- Mondafrique https://mondafrique.com/libre-opinion/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Sat, 17 Jan 2026 08:16:43 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg - Mondafrique https://mondafrique.com/libre-opinion/ 32 32 Trois rencontres avec Mohammed Harbi, trois souvenirs marquants https://mondafrique.com/libre-opinion/trois-rencontres-avec-mohammed-harbi-trois-souvenirs-marquants/ https://mondafrique.com/libre-opinion/trois-rencontres-avec-mohammed-harbi-trois-souvenirs-marquants/#respond Fri, 16 Jan 2026 23:57:43 +0000 https://mondafrique.com/?p=145525 Chroniqueur à Mondafrique, notre ami Djaffar Amokrane se souvient de ses rencontres avec le grand historien algérien Mohammed Harbi, récemment disparu La première rencontre était liée aux événements des années 90. L’Algérie venait de vivre sa première élection législative libre après l’ouverture démocratique. On est entre les deux tour et le campus universitaire bouillonne après l’annonce […]

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Chroniqueur à Mondafrique, notre ami Djaffar Amokrane se souvient de ses rencontres avec le grand historien algérien Mohammed Harbi, récemment disparu

La première rencontre était liée aux événements des années 90. L’Algérie venait de vivre sa première élection législative libre après l’ouverture démocratique. On est entre les deux tour et le campus universitaire bouillonne après l’annonce des résultats. Les étudiants étaient partagés entre partisans de l’annulation de l’élection et ceux qui optaient pour la poursuite du processus électoral. Cette configuration au sein du milieu estudiantin algérien suscita un débat passionnel.

Une conférence a été organisé pour apaiser un climat au bout de la confrontation. L’association représentant les étudiants algériens a proposé Mohammed Harbi, professeur d’Histoire au sein de l’université. Son intervention magistral a fait un diagnostique de la situation, «  il n aura pas de second tour, l’armée va intervenir et le risque de la violence se confirmera dans les semaines qui suivent », c’est avec cette phrase prémonitoire que le conférencier a terminé son intervention.

Connaissant la nature du système politique algérien de l’intérieur, sa description objective de ce qu’il allait advenir, de la situation du pays, marqua les esprits de beaucoup d’étudiants présents dans la salle.

La seconde rencontre, était lors d’une séance de dédicace de son livre paru en 1999 ; «  l’Algérie et son destin : croyants ou citoyens ». Profitant de la fin de la dédicace pour se réunir avec certains étudiants et amis, nous avons entamé une longue discussion sur la situation sur le pays. On était en février 1999, la campagne présidentielle était en cours, et on lui a demandé son avis. « Le retour de Bouteflika répond à un deal entre le pouvoir réel et l’ancien ministre des affaires étrangères. Il terminera sa vie à la présidence » décrit cette élection présidentielle. Encore une analyse pertinence, pour ne pas dire une prophétie autoréalisatrice

Autres temps, autres moeurs.

Troisième rencontre était fortuite dans un restaurant Myanis à Ménilmontant dans 20éme arrondissement. Le cadre convivial de la rencontre nous a permis d’aborder des sujets divers et variés. Je me suis permis de lui poser une question sur son livre co écrit avec l’historien français Benjamin Stora : « La guerre d’Algérie 1934 2004 la fin de l’amnésie ». Comment, les deux historiens ont réussi à établir un consensus dans l’écriture de l’histoire notamment la période celle liée à la guerre de libération.

Derrière la guerre de libération, il y avait un affrontement idéologique entre les deux Trotskistes. Les « Pabloistes » dont Harbi faisait parti, soutenait le FLN sur la base que la guerre doit être encadré par une élite politique. Tandis que les « Lambertiste », dont Stora faisait parti, soutenait les Messalistes, l’autre tendance du nationalisme algérien qui considère que la révolution doit être menée par les masses populaires. Cette phase de la révolution était marquée par une guerre fratricide au sein des deux mouvements nationalistes, aussi bien dans les maquis algériens et dans l’émigration en France. En ironisant, comment un pabloiste et un lambertiste peuvent accorder leur différent idéologique antagoniste et écrire ensemble un livre sur une histoire dont chacun l’aborde sur un prisme différent ? Sa réponse fut : «  d’autres temps d’autres mœurs ».

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La disparition d’Albert Bourgi, un amoureux de l’Afrique https://mondafrique.com/libre-opinion/albert-bourgi-la-disparition-dun-homme-dinfluence/ https://mondafrique.com/libre-opinion/albert-bourgi-la-disparition-dun-homme-dinfluence/#respond Wed, 14 Jan 2026 17:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145319 La disparition, ce 7 janvier 2026, à 83 ans, du professeur Albert Bourgi touche bien plus que ses anciens collègues et étudiants de l’université de Reims, où il a longtemps enseigné. Homme d’engagement, en politique comme en amitié, il a durablement influencé la politique africaine, notamment à travers ses interventions dans les médias, et ses […]

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La disparition, ce 7 janvier 2026, à 83 ans, du professeur Albert Bourgi touche bien plus que ses anciens collègues et étudiants de l’université de Reims, où il a longtemps enseigné. Homme d’engagement, en politique comme en amitié, il a durablement influencé la politique africaine, notamment à travers ses interventions dans les médias, et ses positions progressistes exemplaires ont marqué les esprits.

Par Michel Galy 

Rien de plus éloigné de la Françafrique au quotidien que les décennies d’activité d’Albert Bourgi en France et en Afrique ; bien au contraire, par ses amitiés de longue date, il a établi des liens, et non des réseaux, des engagements et non des compromissions. Certains de ses amis ont parfois été puissants un temps. Il leur apportait tant qu’il pouvait son appui, sans accepter en retour richesses et prébendes.

Né à Dakar en 1942 d’une famille d’origine libanaise, Albert Bourgi parlait aussi bien le wolof de la médina et le langage populaire, que le parler compassé des juristes. Excellent orateur, fort d’une très longue expérience politique et d’informations inédites puisées aux meilleures sources, il pouvait mobiliser l’assistance, et parfois les foules, comme aussi passionner ses lecteurs de Jeune Afrique ou ses auditeurs de RFI (où il a exercé, non sans problèmes et résistances, comme éditorialiste, de 1991 à 1996) ou encore ceux de la presse sénégalaise et ivoirienne.

Sa longue amitié avec Abdou Diouf, grand maître de la Francophonie après son départ du pouvoir, et avec Amadou Mahtar Mbow, alors directeur général de l’Unesco, firent de Bourgi un membre éminent de ces deux institutions pour lesquelles il effectua d’innombrables missions.

Un professeur de droit constitutionnel 

Longtemps lié à un milieu très normatif, si ce n’est conservateur, Albert Bourgi était très fier de son agrégation de droit (et d’avoir été major de sa promotion) qui, si elle lui a valu postes et reconnaissance institutionnelle, ne l’a pas empêché de se tourner, par ses recherches et ses publications, vers une science politique progressiste, estimant les forces et les enjeux derrière chaque article constitutionnel ou législatif.

De l’université Cheikh Anta Diop de Dakar jusqu’à l’université de Reims (où il a dirigé plus de 34 thèses), depuis sa thèse d’État en 1976 sur « la politique française de coopération en Afrique », sous la direction de Pierre-François Gonidec, jusqu’aux articles de droit et de science politique publiés par la suite, son activité de chercheur et d’enseignant a été multiforme.

