- Mondafrique https://mondafrique.com/libre-opinion/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Sat, 21 Mar 2026 11:17:07 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg - Mondafrique https://mondafrique.com/libre-opinion/ 32 32 Le brouillard de guerre que Washington s’est infligé https://mondafrique.com/libre-opinion/le-brouillard-de-guerre-que-washington-sest-inflige/ https://mondafrique.com/libre-opinion/le-brouillard-de-guerre-que-washington-sest-inflige/#respond Sat, 21 Mar 2026 11:17:06 +0000 https://mondafrique.com/?p=149204 En croyant pouvoir fragmenter l’Iran par la pression militaire et politique, Washington a surtout révélé une erreur fondamentale de lecture. Loin de fissurer le régime, la guerre a renforcé sa cohésion interne, transformant l’incertitude du champ de bataille en brouillard stratégique produit par une incompréhension profonde de la République islamique. L’erreur la plus profonde de […]

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En croyant pouvoir fragmenter l’Iran par la pression militaire et politique, Washington a surtout révélé une erreur fondamentale de lecture. Loin de fissurer le régime, la guerre a renforcé sa cohésion interne, transformant l’incertitude du champ de bataille en brouillard stratégique produit par une incompréhension profonde de la République islamique.


L’erreur la plus profonde de Washington dans cette guerre fut d’ordre conceptuel. L’administration Trump a mal compris la nature même de la République islamique. Elle a traité l’Iran comme s’il s’agissait, au fond, d’un État autoritaire classique dont la direction pouvait être décapitée, dont les organes de sécurité pouvaient être poussés à la fragmentation, et dont la population, sous une pression suffisante, pourrait se séparer du régime en nombre politiquement décisif. Cette erreur de lecture n’a pas simplement accompagné la guerre. Elle a contribué à produire son brouillard. L’incertitude n’est pas née du seul champ de bataille. Elle est née d’une carte erronée de l’État que l’on bombardait.

La République islamique n’est pas simplement un État dur doté d’une armée puissante et de services de renseignement efficaces. Elle n’est pas non plus susceptible, si elle survit, d’évoluer vers quelque chose qui ressemblerait à la Turquie, au Pakistan ou à l’Égypte, où l’establishment militaire ou sécuritaire peut dominer l’État tandis que la religion sert surtout de langage politique, de légitimité symbolique ou d’atmosphère sociale. L’Iran repose sur une autre formule. Son noyau durable est le mariage entre le bureau du Guide suprême, la doctrine de la Wilayat al-Faqih, généralement traduite en anglais par guardianship of the jurist ou en français par « la tutelle du juriste-théologien », et le Corps des gardiens de la révolution islamique. Le bureau du Guide suprême constitue le sommet constitutionnel et religieux. La Wilayat al-Faqih fournit à cette suprématie son principe de légitimation. Les Gardiens de la révolution apportent la force, la portée et la discipline nécessaires à sa défense. Cette relation est structurelle, non ornementale.

C’est précisément ce que tant d’analystes extérieurs continuent d’aplatir. Ils écrivent souvent comme si l’Iran pouvait un jour être réduit aux Gardiens plus la coercition, comme si le principe clérical était secondaire et pouvait s’effacer une fois l’État sécuritaire devenu assez puissant. Or les Gardiens n’ont pas été créés simplement pour défendre des frontières ou des institutions dans l’abstrait. Leur mission principale était de défendre la révolution et le principe qui la gouverne. Leur signification est inséparable de la Wilayat al-Faqih. Le Guide suprême sacralise la mission des Gardiens, et les Gardiens défendent la souveraineté du Guide suprême. L’un donne à la force une chaîne de commandement sacrée, l’autre rend cette chaîne de commandement effective. Le système ne peut donc pas être compris comme une république militaire ordinaire ornée de clergé. Il s’agit d’une théologie politique armée de gardiens.

Une profondeur religieuse et institutionnelle que Washington a sous-estimée

C’est ici qu’intervient aussi la dimension spécifiquement iranienne de la pensée politique chiite. Les savants du régime n’acceptent pas l’idée selon laquelle le chiisme en Iran ne serait qu’un instrument ou une construction politique tardive apparue à travers la compétition dynastique. Leur point de vue est que l’attachement chiite en Iran est plus ancien, plus profond, et plus enraciné dans la géographie sacrée, la mémoire historique et la vie sociale que ne l’admettent nombre de récits extérieurs. Dans cette lecture, il existe une longue continuité entre le sol iranien et la présence chiite, plus ancienne que la consolidation safavide et plus profonde que le récit académique habituel. L’importance de cet argument n’est pas antiquaire. Elle est décisive parce qu’elle révèle la manière dont le régime se comprend lui-même. Il ne voit pas le chiisme comme détachable de la légitimité politique iranienne. Il voit la République islamique comme la forme politique contemporaine d’un héritage civilisationnel et religieux beaucoup plus ancien. Cette conviction aide à expliquer pourquoi l’État, sous une pression extrême, est plus susceptible de se durcir autour de la Wilayat al-Faqih que de l’abandonner.

Les vagues de protestation des deux dernières décennies n’ont pas infirmé cette structure. Elles l’ont mise à l’épreuve, en ont exposé les limites et ont révélé à la fois une grave crise de légitimité et une fatigue du régime plus large dans des secteurs importants de la société. Mais elles ne l’ont pas encore brisée. Les manifestations répétées ont montré un déclin de la confiance dans la République islamique tout en restant en deçà de la coordination nationale, du leadership et de la cohésion nécessaires à un renversement révolutionnaire. Cela importe davantage que toute tentative chimérique d’établir un inventaire exact des citoyens pro-régime et anti-régime. La question n’est pas de savoir si chaque segment de la société soutient la République islamique. La vraie question est de savoir si l’État repose encore sur une base sociale, idéologique et institutionnelle suffisamment large pour empêcher un point de bascule. Jusqu’à présent, l’opposition n’a pas atteint la masse critique nécessaire pour renverser la structure dirigeante du régime.

Cette assise n’est pas négligeable. Elle comprend l’État lui-même : le secteur public, les services de sécurité, les forces armées régulières, les Gardiens de la révolution, les Bassidji, ainsi que les réseaux plus larges de patronage, de dépendance et de loyauté idéologique qui les accompagnent. Elle inclut aussi une composante chiite conservatrice socialement significative pour laquelle la piété, l’ordre, l’endurance et la mémoire du martyre demeurent politiquement puissants. Cela ne revient pas à dire que le régime jouit d’une affection universelle, ni même d’une majorité incontestée. Cela signifie quelque chose de plus étroit, mais de plus important : la République islamique repose encore sur une assise institutionnelle et sociale suffisamment vaste pour empêcher le type de rupture qu’avaient imaginé les planificateurs de guerre.

Une guerre qui a resserré le régime au lieu de le fissurer

Selon la lecture propre au régime, deux évolutions n’ont fait que renforcer cette solidité. La première est l’intervention d’agences et de réseaux extérieurs. Téhéran affirme depuis longtemps que les services de renseignement étrangers cherchent à exploiter les troubles internes à travers des groupes séparatistes, exilés et militants, y compris des groupes qui ne sont pas enracinés dans la base sociale chiite du régime. Dans la lecture du régime, ce sont là les éléments malveillants qui cherchent à transformer la dissidence en désintégration. Cette catégorie ne se limite pas aux mouvements séparatistes ou aux organisations d’exilés. Elle s’étend aussi, dans la vision du régime, aux populations migrantes vulnérables, en particulier à certains réfugiés afghans que Téhéran soupçonne d’avoir été exploités par des services de renseignement étrangers à des fins de surveillance, de ciblage et d’infiltration. Que chacune de ces accusations soit vraie dans tous les cas importe moins ici. Ce qui compte, c’est que l’État interprète l’infiltration et les troubles à travers le prisme d’une fracture rendue possible par l’étranger, et non comme une simple dissidence intérieure. Cette perception renforce l’État sécuritaire et justifie une fusion plus étroite avec le bureau du Guide suprême.

Le second facteur est l’assaut américano-israélien lui-même. Ici, Washington semble avoir produit exactement l’inverse de ce qu’attendaient certains de ses planificateurs. Les bombardements massifs des infrastructures, des réseaux de commandement et des zones civiles n’ont pas déclenché de soulèvement anti-régime décisif. Ils ont au contraire renforcé le récit du régime sur le siège, le sacrifice et la résistance. Une société qui peut être fragmentée dans des conditions normales ne se comporte pas de la même manière sous une attaque extérieure prolongée. Le bureau du Guide suprême devient le symbole de la continuité et du commandement sacré. Les Gardiens de la révolution deviennent l’instrument de l’endurance et de la riposte. L’idiome chiite conservateur du martyre gagne en force au lieu de s’affaiblir, surtout une fois que l’Ayatollah lui-même est présenté comme un martyr. C’est précisément le type de dynamique que les planificateurs américains et israéliens semblent ne pas avoir compris.

