- Mondafrique https://mondafrique.com/libre-opinion/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Tue, 30 Dec 2025 17:37:57 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg - Mondafrique https://mondafrique.com/libre-opinion/ 32 32 Les risques sécessionnistes en Afrique https://mondafrique.com/libre-opinion/afrique-etats-unitaires-menaces-declatement/ Tue, 30 Dec 2025 16:09:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=15009 Partout en Afrique, l’intangibilité des frontières est remise en cause comme elle peut l’être en Catalogne, en Flandre ou en Corse Après leur indépendance, plusieurs États africains avaient connu de graves crises internes avec leurs milliers de victimes, les innombrables exilés politiques et des territoires durablement meurtris. Les conflits du Biafra, du Cameroun, du Katanga, […]

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Partout en Afrique, l’intangibilité des frontières est remise en cause comme elle peut l’être en Catalogne, en Flandre ou en Corse
Après leur indépendance, plusieurs États africains avaient connu de graves crises internes avec leurs milliers de victimes, les innombrables exilés politiques et des territoires durablement meurtris. Les conflits du Biafra, du Cameroun, du Katanga, de l’Angola et du Mozambique aux causes différentes, sont encore dans les mémoires. Outre les affrontements de mouvements de libération nationale concurrents, comme dans les anciennes colonies portugaises de l’Angola ( MPLA et UNITA) et du Mozambiqie ( FRELIMO et RENAMO), c’est principalement la remise en cause du principe de l’intangibilité des frontières, posé par l’Organisation de l’unité africaine, en 1963, qui était souvent à l’origine des revendications des sécessionnistes. Les particularismes religieux, linguistiques et ethniques de certaines parties du territoire national ne se retrouvaient pas dans les nouveaux États unitaires, façonnés par la colonisation, en dépit des réalités de peuplement et de l’Histoire.
On aurait pu penser que les cicatrices de ces conflits post-coloniaux étaient définitivement fermées, étant donné le contexte du XXl ème siècle, dominé par la mondialisation de l’économie et l’affaiblissement de l’Etat face à la montée en puissance des organisations économiques supranationales comme la CEDEAO, la CEEAC, la SADC ou la CEMAC.
Du neuf avec de l’ancien
Le contexte mondial est nouveau, mais les conflits d’hier ne sont pas éteints. Il est vrai que la guerre froide est enterrée, avec ses importants dégâts collatéraux africains! Même si les alternances politiques tardent à se concrétiser, dans de nombreux Etats africains, les processus électoraux s’améliorent lentement et se rapprochent des normes internationales d’une élection démocratique.La société civile s’organise progressivement et la connexion africaine au village-monde, via l’internet, est, chaque jour, plus importante.
En dépit de ce nouveau contexte, des anciens conflits se rallument, les uns après les autres. Le vent des sécessions se renforce, comme en Europe avec la Catalogne, l’Ecosse, la Flandre ou la Corse. La langue, le passé historique et les discriminations politico-économiques du pouvoir central envers des particularismes territoriaux, sont à la racine de ces mouvements. Les sécessionnistes peuvent invoquer les exemples de l’Érythrée, du Soudan du sud, voire du Somaliland pour rejeter un principe de l’intangibilite des frontières battu en brèche.
Ainsi donc, le Biafra connaît de nouvelles revendications indépendantistes, la crise voisine au Cameroun anglophone se transforme progressivement en un mouvement secessionniste; la moitié orientale de la Centrafrique se détache ostensiblement de la République centrafricaine francophone et chrétienne, le Katanga retrouve des aspirations qui semblaient avoir disparues avec Moise Tchombe, le Pool congolais, toujours sous la coupe du pasteur Ntumi et de ses Ninjas, s’agite de nouveau et laisse craindre une reprise de la lutte armée, qui s’était terminée en 2005. Même au Mozambique, la Renamo rénovée a repris ses attaques contre le pouvoir du Frelimo, tandis qu’en Angola, la succession de l’autocrate Dos Santos et la confiscation du pouvoir par le MPLA de Joao Lourenço, ont redonné des forces à l’UNITA, dans l’est du pays.
Vers un nouvel embrasement?
Il y a d’abord le changement de paradigme dans les politiques africaines des nouveaux dirigeants des Etats-Unis d’Amérique, de la France, du Royaume Uni et le désintérêt de la Russie pour ces pays qui n’offrent plus d’intérêts stratégiques évidents. Désormais, les questions transfrontières comme la lutte contre le terrorisme islamiste et l’immigration clandestine sont à l’ordre du jour. Le pétrole et les grandes bases militaires africaines permanentes ont perdu de leur attractivité.
Dans les États où se produisent la résurgence de ces conflits internes, il faut constater que les mauvaises pratiques de gouvernance, les élections viciées par la manipulation des processus et des résultats, la répression des mouvements d’opposition et de leurs leaders, la quasi impossibilité d’espérer une alternance pourtant souhaitée par la grande majorité de la population et la faible prise en compte des problèmes du sous-développement de certaines régions, peu favorables au président, sont à la source d’une exaspération qui finit par se cristalliser contre le pouvoir central. La jeunesse, qui n’a pas connu les précédentes crises narionales, est sans grandes perspectives professionnelles. Elle est mûre pour l’immigration ou suivre les leaders qui veulent rompre le pacte national pour s’émanciper des autres régions du pays.
L’heure est de moins en moins aux coups d’Etat militaires et de plus en plus à l’éclatement des Etats unitaires.

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La Kabylie et l’Algérie, une seule et même nation https://mondafrique.com/libre-opinion/la-kabylie-et-lagerie-une-seule-et-meme-nation/ https://mondafrique.com/libre-opinion/la-kabylie-et-lagerie-une-seule-et-meme-nation/#respond Sun, 28 Dec 2025 10:48:52 +0000 https://mondafrique.com/?p=144501 La nation algérienne  s’est forgée par des luttes  millénaires. La Kabylie, partie intégrante de la nation algérienne, a payé un lourd tribut pour l’indépendance du pays à l’instar de toutes les  régions de l’Est, du centre, du Sud et de Ouest. Autant dire que l’immense majorité du peuple algérien tient pour dérisoires et condamnables les […]

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La nation algérienne  s’est forgée par des luttes  millénaires. La Kabylie, partie intégrante de la nation algérienne, a payé un lourd tribut pour l’indépendance du pays à l’instar de toutes les  régions de l’Est, du centre, du Sud et de Ouest. Autant dire que l’immense majorité du peuple algérien tient pour dérisoires et condamnables les agissements d’un mouvement ultra minoritaire, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabilye (MAK), qui participe à des actions violentes et affiche une alliance avec Israël et le Maroc, deux pays qui ont un lourd contentieux avec le régime algérien. N.Be

Abderrahmane MEBTOUL, Professeur des universités, docteur d’Etat et fils de El Moudjahid Ali emprisonné à Lambèse et El Harrach 1958/1962 durant la guerre de libération nationale

Rappelons la résistante kabyle Lalla Fatma N’ Soumer  (1830-1863), une femme exceptionnelle qui a mené la lutte contre la colonisation française dans les années 1850, devenant une cheffe de guerre et une figure prophétique pour les tribus kabyles, avant d’être capturée et de mourir en captivité, devenant depuis un symbole fort de la résistance algérienne.

La régionalisation économique  que je défends depuis plusieurs décennies ne saurait se confondre avec l’avatar néfaste du régionalisme  avec pour objectif diviser l’Algérie mais comme ciment de l’unité  nationale  à travers une participation citoyenne. Le centralisme bureaucratique  alimente  ce genre  de discours  alors que la majorité des pays ont  une  organisation territoriale qui  favorise une réelle  décentralisation économique  comme en témoigne  , les Etats Unis d’Amérique, un des pays les plus décentralisé  au monde,  les fédérations de Russie , la régionalisation chinoise, italienne , espagnoles  , belges , les Landers allemands , les cantons suisses….