Loin de se positionner comme « faiseur de Constitutions » écrites « clef en main » pour des chefs d’État en manque de légitimité – comme l’ont fait Jean du Bois de Gaudusson, Gérard Conac, Guy Carcassonne – ou pire, comme inventeur de textes et procédures avalisant les tyrannies locales – à l’inverse, par exemple, de Charles Debbasch au Togo – il n’a pas hésité à conseiller directement ses proches sur les textes et procédures et leurs nécessaires évolutions, et soyons clairs, sans juteuses « consultations ».

Après de longs et peut être fastidieux travaux de recensement de textes dans toute l’Afrique subsaharienne, ce qui lui a permis d’établir nombre de contacts, vint le temps des articles de réflexions critique et celui de la synthèse.

Ses enseignements dans diverses universités, notamment à Reims, ses participations remarquées à des colloques et conférences internationales, lui ont aussi valu d’être envoyé par de grandes institutions, comme la Francophonie, pour diriger des missions d’observation électorale, comme, par exemple, en Mauritanie.

Si réseau il y avait, c’était celui de ses anciens professeurs, de ses collègues juristes et surtout constitutionnalistes, et encore plus de ses anciens étudiants et thésards, toujours un peu intimidés et fiers de le recevoir aux quatre coins de l’Afrique- et qui rédigent depuis ce 7 janvier nombre d’émouvants éloges nécrologiques.

L’homme des médias 

S’il est courant qu’universitaires et chercheurs tâtent du journalisme (c’était autrefois une des voies royales pour intégrer la profession), il est beaucoup plus rare qu’un professeur et agrégé de droit produise une telle activité médiatique. La tribune hebdomadaire (avec photo!) dans Jeune Afrique (où il fut éditorialiste de 1988 à 2002), lui valait d’être reconnu instantanément partout en Afrique, tel ce pêcheur mauritanien du bord du fleuve, racontait-il, qui après l’avoir immédiatement reconnu, lui avoua collectionner ses tribunes !

Peut-être caution de gauche d’un hebdomadaire plus françafricain que panafricain, Bourgi était connu pour entretenir des relations tumultueuses avec Béchir Ben Yamed, faisant parfois trembler les vitres. Mais, pour autant, le texte de ses tribunes n’était pas modifié d’un iota.  

Il faut l’avoir entendu fulminer contre tel journaliste de RFI qualifié d’« officier de la DGSE » (sic!), pour comprendre que ses relations avec une radio internationale qui n’avait pas que des amis dans l’Afrique anticoloniale a connu des hauts et des bas…

Souvent invité sur le plateau d’émissions prestigieuses, comme celle de Denise Epoté sur TV5 (« Et si vous me disiez toute la vérité ? »), ou  de journaux télévisés, Bourgi a fait entendre, en y mettant les formes mais parfois avec la dent dure contre les despotes locaux, une voix certes encore minoritaire, mais toujours pertinente : celle qui dit la vérité sans fards contre tous les rideaux de fumée du pouvoir parisien et des satrapes africains.

L’ami de trois Présidents

Il ne servirait à rien de dresser la liste des grands amis d’Albert Bourgi. Autant citer le gotha de l’Université et du monde politique africain des dernières décennies…

Si le Sénégal était son pays, l’Afrique de l’Ouest francophone était son fief, du moins sa région de prédilection.

Du Sénégal, où il a fréquenté son ami de longue date Abdou Diouf mais aussi Moustapha Niasse, il connaissait à fond la société et le microcosme politique et médiatique, au point d’être considéré comme un acteur majeur de ces deux milieux. 

En revanche – et c’était là le lieu de nos débats passionnés – il connaissait beaucoup mieux le monde politique ivoirien, malien et guinéen que leurs évolutions socio-anthropologiques. Son aide amicale sur ces sujets était souvent très volontariste, faisant fi de manière passionnée, voire emportée, des « pesanteurs » des blocs ethnico-régionaux, comme pour la Côte d’Ivoire de 2010.

Il faut bien dire que l’aveuglement a souvent été collectif, et que les débats ne sont pas tranchés : qui aurait pu deviner la « solution militaire » et judiciaire de 2011 et la force des réseaux françafricains ?

Quoiqu’il en soit, comme vient de le rappeler dans son hommage le président Laurent Gbagbo, « Albert » était pour lui « plus qu’un ami, un frère » ! Son soutien depuis les élections de 2000 a été constant. On se souvient encore de son reportage exclusif de 10 pages, pour Jeune Afrique, écrit dans la clandestinité pendant le sanglant coup de force du général Gueï en octobre 2000, qui a valu un temps à Bourgi le surnom de « Che Guevara » des médias !

Des principes de fer, de Laurent Gbagbo à Alpha Condé

Pendant les temps mauvais de l’intervention militaire française en 2011, de l’enlèvement, de la séquestration et de la déportation à La Haye du président ivoirien, Albert Bourgi mena une guérilla constante en faveur de son grand ami, jusqu’à sa libération. Dix ans de tribunes, écrits, colloques, comme celui d’Addis Abbeba, sur le colonialisme judiciaire d’une Cour pénale internationale qu’il honnissait régulièrement, la procureure Fatou Bensouda, qu’il avait connue dans une autre vie comme ministre de la justice de Gambie, étant l’une de ses cibles privilégiées. 

Visiteur assidu à la prison de Scheveningen, il mena aussi un discret combat judiciaire, proposant même, en compagnie de l’auteur de ces lignes, de comparaître comme « amicus curiae » (« ami de la Cour », témoin volontaire) pour faire entendre sa voix en audience publique, aux côtés de maître Altit – ce qui ne fut finalement pas possible. Si cette possibilité fut refusée par la Cour, le triomphe de l’acquittement en janvier 2019 conforta ses analyses et ses positions et augmenta encore son audience panafricaine.

Pour autant, amitié ne fut jamais complicité. Ayant mené, avec le député Serge Blisko, une longue et victorieuse lutte pour la libération de son autre ami proche, le professeur Alpha Condé, jusqu’à sa sortie des geôles guinéennes en mai 2001, il l’accompagna dans sa victoire électorale (en 2010), toujours prêt à le conseiller en toute franchise. Mais ces relations furent brisées net par la volonté, incompréhensible pour Bourgi, du président Alpha Condé de truquer la Constitution pour se présenter à un troisième mandat illégitime dix ans plus tard. « On ne peut pas s’opposer à une candidature anticonstitutionnelle à Abidjan et la cautionner à Conakry ! », affirmait-il alors.

…Et Ibrahim Boubacar Keïta

S’il avait côtoyé le professeur, ministre puis Président Alpha Oumar Konaré, au Mali, c’est surtout avec Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) qu’Albert Bourgi établit la relation la plus amicale et la collaboration politique la plus efficace, du moins pendant son premier mandat, à partir de septembre 2013. Là aussi, forçage électoral, concussion et prébendes menaçaient la légitimité du Président et l’emportèrent lors du coup d’État inopiné d’août 2020. Pour paraphraser la formule précédente, Bourgi ne pouvait critiquer durement Karim Wade, « ministre du ciel et de la terre » à Dakar, et bénir les détournements de Karim Keïta, le fils affairiste d’IBK à Bamako.

Depuis la cité internationale de Paris, où jeune étudiant, il côtoyait les futurs pontes ouest-africains, comme Charles Konan Banny ou André Salifou, jusqu’aux statuts d’éminence grise ou de conseiller du Prince, que de chemin parcouru…

Ce n’est que lorsque plusieurs ouvrages, mémoires, témoignages et recherches livreront les mille facettes de son activité incessante que l’on comprendra toute l’importance d’Albert Bourgi ; en attendant, on ne peut que souhaiter l’ouverture de ses archives personnelles et la publication de ses articles scientifiques et de ses tribunes, pour comprendre l’impact véritable de cette vie dans le siècle.