C’est aussi ici que la lecture du régime sur la société devient importante. Les autorités ne traitent pas tous les manifestants comme un seul bloc. Elles distinguent entre l’opposition idéologique urbaine, les milieux économiquement éprouvés, les classes moyennes réformistes désillusionnées, et ceux qu’elles considèrent comme guidés de l’extérieur ou malveillants. Beaucoup de ceux qui ont rejoint les vagues de protestation plus récentes l’ont fait moins par engagement révolutionnaire que sous l’effet de l’effondrement du niveau de vie, de la volatilité du taux de change, de l’inflation et du poids de la vie quotidienne. Cette colère est réelle. Mais elle n’a pas encore suffi à briser le lien entre l’État, les Gardiens et ces segments de la société qui continuent à voir dans la République islamique un rempart contre le chaos, la fragmentation et la domination étrangère.

Le brouillard de guerre était d’abord dans la tête des planificateurs

Le caractère auto-infligé du brouillard de guerre de Washington s’est manifesté dans la rhétorique initiale même de Donald Trump. Dans la phase d’ouverture de la guerre, il a semblé osciller simultanément entre trois hypothèses incompatibles : que le peuple iranien se soulèverait, que des éléments des Gardiens de la révolution feraient scission, et qu’une partie suffisante de la structure de pouvoir survivante resterait disponible pour une négociation. Ce n’était pas de la subtilité stratégique. C’était de la confusion se faisant passer pour du levier. Cela reposait sur la conviction que la République islamique n’était qu’un assemblage lâche de centres de pouvoir effrayés, prêts à se détacher les uns des autres sous la pression.

Le brouillard de guerre n’aurait pas pu être mieux illustré que par la croyance naïve de Trump selon laquelle les Gardiens de la révolution pourraient se détacher du régime et qu’un fragment de ceux-ci pourrait ensuite être amené à conclure un accord. Cette attente n’était pas simplement irréaliste. Elle contredisait le principe même sur lequel la République islamique a survécu pendant des décennies. Les Gardiens de la révolution ne constituent pas un appendice extérieur au système. Ils en sont l’un des piliers, fusionnés avec le bureau du Guide suprême à travers la Wilayat al-Faqih et à travers une conception spécifiquement iranienne et chiite de l’autorité, du sacrifice et de l’obéissance. Imaginer que les bombardements pourraient rompre ce lien, c’était révéler à quel point Washington avait mal compris l’Iran. Le brouillard de guerre, dès lors, n’était pas seulement sur le champ de bataille. Il était dans l’esprit de ceux qui avaient planifié la guerre elle-même.

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Venance Konan. Le suicide des deux Soudans https://mondafrique.com/libre-opinion/venance-konan-double-suicide-au-soudan/ https://mondafrique.com/libre-opinion/venance-konan-double-suicide-au-soudan/#respond Fri, 20 Mar 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=149040 Cette semaine, Venance Konan est d’humeur sombre. Il s’attriste du sort des deux Soudans. Dont l’autodestruction sanglante n’émeut, malheureusement, plus personne. Au départ, ils n’étaient qu’un seul et même État, et ils formaient alors le plus grand pays d’Afrique, avec l’une des civilisations les plus anciennes et les plus riches, un pays doté d’importantes richesses […]

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Cette semaine, Venance Konan est d’humeur sombre. Il s’attriste du sort des deux Soudans. Dont l’autodestruction sanglante n’émeut, malheureusement, plus personne.

Venance Konan.

Au départ, ils n’étaient qu’un seul et même État, et ils formaient alors le plus grand pays d’Afrique, avec l’une des civilisations les plus anciennes et les plus riches, un pays doté d’importantes richesses pétrolières et minières. Ce pays s’appelait simplement le Soudan. Il avait dominé dans l’antiquité l’Égypte pharaonique à qui il avait donné plusieurs souverains et construit plusieurs pyramides qui n’ont pas toutes été explorées et cachent encore bien des mystères.

Il est par la suite tombé sous la domination des Arabes musulmans, avec, au nord, une partie de sa population blanche et musulmane, et au sud, une population noire, chrétienne et animiste. Et ce qui devait devenir une richesse pour ce pays devint son malheur. En Afrique, Arabes musulmans blancs et populations noires chrétiennes ou animistes ont rarement pu cohabiter sans que les premiers ne dominent les autres. Contrairement à la Mauritanie, le Soudan au XXe siècle ne fit pas exception à la règle.

À partir de 1983, une guerre éclata entre les populations du pays. À la fois pour des motifs religieux (nord musulman contre sud chrétien), mais aussi pour des raisons tribales, raciales ou économiques (Noirs opprimés contre Blancs dominateurs). Il faut dire que l’essentiel du pétrole du pays se trouvait au sud. Et puis, pour ne rien arranger, une féroce dictature, celle d’Omar El-Béchir, prit le contrôle du pays en 1989. Ce dernier eut des fréquentations plus que douteuses qui lui mirent à dos le monde occidental. Il hébergea notamment les terroristes Carlos et Ben Laden. Quelle drôle d’idée ! La suite ne découle-t-elle d’ailleurs pas un peu de cela ?

« C’est alors que commença la tragédie. »

Combien de morts et de déplacés la guerre et la dictature ont-elles coûté à ce pays ? Plusieurs millions de personnes. Le 9 janvier 2011, les Soudanais du sud, largement soutenus par les Américains, le monde chrétien et plusieurs stars telles que Georges Clooney, votèrent pour leur indépendance. Qui leur fut accordée le 9 juillet de la même année. Et c’est alors que commença la tragédie.

On avait cru que la séparation entre les frères ennemis apporterait la paix au pays. Quelle erreur ! On s’entretue maintenant entre gens de même couleur, de même religion. Le Sud n’en finit pas de se déchirer depuis son indépendance. A-t-on fait exprès de placer des irresponsables à sa tête ? Je l’ai dit : l’essentiel du pétrole du Soudan s’y trouve concentré. Rien de tel qu’une bonne guerre ethnique pour piller les ressources d’un pays ! Ça s’est déjà fait ailleurs. Alors, les Soudanais du Sud s’entretuent à qui mieux mieux.

Et l’autre Soudan, celui du nord, qui s’appelle désormais simplement Soudan ? Il a voulu tenter une expérience de démocratie mais cette dernière a tourné court. La démocratie, ce n’est pas toujours bon pour certaines affaires : le Soudan n’avait pas beaucoup de pétrole, mais il a beaucoup d’or. Il fait maintenant l’expérience de la guerre civile. Comme l’autre. Au grand bonheur des « alliés », notamment le grand voisin du nord, les cousins du Golfe arabique ou persique et même les gens à tête de Turc. Les Soudanais s’entretuent eux-aussi à qui mieux mieux.

« L’espoir a foutu le camp depuis longtemps »

Que voyons-nous actuellement ? Deux pays déglingués, où le sang coule en permanence, où l’espoir a foutu le camp depuis très longtemps. Deux pays qui se suicident. Sous l’œil indifférent du reste du monde. Entre Gaza, l’Ukraine, les foucades de Trump, la guerre en Iran et peut-être bientôt dans tout le Moyen-Orient, le reste de la planète a bien d’autres chats à fouetter.

Et l’Afrique ? Elle aussi est bien occupée en ce moment. En RDC, on cherche comment changer la constitution pour permettre un troisième mandat. Au Congo voisin, le Président, au pouvoir depuis plus de 40 ans, vient de se faire réélire pour un cinquième mandat. Au Cameroun, le Président, âgé de plus de 92 ans, qui a régné lui aussi plus de 40 ans, a été réélu pour un huitième mandat et on attend toujours le remaniement qu’il a promis. Au Sénégal, le duo au pouvoir s’étripe pour savoir qui sera candidat en 2029. Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel, on fait la guerre à la France pendant que les terroristes font la guerre aux populations.

Soudanais de tous horizons, vous serez seuls à porter votre croix et votre double suicide n’émouvra personne. Il n’y aura pas beaucoup de larmes pour vous. Nous en avons tant d’autres déjà à verser sur nous-mêmes.

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En Iran, une guerre américaine sans passion https://mondafrique.com/libre-opinion/en-iran-une-guerre-americaine-sans-passion/ https://mondafrique.com/libre-opinion/en-iran-une-guerre-americaine-sans-passion/#respond Tue, 17 Mar 2026 14:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148875 Alors que les États-Unis disposent d’une supériorité militaire écrasante, leur engagement face à l’Iran pourrait souffrir d’un déficit crucial : l’absence de mobilisation intérieure. À l’inverse, la dynamique émotionnelle iranienne pourrait prolonger et transformer l’équilibre du conflit. L’une des idées les plus durables de Carl von Clausewitz est que la guerre ne peut être comprise […]

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Alors que les États-Unis disposent d’une supériorité militaire écrasante, leur engagement face à l’Iran pourrait souffrir d’un déficit crucial : l’absence de mobilisation intérieure. À l’inverse, la dynamique émotionnelle iranienne pourrait prolonger et transformer l’équilibre du conflit.

L’une des idées les plus durables de Carl von Clausewitz est que la guerre ne peut être comprise comme une simple confrontation technique des armes. Dans De la guerre, il décrit ce qu’il appelle la « remarquable trinité » qui gouverne les conflits : l’interaction entre les passions du peuple, les calculs du gouvernement et les incertitudes auxquelles l’armée est confrontée. Le gouvernement définit l’objectif politique de la guerre, l’armée la mène, mais l’énergie émotionnelle qui la soutient vient du peuple. Lorsque ces éléments s’alignent, les guerres peuvent être soutenues. Lorsqu’ils ne le sont pas, même les États les plus puissants dérivent stratégiquement.

