L’Espagne lorgne vers le gaz algérien

Malgré de bonnes ressources en gaz grâce aux livraisons des Russes et des Qataris, l’Espagne multiplie les gestes favorables au pouvoir algérien pour s’assurer les bonnes dispositions de la Sonatrach. Au grand dam du Maroc qui a le sentiment d’être encerclé par ce rapprochement diplomatique et gazier.

Personne ne pensait vraiment qu’un gouvernement européen accède aux demandes du pouvoir algérien d’extrader ses opposants, compte tenu des conditions de détention de l’autre coté de la Méditerranée. Or l’Espagne s’est plié cet été aux exigences d’Alger. Personne ne doute aujourd’hui que ce geste s’explique par la volonté de s’attirer les faveurs de la toute puissante Sonatrach algérienne

Ainsi Mohamed Andallah a été extradé e août vers l’Algérie par le ministre espagnol de l’Intérieur. Avant son exil, ce  lanceur d’alertes avait été affecté à la surveillance des frontières entre l’Algérie et la Tunisie d’où il fut le témoin des trafics de drogue, de voitures, de cigarettes et autres entre les deux pays. Grâce à la divulgation des secrets de fabrication du système sécuritaire algérien, ce sous officier avait bénéficié, ces dernier mois,  d’une grande visibilité sur les réseaux sociaux.

Le gendarme algérien est poursuivi à Alger pour «appartenance à une organisation terroriste» et « financement d’une organisation terroriste ». Ce qui veut dire qu’il risque la  peine de mort

Le leader sahraoui soigné en Espagne

Chef du Polisario et à ce titre théoriquement protégé au plus haut niveau par le régime algérien, Brahim Ghali était soigné pour Covid-19 dans un hôpital de la Rioja au printemps dernier sous une fausse identité, bien qu’il y soit mis en cause en Espagne pour des accusations de viol et de torture. Mais le patron des réfugiés sahraouis a été victime de fuites dans la presse espagnole. Ce qui avait mis le nouvel allié de l’État algérien, l’Espagne, dans de sales draps.

En guise de représaille, le Maroc n’avait pas tardé à riposter et avait volontairement assoupli ses contrôles aux frontières, le lundi 17 mai, pour laisser des milliers de demandeurs d’asile débarquer sur l’enclave espagnole de Ceuta.

Les autorités européennes avaient vivement réagi à cette initiative.