 

 

 

 

 

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Ces cadeaux à la Cedeao qui sont des pièges https://mondafrique.com/a-la-une/ces-cadeaux-a-la-cedeao-qui-sont-des-pieges/ Wed, 07 Jan 2026 05:28:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=144795 Pourquoi nos pays, assis sur des richesses considérables, se laissent-ils offrir des cadeaux misérables par les grands de ce monde ? Une chronique de Venance Konan. J’ai lu vers la fin de l’année dernière sur le site de la Cedeao que la grande Chine, dans sa grande générosité, avait offert une voiture neuve à la […]

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Pourquoi nos pays, assis sur des richesses considérables, se laissent-ils offrir des cadeaux misérables par les grands de ce monde ? Une chronique de Venance Konan.

La carte officielle de la CEDEAO avant le départ des trois pays de l’AES

J’ai lu vers la fin de l’année dernière sur le site de la Cedeao que la grande Chine, dans sa grande générosité, avait offert une voiture neuve à la Commission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao), après avoir construit le siège de cette union. La remise de ce don s’est faite lors de la visite de l’ambassadeur chinois près la république fédérale du Nigeria et la Cedeao. Selon la Commission, la remise de cette voiture « est un geste symbolique et diplomatique fort, illustrant le renforcement de la coopération entre Pékin et l’organisation régionale. » Le nouveau siège de la Cedeao, connu sous le nom de « l’œil de l’Afrique de l’ouest », apprend-on, est situé le long de la route de l’aéroport d’Abuja et serait presque achevé.

La Cedeao, est l’union économique des pays d’Afrique de l’ouest. Elle comptait 16 membres jusqu’à ce que les trois pays du Sahel que sont le Niger, le Burkina Faso et le Mali ne s’en retirent et que la Guinée ne soit suspendue après le coup d’Etat de Mamadi Doumbouya.  Le Nigeria, qui abrite le siège de l’organisation, est l’un des plus grands producteurs de pétrole d’Afrique ; la Côte d’Ivoire et le Ghana sont les premier et deuxième producteurs de cacao du monde ; le Ghana, le Sénégal et la Côte d’Ivoire viennent de découvrir de grandes quantités de pétrole dans leurs eaux maritimes. Bref, les pays de la Cedeao sont loin d’être de pauvres hères tirant le diable par la queue que chacun se devrait d’aider. D’ailleurs, la Côte d’Ivoire est en train de construire à Abidjan une tour qui sera l’une des plus grandes d’Afrique. Et tous ces pays ne seraient pas capables de construire eux-mêmes le siège de leur organisation, réduits à considérer comme un acte de très haute portée que la Chine leur offre une banale voiture ?

Cinq malheureux vélos pour la police du Gabon

Il y a peu, c’était la France qui offrait cinq malheureux vélos à la police du Gabon, le jour-même où la justice de ce pays dévoilait que les collaborateurs du fils de l’ancien président Ali Bongo avaient accumulé des milliards de francs sur leurs comptes en banque. Chacun de ces hommes poursuivis en justice avait de quoi offrir des centaines de voitures à la police de son pays. Et certaines autorités du Gabon n’ont pourtant pas eu honte d’aller poser pour les photographes à côté de ces vélos ! Tout comme ce fonctionnaire de la Cedeao qui a posé fièrement dans la voiture offerte par la Chine. Combien de citoyens de la Cedeao n’auraient-ils pas pu offrir une voiture à leur organisation ? On vient de découvrir des milliards sur le compte du directeur financier d’un ministère en Côte d’Ivoire.

Il y a quelques années, c’est l’Union africaine, l’organisation qui regroupe tous les pays de notre continent, qui s’était vue offrir son siège par la même Chine. C’est-à-dire que 54 pays souverains dont certains figurent au rang des plus importants producteurs de pétrole, d’uranium, d’or, de manganèse et de beaucoup d’autres matières premières, ne sont pas capables de financer eux-mêmes le siège de leur organisation. Il faut que ce soit une puissance étrangère au continent qui vienne le leur offrir. Et ces pays ont paru très surpris lorsque l’on a découvert que ce siège était truffé de micros. De plus, l’essentiel du budget de fonctionnement de cette organisation est assuré par des pays non africains. Et nous parlons de souveraineté ? De dignité ?

Et nous nous étonnons que personne sur cette terre ne nous respecte, nous, Africains ? Qui voulez-vous qui respecte un peuple qui ne se respecte pas lui-même, qui passe toute sa vie à crier « à l’aide », à attendre des cadeaux, alors qu’il est capable de répondre tout seul à ses besoins, qui passe sa vie à attendre que les autres viennent lui donner tout ce dont il a besoin, alors qu’il est capable de se les offrir par ses propres moyens ? Honte sur nous ! Honte sur l’Afrique ! Aujourd’hui, nous sommes chassés de partout, en Europe comme aux Etats-Unis, méprisés partout dans le monde, et tous les jours nous allons mourir par centaines sur les plages d’Europe, pour fuir la misère. Et pourtant nous sommes conscients que nous avons d’énormes richesses sous nos pieds. Réfléchissons sérieusement à comment les exploiter pour le bien de nos populations, pour ne plus attendre des cadeaux qui ne sont que des pièges. Il est temps de comprendre que nous ne sommes plus des enfants qui attendent des pères Noël.  

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Les risques sécessionnistes en Afrique https://mondafrique.com/libre-opinion/afrique-etats-unitaires-menaces-declatement/ Tue, 30 Dec 2025 16:09:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=15009 Partout en Afrique, l’intangibilité des frontières est remise en cause comme elle peut l’être en Catalogne, en Flandre ou en Corse Après leur indépendance, plusieurs États africains avaient connu de graves crises internes avec leurs milliers de victimes, les innombrables exilés politiques et des territoires durablement meurtris. Les conflits du Biafra, du Cameroun, du Katanga, […]