L’unité nationale sacrée

Face aux bouleversements géostratégiques mondiaux et aux nombreux défis socio économiques  , le développement économique harmonieux conciliant  l’efficacité économique  et  la  nécessaire cohésion sociale par une bonne gouvernance,  est le ciment  de l’unité nationale dont est profondément attachée toute la population algérienne et cela n’est pas  propre à l’Algérie ,mais ne devant pas  confondre  patriotisme avec le nationalisme chauviniste, source  d’intolérance  .

Aussi ceux qui veulent la partition de l’Algérie , sont une infime minorité  animés par des objectifs de déstabilisation du pays, n’ayant pas l’adhésion de l’immense majorité des Kabyles ,ni en  Kabylie ,ni  de l’immense majorité de la diaspora , ni des nombreux  kabyles vivant harmonieusement  dans d’autres régions au Sud,  à l’Est- au Centre et à l’Ouest  et encore moins des grandes puissances et de  la communauté  internationale  car la stabilité, la sécurité et le développement  de l’Algérie  est un facteur  déterminant de la  stabilité de la région méditerranéenne et africaine. Et pour son devenir l’Algérie sera que les Algériennes et les  Algériens voudront qu’elle  soit

 

 

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Abderrahmane Mebtoul: Fehrat Abbas, ce grand militant https://mondafrique.com/libre-opinion/abderrahmane-mebtoul-fehrat-abbas-ce-grand-militant/ https://mondafrique.com/libre-opinion/abderrahmane-mebtoul-fehrat-abbas-ce-grand-militant/#respond Fri, 26 Dec 2025 06:50:20 +0000 https://mondafrique.com/?p=144441 L’action et le message de Ferhat Abbas, disparu voici 40 ans, restent d’une brûlante actualité, pour une Algérie qui doit concilier efficacité économique et justice sociale. Abderrahmane Mebtoul est universitaire, expert international. Ferhat Abbas (1899-1985), de son vrai nom Ferhat Mekki Abbas est né à Taher dans la wilaya de Jijel le 24 août 1899 […]

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L’action et le message de Ferhat Abbas, disparu voici 40 ans, restent d’une brûlante actualité, pour une Algérie qui doit concilier efficacité économique et justice sociale.

Abderrahmane Mebtoul est universitaire, expert international.

Ferhat Abbas (1899-1985), de son vrai nom Ferhat Mekki Abbas est né à Taher dans la wilaya de Jijel le 24 août 1899 et est décédé le 24 décembre 1985. Les analyses et propositions de cet homme de tolérance et de dialogue, sont d’une brûlante actualité. La relecture de son action militante et de ses Mémoires peut être très instructive pour l’Algérie de 2025.

Ferhat Abbas est un militant de la première heure de la cause nationale. Diplômé docteur en pharmacie, il s’établit à Sétif où il devient rapidement une importante figure politique de par son statut de conseiller général en 1934, conseiller municipal en 1935 puis délégué financier.Ferhat Abbas préconisait de réaliser la symbiose entre l’efficacité économique et une profonde justice sociale grâce à un État puissant régulateur qui engage un dialogue permanent entre les différentes forces politiques, sociales, culturelles et économiques.

Il adhère à la Fédération des élus des musulmans du département de Constantine en tant que journaliste. Il devient le promoteur de l’Amicale des étudiants musulmans d’Afrique du Nord, dont il est vice-président en 1926-1927, puis président de 1927 à 1931, date à laquelle il transforme l’Amicale en association. Il est également élu vice-président de l’Unef lors du congrès d’Alger de 1930.

Le 14 mars 1944 il crée l’association des Amis du manifeste de la liberté (AML) soutenu par Messali Hadj et le cheikh El Ibrahimi de l’Association des oulémas. En septembre 1944, il crée l’hebdomadaire Égalité (avec pour sous-titre Égalité des hommes – Égalité des races – Égalité des peuples).

Les émeutes de Sétif: l’Indépendance en marche

Au lendemain des émeutes de Sétif de mai 1945, tenu pour responsable, il est arrêté et l’AML est dissoute. Libéré en 1946, Ferhat Abbas fonde l’Union démocratique du manifeste algérien (Udma). En juin, le parti obtient onze des treize sièges du deuxième collège à la seconde Assemblée constituante et Ferhat Abbas est élu député de Sétif.

Après le refus à deux reprises de son projet sur le statut de l’Algérie, il démissionne de l’assemblée en 1947. Il lance le 1er novembre 1954 les premières actions armées qui marquent le début de la « Révolution algérienne ». Dès le 20 août 1956, à l’issue du congrès de la Soummam, il devient membre titulaire du CNRA (Conseil national de la révolution algérienne), puis entre au CCE (Comité de coordination et d’exécution) en 1957.

Ferhat Abbas devient ensuite président du premier gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) à sa création le 19 septembre 1958, puis du second GPRA, élu par le CNRA en janvier 1960. Il démissionne le 15 septembre 1963 pour des raisons à la fois politique et économique.

C’était un intellectuel de haut niveau, dont les écrits et prises de position lui vaudront un emprisonnement à Adrar entre 1963 et mai 1965 ; assigné à résidence entre mars 1976 et le 13 juin 1978. Il publie en 1980 ses Mémoires dans Autopsie d’une guerre puis en 1984 L’Indépendance confisquée. Il y dénonce la bureaucratisation de la société et la corruption.

Or, nous sommes en 2025 et ce sont toujours ces problèmes qui font l’actualité en Algérie. Il croyait fermement au primat de la connaissance sur la distribution de la rente. Auteur de nombreux ouvrages et publications. Dans Le Jeune Algérien, il dénonce 100 ans de colonisation française et insiste sur l’« algérianité »:  Dans La nuit coloniale, il écrit: « Nous sommes chez nous. Nous ne pouvons aller ailleurs. C’est cette terre qui a nourri nos ancêtres, c’est cette terre qui nourrira nos enfants. Libres ou esclaves, elle nous appartient, nous lui appartenons et elle ne voudra pas nous laisser périr. L’Algérie ne peut vivre sans nous. Nous ne pouvons vivre sans elle. Celui qui rêve à notre avenir comme à celui des Peaux-Rouges d’Amérique se trompe. Ce sont les Arabo-Berbères qui ont fixé, il y a quatorze siècles, le destin de l’Algérie. Ce destin ne pourra pas demain s’accomplir sans eux. »

Les leçons pour l’avenir

Les objectifs stratégiques sont la refondation de l’État algérien conciliant modernité et authenticité afin de redonner confiance entre l’État et les citoyens. L’économie de marché à vocation sociale doit remplacer l’étatisme bureaucratique et le capitalisme sauvage.

Ferhat Abbas préconisait de réaliser la symbiose entre l’efficacité économique et une profonde justice sociale grâce à un État puissant régulateur qui engage un dialogue permanent entre les différentes forces politiques, sociales, culturelles et économiques. Il favorise la participation citoyenne à la gestion de la Cité en faisant la promotion du savoir et de la femme. Il encourage toutes les libertés et est très attaché aux vertus de la morale.

L’Algérie a besoin que tous ses enfants se regroupent au sein d’un même objectif : le développement économique et social. Personne n’a le monopole du patriotisme. Nous devons éviter le monologue et tolérer les idées d’autrui. Ferhat Abbas est un exemple à suivre.

 

 

 

Pour aller plus loin : un entretien de Ferhat Abbas à la chaîne française Antenne 2, en 1980 (Archives INA).