Vue sous cet angle, la guerre émergente entre les États Unis, Israël et l’Iran révèle une asymétrie frappante. Militairement et technologiquement, les États Unis disposent d’avantages écrasants. Leur puissance aérienne, leurs capacités de renseignement et leur portée logistique dépassent de loin celles de l’Iran. Pourtant, au sens clausewitzien de la guerre politique, c’est à dire l’alignement entre la passion nationale, l’objectif politique et l’action militaire, Washington pourrait entrer dans ce conflit avec une faiblesse structurelle. La raison est simple : les États Unis semblent mener une guerre que la majeure partie de leur propre société ne ressent pas.

L’opinion publique américaine a connu une transformation profonde au cours des deux dernières décennies. Les guerres longues et coûteuses en Irak et en Afghanistan ont laissé une empreinte durable dans la conscience nationale. Dans les deux partis politiques, le scepticisme à l’égard de nouvelles guerres au Moyen Orient s’est largement répandu. Chez les démocrates, la lassitude vient de la conviction que les interventions passées ont produit davantage d’instabilité que d’ordre. Chez de nombreux républicains, en particulier ceux qui se reconnaissent dans les courants populistes qui ont contribué à porter Donald Trump au pouvoir, le sentiment est ancré dans l’idée que l’Amérique doit éviter des engagements étrangers coûteux qui ne servent pas directement ses intérêts nationaux.

Cette réticence fondamentale compte davantage que ne le reconnaissent de nombreux stratèges. Clausewitz soutenait que les passions du peuple ne constituent pas une variable secondaire mais l’un des moteurs centraux de la guerre. La passion est ce qui permet aux sociétés d’absorber les pertes et de continuer à se battre longtemps après que les attentes d’une victoire rapide se sont dissipées. C’est elle qui transforme des campagnes militaires en luttes nationales. Sans ce réservoir émotionnel, les guerres rencontrent des limites politiques plus tôt que leurs planificateurs ne l’anticipent.

Un conflit perçu comme un acte d’agression

Alors que les États Unis semblent fonctionner avec un déficit de cette monnaie politique, la société israélienne en possède en bien plus grande abondance. Pourtant Israël ne peut pas mener cette guerre seul ; sans les États Unis, le conflit deviendrait rapidement beaucoup plus difficile et stratégiquement incertain à soutenir pour Israël. En Iran, toutefois, la dynamique émotionnelle de la guerre prend une forme différente.

Pour de nombreux Iraniens, le conflit n’est pas perçu comme une confrontation géopolitique lointaine mais comme un acte d’agression imposé à la nation. L’assassinat du Guide suprême du pays, un événement qui résonne profondément dans les structures symboliques et religieuses de la culture politique iranienne, a profondément modifié le paysage émotionnel à l’intérieur du pays. Même des Iraniens qui nourrissent de profondes critiques à l’égard de la République islamique peuvent néanmoins interpréter cette frappe à travers le prisme de l’humiliation nationale et de l’agression extérieure.

Dans une société profondément marquée par les récits chiites du martyre, de tels événements possèdent un pouvoir de mobilisation extraordinaire. Le symbolisme de l’Imam Hussein et de Karbala fournit un cadre puissant à travers lequel le sacrifice et la résistance sont interprétés.

Même des estimations prudentes suggèrent qu’une part importante de la population iranienne, peut être la moitié ou davantage, pourrait désormais considérer le conflit comme une lutte défensive. Ce qui apparaît à l’extérieur comme une frappe contre un régime peut, à l’intérieur de l’Iran, être reformulé comme une lutte nationale et religieuse pour la dignité et la survie. En termes clausewitziens, l’élément de passion du côté iranien a été activé d’une manière susceptible de soutenir la guerre bien plus longtemps que ne l’anticipent de nombreux décideurs occidentaux.

Le problème pour Washington va bien au delà de l’absence d’enthousiasme. Pour de nombreux Américains, y compris un nombre considérable de républicains qui seraient autrement susceptibles de soutenir une administration républicaine, cette guerre apparaît quelque part entre inutile et injuste. La même perception existe, à des degrés divers, chez nombre d’alliés des États Unis. Si les gouvernements peuvent exprimer un soutien formel à Washington, de larges segments de leurs populations voient le conflit moins comme un acte de défense collective que comme une escalade discrétionnaire dont la nécessité stratégique reste incertaine.

Les perceptions de légitimité comptent énormément dans la guerre parce qu’elles façonnent l’investissement émotionnel des sociétés. Là où les populations estiment qu’un conflit est nécessaire ou moralement justifié, les gouvernements peuvent mobiliser endurance et sacrifice. Là où cette conviction est absente, les fondations politiques de la guerre demeurent fragiles.

Les difficultés auxquelles Washington est confronté sont aggravées par l’absence d’un récit politique clair expliquant la guerre elle même. Un leadership efficace en temps de guerre exige que les gouvernements articulent une explication cohérente des raisons pour lesquelles une guerre est menée et du résultat qui constituerait un succès. Pourtant le président Trump a eu du mal à offrir une telle clarté. Ses déclarations publiques ont proposé des explications changeantes du conflit, le présentant tantôt comme un acte nécessaire de préemption, tantôt comme une réponse à des menaces imminentes, et parfois comme une occasion de remodeler l’ordre politique à l’intérieur de l’Iran.

Le Guide suprême iranien Ali Khamenei.

L’ambiguïté s’étend également aux objectifs de la guerre. Différents scénarios ont été évoqués concernant la manière dont le conflit pourrait se terminer : l’effondrement du régime iranien, un règlement négocié ou une campagne punitive limitée destinée à affaiblir les capacités de Téhéran. Ces justifications changeantes renforcent l’impression que les États Unis sont entrés dans la guerre sans objectif politique final clairement défini.

Malgré son instinct politique considérable, Trump semble de plus en plus contraint par la mécanique d’une guerre qui suit désormais sa propre dynamique. Les opérations militaires de grande ampleur déplacent inévitablement l’autorité vers les forces armées et les institutions qui les soutiennent. Pourtant la gestion d’un conflit prolongé exige non seulement la puissance militaire mais aussi une direction politique, la capacité de maintenir le soutien intérieur, de façonner les attentes et de définir des voies crédibles vers la fin du conflit.

L’ endurance iranienne joue en sa faveur

Si le conflit s’avère bref, ces faiblesses pourraient rester gérables. Mais si la guerre évolue vers une confrontation prolongée, l’environnement stratégique pourrait changer de manière significative. Le temps tend à transformer les guerres et, à mesure qu’elles se prolongent, les acteurs extérieurs réévaluent leurs calculs.

Pour la Chine et la Russie, la valeur de l’endurance iranienne pourrait augmenter précisément à mesure que le conflit s’étire. Aucun des deux pays ne souhaite nécessairement devenir un participant direct, mais tous deux pourraient voir des avantages stratégiques dans une guerre prolongée qui absorbe l’attention et les ressources américaines. L’histoire offre des précédents. Pendant la guerre du Vietnam, la Chine a progressivement accru son soutien au Nord Vietnam à mesure que le conflit s’approfondissait.

Un schéma similaire pourrait se reproduire ici. Pékin et Moscou pourraient commencer prudemment en apportant un soutien diplomatique ou un soulagement économique. Pourtant, plus l’Iran démontrera sa capacité à résister à la pression américaine, plus cette endurance pourrait apparaître stratégiquement précieuse dans la compétition géopolitique plus large.

Dans cette perspective, la question centrale n’est pas de savoir si les États Unis possèdent la capacité militaire de vaincre l’Iran au sens strict. Ils la possèdent presque certainement. La question plus importante est de savoir si Washington dispose de l’endurance politique nécessaire pour soutenir le type de lutte prolongée que l’Iran, et potentiellement ses partenaires extérieurs, pourraient être prêts à mener. Clausewitz comprenait que les guerres ne sont pas décidées seulement par les armes mais par l’énergie politique qui les soutient. Et les guerres menées sans passion se déroulent rarement comme leurs planificateurs l’avaient prévu.

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L’Élite libérale africaine à la recherche de sa démocratie https://mondafrique.com/international/lelite-liberale-africaine-a-la-recherche-de-sa-democratie/ https://mondafrique.com/international/lelite-liberale-africaine-a-la-recherche-de-sa-democratie/#respond Mon, 16 Mar 2026 15:47:55 +0000 https://mondafrique.com/?p=148776 Le 13 février, s’est tenue à Casablanca l’assemblée générale fondatrice de l’Alliance Démocratique Africaine pour la Liberté et le Progrès (ADAFP). Une première initiative dans l’histoire des mouvements libéraux du continent sous le thème « construire la démocratie et le progrès à travers l’Afrique », une vieille idée qui n’a pu se concrétiser depuis la décolonisation […]

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Le 13 février, s’est tenue à Casablanca l’assemblée générale fondatrice de l’Alliance Démocratique Africaine pour la Liberté et le Progrès (ADAFP). Une première initiative dans l’histoire des mouvements libéraux du continent sous le thème « construire la démocratie et le progrès à travers l’Afrique », une vieille idée qui n’a pu se concrétiser depuis la décolonisation des pays africains et l’émergence des États indépendants.