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Partout en Afrique, l’intangibilité des frontières est remise en cause comme elle peut l’être en Catalogne, en Flandre ou en Corse
Après leur indépendance, plusieurs États africains avaient connu de graves crises internes avec leurs milliers de victimes, les innombrables exilés politiques et des territoires durablement meurtris. Les conflits du Biafra, du Cameroun, du Katanga, de l’Angola et du Mozambique aux causes différentes, sont encore dans les mémoires. Outre les affrontements de mouvements de libération nationale concurrents, comme dans les anciennes colonies portugaises de l’Angola ( MPLA et UNITA) et du Mozambiqie ( FRELIMO et RENAMO), c’est principalement la remise en cause du principe de l’intangibilité des frontières, posé par l’Organisation de l’unité africaine, en 1963, qui était souvent à l’origine des revendications des sécessionnistes. Les particularismes religieux, linguistiques et ethniques de certaines parties du territoire national ne se retrouvaient pas dans les nouveaux États unitaires, façonnés par la colonisation, en dépit des réalités de peuplement et de l’Histoire.
On aurait pu penser que les cicatrices de ces conflits post-coloniaux étaient définitivement fermées, étant donné le contexte du XXl ème siècle, dominé par la mondialisation de l’économie et l’affaiblissement de l’Etat face à la montée en puissance des organisations économiques supranationales comme la CEDEAO, la CEEAC, la SADC ou la CEMAC.
Du neuf avec de l’ancien
Le contexte mondial est nouveau, mais les conflits d’hier ne sont pas éteints. Il est vrai que la guerre froide est enterrée, avec ses importants dégâts collatéraux africains! Même si les alternances politiques tardent à se concrétiser, dans de nombreux Etats africains, les processus électoraux s’améliorent lentement et se rapprochent des normes internationales d’une élection démocratique.La société civile s’organise progressivement et la connexion africaine au village-monde, via l’internet, est, chaque jour, plus importante.
En dépit de ce nouveau contexte, des anciens conflits se rallument, les uns après les autres. Le vent des sécessions se renforce, comme en Europe avec la Catalogne, l’Ecosse, la Flandre ou la Corse. La langue, le passé historique et les discriminations politico-économiques du pouvoir central envers des particularismes territoriaux, sont à la racine de ces mouvements. Les sécessionnistes peuvent invoquer les exemples de l’Érythrée, du Soudan du sud, voire du Somaliland pour rejeter un principe de l’intangibilite des frontières battu en brèche.
Ainsi donc, le Biafra connaît de nouvelles revendications indépendantistes, la crise voisine au Cameroun anglophone se transforme progressivement en un mouvement secessionniste; la moitié orientale de la Centrafrique se détache ostensiblement de la République centrafricaine francophone et chrétienne, le Katanga retrouve des aspirations qui semblaient avoir disparues avec Moise Tchombe, le Pool congolais, toujours sous la coupe du pasteur Ntumi et de ses Ninjas, s’agite de nouveau et laisse craindre une reprise de la lutte armée, qui s’était terminée en 2005. Même au Mozambique, la Renamo rénovée a repris ses attaques contre le pouvoir du Frelimo, tandis qu’en Angola, la succession de l’autocrate Dos Santos et la confiscation du pouvoir par le MPLA de Joao Lourenço, ont redonné des forces à l’UNITA, dans l’est du pays.
Vers un nouvel embrasement?
Il y a d’abord le changement de paradigme dans les politiques africaines des nouveaux dirigeants des Etats-Unis d’Amérique, de la France, du Royaume Uni et le désintérêt de la Russie pour ces pays qui n’offrent plus d’intérêts stratégiques évidents. Désormais, les questions transfrontières comme la lutte contre le terrorisme islamiste et l’immigration clandestine sont à l’ordre du jour. Le pétrole et les grandes bases militaires africaines permanentes ont perdu de leur attractivité.
Dans les États où se produisent la résurgence de ces conflits internes, il faut constater que les mauvaises pratiques de gouvernance, les élections viciées par la manipulation des processus et des résultats, la répression des mouvements d’opposition et de leurs leaders, la quasi impossibilité d’espérer une alternance pourtant souhaitée par la grande majorité de la population et la faible prise en compte des problèmes du sous-développement de certaines régions, peu favorables au président, sont à la source d’une exaspération qui finit par se cristalliser contre le pouvoir central. La jeunesse, qui n’a pas connu les précédentes crises narionales, est sans grandes perspectives professionnelles. Elle est mûre pour l’immigration ou suivre les leaders qui veulent rompre le pacte national pour s’émanciper des autres régions du pays.
L’heure est de moins en moins aux coups d’Etat militaires et de plus en plus à l’éclatement des Etats unitaires.

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La Kabylie et l’Algérie, une seule et même nation https://mondafrique.com/libre-opinion/la-kabylie-et-lagerie-une-seule-et-meme-nation/ Sun, 28 Dec 2025 10:48:52 +0000 https://mondafrique.com/?p=144501 La nation algérienne  s’est forgée par des luttes  millénaires. La Kabylie, partie intégrante de la nation algérienne, a payé un lourd tribut pour l’indépendance du pays à l’instar de toutes les  régions de l’Est, du centre, du Sud et de Ouest. Autant dire que l’immense majorité du peuple algérien tient pour dérisoires et condamnables les […]

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La nation algérienne  s’est forgée par des luttes  millénaires. La Kabylie, partie intégrante de la nation algérienne, a payé un lourd tribut pour l’indépendance du pays à l’instar de toutes les  régions de l’Est, du centre, du Sud et de Ouest. Autant dire que l’immense majorité du peuple algérien tient pour dérisoires et condamnables les agissements d’un mouvement ultra minoritaire, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabilye (MAK), qui participe à des actions violentes et affiche une alliance avec Israël et le Maroc, deux pays qui ont un lourd contentieux avec le régime algérien. N.Be

Abderrahmane MEBTOUL, Professeur des universités, docteur d’Etat et fils de El Moudjahid Ali emprisonné à Lambèse et El Harrach 1958/1962 durant la guerre de libération nationale

Rappelons la résistante kabyle Lalla Fatma N’ Soumer  (1830-1863), une femme exceptionnelle qui a mené la lutte contre la colonisation française dans les années 1850, devenant une cheffe de guerre et une figure prophétique pour les tribus kabyles, avant d’être capturée et de mourir en captivité, devenant depuis un symbole fort de la résistance algérienne.

La régionalisation économique  que je défends depuis plusieurs décennies ne saurait se confondre avec l’avatar néfaste du régionalisme  avec pour objectif diviser l’Algérie mais comme ciment de l’unité  nationale  à travers une participation citoyenne. Le centralisme bureaucratique  alimente  ce genre  de discours  alors que la majorité des pays ont  une  organisation territoriale qui  favorise une réelle  décentralisation économique  comme en témoigne  , les Etats Unis d’Amérique, un des pays les plus décentralisé  au monde,  les fédérations de Russie , la régionalisation chinoise, italienne , espagnoles  , belges , les Landers allemands , les cantons suisses….

L’unité nationale sacrée

Face aux bouleversements géostratégiques mondiaux et aux nombreux défis socio économiques  , le développement économique harmonieux conciliant  l’efficacité économique  et  la  nécessaire cohésion sociale par une bonne gouvernance,  est le ciment  de l’unité nationale dont est profondément attachée toute la population algérienne et cela n’est pas  propre à l’Algérie ,mais ne devant pas  confondre  patriotisme avec le nationalisme chauviniste, source  d’intolérance  .

Aussi ceux qui veulent la partition de l’Algérie , sont une infime minorité  animés par des objectifs de déstabilisation du pays, n’ayant pas l’adhésion de l’immense majorité des Kabyles ,ni en  Kabylie ,ni  de l’immense majorité de la diaspora , ni des nombreux  kabyles vivant harmonieusement  dans d’autres régions au Sud,  à l’Est- au Centre et à l’Ouest  et encore moins des grandes puissances et de  la communauté  internationale  car la stabilité, la sécurité et le développement  de l’Algérie  est un facteur  déterminant de la  stabilité de la région méditerranéenne et africaine. Et pour son devenir l’Algérie sera que les Algériennes et les  Algériens voudront qu’elle  soit

 

 

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Abderrahmane Mebtoul: Fehrat Abbas, ce grand militant https://mondafrique.com/libre-opinion/abderrahmane-mebtoul-fehrat-abbas-ce-grand-militant/ Fri, 26 Dec 2025 06:50:20 +0000 https://mondafrique.com/?p=144441 L’action et le message de Ferhat Abbas, disparu voici 40 ans, restent d’une brûlante actualité, pour une Algérie qui doit concilier efficacité économique et justice sociale. Abderrahmane Mebtoul est universitaire, expert international. Ferhat Abbas (1899-1985), de son vrai nom Ferhat Mekki Abbas est né à Taher dans la wilaya de Jijel le 24 août 1899 […]

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L’action et le message de Ferhat Abbas, disparu voici 40 ans, restent d’une brûlante actualité, pour une Algérie qui doit concilier efficacité économique et justice sociale.

Abderrahmane Mebtoul est universitaire, expert international.