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Rejoignez la nouvelle chaine Whatsapp de Mondafrique https://mondafrique.com/confidentiels/rejoignez-la-nouvelle-chaine-whattsapp-de-mondafrique/ Fri, 26 Dec 2025 03:18:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=107637 Avec quelques 500000 visiteurs par mois pour le site fondé en 2014, 35000 abonnés sur Instagram et 5000 fidèles de nos pages WhatsApp , « Mondafrique » a imposé une vision pluraliste et originale en matière d’information sur le monde arabe et africain

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Mondafrique qui rentre dans sa onzième année d’existence le doit à ses fidèles lecteurs qui résident pour moitié en Europe (majoritairement en France, beaucoup au Canada) et pour moitié dans les pays du Maghreb (surtout en Algérie) , du Sahel (le Niger et le Mali en tète)  et du Moyen Orient (notamment le Liban).

Avec quelques 500000 visiteurs par mois pour le site fondé en 2014, 35000 abonnés sur Instagram et 5000 fidèles de nos pages WhatsApp , « Mondafrique » a imposé une vision pluraliste et originale en matière d’information sur le monde arabe et africain. Depuis le début des guerres en Ukraine et au Moyen Orient, nous ne nous interdisons pas d’accueillir des analyses sur les grands équilibres mondiaux qui ne peuvent pas manquer de se répercuter sur le mode africain et maghrébin. 

Notre positionnement critique vis à vis des pouvoirs en place, la diversité des contributeurs du site -journalistes, diplomates, universitaires ou simples citoyens-, la volonté enfin d’apporter des informations et des analyses qui tranchent avec la reste de la presse ont été nos seules lignes de conduite.  

Notre indépendance est totale.

Nous revendiquons une totale transparence. Deux hommes d’affaires et actionnaires du site, l’un mauritanien et l’autre libanais,  nous permettent de disposer de ressources pour faire vivre le site. Qu’ils en soient remerciés.

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Yves Mamou: le gouvernement des milliardaires https://mondafrique.com/libre-opinion/yves-mamou-le-gouvernement-des-milliardaires/ https://mondafrique.com/libre-opinion/yves-mamou-le-gouvernement-des-milliardaires/#respond Wed, 24 Dec 2025 08:26:50 +0000 https://mondafrique.com/?p=144402 En avril 2025, le New York Times a attaqué Donald Trump sur son point faible : la richesse. Parce qu’il avait tweeté « C’EST LE MOMENT IDÉAL POUR ACHETER !!! », le président milliardaire a été accusé de ne « s’adresser qu’à d’autres milliardaires ». Il est vrai qu’en l’occurrence, l’injonction d’« acheter » s’adressait moins aux ménagères qui comparent les […]

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En avril 2025, le New York Times a attaqué Donald Trump sur son point faible : la richesse. Parce qu’il avait tweeté « C’EST LE MOMENT IDÉAL POUR ACHETER !!! », le président milliardaire a été accusé de ne « s’adresser qu’à d’autres milliardaires ». Il est vrai qu’en l’occurrence, l’injonction d’« acheter » s’adressait moins aux ménagères qui comparent les prix dans les supermarchés qu’aux investisseurs qui vivent les yeux rivés sur les cours de la bourse.

Yves Mamou, ancien journaliste du Monde et animateur d’un site d’information sur le Moyen Orient

Nombreux ont été les médias qui ont fait remarquer que pas moins de 12 milliardaires formaient l’ossature de l’administration Trump. Elon Musk, l’homme le plus riche du monde (364 milliards de dollars au 17 avril 2025), a dirigé le département de l’Efficacité gouvernementale[1] (DOGE) du 20 janvier au 27 mai 2025 ; Howard Lutnick, secrétaire au Commerce, dispose d’une fortune estimée à 3 milliards de dollars. Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a déclaré une fortune de 500 millions de dollars… etc.

En avril 2025, Forbes a rappelé que la fortune de Donald Trump tournait autour de 4,2 milliards de dollars. Mais huit mois plus tard, le 18 décembre, le Wall Street Journal précisait, un tantinet scandalisé, qu’il « était sans précédent » qu’un président s’enrichisse dans de telles proportions au cours de son mandat. Les entreprises créées par la famille Trump au cours de la première année du second mandat de Donald Trump ont généré une richesse théorique de 4 milliards de dollars.

Un président milliardaire peut-il mener une politique qui soit favorable à l’intérêt général ?

En règle générale, la concentration extrême de richesse fait obstacle à l’égalité politique. Les milliardaires ne sont pas simplement des citoyens prospères ; ils constituent une classe sociale et les entreprises qu’ils gèrent leur donnent un pouvoir considérable sur l’ensemble de la société. Quand une famille de milliardaires accède au pouvoir politique, ce groupe mène des politiques généralement conformes aux intérêts de la caste. On est alors dans une oligarchie.

Le pouvoir oligarchique est une formule de gouvernement assez répandue.

Après la chute du mur de Berlin, la Russie, qui entendait liquider le communisme, a mené une politique de privatisation. Les acheteurs de ces biens bradés (mines, gaz, pétrole…) ont très vite formé une classe sociale nouvelle que les médias ont baptisée du nom d’« oligarques ».

Mohamed Ben Salmane, prince régent d’Arabie saoudite, a inauguré son pouvoir politique en mettant fin à l’oligarchie de la famille royale. En 2018, moins d’un an après sa nomination, le prince régent a mené une « lutte anticorruption », confisquant tout ou partie des dizaines de milliards de dollars accaparés par les membres de la famille royale.

En Chine communiste, les inévitables milliardaires qui ont surgi au gré du développement capitaliste du régime ont été rapidement mis au pas.

Guo Guangchang, président du groupe Fosun, a disparu en 2015 pour des raisons mal expliquées. Yim Fung, patron hongkongais de Guotai Securities, une des principales banques d’investissement de Chine, a lui aussi disparu en 2015, le temps d’une « enquête anticorruption ». Jack Ma, fondateur d’Alibaba, a brutalement disparu de l’espace public en 2020, après avoir publiquement fait remarquer que les banquiers chinois se comportaient comme des « prêteurs sur gages ». En 2020, Li Huaiqing, entrepreneur et philanthrope de renom, a été condamné à 20 ans de prison pour « incitation à la subversion du pouvoir d’État ». En 2021, Lai Xiaomin, patron d’un fonds d’investissement chinois, accusé d’avoir touché des pots-de-vin, a été exécuté. Et ils n’étaient pas les seuls…

Les milliardaires chinois ont compris désormais qu’ils ne sont qu’un rouage du Parti communiste et qu’ils n’ont pas vocation à s’exprimer en dehors de la ligne du parti.

Et l’Europe ?

Les Européens n’ont pas de Donald Trump en politique. Mais leur personnel politique, leurs élus, sont curieusement réceptifs à l’argent facile du Qatar. Cet oligarque islamiste dépense sans compter en Occident pour contrôler des clubs sportifs, des médias, des cours pénales internationales, des universités, des think tanks, des ONG et même des responsables politiques européens

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Que serait l’Algérie sans la Kabylie ? https://mondafrique.com/libre-opinion/serait-lalgerie-kabylie/ Fri, 19 Dec 2025 18:08:00 +0000 http://www.mondafrique.com/?p=5499 Pour ceux qui voudrait comprendre la Question berbère, en Algérie, un excellent ouvrage vient de paraître à Alger (ed.Barzakh) de Yassine Temlali, journaliste et chercheur, qui éclaire d’une manière nouvelle, une question ancienne qui déchire. REJOIGNEZ LA CHAINE WHATTSAPP DE MONDAFRIQUE https://whatsapp.com/channel/0029VaGzyWS1noyxUdC89Z1c Si l’on veut aujourd’hui penser, repenser la Kabylie, loin des idéologies meurtrières, alors il […]

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Pour ceux qui voudrait comprendre la Question berbère, en Algérie, un excellent ouvrage vient de paraître à Alger (ed.Barzakh) de Yassine Temlali, journaliste et chercheur, qui éclaire d’une manière nouvelle, une question ancienne qui déchire.