Les systèmes politiques issus de ce processus avaient un point commun : une administration centralisée et une armée politisée. La plupart de ces États optèrent pour un parti unique, pour ne pas dire parti-État. Autoritaire, ce dernier laissait peu d’espace à l’émergence de la culture démocratique au sein d’une société civile marginalisée. Cette situation a donné de l’Afrique l’image d’un continent où les alternances s’opèrent par des coups d’États, où l’opposition se retrouve, au mieux, sur les chemins de l’exil, au pire, subit des éliminations physiques.

Victime d’une guerre froide qui a fracturé le continent en deux camps mais aussi de la convoitise nourrie par les pays industriels à l’égard des richesses de son sous-sol durant les six dernières décennies, l’Afrique se voit offrir, par la reconfiguration des rapports de force à l’échelle internationale, une opportunité de construction de la  démocratie dans un cadre mondial multipolaire. Cette globalisation marque « une étape historique dans la consolidation d’une coopération démocratique continentale », se félicite le communique de l’ADAFP.

Pour une culture démocratique et un accompagnement institutionnel

La plupart des systèmes politiques en Afrique, souvent militaires, excluent l’élite de la gouvernance. Celle qui n’affirme pas frontalement son opposition au pouvoir finit par être cooptée ou fonctionnarisée au sein des appareils de l’État. Dans le discours inaugural de l’assemblée, intitulé « esprit de liberté et et de progrès africain au XXI siècle », il a été fait référence au rôle que doit jouer l’élite dans le développement économique et social mais aussi institutionnel.

Il ne suffit pas de faire du copier-coller de la démocratie à l’européenne mais il faut  introduire des valeurs autocentrées puisées dans les cultures locales. « La phase actuelle de l’évolution démocratique africaine exige un passage des notions traditionnelles de libération politique vers un ancrage solide de la gouvernance constitutionnelle et institutionnelle comme fondement de la stabilité et du développement durable », souligne le représentant du Soudan, Mohamed Aqab, du National Trend.

Au cours de sessions intellectuelles et politiques, les débats ont porté sur la nécessité « d’un engagement commun à renforcer les institutions démocratiques, promouvoir la gouvernance responsable et faire avancer des réformes politiques et économiques inclusives à travers l’Afrique ». Si les ambitions sont affichées, reste que leur concrétisation butte sur des réalités avérées. L’initiative de l’ADAFP reste limitée et on remarque l’absence du Maghreb (Algérie, Tunisie, Mauritanie), de l’Égypte et du Nigeria.

La mise en place d’un comité exécutif (2026-2029) et d’un conseil des sages ouvert sont autant de mesures fondatrices d’une démarche qui s’inscrira dans la durée. L’allocution du président élu de l’Alliance, le Sud-Africain Mmusi Maimane, a mis en lumière les défis et les opportunités auxquels l’Afrique est confrontée aujourd’hui ainsi que les priorités stratégiques de l’Alliance pour les années à venir.

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Pourquoi les pouvoirs traitent-ils leurs opposants de « terroristes » ? https://mondafrique.com/libre-opinion/pourquoi-les-pouvoirs-traitent-ils-leurs-opposants-de-terroristes/ https://mondafrique.com/libre-opinion/pourquoi-les-pouvoirs-traitent-ils-leurs-opposants-de-terroristes/#respond Thu, 12 Mar 2026 15:03:10 +0000 https://mondafrique.com/?p=148476 Pourquoi les gouvernements qualifient-ils leurs opposants de « terroristes » ? À travers des exemples historiques et l’analyse de penseurs comme Max Weber et Hannah Arendt, cet article explore comment l’étiquetage politique devient une arme pour délégitimer les mouvements contestataires. Une chronique signée Hamid Enayat, politologue spécialiste de l’Iran, collaborateur de l’opposition démocratique iranienne (CNRI), […]

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Pourquoi les gouvernements qualifient-ils leurs opposants de « terroristes » ? À travers des exemples historiques et l’analyse de penseurs comme Max Weber et Hannah Arendt, cet article explore comment l’étiquetage politique devient une arme pour délégitimer les mouvements contestataires.

Une chronique signée Hamid Enayat, politologue spécialiste de l’Iran, collaborateur de l’opposition démocratique iranienne (CNRI), et Hamid Assadollahi, porte-parole du Comité de soutien aux droits de l’homme en Iran (CSDHI).

À de nombreux moments décisifs de l’histoire, les forces qui luttent pour la liberté ou pour un changement politique ont été confrontées à de graves accusations et à des étiquettes politiques. Les gouvernements en place les présentent souvent comme des « terroristes », des « traîtres », des « agents de l’ennemi » ou des « fauteurs de troubles ». Ce phénomène n’est pas propre à un pays ou à une époque particulière : il constitue un schéma récurrent dans l’histoire politique moderne.

Le sociologue allemand Max Weber explique, dans sa célèbre théorie de la légitimité, que la stabilité d’un système politique ne dépend pas uniquement des instruments de coercition ou de la puissance militaire. Un gouvernement est durable lorsqu’une part importante de la société considère son autorité comme légitime. Mais lorsque cette légitimité entre en crise, l’émergence d’une force politique indépendante peut représenter une menace sérieuse pour le pouvoir en place. Dans ce contexte, les gouvernements cherchent souvent à présenter cette force comme une menace pour la sécurité.

Le philosophe politique Hannah Arendt souligne un phénomène similaire dans son analyse du pouvoir et de la violence. Selon elle, lorsqu’un régime s’affaiblit politiquement et perd sa légitimité, il tend à recourir davantage à la violence et à la propagande. Dans ces conditions, la diabolisation et la délégitimation des opposants deviennent des éléments centraux de la stratégie de survie du pouvoir.

Une stratégie de délégitimation politique

Le régime des mollahs en Iran a lui aussi eu recours à cette stratégie. En dépensant des sommes d’argent astronomiques dans les pays occidentaux et en s’appuyant sur des réseaux de lobbying, il a tenté de présenter ses opposants comme des « terroristes » à travers une vaste campagne de diabolisation.

C’est dans ce contexte que, à la demande de l’ancien président iranien Mohammad Khatami, les Moudjahidine du peuple ont été inscrits sur les listes d’organisations terroristes en Europe et aux États-Unis comme contrepartie d’une « normalisation » illusoire des relations avec le régime religieux. Pendant des années, ce mouvement a subi de fortes pressions avant de parvenir finalement à être retiré de ces listes. Dans le même temps, les Gardiens de la révolution — eux-mêmes impliqués dans de nombreuses opérations violentes au Moyen-Orient — ont longtemps agi librement dans la région.

L’histoire offre de nombreux exemples similaires. Dans la France occupée pendant la Seconde Guerre mondiale, les membres de la Résistance étaient qualifiés de « terroristes » et de « bandits » par l’Allemagne nazie et par le régime de Vichy. En Irlande, les combattants de l’indépendance étaient décrits par le gouvernement britannique comme des « bandes criminelles ». Aux États-Unis, les dirigeants du mouvement des droits civiques dans les années 1960 furent parfois accusés par certaines institutions et certains médias d’être liés au « communisme » ou de représenter une « menace pour la sécurité nationale ».

Quand l’histoire renverse les étiquettes

En Iran également, cette stratégie d’étiquetage politique possède une longue histoire. Sous la dictature du Shah, les Moudjahidine du peuple — qui constituaient l’une des principales forces de résistance contre le régime — étaient présentés à la population comme des « marxistes islamiques », afin de délégitimer ce mouvement dans la société religieuse de l’époque. Cette étiquette continue aujourd’hui encore d’être reprise dans certains milieux politiques occidentaux. On affirme parfois que cette organisation aurait été financée par l’Arabie saoudite, et parfois par l’Irak.

Jean Moulin, héros de la Résistance française, fut lui aussi accusé de terrorisme par le régime de Vichy, car celui-ci considérait la lutte pour la liberté comme une forme de terrorisme. Aujourd’hui encore, les Moudjahidine sont accusés de terrorisme. Pourtant, le lundi 23 février, des unités de résistance liées à cette organisation ont mené une attaque contre le régime du dirigeant iranien Ali Khamenei, faisant trembler Téhéran. Une centaine de leurs membres furent tués ou arrêtés. Cette audace et ce sacrifice pour la liberté, que le régime cherche à faire taire, ont été qualifiés de « terrorisme » par les autorités iraniennes.

Dans son dernier discours avant sa mort, Ali Khamenei affirmait également que les personnes descendues dans les rues lors des soulèvements étaient toutes des agents étrangers, formés et financés depuis l’extérieur. Pourtant, dans l’histoire, même le héros de l’indépendance américaine George Washington fut considéré par les autorités britanniques comme un rebelle et un traître passible de la peine de mort.