Ferhat Abbas (1899-1985), de son vrai nom Ferhat Mekki Abbas est né à Taher dans la wilaya de Jijel le 24 août 1899 et est décédé le 24 décembre 1985. Les analyses et propositions de cet homme de tolérance et de dialogue, sont d’une brûlante actualité. La relecture de son action militante et de ses Mémoires peut être très instructive pour l’Algérie de 2025.

Ferhat Abbas est un militant de la première heure de la cause nationale. Diplômé docteur en pharmacie, il s’établit à Sétif où il devient rapidement une importante figure politique de par son statut de conseiller général en 1934, conseiller municipal en 1935 puis délégué financier.Ferhat Abbas préconisait de réaliser la symbiose entre l’efficacité économique et une profonde justice sociale grâce à un État puissant régulateur qui engage un dialogue permanent entre les différentes forces politiques, sociales, culturelles et économiques.

Il adhère à la Fédération des élus des musulmans du département de Constantine en tant que journaliste. Il devient le promoteur de l’Amicale des étudiants musulmans d’Afrique du Nord, dont il est vice-président en 1926-1927, puis président de 1927 à 1931, date à laquelle il transforme l’Amicale en association. Il est également élu vice-président de l’Unef lors du congrès d’Alger de 1930.

Le 14 mars 1944 il crée l’association des Amis du manifeste de la liberté (AML) soutenu par Messali Hadj et le cheikh El Ibrahimi de l’Association des oulémas. En septembre 1944, il crée l’hebdomadaire Égalité (avec pour sous-titre Égalité des hommes – Égalité des races – Égalité des peuples).

Les émeutes de Sétif: l’Indépendance en marche

Au lendemain des émeutes de Sétif de mai 1945, tenu pour responsable, il est arrêté et l’AML est dissoute. Libéré en 1946, Ferhat Abbas fonde l’Union démocratique du manifeste algérien (Udma). En juin, le parti obtient onze des treize sièges du deuxième collège à la seconde Assemblée constituante et Ferhat Abbas est élu député de Sétif.

Après le refus à deux reprises de son projet sur le statut de l’Algérie, il démissionne de l’assemblée en 1947. Il lance le 1er novembre 1954 les premières actions armées qui marquent le début de la « Révolution algérienne ». Dès le 20 août 1956, à l’issue du congrès de la Soummam, il devient membre titulaire du CNRA (Conseil national de la révolution algérienne), puis entre au CCE (Comité de coordination et d’exécution) en 1957.

Ferhat Abbas devient ensuite président du premier gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) à sa création le 19 septembre 1958, puis du second GPRA, élu par le CNRA en janvier 1960. Il démissionne le 15 septembre 1963 pour des raisons à la fois politique et économique.

C’était un intellectuel de haut niveau, dont les écrits et prises de position lui vaudront un emprisonnement à Adrar entre 1963 et mai 1965 ; assigné à résidence entre mars 1976 et le 13 juin 1978. Il publie en 1980 ses Mémoires dans Autopsie d’une guerre puis en 1984 L’Indépendance confisquée. Il y dénonce la bureaucratisation de la société et la corruption.

Or, nous sommes en 2025 et ce sont toujours ces problèmes qui font l’actualité en Algérie. Il croyait fermement au primat de la connaissance sur la distribution de la rente. Auteur de nombreux ouvrages et publications. Dans Le Jeune Algérien, il dénonce 100 ans de colonisation française et insiste sur l’« algérianité »:  Dans La nuit coloniale, il écrit: « Nous sommes chez nous. Nous ne pouvons aller ailleurs. C’est cette terre qui a nourri nos ancêtres, c’est cette terre qui nourrira nos enfants. Libres ou esclaves, elle nous appartient, nous lui appartenons et elle ne voudra pas nous laisser périr. L’Algérie ne peut vivre sans nous. Nous ne pouvons vivre sans elle. Celui qui rêve à notre avenir comme à celui des Peaux-Rouges d’Amérique se trompe. Ce sont les Arabo-Berbères qui ont fixé, il y a quatorze siècles, le destin de l’Algérie. Ce destin ne pourra pas demain s’accomplir sans eux. »

Les leçons pour l’avenir

Les objectifs stratégiques sont la refondation de l’État algérien conciliant modernité et authenticité afin de redonner confiance entre l’État et les citoyens. L’économie de marché à vocation sociale doit remplacer l’étatisme bureaucratique et le capitalisme sauvage.

Ferhat Abbas préconisait de réaliser la symbiose entre l’efficacité économique et une profonde justice sociale grâce à un État puissant régulateur qui engage un dialogue permanent entre les différentes forces politiques, sociales, culturelles et économiques. Il favorise la participation citoyenne à la gestion de la Cité en faisant la promotion du savoir et de la femme. Il encourage toutes les libertés et est très attaché aux vertus de la morale.

L’Algérie a besoin que tous ses enfants se regroupent au sein d’un même objectif : le développement économique et social. Personne n’a le monopole du patriotisme. Nous devons éviter le monologue et tolérer les idées d’autrui. Ferhat Abbas est un exemple à suivre.

 

 

 

Pour aller plus loin : un entretien de Ferhat Abbas à la chaîne française Antenne 2, en 1980 (Archives INA).

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Rejoignez la nouvelle chaine Whatsapp de Mondafrique https://mondafrique.com/confidentiels/rejoignez-la-nouvelle-chaine-whattsapp-de-mondafrique/ Fri, 26 Dec 2025 03:18:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=107637 Avec quelques 500000 visiteurs par mois pour le site fondé en 2014, 35000 abonnés sur Instagram et 5000 fidèles de nos pages WhatsApp , « Mondafrique » a imposé une vision pluraliste et originale en matière d’information sur le monde arabe et africain

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Mondafrique qui rentre dans sa onzième année d’existence le doit à ses fidèles lecteurs qui résident pour moitié en Europe (majoritairement en France, beaucoup au Canada) et pour moitié dans les pays du Maghreb (surtout en Algérie) , du Sahel (le Niger et le Mali en tète)  et du Moyen Orient (notamment le Liban).

Avec quelques 500000 visiteurs par mois pour le site fondé en 2014, 35000 abonnés sur Instagram et 5000 fidèles de nos pages WhatsApp , « Mondafrique » a imposé une vision pluraliste et originale en matière d’information sur le monde arabe et africain. Depuis le début des guerres en Ukraine et au Moyen Orient, nous ne nous interdisons pas d’accueillir des analyses sur les grands équilibres mondiaux qui ne peuvent pas manquer de se répercuter sur le mode africain et maghrébin. 

Notre positionnement critique vis à vis des pouvoirs en place, la diversité des contributeurs du site -journalistes, diplomates, universitaires ou simples citoyens-, la volonté enfin d’apporter des informations et des analyses qui tranchent avec la reste de la presse ont été nos seules lignes de conduite.  

Notre indépendance est totale.

Nous revendiquons une totale transparence. Deux hommes d’affaires et actionnaires du site, l’un mauritanien et l’autre libanais,  nous permettent de disposer de ressources pour faire vivre le site. Qu’ils en soient remerciés.

Le fondateur de Mondafrique, Nicolas Beau, contrôle l’actionnariat, ce qui place notre media à l’abri de toutes les pressions.