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https://whatsapp.com/channel/0029VaGzyWS1noyxUdC89Z1c

Si l’on veut aujourd’hui penser, repenser la Kabylie, loin des idéologies meurtrières, alors il faut absolument lire « La genèse de la Kabylie. » de Yassine Temlali qui, de journaliste, fait ici œuvre d’historien. Un historien impliqué qui nous invite, avec brio, à faire une pause très stimulante intellectuellement sur l’histoire récente de l’Algérie en se proposant de « restituer le cadre historique dans lequel entre 1830 et 1962 est née une conscience culturelle et politique Kabyle », comme on déconstruit la fabrique des « récits identitaires algériens modernes ».

Dans cette déconstruction, aucun de ces récits n’est épargné, qu’il soit islamiste, arabiste ou berbériste, car si en apparence ils s’opposent,  ils partagent tous, écrit l’auteur, « un véritable anachronisme qui fait appréhender l’histoire comme un éternel retour du passé, dans le présent », tous obsédés par la reproduction à l’infini de l’image de « pieux ancêtres à la poigne toujours aussi coriace. »

La « question berbère » et la fabrique de l’Algérie

En se libérant de cette poigne coriace, Yassine Temlali nous embarque dans un voyage passionnant sur les pas de nos langues, sur les chemins de la construction d’identités où l’on croise nos ancêtres forgeant notre histoire contemporaine dans un perpétuel mouvement.

Prendre ces chemins d’histoire, c’est rencontrer des berbères qui, entre invasions arabes et colonisation française, ne semblent pas obsédés par leurs langues – en tous cas moins que les algériens d’aujourd’hui-, c’est croiser des dynasties berbères recrutant allègrement des arabes hilaliens pour aller tailler les têtes d’autres berbères, des tribus zénètes au moins autant nomades que des tribus arabes, des arabes qui se berbérisent et des berbères qui s’arabisent, des luttes de territoires où des hommes et des femmes (même si l’on regrettera leur grande absence de cet ouvrage), brassent leurs langues et pas seulement sous la contrainte, embrassent la même religion, l’islam. Et le voyage continue et il se fait géographie, nous faisant grimper jusque dans les montagnes de la Haute-Kabylie, redescendre dans les plaines qui les enserrent en Basse Kabylie, puis pousser jusque dans les Aurès, la Vallée du M’zab aux portes du Sahara, là où vivent des populations berbérophones issues de nos ancêtres les berbères mais se distinguant les Unes des Autres tributaires de territoires, de leur richesses et de leurs âpretés comme on s’adapte pour ne pas disparaître dans un univers hostile entre invasions arabes, Empire Ottoman et France coloniale.

Comment devient-on alors « Kabyles », « Chaouias », ou « Mozabites » nous interroge Y. Temlali en arpenteur novateur qui éclaire une vraie question : comment  la Kabylie est-elle devenue la région porteuse de ce que l’on pourrait appeler « La question berbère » avant de la réduire à « La question kabyle. »

En prenant ces détours, Y.Temlali nous entraîne dans la fabrique d’un pays : l’Algérie.

Un pays qui naîtra d’un ennemi commun le colonialisme français en dépit de ses fantasmes ethniques qui n’épargneront même pas les Encyclopédistes qui tel d’Alembert et Diderot écrivaient à propos des Kabyles « qu’ils se font l’honneur d’être chrétiens d’origine, haïssent les arabes et les autres peuples africains. » Le mythe de l’ isolat kabyle dans toute sa splendeur.

Et si la Guerre d’indépendance s’est chargée de balayer ce mythe fondateur de la politique coloniale de division ethnique entre « le bon berbère assimilable » et « l’ arabe fanatique », les algériens se sont à leur tour fabriqué leurs propres mythes tout aussi fantaisistes et destructeurs.

En mettant en lumière, dans une perspective historique, la naissance de ces récits identitaires 100% algériens, si rarement questionnés comme si la fonction des mythes coloniaux rabâchés jusqu’à plus soif servait à faire écran,  Y. Temlali fait un travail de précurseur qui bouscule…. ce qui explique peut-être le silence éditorial sur ce livre qui aurait du faire événement parce que rare dans un pays où les idéologies envahissantes interdisent de se penser. « S’il y a une dimension à ce livre, écrit avec justesse, Malika Rahal dans sa postface, c’est celle de vouloir réinjecter du fond dans des débats politiques présents qui en sont dramatiquement dénués, et redonner aux discussions du savoir, entendu à la fois comme matière et comme distance critique. »

« Berbèristes » ou « berbéro – nationalistes » ? 

L’une des idées fortes de ce travail est d’avoir saisi combien la naissance d’une nation, l’Algérie et la naissance d’une « province marquée du sceau de la spécificité », la Kabylie, participent du même processus majeur de notre histoire récente. Et que c’est paradoxalement la naissance de la question algérienne qui va donner naissance à la question berbère, c’est en forgeant l’Algérie état-nation que s’inventera la  Kabylie, deux territoires historiques et géographiques se construisant en même temps qu’elles chassaient du territoire national la France coloniale par les armes, après avoir épuisé toutes les formes de résistance légale. Que serait la Kabylie sans l’Algérie et que serait l’Algérie sans la Kabylie ? interroge Y.Temlali.

En 1947, deux questions vont déchirer le mouvement national : la question du passage à la lutte armée rendant inéluctable l’indépendance du pays et ce faisant, la question de la définition de l’identité algérienne. Si l’Algérie n’est plus un département français, alors qu’est ce qu’être algérien ?

En Grande Kabylie, des militants du PPA/MTLD, les kabyles étant de plus en plus nombreux au sein des cellules de ce parti, proposent un autre récit de l’identité que celui des tenants de l’Algérie arabo-musulmane, pour eux il manque la dimension berbère. Et, pour leur malheur, nombre d’entre eux se prononcent aussi et peut-être surtout contre les positions molles, légalistes de la direction du parti de Messali Hadj.

Pour cette direction, ils deviendront doublement coupables et plutôt que d’assumer les débats, ils

seront jugés et condamnés sous le vocable infamant pour ceux que l’auteur appelle les berbéro-nationalistes de « berbéristes » faisant le jeu du colonialisme. Quelle triste ironie de l’histoire, nous dit l’auteur.  Accusé d’être « berbéristes », ce qu’ils n’étaient pas, et de faire « le jeu du colonialisme », en dépit de leur nationalisme irréprochable par leurs adversaires, ils rentreront dans l’histoire par la voix de ceux qui se posent aujourd’hui en héritiers de ce combat comme les fondateurs du berbérisme, transformant ainsi l’accusation des vainqueurs, infamante pour les vaincus, en vérité historique.

Certains paieront de leur vie ces accusations, liquidés par les frères. Mais contrairement à ce qu’affirme la vulgate berbériste radicale, les frères et bourreaux n’étaient pas que des arabes, ils se recrutaient également parmi les Kabyles. Comme quoi les mythes sont parfois injustes à force de vouloir dessiner des identités à la serpe, s’inventant des martyrs, ils en oublient que les frontières du sang servent le plus souvent à circonscrire des territoires de pouvoir.

Comment ne pas être frappé à la lecture de cet ouvrage de constater à quel point les mots libertés, pluralisme,  sont totalement absents dans la terminologie politique qui préside à la construction du discours nationaliste, tant les acteurs, qu’ils soient arabes ou kabyles, sont terrifiés à la simple évocation de la différence, cet impensable, tant ils sont mobilisés autour de l’Unité nationale, la construction d’un état jacobin au « centralisme autoritaire » seul à même, selon eux, d’abattre et de remplacer l’Etat colonial. Même Abane Ramdane, l’architecte du Congrès de la Soummam n’échappe pas à cette règle fondatrice : « C’est le Congrès de la Soummam, tenu en Kabylie en août 1956, avec trois congressistes kabyles sur six, qui a ordonné une seconde traque meurtrière contre « les berbéristes. » Un an plus tard en 1957, il sera à son tour assassiné par ses frères, arabes et kabyles dont Krim Belkacem, le premier des kabyles à avoir pris le maquis, accusé à son tour d’être une menace au projet indépendantiste.