Ainsi, la diffamation et la délégitimation des mouvements de liberté ne peuvent être réduites à une simple tactique de propagande. Elles s’inscrivent dans une logique plus profonde de la politique : la lutte pour la survie du pouvoir.

L’histoire montre toutefois que l’issue de cette lutte n’est pas toujours visible immédiatement. Mais, comme le dit un proverbe persan, « le soleil ne reste jamais éternellement derrière les nuages ». Avec le temps, les véritables acteurs de la paix et de la liberté finissent toujours par être reconnus.

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Venance Konan. Le double standard de l’Afrique sur l’esclavage https://mondafrique.com/a-la-une/venance-konan-le-double-standard-de-lafrique-sur-lesclavage/ Tue, 10 Mar 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148342 Cette semaine, Venance Konan prend pour cible un certain double discours africain sur l’esclavage. Passé et présent ne sont pas jugés à la même enseigne et l’on entend peu de voix contre les abus commis, jusqu’à aujourd’hui, sur le continent lui-même.  À la clôture du dernier sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, en février, […]

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Cette semaine, Venance Konan prend pour cible un certain double discours africain sur l’esclavage. Passé et présent ne sont pas jugés à la même enseigne et l’on entend peu de voix contre les abus commis, jusqu’à aujourd’hui, sur le continent lui-même. 

Venance Konan.

À la clôture du dernier sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, en février, le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé que son pays allait déposer une résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies pour désigner la traite des esclaves africains comme « le plus grave crime contre l’humanité ».

Au même moment, le mouvement d’opposition Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), qui milite pour l’abolition de l’esclavage en Mauritanie, dénonçait la répression orchestrée par les autorités de ce pays après l’arrestation de six de ses membres et deux lanceuses d’alerte suite à la révélation, début février, de ce qu’ils qualifient de nouvelle affaire d’esclavage. Le 4 février, une alerte avait été lancée au sujet de Nouha Mohamed, une enfant haratine de 11 ans, réduite en esclavage par un couple d’enseignants de Nouakchott.

Les Haratines forment un groupe ethnolinguistique, les « Maures noirs », que l’on rencontre au Maroc, en Algérie, mais principalement en Mauritanie ; ils sont les descendants de populations subsahariennes asservies puis affranchies. Ils partagent les mêmes langue, religion et coutumes que leurs anciens maîtres arabo-berbères, mais subissent une marginalisation socio-économique et des discriminations, bien qu’ils constituent peut-être la plus importante composante démographique de la Mauritanie, où ils représentent environ 40% de la population.

L’esclavage des Noirs a toujours été pratiqué en Mauritanie et dans cette région d’Afrique occidentale par les Arabo-Berbères, depuis au moins l’Antiquité. Il fut aboli en Mauritanie une première fois en 1905 par les autorités coloniales françaises, mais jusqu’en 1951, on trouvait encore des marchés d’esclaves dans le pays. Lorsque la Mauritanie devint indépendante, sa Constitution proclama, en 1961, l’égalité entre tous les citoyens… mais sans mentionner l’esclavage – qui ne fut officiellement aboli que le 9 novembre 1981.

150 000 personnes toujours esclaves en 2014

En 2014, l’ONG Walk Free estimait cependant que 4% de la population, soit environ 150 000 personnes, étaient toujours esclaves dans le pays. En 2007, une loi réprimant la persistance de ces pratiques a été adoptée mais chaque fois que les abolitionnistes donnent de la voix, ce sont plutôt eux qui sont durement réprimés Comme ce fut le cas en février dernier lorsqu’ils ont dénoncé le sort de la petite Nouha Mohamed. Selon Biram Dah Abeid, figure emblématique de la lutte contre l’esclavage moderne en Mauritanie, régulièrement arrêté pour ses prises de position, l’esclavage est toujours pratiqué dans le pays malgré les interdictions formelles. Et c’est ce que rapportent plusieurs ONG et observateurs.

Des milliers de Mauritaniens font du petit commerce dans des échoppes à l’étranger, en Côte d’Ivoire notamment. Et très souvent, on trouve dans ces échoppes un Blanc et un Noir. Un Mauritanien d’origine subsaharienne nous a confié un jour que lorsqu’il en était ainsi, le Noir était presque toujours l’esclave du Blanc.

L’étonnant, c’est que la Mauritanie est restée membre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) jusqu’en 2000, lorsqu’elle décida elle-même d’en sortir, soit sept ans avant l’adoption de la loi de 2007. Cela veut dire que la CEDEAO comptait en son sein un État esclavagiste. Et jusqu’à ce jour, la Mauritanie est toujours membre de l’Union africaine. Et jamais l’on n’a entendu un seul pays africain interpeller la Mauritanie dans cette instance pour qu’elle mette définitivement fin à l’esclavage.

« Aucune voix d’aucun intellectuel africain »

Encore plus étonnant, aucune voix d’aucun intellectuel africain n’a jamais été entendue pour dénoncer cela, comme cela fut le cas pour l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid. Toute l’Afrique boycotta l’Afrique du Sud et Félix Houphouët-Boigny fut mis en quarantaine par une partie du continent pour avoir proposé que l’Afrique entame un dialogue avec le régime raciste blanc.

En 2000, au moment où le leader libyen Mouammar Kadhafi faisait le forcing pour que l’Organisation de l’unité africaine (OUA) se transforme en Union africaine, il y eut un terrible pogrom contre les populations subsahariennes qui vivaient en Libye. Aucun leader politique subsaharien ou intellectuel n’éleva la voix. Il faut dire que le « frère guide » libyen savait utiliser ses pétrodollars pour s’assurer le silence de leaders et d’intellectuels toujours à la recherche de subsides. Après l’assassinat de Kadhafi, on vit des marchés d’esclaves subsahariens organisés par des groupes armés qui régentent le pays. Aucune protestation ne fut entendue, et la Libye siège toujours à l’Union africaine. Tout comme il n’y en eut aucune lorsque la Tunisie et l’Algérie déportèrent de nombreux migrants subsahariens dans le désert, les condamnant à une mort certaine.

Le président ghanéen souhaite voir l’esclavage considéré comme le « plus grave crime contre l’humanité » ? Ne serait-il pas plus crédible s’il commençait par dénoncer fermement ce qui se passe jusqu’à ce jour en Mauritanie et dans plusieurs pays arabes de notre continent qui siègent à l’Union africaine ? Nos « panafricanistes » qui parlent de redonner sa dignité à l’Afrique en se battant contre la France ne seraient-ils pas eux aussi plus crédibles si l’on entendait également leurs voix sur cette question de l’esclavage qui persiste toujours sur notre continent ?

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L’Europe face à Trump : miroir inversé d’une histoire coloniale https://mondafrique.com/international/leurope-face-a-trump-miroir-inverse-dune-histoire-coloniale/ Mon, 09 Mar 2026 05:15:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148306 Il y a dans la relation entre l’Europe et les États-Unis, telle qu’elle s’est exprimée avec une brutalité particulière sous la présidence de Donald Trump, une familiarité historique qui nous trouble. Non pas une simple crise diplomatique ou un désaccord conjoncturel, mais la réactivation d’un schéma ancien : celui d’un centre qui protège, finance et […]

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Il y a dans la relation entre l’Europe et les États-Unis, telle qu’elle s’est exprimée avec une brutalité particulière sous la présidence de Donald Trump, une familiarité historique qui nous trouble. Non pas une simple crise diplomatique ou un désaccord conjoncturel, mais la réactivation d’un schéma ancien : celui d’un centre qui protège, finance et organise, tout en exigeant obéissance, alignement et dépendance. Ce schéma, l’Europe l’a longtemps imposé à l’Afrique. Elle en fait aujourd’hui l’expérience, sous une autre forme, dans sa relation avec Washington.

Par Hamada AG AHMED, expert humanitaire et analyste

Tout commence, symboliquement et matériellement, avec le plan Marshall. Présenté comme un geste de reconstruction altruiste après 1945, il fut aussi le socle d’une architecture de dépendance durable. L’aide américaine, conditionnée, orientée et politiquement encadrée, arrima l’Europe occidentale à l’économie, à la monnaie et à la stratégie sécuritaire des États-Unis. La reconstruction industrielle, la libéralisation des échanges, l’intégration progressive dans un espace atlantique dominé par le dollar et garanti militairement par l’OTAN n’étaient pas de simples choix techniques : ils instituaient une hiérarchie. L’Europe renaissait, mais sous tutelle stratégique.

Dans le même temps, l’Europe gérait la fin formelle de ses empires coloniaux en Afrique. La décolonisation, souvent négociée plus que réellement émancipatrice, s’est accompagnée de la mise en place de dispositifs sophistiqués de continuité de contrôle. Accords de coopération, préférences commerciales, dépendance financière et monétaire, assistance technique : le vocabulaire changeait, les rapports de force demeuraient.

Le Fonds européen de développement (FED), créé en 1957, puis les politiques aujourd’hui portées par la Direction générale des partenariats internationaux (DG INTPA), ont structuré une relation où l’aide remplaçait l’administration directe, sans remettre en cause l’asymétrie fondamentale. L’Afrique devenait partenaire, mais dans un cadre défini ailleurs, avec des priorités, des conditionnalités et des instruments conçus en Europe.