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Yves Mamou: le gouvernement des milliardaires https://mondafrique.com/libre-opinion/yves-mamou-le-gouvernement-des-milliardaires/ Wed, 24 Dec 2025 08:26:50 +0000 https://mondafrique.com/?p=144402 En avril 2025, le New York Times a attaqué Donald Trump sur son point faible : la richesse. Parce qu’il avait tweeté « C’EST LE MOMENT IDÉAL POUR ACHETER !!! », le président milliardaire a été accusé de ne « s’adresser qu’à d’autres milliardaires ». Il est vrai qu’en l’occurrence, l’injonction d’« acheter » s’adressait moins aux ménagères qui comparent les […]

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En avril 2025, le New York Times a attaqué Donald Trump sur son point faible : la richesse. Parce qu’il avait tweeté « C’EST LE MOMENT IDÉAL POUR ACHETER !!! », le président milliardaire a été accusé de ne « s’adresser qu’à d’autres milliardaires ». Il est vrai qu’en l’occurrence, l’injonction d’« acheter » s’adressait moins aux ménagères qui comparent les prix dans les supermarchés qu’aux investisseurs qui vivent les yeux rivés sur les cours de la bourse.

Yves Mamou, ancien journaliste du Monde et animateur d’un site d’information sur le Moyen Orient

Nombreux ont été les médias qui ont fait remarquer que pas moins de 12 milliardaires formaient l’ossature de l’administration Trump. Elon Musk, l’homme le plus riche du monde (364 milliards de dollars au 17 avril 2025), a dirigé le département de l’Efficacité gouvernementale[1] (DOGE) du 20 janvier au 27 mai 2025 ; Howard Lutnick, secrétaire au Commerce, dispose d’une fortune estimée à 3 milliards de dollars. Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a déclaré une fortune de 500 millions de dollars… etc.

En avril 2025, Forbes a rappelé que la fortune de Donald Trump tournait autour de 4,2 milliards de dollars. Mais huit mois plus tard, le 18 décembre, le Wall Street Journal précisait, un tantinet scandalisé, qu’il « était sans précédent » qu’un président s’enrichisse dans de telles proportions au cours de son mandat. Les entreprises créées par la famille Trump au cours de la première année du second mandat de Donald Trump ont généré une richesse théorique de 4 milliards de dollars.

Un président milliardaire peut-il mener une politique qui soit favorable à l’intérêt général ?

En règle générale, la concentration extrême de richesse fait obstacle à l’égalité politique. Les milliardaires ne sont pas simplement des citoyens prospères ; ils constituent une classe sociale et les entreprises qu’ils gèrent leur donnent un pouvoir considérable sur l’ensemble de la société. Quand une famille de milliardaires accède au pouvoir politique, ce groupe mène des politiques généralement conformes aux intérêts de la caste. On est alors dans une oligarchie.

Le pouvoir oligarchique est une formule de gouvernement assez répandue.

Après la chute du mur de Berlin, la Russie, qui entendait liquider le communisme, a mené une politique de privatisation. Les acheteurs de ces biens bradés (mines, gaz, pétrole…) ont très vite formé une classe sociale nouvelle que les médias ont baptisée du nom d’« oligarques ».

Mohamed Ben Salmane, prince régent d’Arabie saoudite, a inauguré son pouvoir politique en mettant fin à l’oligarchie de la famille royale. En 2018, moins d’un an après sa nomination, le prince régent a mené une « lutte anticorruption », confisquant tout ou partie des dizaines de milliards de dollars accaparés par les membres de la famille royale.

En Chine communiste, les inévitables milliardaires qui ont surgi au gré du développement capitaliste du régime ont été rapidement mis au pas.

Guo Guangchang, président du groupe Fosun, a disparu en 2015 pour des raisons mal expliquées. Yim Fung, patron hongkongais de Guotai Securities, une des principales banques d’investissement de Chine, a lui aussi disparu en 2015, le temps d’une « enquête anticorruption ». Jack Ma, fondateur d’Alibaba, a brutalement disparu de l’espace public en 2020, après avoir publiquement fait remarquer que les banquiers chinois se comportaient comme des « prêteurs sur gages ». En 2020, Li Huaiqing, entrepreneur et philanthrope de renom, a été condamné à 20 ans de prison pour « incitation à la subversion du pouvoir d’État ». En 2021, Lai Xiaomin, patron d’un fonds d’investissement chinois, accusé d’avoir touché des pots-de-vin, a été exécuté. Et ils n’étaient pas les seuls…

Les milliardaires chinois ont compris désormais qu’ils ne sont qu’un rouage du Parti communiste et qu’ils n’ont pas vocation à s’exprimer en dehors de la ligne du parti.

Et l’Europe ?

Les Européens n’ont pas de Donald Trump en politique. Mais leur personnel politique, leurs élus, sont curieusement réceptifs à l’argent facile du Qatar. Cet oligarque islamiste dépense sans compter en Occident pour contrôler des clubs sportifs, des médias, des cours pénales internationales, des universités, des think tanks, des ONG et même des responsables politiques européens

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Que serait l’Algérie sans la Kabylie ? https://mondafrique.com/libre-opinion/serait-lalgerie-kabylie/ Fri, 19 Dec 2025 18:08:00 +0000 http://www.mondafrique.com/?p=5499 Pour ceux qui voudrait comprendre la Question berbère, en Algérie, un excellent ouvrage vient de paraître à Alger (ed.Barzakh) de Yassine Temlali, journaliste et chercheur, qui éclaire d’une manière nouvelle, une question ancienne qui déchire. REJOIGNEZ LA CHAINE WHATTSAPP DE MONDAFRIQUE https://whatsapp.com/channel/0029VaGzyWS1noyxUdC89Z1c Si l’on veut aujourd’hui penser, repenser la Kabylie, loin des idéologies meurtrières, alors il […]

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Pour ceux qui voudrait comprendre la Question berbère, en Algérie, un excellent ouvrage vient de paraître à Alger (ed.Barzakh) de Yassine Temlali, journaliste et chercheur, qui éclaire d’une manière nouvelle, une question ancienne qui déchire.

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Si l’on veut aujourd’hui penser, repenser la Kabylie, loin des idéologies meurtrières, alors il faut absolument lire « La genèse de la Kabylie. » de Yassine Temlali qui, de journaliste, fait ici œuvre d’historien. Un historien impliqué qui nous invite, avec brio, à faire une pause très stimulante intellectuellement sur l’histoire récente de l’Algérie en se proposant de « restituer le cadre historique dans lequel entre 1830 et 1962 est née une conscience culturelle et politique Kabyle », comme on déconstruit la fabrique des « récits identitaires algériens modernes ».

Dans cette déconstruction, aucun de ces récits n’est épargné, qu’il soit islamiste, arabiste ou berbériste, car si en apparence ils s’opposent,  ils partagent tous, écrit l’auteur, « un véritable anachronisme qui fait appréhender l’histoire comme un éternel retour du passé, dans le présent », tous obsédés par la reproduction à l’infini de l’image de « pieux ancêtres à la poigne toujours aussi coriace. »

La « question berbère » et la fabrique de l’Algérie

En se libérant de cette poigne coriace, Yassine Temlali nous embarque dans un voyage passionnant sur les pas de nos langues, sur les chemins de la construction d’identités où l’on croise nos ancêtres forgeant notre histoire contemporaine dans un perpétuel mouvement.

Prendre ces chemins d’histoire, c’est rencontrer des berbères qui, entre invasions arabes et colonisation française, ne semblent pas obsédés par leurs langues – en tous cas moins que les algériens d’aujourd’hui-, c’est croiser des dynasties berbères recrutant allègrement des arabes hilaliens pour aller tailler les têtes d’autres berbères, des tribus zénètes au moins autant nomades que des tribus arabes, des arabes qui se berbérisent et des berbères qui s’arabisent, des luttes de territoires où des hommes et des femmes (même si l’on regrettera leur grande absence de cet ouvrage), brassent leurs langues et pas seulement sous la contrainte, embrassent la même religion, l’islam. Et le voyage continue et il se fait géographie, nous faisant grimper jusque dans les montagnes de la Haute-Kabylie, redescendre dans les plaines qui les enserrent en Basse Kabylie, puis pousser jusque dans les Aurès, la Vallée du M’zab aux portes du Sahara, là où vivent des populations berbérophones issues de nos ancêtres les berbères mais se distinguant les Unes des Autres tributaires de territoires, de leur richesses et de leurs âpretés comme on s’adapte pour ne pas disparaître dans un univers hostile entre invasions arabes, Empire Ottoman et France coloniale.