Du MCB au MAK. 

L’ouvrage de Y. Temlali est celui d’une génération, la génération post-indépendance, héritière de cette histoire et qui en 1980 fondait à son tour le Mouvement Culturel Berbère, le MCB.

C’est depuis cette histoire récente qu’écrit Y. Temlali, revisitant les classiques, il propose une lecture libérée du discours nationaliste jacobin et autoritaire en acteur à son tour engagé .

Dans son introduction il témoigne de cette histoire personnelle et comment, engagé alors qu’il était étudiant militant dans l’extrême-gauche clandestine, il va découvrir la question amazighe qu’il épousera à son tour, alors portée par le Mouvement Culturel berbère, « cet acteur majeur de l’opposition » de l’époque autour des revendications démocratiques face au parti unique et aux islamistes. Lui même issu d’une famille aux racines berbères mais arabisée, il sera de ces rares personnes qui apprendront le kabyle… au cœur d’une citadelle arabophone, Constantine, alors qu’il était étudiant en langue et littérature française. De quoi donner à réfléchir sur les chemins de l’histoire ! Aujourd’hui la Kabylie endeuillée, enfermée dans sa martyrologie douloureuse à force de compter ses morts, son récit identitaire, « Nous ne sommes pas des arabes » a enfanté d’un vilain avatar, du MCB au MAK. Du  Mouvement Culturel Berbère plein de promesses démocratiques aux Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie plein de bruits et de fureur. «  Dans un contexte régional explosif, marqué par des risques d’éclatement des états-nations issus des indépendances, écrit Y. Temlali, la question berbère que le gouvernement algérien refuse de résoudre de façon démocratique apparaît comme une véritable bombe à retardement. Une bombe d’autant plus menaçante que, dans ce contexte trouble, la revendication d’autonomie de la Kabylie gagne en popularité. »

Aussi ne faut-il pas s’étonner si cet ouvrage se veut, ce qu’il est incontestablement, également un livre d’intervention politique. Mais que le lecteur ne se trompe pas, cet ouvrage n’est pas un réquisitoire, c’est au contraire un plaidoyer. Le plaidoyer d’un universitaire qui nous offre un véritable travail de recherche, riche en références datées, sourcées, pour un débat apaisé et apaisant.  Un livre fraternel qui ouvre des pistes pleines de promesses pour construire un récit national à la hauteur de la richesse de l’ histoire de ce pays, l’Algérie qui semble toujours douter de sa légitimité à exister en tant que nation dans la totalité de son territoires, de ses territoires géographique et identitaires de la Kabylie jusqu’au confins du désert.

Un récit national interdit par les idéologies clivantes et par un état jacobin autoritaire né de la guerre dont il se nourrit et se sert. Ce récit qui est là tel un manque cruel sur les plaies, les blessures pendant que les algériens multi-traumatisés entre deux guerres – de l’indépendance à la guerre civile- des guerres ravageuses, malmenant corps et identités, vivent dans la crainte de l’explosion de l’état-nation dans la proximité attentive des expériences afghane, soudanaise, libyenne, irakienne et syrienne.

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« La création d’Adam », un appel à la renaissance de l’Afrique https://mondafrique.com/libre-opinion/la-creation-dadam-de-michel-ange-un-appel-a-la-renaissance-de-lafrique/ Tue, 16 Dec 2025 15:08:14 +0000 https://mondafrique.com/?p=144244 La fresque de Michel-Ange, La Création d’Adam, traverse les siècles non seulement par sa puissance artistique et spirituelle, mais parce qu’elle touche à l’essence même de l’humanité. Deux mains s’y tendent sans se toucher ; dans cet infime espace se jouent la liberté, la conscience, la dignité et l’élan vital. Cette scène, devenue universelle, exprime […]

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La fresque de Michel-Ange, La Création d’Adam, traverse les siècles non seulement par sa puissance artistique et spirituelle, mais parce qu’elle touche à l’essence même de l’humanité. Deux mains s’y tendent sans se toucher ; dans cet infime espace se jouent la liberté, la conscience, la dignité et l’élan vital. Cette scène, devenue universelle, exprime une philosophie de l’élévation humaine. Et si cette image offrait aujourd’hui aux peuples africains une clé de lecture pour penser la dignité, la responsabilité politique et la renaissance de leurs nations respectives ?

Bernardin Dilou

À l’heure où l’Afrique cherche sa place dans un monde en recomposition, La Création d’Adam nous rappelle que la renaissance d’une nation ou d’un continent commence toujours par la reconnaissance de la dignité humaine. L’œuvre de Michel-Ange n’est pas une relique du passé, mais une invitation permanente à repenser le sens du pouvoir. L’avenir africain ne se construira pas par l’accaparement, mais par la transmission ; non par la peur, mais par la confiance ; non par la domination, mais par l’élévation. C’est de cet espace entre deux mains que peut surgir une renaissance politique africaine authentique, durable et profondément humaine.

Ce tableau n’est pas qu’un chef-d’œuvre artistique ; il est une véritable proposition de société. Il suggère ce que pourraient être les relations entre le pouvoir et les citoyens : non pas la domination, mais la transmission ; non pas la confiscation, mais l’émancipation ; non pas l’enfermement, mais la responsabilité partagée. À travers cette œuvre, s’impose l’idée qu’un autre rapport au pouvoir est possible, en Afrique comme ailleurs : un pouvoir qui élève au lieu de contraindre.

Dans de nombreux pays africains, et notamment en Afrique centrale, les trajectoires politiques des dernières décennies se sont éloignées de cette vision. Les systèmes de gouvernance se sont souvent construits autour de la centralisation extrême, du contrôle des institutions et de la conservation du pouvoir, parfois au détriment de la dignité citoyenne et du dynamisme collectif. Là où la main devrait transmettre, elle retient ; là où elle devrait ouvrir, elle confisque. Michel-Ange nous rappelle pourtant que le véritable pouvoir est celui qui rend possible, celui qui permet à l’être humain de devenir pleinement acteur de son destin.

Dans La Création d’Adam, Dieu ne contraint pas : il propose. Il n’impose pas : il invite l’homme à se lever dans sa propre force et à assumer sa dignité. Ce geste fondateur suggère une responsabilité partagée entre celui qui donne l’élan et celui qui le reçoit. À l’inverse, nombre de gouvernances africaines entretiennent des systèmes où la responsabilité est confisquée par une minorité, tandis que les citoyens sont maintenus dans la dépendance politique, économique ou sociale. Le geste d’émancipation devient alors un geste de captation, et la promesse de naissance se transforme en étouffement des potentiels.

On pourrait s’interroger sur la pertinence d’un tableau du XVIᵉ siècle pour analyser les défis contemporains du continent africain. Pourtant, cette œuvre rappelle l’essence même de la mission politique : créer les conditions d’une humanité accomplie. Gouverner, ce n’est pas seulement administrer ou maintenir l’ordre ; c’est permettre l’émergence d’un peuple digne, instruit, créatif et responsable. Partout où le pouvoir se réduit à sa propre conservation, les sociétés s’immobilisent, l’innovation se fige et l’avenir se rétrécit.

La fresque de Michel-Ange est également un appel à la responsabilité historique des dirigeants. Celui qui détient le pouvoir répond de ce qu’il transmet aux générations futures. Lorsque les ressources nationales servent davantage à consolider des loyautés politiques qu’à investir dans l’éducation, la santé, la culture ou la créativité de la jeunesse, l’espace entre les deux mains cesse d’être une promesse : il devient un vide, voire un gouffre. Ce constat dépasse les frontières d’un seul pays et interroge une partie du leadership africain face aux attentes croissantes des peuples.

