Liban, ces Arméniens acquis au Hezbollah

Lebanese of Armenian origin raise Armenian, national and Nagorno-Karabakh flags as they take part in a rally organised by the Tashnak party, in support of the Armenians of Nagorno-Karabakh, in the capital Beirut's eastern suburban neighbourhood of Bourj Hamoud, on October 9, 2020. - Armenia and Azerbaijan have for decades been locked in a conflict over Nagorno-Karabakh, an ethnically Armenian area which broke away from Baku in a 1990s war that cost about 30,000 lives.
Mondafrique a sondé les électeurs des quartiers arméniens de Beyrouth qui enverront six représentants dans un parlement qui comptera 128 élus. Un groupe charnière  qui n’est pas négligeable au sein d’une assemblée où chaque vote comptera.

La Fédération arménienne révolutionnaire, plus communément baptisée de « Taachnag », implantée au Liban dès les années 1920 après l’arrivée massive d’Arméniens fuyant le génocide en Turquie, est aujourd’hui le parti arménien le plus influent sur la scène libanaise. Trois des six députés sortants sont affiliés à ce mouvement. Or depuis 2005, le Tachnag, a rejoint le camp patronné par Damas et téhéran et conclu une alliance avec le Hezbollah et son allié, le Courant patriotique (CPL) libre du gendre du président Aoun, Gibran Bassil.

Seulement voila, ces trois élus ont été discrètement approchés par certains de leurs amis du camp opposé au Hezbollah. Des palabres ont eu lieu dans un restaurant huppé du centre de Beyrouth.

En pointe dans cette tentative de récupération du vote arménien, l’Arabie Séoudite a envoyé des émissaires à Beyrouth pour les rencontrer. Ils ont fait valoir à leurs interlocuteurs que dans le conflit qui avait éclaté au Haut Karabach à l’automne dernier, le Prince héritier MBS avait, pour la première fois, soutenu l’Arménie contre l’Azerbaïdjan. On sait à quel point les Arméniens de Beyrouth se mobilisent, le 9 octobre 2020, dans leur quartier de Bourj Ammoud pour affirmer leur solidarité avec le Haut Karabach repris par les Azéris après un dur conflit contre l’Arménie 

L’Iran et la Syrie, dont les sirigeants se rencontraient voici quelques jours, ont un oeil sur les élections libanaises du 15 mai

L’oukaze des Syriens

En janvier dernier, la volte face des trois élus arméniens était annoncée comme imminente. Le secrétaire général du parti Tachnag, Hagop Pakradounian, était prêt à rompre avec le « Courant patriotique libre » de Gibran Bassil, le gendre du Président Aoun, et donc avec ses alliés du Hezbollah. Du moins jusqu’à la convocation par le président Assad des dirigeants du parti arménien où on les somma de maintenir une alliance privilégiée avec le camp présidentiel. « Les clés étaient à Damas, explique un proche du Taachnag, la Syrie a mis fin à tout rapprochement avec les adversaires du Hezbollah ».

Les bras de fer entre « parrains » régionaux du Liban, qu’il s’agisse des  Syriens et des Séoudiens, a tourné en faveur de Damas. Une grande partie du vote arménien est désormais une chasse gardée du Hezbollah. La force du mouvement chiite est d’avoir su cultiver des liens avec la plupart des communautés religieuses libanaises. Autant d’alliances souples et sophistiquées  qui ont fait désormais du mouvement d’Hassan Nasrallah l’épicentre du système politique libanais.

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