Le sort d’un allié subordonné 

Le franc CFA incarne, à lui seul, cette continuité post-coloniale. Présenté comme un outil de stabilité monétaire, il a surtout fonctionné comme un mécanisme de discipline économique et de dépendance structurelle. Parité fixe, centralisation partielle des réserves, arrimage à une monnaie extérieure : autant d’éléments qui ont limité les marges de manœuvre budgétaires et industrielles des États africains concernés. La souveraineté monétaire y était nominale, jamais pleine.

C’est précisément ce type de rapport que l’Europe a commencé à percevoir dans son propre lien avec les États-Unis, lorsque Donald Trump a cessé d’enrober la relation transatlantique du vernis multilatéral traditionnel. L’Europe, soudain sommée de « payer sa part » pour l’OTAN, menacée de droits de douane, exposée à l’extraterritorialité du droit américain et aux sanctions unilatérales, a découvert ce que signifie être un allié subordonné. Le langage employé par Trump, transactionnel, brutal, hiérarchique, rappelait moins celui d’un partenaire que celui d’une puissance tutélaire parlant à une périphérie jugée dépendante et ingrate.

La domination monétaire joue ici un rôle central. Le dollar, monnaie de réserve mondiale, structure les échanges transatlantiques et place l’Europe dans une situation de vulnérabilité comparable, toutes proportions gardées, à celle des pays de la zone CFA. Les entreprises européennes, y compris lorsqu’elles commercent hors des États-Unis, restent exposées aux sanctions américaines dès lors que leurs transactions passent par le dollar ou le système financier américain. Les tensions récurrentes autour de la parité euro-dollar ne sont pas de simples fluctuations de marché : elles traduisent un rapport de force. Un euro faible renchérit les importations énergétiques, alimente l’inflation et réduit l’autonomie stratégique européenne, tandis que la Réserve fédérale américaine, à travers ses choix de taux, influence directement les économies européennes sans responsabilité politique à leur égard.

La fiction du partenariat égalitaire 

De la même manière que l’Europe justifiait sa présence en Afrique par la stabilité, le développement et la sécurité, les États-Unis ont longtemps justifié leur leadership sur l’Europe par la protection et l’ordre international. Mais lorsque cette protection devient conditionnelle, coûteuse et instrumentalisée, la fiction du partenariat égalitaire s’effrite. L’Europe se retrouve confrontée à une réalité qu’elle connaît bien : celle d’un système où les règles sont écrites par le plus fort, où la dépendance est présentée comme un bienfait, et où toute velléité d’autonomie est perçue comme une ingratitude ou une menace.

L’ironie de l’histoire est cruelle. L’Europe, qui peine encore à regarder lucidement son héritage colonial et les mécanismes post-coloniaux qu’elle continue d’entretenir en Afrique à travers ses politiques de coopération et de développement, se découvre à son tour enfermée dans une relation asymétrique. Non pas colonisée, mais structurellement contrainte. Non pas dominée par la force, mais par les normes, la monnaie, la sécurité et le droit.

Ce miroir inversé devrait être un avertissement. Tant que l’Europe continuera à penser ses relations extérieures, qu’elles soient africaines ou transatlantiques, en termes de dépendance organisée plutôt que de souveraineté partagée, elle restera vulnérable aux mêmes logiques qu’elle a longtemps imposées. L’enjeu n’est pas de rompre avec les États-Unis, pas plus qu’il n’est de rompre avec l’Afrique. Il est de refonder ces relations sur une autonomie réelle, assumée et réciproque. L’Europe sait, mieux que quiconque, ce que coûte une indépendance inachevée. Elle en voit aujourd’hui le prix sur son propre continent.

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Quand Téhéran attaque son banquier https://mondafrique.com/libre-opinion/quand-teheran-attaque-son-banquier/ Sun, 08 Mar 2026 08:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148274 Dubaï n’a jamais prétendu être neutre. Elle a prétendu être indifférente. Nuance capitale. Pendant quarante ans, les Émirats arabes unis ont laissé transiter les capitaux iraniens sans poser de questions gênantes. Ce n’était pas de la complicité. C’était du commerce. Un modèle parfaitement rationnel : percevoir une commission sur l’oxygène d’une économie asphyxiée. Une chronique […]

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Dubaï n’a jamais prétendu être neutre. Elle a prétendu être indifférente. Nuance capitale. Pendant quarante ans, les Émirats arabes unis ont laissé transiter les capitaux iraniens sans poser de questions gênantes. Ce n’était pas de la complicité. C’était du commerce. Un modèle parfaitement rationnel : percevoir une commission sur l’oxygène d’une économie asphyxiée.

Une chronique signée Michel Santi



Michel Santi
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https://michelsanti.fr/

Les chiffres sont désormais publics. En 2024, selon le Trésor américain, 9 milliards de dollars liés à l’activité financière clandestine iranienne ont transité par des entreprises émiraties — 62 % d’entre eux directement issus de ventes pétrolières iraniennes acheminées via Dubaï. Neuf milliards. Annuels. Et ce chiffre ne représente que ce qu’on a pu tracer.

Ce système fonctionnait parce qu’il arrangeait tout le monde. Washington pouvait sanctionner Téhéran tout en sachant que la pression resterait tolérable. Les Gardiens de la Révolution pouvaient financer le Hezbollah et les Houthis. Abou Dhabi encaissait les commissions. L’équilibre n’était pas précaire. Il était structurel.

Puis l’Iran a décidé de bombarder l’aéroport international de Dubaï.

Depuis le 28 février, 165 missiles balistiques, deux missiles de croisière et 541 drones ont été interceptés au-dessus des Émirats arabes unis. Des débris sont tombés sur le Fairmont Palm. Goldman Sachs, JPMorgan, Citigroup ont ordonné le télétravail à leurs équipes. Dubai International — l’aéroport le plus fréquenté du monde — s’est tu. Les supermarchés ont été dévalisés.

L’Iran n’a pas attaqué un ennemi. Il a attaqué son banquier

La réponse est maintenant sur la table. Selon le Wall Street Journal, Abou Dhabi envisage de geler les actifs des sociétés-écrans iraniennes, de saisir les navires de la flotte fantôme, de soumettre les bureaux de change informels — ces artères discrètes par lesquelles Téhéran respire encore — à une inspection généralisée. Aucune décision finale n’a été prise. Mais le simple fait que la mise en garde ait été transmise à Téhéran constitue déjà une rupture historique.

Car voilà ce qui change tout : ce gel ne viendrait pas de Washington. Il viendrait d’Abou Dhabi. Ce n’est pas une sanction imposée de l’extérieur. C’est un divorce initié de l’intérieur. La différence est abyssale. Les sanctions américaines, l’Iran les contournait précisément via les EAU. Si les EAU ferment le robinet eux-mêmes, il n’existe plus de contournement. Il n’existe plus de porte.

Les experts qui suivent l’économie iranienne depuis des années sont sans équivoque. Esfandyar Batmanghelidj, directeur de Bourse & Bazaar, le dit sans détour : les EAU constituent “la porte d’entrée la plus importante de l’Iran vers l’économie mondiale.” Andreas Krieg, du King’s College London, est plus précis encore : le gel des comptes liés aux Gardiens de la Révolution serait “l’outil non militaire le plus important que les EAU puissent utiliser contre l’Iran.”

L’Iran le savait. Il l’a fait quand même

C’est là que réside l’énigme stratégique. On peut comprendre une décision risquée. On peine à comprendre une décision suicidaire. Téhéran disposait d’un actif rare dans ce monde de blocus financiers : un accès réel, fonctionnel, quotidien aux marchés mondiaux. Cet actif ne se reconstitue pas en quelques mois. Il s’est construit sur quatre décennies de discrétion mutuelle, de non-dits rentables, d’intérêts bien compris des deux côtés.

Six jours de drones ont suffi à en solder le compte.

Pour les EAU, le tournant est douloureux mais lisible. Dubaï avait bâti sa réputation sur une promesse : être la ville la plus sûre dans la région la plus instable du monde. Cette promesse est désormais fissurée. Bloomberg le formule sans fioritures : il n’y a pas de retour possible. La question n’est plus de savoir si Dubaï restera un hub financier mondial. La question est de savoir à quel prix elle le restera — et sous quelles conditions géopolitiques.

Le réalignement est en cours. En gelant les actifs iraniens, Abou Dhabi ne punit pas seulement l’agresseur. Elle envoie un signal à Washington, à Tel-Aviv, aux hedge funds qui hésitent encore à rouvrir leurs bureaux. Elle signifie qu’elle a choisi son camp — non par idéologie, mais par calcul.

L’Iran, lui, n’a pas seulement perdu un accès aux marchés. Il a perdu quelque chose de plus rare : un interlocuteur qui n’était pas son ennemi. Dans un monde de sanctions totales, c’est le seul luxe qui comptait vraiment.

Il vient de le détruire lui-même.

Ce que Khomeini m’a dit en 1978

Je n’ai pas lu l’Iran dans des livres. Je l’ai entendu de sa bouche.

