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Après la guerre d’Ukraine, la guerre du Gaz !

Cette guerre est un terrible échec pour Poutine et la Russie. Pourtant, il va bien falloir y mettre un terme. Au moins, pour prévenir une catastrophe humanitaire et arrêter les dégâts des opérations militaires sur le terrain.

Une chronique de Stanislas Houël

Personne n’arrive à déterminer clairement quels sont les buts exactement poursuivis par l’invasion et ce qui justifie les mouvements militaires de l’armée russe sur le terrain.

Les positions déjà conquises par l’armée russe dans le Sud et l’Est de l’Ukraine pourraient permettre à Poutine, à défaut de pouvoir proclamer une victoire totale sur l’Ukraine, de déclarer la fin des combats sous prétexte que les objectifs « initiaux » sont atteints. Cependant, rien n’est sûr tant Poutine doit fulminer de devoir avancer à reculons. Il pourrait s’entêter à vouloir casser pour casser en dépit des pertes qu’il subit en vies comme en matériels.

Les dommages de guerre

Il faudra ensuite s’attaquer au problème des dommages de guerre. Car il faudra bien reconstruire, réparer, réhabiliter. Hormis les coûts (effroyables) purement militaires pour les deux parties, les dommages causés aux infrastructures civiles se calculent en centaines de milliards d’euros. Or c’est bien l’agresseur qui doit être tenu pour responsable des dommages. Sur cet aspect, l’utilisation des avoirs russes gelés et la levée progressive et partielle des sanctions sont deux leviers que les occidentaux et les Ukrainiens ne manqueront pas d’utiliser. Au-delà des dommages causés directement à l’Ukraine, il faudra inclure les dommages économiques et humanitaires indirects causés « au reste du monde ». C’est là qu’interviendront les Cours de Justice en Europe et aux USA pour passer du gel à la saisie des avoirs.

Enfin, la résolution de la question Ukrainienne ne signifiera pas, pour autant, la fin des hostilités. Loin de là ! Le soutien quasi inconditionnel de l’Union Européenne et de l’OTAN à l’Ukraine restera longtemps en travers de la gorge de Poutine qui voudra le leur faire payer : cyber-attaques, perturbations politiques dans leurs zones d’influence (en Afrique en particulier) et sabotages, de nouveaux théâtres de guerres par procuration, enlèvements et assassinats, etc. Poutine mettra en œuvre tous les leviers asymétriques qu’il utilise déjà depuis des années, mais dorénavant avec plus d’acharnement.

Et qui voudra encore aller investir dans des projets somptuaires en Russie pour en faire un géant du Gaz comme l’auront fait Shell à Sakhaline, TotalEnergies dans Arctic LNG 2 ou Engie et Wintershall Dea dans Nord Stream II ? Non seulement, ces bailleurs de fonds et de process vont encombrer les Cours d’arbitrage, mais il faut surtout s’attendre à ce qu’on ne les y reprenne plus

Si de tels investissements avaient été effectués ailleurs et, par exemple, en Iran, dont les réserves de Gaz sont comparables à celles de la Russie, la face du monde en aurait été changée et la Guerre d’Ukraine aurait été évitée.

À qui la faute ?

Non ! La guerre est loin d’être finie et ses conséquences sont encore difficiles à évalue

 

 

 

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