Pourtant, rien n’est irréversible. La main d’Adam, dans la fresque, n’est pas passive : elle est prête à répondre. C’est cette disposition qui confère à l’œuvre sa force intemporelle. Les peuples africains, malgré les blessures de l’histoire, les inégalités persistantes et les désillusions politiques, ne demandent qu’un espace pour se déployer. Le continent regorge d’intelligences, de talents, d’énergies créatives et d’initiatives citoyennes capables de transformer durablement les sociétés africaines. Ce qui manque encore trop souvent, c’est un geste politique qui reconnaisse cette dignité au lieu de la contenir.

Ce texte n’est donc pas un acte d’accusation, mais un rappel : une autre voie est possible. Une politique inspirée de cette tension féconde entre deux doigts — une politique fondée sur la transmission, le respect de la dignité humaine et la responsabilité partagée. Une politique qui élève plutôt qu’elle n’abaisse, qui ouvre plutôt qu’elle ne ferme, qui libère plutôt qu’elle ne capture. Une politique où le pouvoir cesse d’être un privilège personnel pour redevenir un service rendu à la collectivité.

L’Afrique ne manque ni de ressources ni de talents. Elle manque encore, dans de nombreux contextes, de cet espace vital entre les deux mains : cet espace où naissent la liberté, la responsabilité et la confiance. Cet espace ne se décrète pas ; il s’ouvre. Il ne se manipule pas ; il se respecte. Tout dirigeant soucieux de l’avenir du continent devrait méditer ce geste fondateur : une main tendue n’est pas une main qui retient, mais une main qui accompagne, qui inspire au lieu de commander.

 

 

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La laïcité ne passe pas chez les musulmans de France   https://mondafrique.com/libre-opinion/la-laicite-ne-passe-toujours-pas-chez-les-musulmans-en-france/ https://mondafrique.com/libre-opinion/la-laicite-ne-passe-toujours-pas-chez-les-musulmans-en-france/#comments Tue, 09 Dec 2025 00:56:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=101604 A la question : la laïcité est-elle discriminatoire envers les musulmans ? 44 %  d’entre eux répondent qu’elle est effectivement « très discriminatoire », et 34 % qu’elle est « assez discriminatoire ».

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A la question : la laïcité est-elle discriminatoire envers les musulmans ? 44 %  d’entre eux répondent qu’elle est effectivement « très discriminatoire », et 34 % qu’elle est « assez discriminatoire ». Soit presque 8 musulmans sur 10. Le sondage de l’IFOP réalisé voici deux ans montrait que ce sont ceux qui votent le plus à gauche (sous-entendu pour Mélenchon) qui dénoncent avec le plus de fermeté la laïcité (89%). En revanche pour les musulmans « plutôt à droite », le pourcentage tombe à 65 %, et il chute à 54 % pour les électeurs « très à droite ». 

Par Ian Hamel, à Genève

  

Il s’agit d’une étude très complète publiée sur la laïcité en 2023. Elle avait été commandée par la toute nouvelle chaîne franco-arabe Elmaniya.tv, qui se déclare laïque. Le sondage de l’IFOP a été réalisé auprès de personnes qui s’identifient comme musulmans, résidant en France métropolitaine, qu’ils soient de nationalité française ou étrangère. Les résultats ne laissent pas indifférents et donnent des interprétations fort différentes. Pour Gilles Kepel, spécialiste de l’islam et du monde arabe, dans Le Journal du dimanche : « La terre entière est entrée dans la juridiction du domaine de l’islam ».  En revanche, pour Vincent Geisser, sociologue, spécialiste de l’islam, dans Libération : « les Français musulmans connaissent de mieux en mieux ce qu’est la laïcité »…

Alors que seulement 12 % des Français se déclarent « croyants et religieux », et 42 % « croyants mais non religieux », les musulmans sont 66 % à être « croyants et religieux », et 26 % « croyants mais non religieux ». Les 25-34 ans apparaissent beaucoup plus pratiquants (75 %) que les anciens (58 %). Les cadres supérieurs (74%) fréquentent davantage la mosquée que les ouvriers (65 %) et les chômeurs (60 %). Les étrangers (71%), plus que les musulmans de nationalité française (65 %). Enfin, ceux qui ont voté Mélenchon en 2022 sont à 72 % « croyants et religieux ». Le chiffre tombe à 43 % concernant les supporters de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour. Ces résultats n’ont rien de très surprenant. 

       

Le financement des lieux de culte                                                                                                                                

Le rapport à la religion ne manque pas de faire sursauter Gilles Kepel. Alors que l’ensemble des Français ne sont que 17 % à considérer qu’il n’y a qu’une « seule  vraie religion », en revanche, les musulmans plébiscitent celle d’Allah à 75 %. Le chiffre grimpe même à 83 % chez les moins de 25 ans. « Dans la vision la plus dogmatique, l’héritage chrétien a vocation à se voir effacer par le triomphe d’un islam universel, car les juifs et les chrétiens ont “falsifié leurs Écritures“, et la seule vérité réside dans le message coranique », dénonce l’auteur des « Banlieues de l’islam » (1). Lorsque la religion et la science s’opposent sur la question de la création du monde, 22 % des Français donnent la préférence à la science, tandis que 76 % des musulmans basculent du côté de la religion. Sur ce sujet, il n’y a pas de réelle différence entre ceux qui ont suivi des études et les autres.              

Concernant la laïcité, elle reste en travers de la gorge pour 78 % des musulmans, qui dénoncent son caractère « musulmanophobe ». Dans les mêmes proportions, ils réclament l’instauration de nouveaux jours fériés pour les religions minoritaires, le financement public des lieux de culte comme en Alsace-Moselle, et l’autorisation pour les athlètes français à porter des couvre-chefs à caractère religieux lors des Jeux Olympiques en 2024. Mais pour le sociologue Vincent Geisser, auteur de « La nouvelle islamophobie », les milieux musulmans français ont intégré les principes de la laïcité « même s’ils s’insurgent contre son instrumentalisation identitaire et sécuritaire » (2).

Woman with flag  

Le port des Abayas

Le sondage de l’IFOP révèle sans beaucoup de surprises que les musulmans ne sont pas du tout sur la même ligne que le reste des Français concernant l’interdiction du port des abayas ou qamis à l’école. Les premiers désapprouvent à 72 %, quand les non-musulmans approuvent à 81 %. Pour les musulmans, cette interdiction est à la fois une « source de stigmatisation », une « forme de police du vêtement », enfin une « source de contrôle au faciès ». Si les moins de 25 ans ont déjà porté une abaya, dans un établissement scolaire ou dans des espaces publics, ils ne sont que 37 % chez les 35-49 ans et 27 % chez les plus de 50 ans.   

Les chiffres qui feront le plus sursauter portent sur les réactions après les assassinats commis contre les enseignants. Il n’y a que 5 % des Français dans leur ensemble à ne pas exprimer de condamnation totale à l’égard de l’auteur de l’attentat. En revanche, 6 % des musulmans sont indifférents à cet assassinat. 5 % ne le condamnent pas et 11 % le condamnent , mais partagent « certaines des motivations » de l’auteur de l’attentat… C’est surtout l’attitude des élèves musulmans, scolarisés dans l’enseignement secondaire ou supérieur, qui fait réagir : ils sont 31% à ne pas exprimer « de condamnation totale à l’égard de l’auteur de l’attentat ».

Dans Libération, Vincent Geisser estimait lors de la publication du sondage  qu’une partie de la classe politique pourrait être tentée d’exploiter ce type de sondage « sur un registre anxiogène et ce d’autant que la situation actuelle est particulièrement tendue, en raison du conflit Israël-Palestine ». Il ajoute : « Il ne faut donc pas négliger les possibles instrumentalisations politiques et idéologiques de l’enquête ».