C’était à Neauphle-le-Château, quelques semaines avant que le monde bascule. J’avais quinze ans. On m’a conduit dans une pièce sans chaises, des tapis, quelques plats. L’homme en face de moi parlait un arabe d’une autre époque — celui du Coran, pas des rues. Il posait sa main sur mon genou. Il me regardait fixement.

« C’est moi qui écrirai pour les deux siècles à venir l’histoire de tout le Moyen-Orient. La réaction en chaîne a déjà commencé. »

Il m’a dit qu’il protégerait les chiites du Liban — méprisés, invisibles, dont nos servantes portaient le visage. Il les appellerait à se lever, de Beyrouth à Bagdad, de Bahreïn à Sanaa. « Tu verras comment le clan chiite deviendra le plus puissant de ton pays. Il sera le Parti de Dieu » – Hezbollah.

Ce n’était pas de la prophétie.C’était un plan.

Aujourd’hui, Khamenei est mort. L’Iran est en guerre. Le Hezbollah tire depuis le Liban. Le détroit d’Ormuz est fermé. Et le monde découvre avec stupeur ce que cet homme m’avait annoncé dans cette petite maison de banlieue parisienne, en 1978.

Une jeunesse levantine n’est pas un récit autobiographique.

C’est le seul témoignage de première main d’une conversation avec l’architecte de tout ce qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux.

Une jeunesse levantine

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Guerre en Iran : « Au-delà des préjugés, voir les intérêts! » https://mondafrique.com/international/guerre-en-iran-au-dela-des-prejuges-voir-les-interets/ Sat, 07 Mar 2026 05:44:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148210 Dans un propos sur la guerre en cours contre l’Iran déconstruisant idées reçues et préjugés, l’ancien Premier ministre du Tchad Albert Pahimi Padacké invite à un regard lucide centré sur les propres valeurs et intérêts du continent, en se projetant au-delà des fantasmes immédiats pour définir un positionnement autonome et raisonné.   Par Albert Pahimi […]

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Dans un propos sur la guerre en cours contre l’Iran déconstruisant idées reçues et préjugés, l’ancien Premier ministre du Tchad Albert Pahimi Padacké invite à un regard lucide centré sur les propres valeurs et intérêts du continent, en se projetant au-delà des fantasmes immédiats pour définir un positionnement autonome et raisonné.
 

Par Albert Pahimi Padacké

Albert Pahimi Padacké.

Déconstruire les préjugés religieux

Cette guerre n’est ni civilisationnelle ni religieuse. N’oublions pas qu’il y a plus de chrétiens en Iran ( 400 000 à 800 000, selon les sources), qu’en Israël (180 000). Deux idées reçues structurent aujourd’hui de nombreux positionnements dits et non dits africains.

La première consiste à soutenir, consciemment ou inconsciemment, Israël au nom d’une prétendue proximité « judéo‑chrétienne », comme si l’État d’Israël se battait pour défendre le christianisme. C’est historiquement et théologiquement faux. Israël est associé à l’histoire du christianisme et non à son actualité. Israël est un État-nation, fondé sur un projet sioniste et non chrétien. La communauté chrétienne ne représente que moins de 2 % de la population, largement inférieure à la communauté musulmane d’Israël, 21 %.

Israël est donc factuellement plus musulman que chrétien. La tradition orthodoxe juive, ne prône t-elle pas le crachat sur les chrétiens ? Le réflexe de certains chrétiens africains qui lisent la guerre au Proche‑Orient comme la simple actualisation de récits bibliques, témoigne davantage d’un imaginaire religieux fantasmé que d’une analyse factuelle.

La politique derrière la religion 

La seconde illusion est symétrique : soutenir l’Iran au nom d’une fraternité islamique ou d’une solidarité « arabo‑musulmane ». Là encore, la confusion est profonde. La révolution islamique de 1979 en Iran souvent invoquée est d’abord un projet politique de conquête et d’exercice du pouvoir par les mollahs, et d’exportation d’une idéologie politique, qui instrumentalise une doctrine religieuse chiite pour justifier une stratégie d’influence régionale, de Bagdad à Beyrouth, de Sanaa à Gaza, au détriment de la doctrine religieuse sunnite. Il est autant conçu contre le sionisme que contre le sunnisme.

Aussi, il faut dire que l’Iran n’est pas un pays arabe, comme beaucoup peuvent le penser, mais perse. Les Arabes n’y représentent que 2 % à 3 % de la population. Se ranger derrière Téhéran par réflexe identitaire, c’est donc confondre solidarité religieuse et calcul géopolitique d’une puissance moyenne en quête de profondeur stratégique, d’abord contre l’Arabie saoudite et les monarchies du Golfe, eux-mêmes non moins musulmanes.

Dans les deux cas, Israël comme l’Iran mobilisent la religion pour légitimer des objectifs éminemment politiques : sécurité, influence, contrôle des routes énergétiques, recomposition des alliances régionales. L’Afrique, si elle veut se penser comme acteur et non comme terrain de jeu, doit refuser de se laisser enfermer dans ces récits, faits de préjugés et des idées reçues, qui chatouillent notre ignorance commune et entretiennent nos illusions.

Un conflit lointain, des impacts immédiats pour l’Afrique

La guerre au Proche-Orient n’est pas un simple spectacle télévisé pour les sociétés africaines. Elle produit déjà au moins quatre types d’effets.

D’abord, un choc énergétique. Toute escalade impliquant Israël, l’Iran et les pays du Golfe pèse sur les cours du pétrole et du gaz, renchérit les importations africaines et aggrave les déficits des États dépendants des hydrocarbures et des produits importés. Pour des économies déjà fragilisées par la dette et l’inflation, chaque flambée au détroit d’Ormuz se traduit par moins de marges budgétaires pour la santé, l’éducation ou la sécurité intérieure.

Ensuite, un risque de conflits par procuration. Les grandes puissances qui s’affrontent et leurs alliés régionaux cherchent des relais politiques, militaires et médiatiques sur le continent. Israël a développé, depuis des années, une diplomatie de sécurité et de renseignement avec plusieurs pays africains, en particulier en Afrique de l’Est et en Afrique centrale. L’Iran, de son côté, mène une offensive diplomatique soutenue vers des États en rupture avec l’Occident, notamment dans le Sahel et en Afrique australe. Le risque est réel de voir l’Afrique redevenir un espace de rivalités externalisées, où se croisent instructeurs, conseillers militaires, livraisons d’armes et campagnes de désinformation, via la toile bleue.

Troisièmement, un enjeu de cohésion interne. Le conflit attise des clivages religieux et identitaires à l’intérieur même des sociétés africaines, entre communautés chrétiennes et musulmanes, entre courants sunnites et chiites, entre élites laïques et mouvements politico-religieux. Sur fond de crise sociale, cette polarisation silencieuse peut fragiliser des États déjà confrontés au terrorisme, aux coups d’État et aux sécessions. Il faudra communiquer intelligemment pour éclairer nos populations sur les enjeux et aller au-delà des idées reçues. Dieu n’est pas l’objet de cette guerre d’intérêts géostratégiques.

Enfin, un enjeu diplomatique. Le continent est loin d’être monolithique. On observe un camp ouvertement pro‑iranien, un camp proche d’Israël, et un large centre qui prône prudence et désescalade. L’Union africaine, pour sa part, multiplie les appels à la retenue et au respect du droit international, sans toujours parvenir à transformer cette posture en stratégie commune.

Vers un positionnement africain fondé sur les intérêts

Face à ces dynamiques, quel devrait être le cap de l’Afrique ? Ni alignement sentimental sur Israël ni sur l’Iran, mû par des préjugés religieux fantasmés et hors-champ. L’enjeu n’a rien de religieux. L’enjeu est de définir un positionnement autonome et raisonné, fondé sur trois principes.

Le premier est la primauté du droit international et de la protection des civils. Les sociétés africaines, qui ont payé le prix fort des guerres civiles, des interventions extérieures et des déplacements massifs de populations, ne peuvent pas accepter la banalisation des crimes de guerre d’où qu’ils viennent. Or, le silence de l’Union africaine face aux massacres des civils Iraniens par les mollahs est une faute historique, qui la rend inaudible aujourd’hui. Soutenir les mécanismes multilatéraux – Nations unies, Cour internationale de justice, diplomatie préventive – devrait être un réflexe, non un calcul conjoncturel.

Le deuxième principe est la défense des intérêts économiques et sécuritaires du continent. Cela suppose de diversifier les partenariats énergétiques, de réduire la dépendance aux importations de pétrole et de gaz du Moyen-Orient, et de peser davantage dans la régulation des flux commerciaux et financiers liés à cette région. Cela implique aussi de refuser que des acteurs extérieurs importent leurs rivalités sur le sol africain via des bases, des milices ou des accords de sécurité opaques.

Le troisième principe est l’affirmation d’une diplomatie africaine collective. L’Afrique ne doit pas être seulement un réservoir de voix à l’Assemblée générale de l’ONU ou un marché pour les drones et les technologies de surveillance israéliennes, turques, chinoises ou iraniennes. Elle doit parler d’une voix plus cohérente sur les crises majeures qui menacent la paix et la sécurité internationales, non pour « choisir un camp » entre Tel‑Aviv, Washington et Téhéran, dans leur unilatéralité, mais pour rappeler que le seul camp légitime est celui de la paix, du droit et de la dignité humaine. Tout ce dont les belligérants actuels ne sont pas porteurs avérés.