Comment devient-on alors « Kabyles », « Chaouias », ou « Mozabites » nous interroge Y. Temlali en arpenteur novateur qui éclaire une vraie question : comment  la Kabylie est-elle devenue la région porteuse de ce que l’on pourrait appeler « La question berbère » avant de la réduire à « La question kabyle. »

En prenant ces détours, Y.Temlali nous entraîne dans la fabrique d’un pays : l’Algérie.

Un pays qui naîtra d’un ennemi commun le colonialisme français en dépit de ses fantasmes ethniques qui n’épargneront même pas les Encyclopédistes qui tel d’Alembert et Diderot écrivaient à propos des Kabyles « qu’ils se font l’honneur d’être chrétiens d’origine, haïssent les arabes et les autres peuples africains. » Le mythe de l’ isolat kabyle dans toute sa splendeur.

Et si la Guerre d’indépendance s’est chargée de balayer ce mythe fondateur de la politique coloniale de division ethnique entre « le bon berbère assimilable » et « l’ arabe fanatique », les algériens se sont à leur tour fabriqué leurs propres mythes tout aussi fantaisistes et destructeurs.

En mettant en lumière, dans une perspective historique, la naissance de ces récits identitaires 100% algériens, si rarement questionnés comme si la fonction des mythes coloniaux rabâchés jusqu’à plus soif servait à faire écran,  Y. Temlali fait un travail de précurseur qui bouscule…. ce qui explique peut-être le silence éditorial sur ce livre qui aurait du faire événement parce que rare dans un pays où les idéologies envahissantes interdisent de se penser. « S’il y a une dimension à ce livre, écrit avec justesse, Malika Rahal dans sa postface, c’est celle de vouloir réinjecter du fond dans des débats politiques présents qui en sont dramatiquement dénués, et redonner aux discussions du savoir, entendu à la fois comme matière et comme distance critique. »

« Berbèristes » ou « berbéro – nationalistes » ? 

L’une des idées fortes de ce travail est d’avoir saisi combien la naissance d’une nation, l’Algérie et la naissance d’une « province marquée du sceau de la spécificité », la Kabylie, participent du même processus majeur de notre histoire récente. Et que c’est paradoxalement la naissance de la question algérienne qui va donner naissance à la question berbère, c’est en forgeant l’Algérie état-nation que s’inventera la  Kabylie, deux territoires historiques et géographiques se construisant en même temps qu’elles chassaient du territoire national la France coloniale par les armes, après avoir épuisé toutes les formes de résistance légale. Que serait la Kabylie sans l’Algérie et que serait l’Algérie sans la Kabylie ? interroge Y.Temlali.

En 1947, deux questions vont déchirer le mouvement national : la question du passage à la lutte armée rendant inéluctable l’indépendance du pays et ce faisant, la question de la définition de l’identité algérienne. Si l’Algérie n’est plus un département français, alors qu’est ce qu’être algérien ?

En Grande Kabylie, des militants du PPA/MTLD, les kabyles étant de plus en plus nombreux au sein des cellules de ce parti, proposent un autre récit de l’identité que celui des tenants de l’Algérie arabo-musulmane, pour eux il manque la dimension berbère. Et, pour leur malheur, nombre d’entre eux se prononcent aussi et peut-être surtout contre les positions molles, légalistes de la direction du parti de Messali Hadj.

Pour cette direction, ils deviendront doublement coupables et plutôt que d’assumer les débats, ils

seront jugés et condamnés sous le vocable infamant pour ceux que l’auteur appelle les berbéro-nationalistes de « berbéristes » faisant le jeu du colonialisme. Quelle triste ironie de l’histoire, nous dit l’auteur.  Accusé d’être « berbéristes », ce qu’ils n’étaient pas, et de faire « le jeu du colonialisme », en dépit de leur nationalisme irréprochable par leurs adversaires, ils rentreront dans l’histoire par la voix de ceux qui se posent aujourd’hui en héritiers de ce combat comme les fondateurs du berbérisme, transformant ainsi l’accusation des vainqueurs, infamante pour les vaincus, en vérité historique.

Certains paieront de leur vie ces accusations, liquidés par les frères. Mais contrairement à ce qu’affirme la vulgate berbériste radicale, les frères et bourreaux n’étaient pas que des arabes, ils se recrutaient également parmi les Kabyles. Comme quoi les mythes sont parfois injustes à force de vouloir dessiner des identités à la serpe, s’inventant des martyrs, ils en oublient que les frontières du sang servent le plus souvent à circonscrire des territoires de pouvoir.

Comment ne pas être frappé à la lecture de cet ouvrage de constater à quel point les mots libertés, pluralisme,  sont totalement absents dans la terminologie politique qui préside à la construction du discours nationaliste, tant les acteurs, qu’ils soient arabes ou kabyles, sont terrifiés à la simple évocation de la différence, cet impensable, tant ils sont mobilisés autour de l’Unité nationale, la construction d’un état jacobin au « centralisme autoritaire » seul à même, selon eux, d’abattre et de remplacer l’Etat colonial. Même Abane Ramdane, l’architecte du Congrès de la Soummam n’échappe pas à cette règle fondatrice : « C’est le Congrès de la Soummam, tenu en Kabylie en août 1956, avec trois congressistes kabyles sur six, qui a ordonné une seconde traque meurtrière contre « les berbéristes. » Un an plus tard en 1957, il sera à son tour assassiné par ses frères, arabes et kabyles dont Krim Belkacem, le premier des kabyles à avoir pris le maquis, accusé à son tour d’être une menace au projet indépendantiste.

Du MCB au MAK. 

L’ouvrage de Y. Temlali est celui d’une génération, la génération post-indépendance, héritière de cette histoire et qui en 1980 fondait à son tour le Mouvement Culturel Berbère, le MCB.

C’est depuis cette histoire récente qu’écrit Y. Temlali, revisitant les classiques, il propose une lecture libérée du discours nationaliste jacobin et autoritaire en acteur à son tour engagé .

Dans son introduction il témoigne de cette histoire personnelle et comment, engagé alors qu’il était étudiant militant dans l’extrême-gauche clandestine, il va découvrir la question amazighe qu’il épousera à son tour, alors portée par le Mouvement Culturel berbère, « cet acteur majeur de l’opposition » de l’époque autour des revendications démocratiques face au parti unique et aux islamistes. Lui même issu d’une famille aux racines berbères mais arabisée, il sera de ces rares personnes qui apprendront le kabyle… au cœur d’une citadelle arabophone, Constantine, alors qu’il était étudiant en langue et littérature française. De quoi donner à réfléchir sur les chemins de l’histoire ! Aujourd’hui la Kabylie endeuillée, enfermée dans sa martyrologie douloureuse à force de compter ses morts, son récit identitaire, « Nous ne sommes pas des arabes » a enfanté d’un vilain avatar, du MCB au MAK. Du  Mouvement Culturel Berbère plein de promesses démocratiques aux Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie plein de bruits et de fureur. «  Dans un contexte régional explosif, marqué par des risques d’éclatement des états-nations issus des indépendances, écrit Y. Temlali, la question berbère que le gouvernement algérien refuse de résoudre de façon démocratique apparaît comme une véritable bombe à retardement. Une bombe d’autant plus menaçante que, dans ce contexte trouble, la revendication d’autonomie de la Kabylie gagne en popularité. »

Aussi ne faut-il pas s’étonner si cet ouvrage se veut, ce qu’il est incontestablement, également un livre d’intervention politique. Mais que le lecteur ne se trompe pas, cet ouvrage n’est pas un réquisitoire, c’est au contraire un plaidoyer. Le plaidoyer d’un universitaire qui nous offre un véritable travail de recherche, riche en références datées, sourcées, pour un débat apaisé et apaisant.  Un livre fraternel qui ouvre des pistes pleines de promesses pour construire un récit national à la hauteur de la richesse de l’ histoire de ce pays, l’Algérie qui semble toujours douter de sa légitimité à exister en tant que nation dans la totalité de son territoires, de ses territoires géographique et identitaires de la Kabylie jusqu’au confins du désert.

