Netanyahou) seraient des criminels sans scrupules et que Reza Pahlavi serait soit un imposteur soit un inconscient, pour avoir sciemment et collectivement incité la jeunesse Iranienne, nonobstant les meilleurs motifs, au massacre ! Les instigateurs étrangers des manifestations de Janvier ont utilisé les manifestants comme de la chair à canon, sans espoir de secours et sans que leur sacrifice – une immolation – ait la moindre chance de mettre à quia le Régime du pays. Tout cela pour aller ensuite « grossir » le nombre de « morts tués par balles « et révulser l’opinion mondiale. Cette façon de damer le terrain s’appelle de l’action psychologique !

On est ébahi – que cela soit dit au passage – de la façon dont les médias français se sont goinfrés de chiffres exagérés ; alors qu’ils n’en savaient rien !

L’autre découverte, mais qui n’en n’est pas tout à fait une pour les initiés ou pour les gens un tant soit peu informés : le gouvernement israélien connaissait jusque dans les plus petits détails le projet que nourrissait le Hamas de prendre des otages lors du fameux « 7 octobre ». Et Benjamin Netanyahou a laissé faire ; et il a laissé danser une bande des jeunes déguenillés, qu’il savait être condamnés d’avance à l’enlèvement ou à la mort, les prenant, cette fois-ci, comme de la chair à pâté. Et il a profité au maximum de cet effet d’aubaine. Avec une insolence de menteur… et l’outrecuidance d’un tueur. Et Tsahal en a rajouté par son empressement à appliquer la Directive Hannibal[5]… en « tirant dans le tas ». 250 cadavres de plus, à la mitrailleuse. Bref, aucune commission d’enquête indépendante n’a été encore constituée ou autorisée à établir puis à dire la vérité sur les viols qui n’ont jamais eu lieu.

La morale de cette histoire – dixit le logiciel – est qu’il n’y a pas aujourd’hui de raisons valables pour que cela s’arrête – je veux dire les mensonges et les crimes – à moins qu’un improbable deus ex machina viennent sortir le président américain du monde virtuel – aussi infernal qu’il est irréel – dans lequel il évolue.

[1] Un « logiciel » est, selon le vocabulaire officiel de l’informatique, l’« ensemble des programmes, procédés et règles, et éventuellement de la documentation, relatifs au fonctionnement d’un ensemble de traitement de données » (Journal Officiel du 17 janvier 1982).

[2] Le code source est le composant fondamental d’un programme informatique créé par un programmeur.

[3] Les Gazoducs Nord Stream, le Canal de Suez et la Mer rouge, le Canal de Panama, les chenaux du Groenland et de l’Antarctique et le Détroit d’Ormuz pour finir.

 

[4] https://www.youtube.com/shorts/z8pHVJ-ARZM

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Directive_Hannibal