 

  • Aziliz Le Corre, Le journal du dimanche, 10 décembre 2023.
  • Bernadette Sauvaget, Libération, 8 décembre 2023.

 

 

 

 

     

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Ben-Wilson Ngassan: « Anicet Georges Dologuélé n’est pas le meilleur » https://mondafrique.com/libre-opinion/ben-wilson-ngassan-anicet-georges-dologuele-nest-pas-le-meilleur/ Mon, 01 Dec 2025 16:00:04 +0000 https://mondafrique.com/?p=143631 Présidentielle 2025 : Non, chers confrères de « Mondafrique », Anicet Georges Dologuélé n’est pas la seule alternative pour les Centrafricains !, nous écrit Ben-Wilson Ngassan, journaliste et membre de la commission stratégie électorale du candidat Faustin Archange Touadera, après la publication d’un article publié sur notre site le 29 novembre Pour le citoyen centrafricain que je […]

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Présidentielle 2025 : Non, chers confrères de « Mondafrique », Anicet Georges Dologuélé n’est pas la seule alternative pour les Centrafricains !, nous écrit Ben-Wilson Ngassan, journaliste et membre de la commission stratégie électorale du candidat Faustin Archange Touadera, après la publication d’un article publié sur notre site le 29 novembre

Pour le citoyen centrafricain que je suis, il suffit de lire le titre de cette publication pour y déceler un tissu de contre-vérités. D’une part, les Centrafricains, dans leur écrasante majorité, reconnaissent les efforts considérables déployés par le régime du Professeur Faustin Archange Touadéra pour ramener la paix – cette paix à laquelle ils sont profondément attachés – et pour inscrire durablement notre pays sur la voie de l’émergence.

D’autre part, il est totalement fallacieux de qualifier le pouvoir en place de « régime autoritaire » ou « totalement discrédité », comme le prétend « Mondafrique ». Bien au contraire. Alors même qu’ailleurs en Afrique, l’heure est à la disqualification systématique d’opposants sous des prétextes juridiques discutables, le régime du Président Touadéra fait, lui, le choix de l’apaisement démocratique. Il laisse librement concourir ses opposants les plus virulents – à l’image d’Anicet Georges Dologuélé – dans un esprit d’ouverture et de respect des règles du jeu républicain.

Par ailleurs, évoquer un « discrédit total » de la République centrafricaine relève d’une manipulation grossière. Sinon, comment expliquer que, malgré une conjoncture économique internationale extrêmement tendue, notre pays ait réussi à mobiliser plus de 2 000 milliards de francs CFA – un montant jamais atteint dans l’histoire de la RCA – lors de la Table ronde de Casablanca ? Ce n’est certainement pas le signe d’un État discrédité. Bien au contraire !

La République centrafricaine s’affirme aujourd’hui, plus que jamais, comme une plaque tournante de la géopolitique en Afrique centrale, en témoignent les multiples partenariats stratégiques, les flux d’investissements croissants et l’intérêt soutenu des bailleurs internationaux. « Mondafrique » ferait donc mieux de trouver des arguments plus sérieux, au lieu de véhiculer des jugements expéditifs déconnectés des réalités du terrain.

Anicet Georges Dologuélé n’est pas « le meilleur » 

Affirmer, comme le fait « Mondafrique », qu’Anicet Georges Dologuélé serait un « homme politique complet » dont « l’alliance et le parcours » constitueraient à eux seuls les clés de la transformation de la République centrafricaine, traduit une méconnaissance manifeste – voire une lecture partiale – de l’histoire politique récente de notre pays.

Car s’il est vrai que M. Dologuélé a occupé d’éminentes fonctions, notamment en tant que ministre des Finances, puis Premier ministre de 1999 à 2001, son passage aux affaires reste entaché d’un bilan que ses compatriotes n’ont pas oublié. Dans l’imaginaire collectif centrafricain, il est souvent associé à la période au cours de laquelle le pays a connu l’une des plus lourdes accumulations d’arriérés de salaires de son histoire – avec toutes les conséquences sociales et économiques que cela suppose.

Il ne suffit donc pas d’être un technocrate accompli ou un financier reconnu pour faire un homme d’État capable de répondre aux aspirations profondes d’un peuple. La gestion des affaires publiques, surtout dans un contexte aussi complexe que celui de la Centrafrique, requiert bien plus que des compétences techniques : elle exige une vision claire, un leadership éprouvé, une proximité réelle avec les populations, et surtout, la capacité de traduire les promesses en actes concrets.

Dologuélé est peut-être un homme de dossiers. Mais l’exercice du pouvoir, dans sa dimension politique, sociale et symbolique, ne saurait se résumer à un curriculum vitae bien fourni. Le passé parle, et en l’espèce, il ne plaide pas nécessairement en faveur de celui que « Mondafrique » érige un peu trop rapidement en alternative unique.

Des alliances politico-électorales conestées

Dans sa publication controversée, « Mondafrique » avance que, sur le terrain électoral, Anicet Georges Dologuélé ne serait pas seul. Le média évoque notamment une alliance déjà conclue avec Jean-Serge Bokassa, et une autre en gestation avec François Bozizé. Faut-il rappeler à nos confrères de « Mondafrique » qu’avec Jean-Serge Bokassa et François Bozizé réunis, Dologuélé ne constitue en rien une menace sérieuse pour le Président Faustin Archange Touadera dans les urnes !?

Prenons d’abord le cas de Jean-Serge Bokassa. Depuis sa déconvenue lors de l’élection présidentielle de 2020, l’ancien ministre de l’Intérieur a virtuellement disparu de la scène politique. Son mouvement politique est en sommeil, sa base électorale largement érodée. Penser qu’il puisse aujourd’hui représenter un levier électoral significatif relève plus de la fiction que de la réalité politique centrafricaine.

Quant à François Bozizé, l’ancien chef de l’État déchu, il reste politiquement affaibli et juridiquement attendu. Son parti, le KNK, souffre d’une paralysie manifeste depuis plusieurs années. Plus grave encore, Bozizé demeure aux yeux de nombreux Centrafricains l’architecte de la tragédie de 2020, initiateur de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), une rébellion qui a semé la désolation et coûté la vie à des milliers d’innocents.

Anicet Georges Dologuélé, lui-même, sait mieux que quiconque ce que vaut une alliance avec Bozizé. L’histoire récente le rappelle : à la veille des élections de décembre 2020, une entente politique avait été conclue entre les deux hommes. Mais cette alliance, après avoir épuisé sa logistique dans des promesses financières, n’avait accouché que d’un chaos. Bozizé, fidèle à sa logique de rupture violente, n’avait pas tardé à abandonner la stratégie électorale pour reprendre les armes, tentant une fois de plus de faire basculer le pouvoir dans la violence.

Faustin Archange Touadéra, dans tout cela ?

À moins d’avoir été actionné à dessein pour rédiger un article aussi déséquilibré en faveur d’Anicet Georges Dologuélé, Mondafrique semble, de toute évidence, peu ou mal informé des réalités politiques actuelles en République centrafricaine. Comment expliquer autrement qu’en totale contradiction avec les sondages – officiels comme indépendants – ce média parvienne à ériger M. Dologuélé en figure providentielle, reléguant le Président Touadéra au rang d’outsider ? Une lecture manifestement déconnectée du terrain.

Pour mémoire – et pour rafraîchir celle de nos confrères – il convient de rappeler qu’au-delà de son bilan salué en matière de rétablissement de la sécurité, de relance économique, de diplomatie active et du retour de la confiance des bailleurs internationaux, le Président Faustin Archange Touadéra reste, aux yeux d’une large majorité de Centrafricains, l’homme de la stabilité et de la continuité.

