Lettre ouverte aux Africains en charge de la Santé

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Les Afriques vous parlent (LAVP), un groupe d’étudiants de Master 2 de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, animé notamment par Stéphane Brabant se bat pour le Droit de la Santé en Afrique avec le soutien de Wilfrid Lauriano Do Rego, Coordonateur du conseil présidentiel pour l’Afrique.

Mondafrique publie volontiers leur déclaration d’intention

« Nos aspirations pour l’Afrique que nous voulons » tel est, Mesdames et Messieurs, l’agenda 2063 de notre Union Africaine, mantra qui exprime les espérances de réalisation d’un désir commun de prospérité et de dignité humaine, la volonté d’un continent de citoyens libres dont le potentiel est
pleinement exploité, libéré de la peur, de la faim et de la maladie.

La maladie, ce fléau auquel bien trop de vos citoyens succombent, faute d’avoir accès aux soins de première nécessité dans des structures médicales de qualité. En l’absence de moyens financiers suffisants, les perspectives de soin demeurent peu réjouissantes.

Jusqu’à quand ?
Il est estimé qu’en Afrique sub-saharienne, seulement environ 10% de la population active est couverte par un régime de sécurité sociale. Cette inaccessibilité du système médical révèle des problèmes de gouvernance. Cette inefficacité conduit les populations qui le peuvent à émigrer et
menace un droit dont jouit chaque individu : celui de vivre chez soi. Quelles sont les solutions qui s’offrent à la majorité de la population qui ne peut, à l’instar de ses dirigeants, se rendre dans les
meilleurs hôpitaux étrangers pour se soigner ?
Bien que le continent ait été relativement épargné jusqu’ici, la pandémie de coronavirus a mis en exergue la crise sanitaire à laquelle les États africains sont en proie. Si elle est touchée, l’Afrique dispose -t-elle des moyens suffisants pour faire face à une épidémie de cette ampleur ?

Les nombreuses failles se révèlent dans un tel contexte et démontrent que les besoin sanitaires de base ont été largement délaissés. La crise actuelle remet en cause les modèles sanitaires des différents États, mais elle pose surtout la question plus générale de la confiance placée dans les
dirigeants africains et les gouvernements dont vous faites partie. La pandémie actuelle, ainsi que les épidémies du passé, sont des alertes qui doivent inciter à remettre la santé au cœur des
préoccupations.

L’Afrique doit se préparer à adopter de nouveaux paradigmes afin de lutter contre toute pandémie et poursuivre la promotion du
développement.

Le droit à la santé suppose l’accès à un système garantissant la possibilité de jouir du meilleur état de santé possible. En fonction de leur mise en œuvre, les politiques étatiques peuvent promouvoir
ces droits ou les rendre inexistants.

Pour s’assurer du respect de ce droit, il serait opportun que les infrastructures hospitalières soient développées et que soient adoptées les réglementations adéquates en matière de fourniture des
médicaments. De ce fait, les États devraient mettre en œuvre les engagements nationaux et internationaux qu’eux-mêmes ont émis et reconnus, notamment la Déclaration d’Abuja exigeant des
États qu’ils consacrent quinze pourcents de leur budget national au secteur de la santé. Plus que cela, un contrôle rigoureux de la gestion budgétaire devrait être établi. En effet, trop de fonds mobilisés
dans le domaine sanitaire semblent ne pas atteindre leur destination finale.

Pour plus de transparence, les États pourraient notamment s’appuyer sur la technologie blockchain. En tant membres de la diaspora africaine, mesurant le privilège de vivre dans un environnement sanitaire plus favorable, nous ne voulons pas nous en satisfaire et désirons que le droit
à la santé soit accessible à toutes les populations du continent.
Nous ne pourrons réaliser l’Afrique que nous voulons qu’en tirant les conséquences de cette pandémie. Cessons de subir et d’être dans l’émotion : soyons dans l’action afin de bâtir une Afrique du bien-être, l’Afrique du futur. Nous vous invitons à incarner le changement

Les Afriques Vous Parlent (LAVP)

Il s’agit un groupe fondé par des étudiants du Master 2 Droits Africains de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Constitué à l’initiative de Maître Stéphane Brabant suite à un enseignement sur les droits humains dans le cadre des industries extractives en Afrique, nous souhaitons, au travers des voix des Afriques du continent et de sa diaspora, comprendre et faire entendre les attentes de la jeunesse africaine. LAVP se veut être une force positive d’écoute, de réflexions et de propositions pour bâtir un continent dans lequel la jeunesse africaine veut avoir l’espoir de pouvoir vivre dans le respect de ses valeurs et de ses droits fondamentaux.

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