Un récit national interdit par les idéologies clivantes et par un état jacobin autoritaire né de la guerre dont il se nourrit et se sert. Ce récit qui est là tel un manque cruel sur les plaies, les blessures pendant que les algériens multi-traumatisés entre deux guerres – de l’indépendance à la guerre civile- des guerres ravageuses, malmenant corps et identités, vivent dans la crainte de l’explosion de l’état-nation dans la proximité attentive des expériences afghane, soudanaise, libyenne, irakienne et syrienne.

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« La création d’Adam », un appel à la renaissance de l’Afrique https://mondafrique.com/libre-opinion/la-creation-dadam-de-michel-ange-un-appel-a-la-renaissance-de-lafrique/ Tue, 16 Dec 2025 15:08:14 +0000 https://mondafrique.com/?p=144244 La fresque de Michel-Ange, La Création d’Adam, traverse les siècles non seulement par sa puissance artistique et spirituelle, mais parce qu’elle touche à l’essence même de l’humanité. Deux mains s’y tendent sans se toucher ; dans cet infime espace se jouent la liberté, la conscience, la dignité et l’élan vital. Cette scène, devenue universelle, exprime […]

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La fresque de Michel-Ange, La Création d’Adam, traverse les siècles non seulement par sa puissance artistique et spirituelle, mais parce qu’elle touche à l’essence même de l’humanité. Deux mains s’y tendent sans se toucher ; dans cet infime espace se jouent la liberté, la conscience, la dignité et l’élan vital. Cette scène, devenue universelle, exprime une philosophie de l’élévation humaine. Et si cette image offrait aujourd’hui aux peuples africains une clé de lecture pour penser la dignité, la responsabilité politique et la renaissance de leurs nations respectives ?

Bernardin Dilou

À l’heure où l’Afrique cherche sa place dans un monde en recomposition, La Création d’Adam nous rappelle que la renaissance d’une nation ou d’un continent commence toujours par la reconnaissance de la dignité humaine. L’œuvre de Michel-Ange n’est pas une relique du passé, mais une invitation permanente à repenser le sens du pouvoir. L’avenir africain ne se construira pas par l’accaparement, mais par la transmission ; non par la peur, mais par la confiance ; non par la domination, mais par l’élévation. C’est de cet espace entre deux mains que peut surgir une renaissance politique africaine authentique, durable et profondément humaine.

Ce tableau n’est pas qu’un chef-d’œuvre artistique ; il est une véritable proposition de société. Il suggère ce que pourraient être les relations entre le pouvoir et les citoyens : non pas la domination, mais la transmission ; non pas la confiscation, mais l’émancipation ; non pas l’enfermement, mais la responsabilité partagée. À travers cette œuvre, s’impose l’idée qu’un autre rapport au pouvoir est possible, en Afrique comme ailleurs : un pouvoir qui élève au lieu de contraindre.

Dans de nombreux pays africains, et notamment en Afrique centrale, les trajectoires politiques des dernières décennies se sont éloignées de cette vision. Les systèmes de gouvernance se sont souvent construits autour de la centralisation extrême, du contrôle des institutions et de la conservation du pouvoir, parfois au détriment de la dignité citoyenne et du dynamisme collectif. Là où la main devrait transmettre, elle retient ; là où elle devrait ouvrir, elle confisque. Michel-Ange nous rappelle pourtant que le véritable pouvoir est celui qui rend possible, celui qui permet à l’être humain de devenir pleinement acteur de son destin.

Dans La Création d’Adam, Dieu ne contraint pas : il propose. Il n’impose pas : il invite l’homme à se lever dans sa propre force et à assumer sa dignité. Ce geste fondateur suggère une responsabilité partagée entre celui qui donne l’élan et celui qui le reçoit. À l’inverse, nombre de gouvernances africaines entretiennent des systèmes où la responsabilité est confisquée par une minorité, tandis que les citoyens sont maintenus dans la dépendance politique, économique ou sociale. Le geste d’émancipation devient alors un geste de captation, et la promesse de naissance se transforme en étouffement des potentiels.

On pourrait s’interroger sur la pertinence d’un tableau du XVIᵉ siècle pour analyser les défis contemporains du continent africain. Pourtant, cette œuvre rappelle l’essence même de la mission politique : créer les conditions d’une humanité accomplie. Gouverner, ce n’est pas seulement administrer ou maintenir l’ordre ; c’est permettre l’émergence d’un peuple digne, instruit, créatif et responsable. Partout où le pouvoir se réduit à sa propre conservation, les sociétés s’immobilisent, l’innovation se fige et l’avenir se rétrécit.

La fresque de Michel-Ange est également un appel à la responsabilité historique des dirigeants. Celui qui détient le pouvoir répond de ce qu’il transmet aux générations futures. Lorsque les ressources nationales servent davantage à consolider des loyautés politiques qu’à investir dans l’éducation, la santé, la culture ou la créativité de la jeunesse, l’espace entre les deux mains cesse d’être une promesse : il devient un vide, voire un gouffre. Ce constat dépasse les frontières d’un seul pays et interroge une partie du leadership africain face aux attentes croissantes des peuples.

Pourtant, rien n’est irréversible. La main d’Adam, dans la fresque, n’est pas passive : elle est prête à répondre. C’est cette disposition qui confère à l’œuvre sa force intemporelle. Les peuples africains, malgré les blessures de l’histoire, les inégalités persistantes et les désillusions politiques, ne demandent qu’un espace pour se déployer. Le continent regorge d’intelligences, de talents, d’énergies créatives et d’initiatives citoyennes capables de transformer durablement les sociétés africaines. Ce qui manque encore trop souvent, c’est un geste politique qui reconnaisse cette dignité au lieu de la contenir.

Ce texte n’est donc pas un acte d’accusation, mais un rappel : une autre voie est possible. Une politique inspirée de cette tension féconde entre deux doigts — une politique fondée sur la transmission, le respect de la dignité humaine et la responsabilité partagée. Une politique qui élève plutôt qu’elle n’abaisse, qui ouvre plutôt qu’elle ne ferme, qui libère plutôt qu’elle ne capture. Une politique où le pouvoir cesse d’être un privilège personnel pour redevenir un service rendu à la collectivité.

L’Afrique ne manque ni de ressources ni de talents. Elle manque encore, dans de nombreux contextes, de cet espace vital entre les deux mains : cet espace où naissent la liberté, la responsabilité et la confiance. Cet espace ne se décrète pas ; il s’ouvre. Il ne se manipule pas ; il se respecte. Tout dirigeant soucieux de l’avenir du continent devrait méditer ce geste fondateur : une main tendue n’est pas une main qui retient, mais une main qui accompagne, qui inspire au lieu de commander.

 

 

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