Face à une opposition divisée, peu préparée, parfois embourbée dans des alliances douteuses ou inefficaces, Touadéra aborde l’échéance du 28 décembre avec une organisation bien huilée, une base populaire solide et un projet politique clair. Son expérience, sa constance et sa capacité à fédérer les forces vives du pays en font le grand favori de cette présidentielle.

Alors, plutôt que de brandir des plumes mercenaires pour tenter de réécrire la réalité, laissons le peuple centrafricain, seul souverain légitime, s’exprimer librement dans les urnes. Il saura faire le choix de la raison, de la stabilité et de la paix durable.

Présidentielle centrafricaine, la réconciliation avec Dologuélé ou le chaos

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Le plan caché de Donald Trump contre les Frères Musulmans https://mondafrique.com/libre-opinion/le-plan-cache-de-donald-trump-contre-les-freres-musulmans/ Sun, 30 Nov 2025 06:24:03 +0000 https://mondafrique.com/?p=143555 Le 24 novembre 2025, Donald Trump a signé un décret pour classer « toute section ou autre subdivision des Frères musulmans » sur la liste des «organisations terroristes"

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La Confrérie des Frères musulmans (CFM), fondée en Égypte il y a près de 100 ans, a pour objectif de placer la planète entière sous le régime de la charia. Selon Marco Rubio, secrétaire d’Etat, la Confrérie, est « à l’origine […] de tout le djihadisme mondial moderne ». Le Frérisme agit tantôt par la violence (comme le Hamas à Gaza), tantôt par « subversion des institutions», en utilisant « la force de l’ennemi contre lui-même, sans qu’il s’en aperçoive » selon la formule de Florence Bergeaud-Blackler, spécialiste française du mouvement.

Yves Mamou, ancien journaliste du Monde

Le 24 novembre 2025, Donald Trump a signé un décret pour classer « toute section ou autre subdivision des Frères musulmans » sur la liste des «organisations terroristes ». Bien que le décret pris par Donald Trump fasse explicitement référence aux mouvances égyptienne, jordanienne et libanaise, les « sections » ou «subdivisions » des Frères musulmans aux États-Unis semblent aussi sur la sellette. Il faudra attendre deux mois environ pour connaître l’ampleur de la frappe américaine contre ce fer de lance de la subversion islamiste.

La lutte de Donald Trump contre le Frérisme ne date pas de ce décret de novembre.

L’action anti-Frériste de Donald Trump n’a pas démarré avec ce décret de novembre 2025. Elle a commencé en janvier de la même année, au premier jour de son entrée à la Maison Blanche. Un regard rétrospectif sur l’action du président américain permet de distinguer un plan d’action en trois étapes.

PHASE 1. Janvier 2025 : sortir les universités de l’influence des Frères musulmans

La lutte de l’administration Trump contre le wokisme et l’islamisme dans les universités a commencé le 30 janvier 2025. Des décrets ont été pris sur deux axes : lutte contre l’antisémitisme et lutte contre le wokisme. Toutes les universités qui toléraient les violences contre les étudiants juifs au nom de la défense de la Palestine ont été privées de financements fédéraux.

Le gouvernement américain a également levé le voile sur phénomène caché et dangereux pour l’unité nationale : le financement politique des universités américaines. Le Qatar qui n’a jamais caché ses liens avec les Frères musulmans, est apparu comme l’un des plus gros donateurs du monde universitaire américain. Sur vingt cinq ans, les estimations les plus basses font état de 4 à 7 milliards de dollars de dons – la plupart du temps, jamais déclarés – en provenance du seul Qatar au profit des plus prestigieuses universités. Certains médias parlent de 6 milliards de dollars depuis 2007. Cet argent servait-il à conférer du prestige au donateur ? Certes, mais il servait aussi à créer des départements de Middle East Studies, ou de sciences politiques à tonalité sensiblement anti-israélienne et globalement anti-occidentale.

En avril 2025, un nouveau décret a obligé les universités à rendre publics leurs financements « afin de protéger le marché des idées contre la propagande commanditée par des gouvernements étrangers et de préserver les étudiants et la recherche américains de toute exploitation étrangère ». Le décret visait là, clairement, le Qatar et les Frères musulmans.

PHASE 2. MAI 2025 : réorienter les capitaux qataris vers l’industrie américaine

Les Qataris veulent peser sur l’avenir des États-Unis? Qu’ils le fassent à bon escient, a pensé Donald Trump. En mai, le président américain a réalisé un voyage dans le Golfe au cours duquel il a signé de vertigineux accords commerciaux avec les monarchies pétrolières. Les contrats signés avec le Qatar permettraient d’envisager 1 200 milliards de dollars d’échanges immédiats et à venir avec les États-Unis. Oui à l’investissement industriel, non à l’influence islamiste !

 

PHASE 3. NOVEMBRE 2025 : le gouvernement américain projette d’inscrire toutes les antennes des Frères musulmans en lien avec le terrorisme sur la liste des organisations terroristes.

Pourquoi le décret présidentiel lance-t-il l’anathème sur des « subdivisions» ou des « sections » et pas sur la Confrérie elle-même ? Pour la bonne raison que la Confrérie n’a pas d’existence juridique en tant que telle.

Il faut donc agir association par association avec le risque de se tromper et de devoir gérer d’interminables plaintes. En août 2025, Marco Rubio, secrétaire d’État, avait déjà précisé qu’il souhaitait empêcher un amoncellement de plaintes et recours devant les tribunaux. « Apporter des preuves, des documents » prend du temps. « Il faut justifier ses propos comme on résout un problème mathématique » avait-il expliqué. « Nous réévaluons constamment les groupes afin de les qualifier : sympathisants de terroristes, terroristes eux-mêmes, etc. » a dit Rubio.

Segmenter la procédure de lutte contre les FM, faire le tri, a toutefois un avantage : ne pas offenser deux pays que les États-Unis considèrent comme des « amis » ou des alliés, le Qatar et la Turquie.

Le Qatar et la Turquie sont liés entre eux par un pacte d’entraide mutuelle secret noué au début des années 2000 (finance, énergie…). Mais cette alliance est aussi « fondée sur la promotion du rôle politique de l’islam, ce qui se traduit par un soutien à la confrérie des Frères musulmans », écrit Ana Pouvreau, spécialiste des mondes russe et turc. Turquie et Qatar semblent s’être partagés les rôles. La Turquie a été le refuge organisationnel de la Confrérie quand le Qatar fournit les moyens (financiers, médiatiques).

Ces deux pays se retrouvent aujourd’hui face à un choix douloureux : préserver une bonne relation avec les États-Unis et prendre leurs distances avec la Confrérie… ou persévérer dans leur alliance avec les franges dures des Frères musulmans et risquer de mécontenter le puissant allié américain.

On saura très vite quelle sera leur attitude.

Qui utilise qui ?

Au Moyen-Orient, c’est une constante : les États financent, hébergent, protègent, médiatisent divers acteurs djihadistes non étatiques. Ce sont des outils de politique étrangère, des relais de puissance. L’Iran chiite est le maître en la matière : il arme et finance le Hezbollah au Liban, diverses milices en Irak, les Houthis au Yémen, le Hamas à Gaza. Sans l’Iran, la puissance de ces milices serait sérieusement amoindrie.

Le Qatar et la Turquie sunnites ont agi de même avec la Confrérie des FM. Sans mouvements islamistes transnationaux, aucun État ne pourrait «influencer» le voisin, ni régner sur une zone qui dépasse son propre pays.

Habileté américaine

On l’aura compris, cette description d’une lutte en trois phases de l’Amérique Trump contre les Frères musulmans est une hypothèse. Des décisions successives de l’administration Trump dessinent une ligne préétablie. Rien ne permet d’accréditer qu’une politique en trois phases, tout à la fois officielle et tue, a été formulée en coulisses.

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