Legislatives au Maroc : les fausses notes du PAM

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A deux mois des élections législatives marocaines, le patron du PAM -principal parti de l’opposition parlementaire-, Ilyas El Omari, multiplie les sorties hasardeuses. Mis sous pression par les attaques violentes et répétitives du chef du gouvernement islamiste, Abdellilah Benkirane, El Omari cumule les faux-pas, s’attirant moqueries et désapprobations sur les réseaux sociaux.

Ainsi, le Secrétaire général du PAM a choisi de croiser le fer avec Nabila Mounib, figure de proue de la gauche marocaine et chef de file du Parti Socialiste Unifié (PSU). Ilyas El Omari qui, dans une autre vie militait lui aussi au sein de la gauche avant de tourner casaque, a mené une attaque en règle contre « l’égérie de la troisième voie » au Maroc. Il l’a accusée de « piétiner » les valeurs de la gauche et d’avoir un « pédigrée bourgeois ». Des attaques qui n’ont pas plu aux militants du PSU qui n’ont pas tardé à se déchaîner contre celui qu’ils surnomment « le serviteur du Makhzen » pour sa proximité avec le Palais.

A y regarder de plus près, la charge contre Nabila Mounib semble être un bien mauvais calcul pour le leader du PAM.

Nabila Mounib, étoile montante de la gauche

La patronne de la nouvelle gauche marocaine jouit effectivement d’un fort courant de sympathie auprès des militants de la gauche déçus par les anciens communistes du PPS, ralliés aux islamistes, et par l’Union socialiste des forces populaires (USFP) qui préfère faire cause commune avec le PAM.

Depuis des mois, les sondages sont très favorables à Nabila Mounib appréciée par les Marocains qui la disent porteuse d’un projet de chef de gouvernement crédible. Une notoriété et une popularité qui suscitent des jalousies parmi les dirigeants du PAM.

Cela dit, cette émulation ne se serait pas l’unique raison de cette inimitié publique. Il y a quelques mois, le bureau politique du PSU sous l’impulsion de Nabila Mounib avait procédé à l’expulsion de l’un des ses membres ainsi que du secrétaire national à la jeunesse du parti, tous les deux soupçonnés par la direction du PSU de « servir l’agenda du PAM ». Une décision qui aurait déplu à El Omari qui se targuait depuis toujours de « pouvoir influencer tous les partis de l’intérieur ».

Niveau d’études insuffisant

Mais, c’est une autre goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Lors d’une réunion de son parti organisée à Fès, Nabila Mounib, forte d’un doctorat en endocrinologie décroché à Montpellier s’est permis de tacler El Omari sur son niveau d’étude. Le politicien qui entend diriger le gouvernement marocain après les élections du 7 octobre prochain, ne serait détenteur que d’un brevet d’études secondaires. Ce qui est insuffisant aux yeux de Nabila Mounib pour prétendre à la primature.

S’en est suivie une passe d’armes cinglante entre les deux politiciens. Ilyas Omari s’emmêle publiquement les pinceaux, n’arrivant pas à convaincre l’opinion publique de l’existence d’une « équivalence au baccalauréat » qu’il aurait obtenue en travaillant, mais également sur un hypothétique doctorat qu’il serait sur le point de soutenir dans une université suisse dont il tait encore le nom.

En fin de compte, ces escarmouches ont plus nui à Ilyas El Omari qu’à ses adversaires. Aussi bien le timing que les polémiques engagées démontrent, selon les observateurs une certaine fébrilité. Rien de rassurant à huit semaines des échéances électorales.

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