Côte d’Ivoire, le président Ouattara déstabilisé face à l’entente Bédié/Gbagbo!

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EXCLUSIF. Mondafrique publie un document secret où figurent les candidats  de l’alliance nouée entre le PDCI de l’ancien Président Bédié et le FPI de l’ex chef d’Etat Gbagbo pour les législatives du 6 mars prochain.

Les deux poids lourds de l’opposition, largement majoritaires dans le pays, ont trouvé des accords dans 188 circonscriptions, soit 86% du total. Une première en Côte d’Ivoire où un des atouts du pouvoir aura été, ces dernières années, la division des opposants dans un multipartisme de façade!

La coalition qui se met en place entre les deux principales formations du pays, si l’on excepte le Nord du pays, fief du président Ouattara, ainsi que, ce jeudi 11 février, « l’organisation du  retour effectif » de l’ex président Gbagbo, auréolé par un long exil dont il a été blanchi en première instance, pourraient placer l’actuel Président Ouattara dans une position très inconfortable.

Les élections législatives toute proches seront une partie difficile à jouer pour le pouvoir ivoirien dans une Afrique de l’Ouest qui doit compter désormais avec l’acteur incontournable qu’est devenu le peuple mobilisé. 

En juin 2010, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. Ces temps là sont révolus!                          

Si la vie politique ivoirienne était un film, l’alliance entre le PDCI de Bédié et le FPI de Gbagbo aurait tout d’un plagiat du Seigneur des anneaux, qui se termine par « le retour du Roi ». Le tête-à-tête inattendu qui a eu lieu en juillet 2019 à Bruxelles, entre les deux ténors de l’opposition que sont les anciens présidents Bédié et Gbagbo, a provoqué un accord entre leurs deux formations politiques pour les législatives du 6 mars. Sans doute l' »anneau magique » du « Seigneur des anneaux » qui place l’actuel président Ouattara dans une impasse politique.

Inédite dans l’histoire de ce pays depuis l’avènement du multipartisme en 1990, l’alliance PDCI-FPI pro-Gbagbo aurait largement de quoi bouleverser le rapport de forces politiques en Côte d’Ivoire. Arithmétiquement, elle y représente en effet une large majorité sociologique, le FPI pro-Gbagbo, deuxième parti ivoirien, s’étant allié au premier, l’ancien parti unique, le PDCI-RDA, fondé par Félix Houphouët-Boigny, le « père de la nation » ivoirienne.

Tour de force politique

De telles alliances électorales lors de scrutins législatifs ne sont pas légion ailleurs dans le monde. En France, un précédent remonte à… 1993, quand l’UDF et le RPR se sont alliés pour écraser la gauche à plate-couture, contraignant François Mitterrand à une seconde cohabitation qui se soldera par le suicide de son ultime Premier ministre Pierre Bérégovoy.

En Côte d’Ivoire, dans moins d’un mois, l’alliance Bédié-Gbagbo sera représentée dans 218 des 255 circonscriptions à pourvoir lors de ce scrutin. Situées dans le nord du pays, les 37 autres ont été taillées sur mesure pour le RHDP, la coalition pro-Ouattara qui regroupe le RDR de l’actuel président et plusieurs micro-partis.

Quand Simone Ehivet Gbagbo rencontre Henriette Bédié à son domicile à Cocody, dans l’Est d’Abidjan, pour annoncer des rassemblements afin d’« inciter les Ivoiriens à passer un pacte autour de la Nation ».

« L’union pour réconcilier les Ivoiriens »

Selon un document interne à cette alliance que Mondafrique s’est procuré (voir sa publication ci dessous), cette alliance présentera :

  • 128 candidats uniques aux deux partis sous la bannière « Union pour réconcilier les Ivoiriens»,
  • 32 candidats du PDCI sans la concurrence de candidat pro-Gbagbo dans la même circonscription,
  • 29 candidats pro-Gbagbo sans la concurrence de candidat du PDCI dans la même circonscription.

A ce stade, le PDCI le FPI pro-Gbagbo aligneront ensemble 189 candidats, alors que la  majorité absolue à l’Assemblée nationale est de 128 sièges, soit un taux d’accord locaux de plus de 86,7%. Dans les 30 circonscriptions restantes, les discussions entre les formations n’ont pas (encore ?) abouti.

Le pouvoir ivoirien, entre démocratie et dictature, tente de gérer « la zone grise » des scrutins électoraux face à une opposition unie, des partenaires internationaux lassés, un lobbying actif des ONG et surtout des mobilisations populaires massives. 

Affi N’Guessan, « le traitre »

Depuis la chute de leur héros le 11 avril 2011, les électeurs pro-Gbagbo ont boycotté tous les scrutins. En 2014, une dissidence menée par Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier ministre de Gbagbo, dit « Affi », a bien failli fracturer le FPI, le très socialiste Front populaire ivoirien fondé par Laurent Gbagbo.

Cette fronde, qui arrangeait au mieux les affaires d’Alassane Ouattara et, partant, de la France, a fait long feu et a valu à son chef Affi N’Guessan une solide réputation de « traître » aux yeux de la majorité des pro-Gbagbo.