Se défaire des illusions et passions importées qui faussent notre lecture des faits

Le moment est venu pour les intellectuels, les médias et les responsables africains de mener un travail de pédagogie politique. Il faut expliquer que les préjugés religieux sont de fausses boussoles dans la lecture contemporaine des rapports de force d’intérêts internationaux.

Il faut montrer que derrière chaque oppression et chaque discours de « défense des opprimés » se cachent des intérêts politiques et stratégiques précis, qu’il s’agisse de conserver le pouvoir, de sécuriser un détroit, de contrôler une route énergétique ou d’encercler un rival régional, mais jamais de défendre une religion et moins encore les peuples opprimés, comme je l’ai exprimé dans ma dernière tribune : « LE SANG DE L’IRAN, LE SILENCE DU MONDE » dans Nouvelle Revue politique du 17 février 2026.

Dans cette guerre, Israël joue sa survie, les USA tentent de freiner la montée en puissance de la Chine à travers ses sources de ravitaillement énergétiques au Venezuela et en Iran… La véritable question pour l’Afrique n’est pas : « Qui a raison, d’Israël ou de l’Iran ? », mais : « Que gagne ou que perd le continent à s’aligner sur l’un ou l’autre ? »

Tant que cette interrogation restera occultée par les passions importées et les illusions identitaires hors sol, l’Afrique demeurera un simple objet de la guerre au Proche-Orient. Le jour où elle se décidera à regarder ce conflit avec ses propres lunettes, celles de ses intérêts et de ses peuples, elle cessera d’applaudir depuis les gradins pour devenir, enfin, un acteur de sa propre histoire et du monde.

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Iran : les secrets enfin révélés du code source https://mondafrique.com/libre-opinion/iran-les-secrets-enfin-reveles-du-code-source/ Wed, 04 Mar 2026 17:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=148613   À travers la métaphore du « code source », cet article propose une lecture géopolitique des crises contemporaines. En appliquant une logique d’ingénierie inverse à plusieurs conflits récents, il suggère l’existence de mécanismes stratégiques récurrents mêlant énergie, influence et guerre de l’information. Une chronique de Xavier Houzel L’Histoire n’est pas une palanquée d’évènements dévidée à la […]

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À travers la métaphore du « code source », cet article propose une lecture géopolitique des crises contemporaines. En appliquant une logique d’ingénierie inverse à plusieurs conflits récents, il suggère l’existence de mécanismes stratégiques récurrents mêlant énergie, influence et guerre de l’information.


Une chronique de Xavier Houzel




L’Histoire n’est pas une palanquée d’évènements dévidée à la queue leu leu à la manière de l’AFP ou de Reuters. Elle peut, en revanche, être vue comme un puzzle numérique où chaque logiciel[1] contient des secrets qui attendent d’être démêlés. Les historiens et les politologues ne font ni plus ni moins qu’emprunter aux informaticiens la méthode dite de l’ingénierie inverse (reverse engineering) pour isoler une chaîne de causalité et la soumettre à l’ordinateur et remonter ainsi jusqu’à qu’à son code source[2], afin d’en interpréter alors au mieux le sens et la portée.

Cet outil puissant de rétro-ingénierie leur permet de déceler et de synthétiser a posteriori les plans de conception, les données d’application ou les processus de fabrication des crises, y compris les guerres et, de ce fait, le moyen de dénouer – sans le trancher nécessairement – le nœud gordien qui a été tressé.

S’agissant des quatre crises d’Ukraine, de Gaza, du Venezuela et d’Iran, le logiciel est parvenu à la conclusion suivante, qui se révèle être sans conteste aucun : ces quatre agressions, programmées à partir d’un même code source, ont été méthodiquement préparées et déclenchées de conserve par le moyen d’un faisceau de mécanismes successifs (à commencer par un entrelacs de sanctions) aussi intriqués que directifs ; et selon des séquences identiques, ayant le même premier terme et la même raison, ce qui est particulièrement troublant.

Une bonne part du code source concerne le Gaz et le Pétrole d’une part, leurs « routes [3]» d’autre part et l’hégémonie du Dollar américain sur le commerce international, contestée par les BRICS+, enfin.

There is no free lunch !

Mais les prétextes invoqués sont toujours les mêmes, adaptés toutefois aux vieux poncifs (toujours porteurs dans l’opinion) du néo-soviétisme poutinien, de l’expansionnisme israélien, du narcotrafic latino-américain et du risque de prolifération nucléaire en République Islamique d’Iran.

Autre révélation du code source dévoilé : la vieille Europe a été, au préalable, promptement déshabillée de ses colonies et ainsi dépossédée de ses comptoirs au profit des Américains, des Russes et des Chinois ; elle y est réduite à un rôle de spectateur et aux fonctions de consommateur (à la fois de biens, de services et de bobards). La France est devenue l’ombre d’elle-même. Quant aux Institutions gravitant autour de l’ONU, elles se sont vues délestées de toute influence – y compris l’AIEA et jusques au Conseil de Sécurité, qui ne sert plus à rien, paralysé par l’usage intempestif du veto.

Mais l’évidence la plus formelle et la plus invraisemblable à laquelle ledit logiciel a abouti est la constatation catégorique que chaque crise, chacune des quatre guerres (celle du Venezuela est « larvée ») auraient été systématiquement précédées par le conditionnement de l’opinion internationale en défaveur de l’agressé, au moyen d’une action ou d’un geste apparemment imputables à l’adversaire alors que ce dernier, désormais prisonnier d’une image de marque encore plus désastreuse qu’auparavant, n’en était pas l’instigateur premier.

Il en serait ainsi

  • des manifestations de Février 2014 en Ukraine et du renversement du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovytch, donné pour corrompu, puis du sabotage des gazoducs Nord Stream, pour prévenir toute conciliation possible ;
  • du bombardement d’embarcations et de positions à terre de soi-disant narcotrafiquants » vénézuéliens[4] ;
  • du « 7 Octobre »
  • des manifestations de Janvier 2026 en Iran.

L’on en reste coi, tellement le procédé est trompeur et à ce point cynique et parce que cela voudrait dire, pour ne parler d’abord que de la mystification la plus récente et la plus meurtrière, que la CIA et le Mossad et leurs employeurs (Trump et Netanyahou) seraient des criminels sans scrupules et que Reza Pahlavi serait soit un imposteur soit un inconscient, pour avoir sciemment et collectivement incité la jeunesse Iranienne, nonobstant les meilleurs motifs, au massacre ! Les instigateurs étrangers des manifestations de Janvier ont utilisé les manifestants comme de la chair à canon, sans espoir de secours et sans que leur sacrifice – une immolation – ait la moindre chance de mettre à quia le Régime du pays. Tout cela pour aller ensuite « grossir » le nombre de « morts tués par balles « et révulser l’opinion mondiale. Cette façon de damer le terrain s’appelle de l’action psychologique !

On est ébahi – que cela soit dit au passage – de la façon dont les médias français se sont goinfrés de chiffres exagérés ; alors qu’ils n’en savaient rien !

L’autre découverte, mais qui n’en n’est pas tout à fait une pour les initiés ou pour les gens un tant soit peu informés : le gouvernement israélien connaissait jusque dans les plus petits détails le projet que nourrissait le Hamas de prendre des otages lors du fameux « 7 octobre ». Et Benjamin Netanyahou a laissé faire ; et il a laissé danser une bande des jeunes déguenillés, qu’il savait être condamnés d’avance à l’enlèvement ou à la mort, les prenant, cette fois-ci, comme de la chair à pâté. Et il a profité au maximum de cet effet d’aubaine. Avec une insolence de menteur… et l’outrecuidance d’un tueur. Et Tsahal en a rajouté par son empressement à appliquer la Directive Hannibal[5]… en « tirant dans le tas ». 250 cadavres de plus, à la mitrailleuse. Bref, aucune commission d’enquête indépendante n’a été encore constituée ou autorisée à établir puis à dire la vérité sur les viols qui n’ont jamais eu lieu.

La morale de cette histoire – dixit le logiciel – est qu’il n’y a pas aujourd’hui de raisons valables pour que cela s’arrête – je veux dire les mensonges et les crimes – à moins qu’un improbable deus ex machina viennent sortir le président américain du monde virtuel – aussi infernal qu’il est irréel – dans lequel il évolue.

[1] Un « logiciel » est, selon le vocabulaire officiel de l’informatique, l’« ensemble des programmes, procédés et règles, et éventuellement de la documentation, relatifs au fonctionnement d’un ensemble de traitement de données » (Journal Officiel du 17 janvier 1982).

[2] Le code source est le composant fondamental d’un programme informatique créé par un programmeur.

[3] Les Gazoducs Nord Stream, le Canal de Suez et la Mer rouge, le Canal de Panama, les chenaux du Groenland et de l’Antarctique et le Détroit d’Ormuz pour finir.

 

[4] https://www.youtube.com/shorts/z8pHVJ-ARZM

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Directive_Hannibal

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