Le 6 mars, « Affi » va donc aligner ses candidats pour tenter de faire mieux que son score de… 3 députés sortants (dont lui-même), le FPI officiel (reconnu comme tel par la justice ivoirienne) s’alignant avec le logo historique du parti ; ceux de Gbagbo se présenteront sous la bannière de la plate-forme EDS (Ensemble pour la démocratie et la souveraineté).

L’enjeu de la participation

Si les partisans de Gbagbo se mobilisent en masse lors de ces législatives, leurs suffrages, ajoutés à ceux du PDCI, ouvriraient de larges perspectives à l’alliance. Mais l’exécutif ivoirien, qui contrôle toujours la commission électorale, le Conseil constitutionnel, l’administration, l’armée, la gendarmerie et la police, ne reculera à l’évidence devant rien pour éviter une cohabitation à l’ivoirienne, et retardera sans doute le retour à domicile de Gbagbo.

Car c’est lui désormais le héros de la jeunesse africaine, et pas seulement ivoirienne. Voilà maintenant plus de deux ans que l’ex-prisonnier de Scheveningen a été innocenté par la Cour pénale internationale, et plus de deux mois que l’exécutif ivoirien lui a remis deux passeports, dont un diplomatique. Mais deux ans après son fiasco, la procureur de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda, ne s’est toujours pas décidée à faire appel ou non de l’acquittement de son plus illustre ex-prisonnier en première instance.

Un milicien (un Microbe, comme dise les Ivoiriens) a été filmé en train de shooter dans la tête d’un manifestant à SDaoukro

Un opposant décapité

De quoi arranger les affaires d’Alassane Ouattara, réélu il y a quatre mois, avec un score soviétique de 94% des voix, pour un troisième mandat contre lequel la totalité de l’opposition s’est dressée, le jugeant « illégal, illégitime et anticonstitutionnel », à l’issue d’une campagne électorale marquée par un vaste (et vain) mouvement de désobéissance civile pour faire barrage à Ouattara. Bilan officiel, 85 morts.

Ces violences pré et post électorales ont culminé début novembre quand un milicien (un Microbe, comme dise les Ivoiriens) a été filmé en train de shooter dans la tête d’un manifestant que lui et ses acolytes venaient de décapiter à la machette ! La video, depuis, a été authentifiée comme ayant bien été filmée à Daoukro, fief de Bédié. Mondafrique s’est refusé pour l’instant à diffuser ces images.,tout en n’aynat jamais cessé de dénoncer la nature répressive du pouvoir ivoirien

Mais à Paris, le ton a changé, et Ouattara n’a plus de chèque en blanc. Mise devant le fait accompli lors de l’élection présidentielle ivoirienne d’octobre 2020, la France, de mauvaise grâce, a fini par renouveler son soutien au président sortant. « Il n’y avait pas, a déclaré Emmanuel Macron à Jeune Afrique,  d’autre solution ». Vraiment?

L’alliance Bédié-Gbagbo pourrait bien fournir un plan B à l’Élysée. Encore faudrait-il qu’Emmanuel Macron entende la voix du peuple ivoirien? 

ENCADRÉ

Les accords pour les Législatives du 6 mars 2021 en Côte d’Ivoire :

Lors des législatives, ont été ouverts 10759 lieux de vote et  22135 bureaux de vote. La liste provisoire envoyée au Conseil constitutionnel comprend  1587 candidats à la candidature, dont 212 femmes. La campagne officielle a lieu du 26 février au 4 mars

CLIQUER CI DESSOUS pour connaitre l’état des alliances passées entre le PDCI et le FPI. 

Tableau

 

 

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18 COMMENTS

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  3. Bédié, Gbagbo en passant par guei Robert n’ont pas fait mieux que ado en seulement cinq ans de pouvoir. Laissez nous respirer un peu

  4. Existe-t-il un pouvoir législatif dans ce pays ? Ce pouvoir peut-il faire office de contre-pouvoir à un exécutif borné ? Je pense que non ! Dès lors que le président de la République peut légiférer par ordonnance ( et il le fait dans toutes les matières, même dans le domaine où la constitution l’exclut, sans que personne ne lève le petit doigt), l’assemblée nationale pour moi devient inutile! Elle n’est que budgétivore et ne sert à rien! Détenir le pouvoir législatif pour l’opposition revient à détenir une coquille vide ! Ce n’est en rien un contre pouvoir !

  5. Quelle opposition ? Celle de Gbagbo et Bedié ou celle daffi ? Une opposition qui se combat elle-même qui n’est même pas capable de s’entendre et de prendre des décisions ensemble !!! Et cette entente ne fera jamais long feu…

  6. Ne votez pas pour votre ami, MAIS VOTER POUR VOS ASPIRATIONS PERSONNELLES ! J’appartiens à l’opposition ALORS JE VOTERAI UN CANDIDAT DE L’ OPPOSITION MÊME SI JE N’ AIME PAS SA PERSONNE !

  7. Pourtant on nous disait ici que le fpi ne fait pas de promotion hummm on est nombreux si on doit tous nous choisir je peux être candidat avatar hinnnn car le mousse mais…

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