Le TGV marocain, démonstration d’amitié entre Paris et Rabat

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a construction de la LGV Tanger Kenitra impose la mise en place d’infrastructures lourdes, comme ici le viaduc de Sebou.

La Ligne à Grande Vitesse (LGV) entre Tanger et Kenikra, qui est inaugurée ce 15 Novembre, par Mohamed VI et Emmanuel Macron apparait plus comme un signal politique fort que comme un outil de développement 

Mohamed VI et Emmmanuel Macron déjeunent, ce 15 novembre, à 320 kim/h entre tanger et Rabat à bord d’un TGV flambant neuf, le premier d’Afrique. La visite du président français sera aussi « expresse » que le train lui même puisqu’Emmanuel Macron ne passera que quelques heures au Maroc, et encore sans Brigitte, son épouse. Le déplacement présidentiel en effet ne s’imposait pas sut un plan protocolaire, glisse-t-on du coté français, entre la visite d’Etat de Macron au Maroc est prévue l’année prochaine et  le déplacement du Roi du Maroc à Paris pour la commémoration de la grande guerre à Paris le 11 Novembre.

Il n’empêche, Paris veut avant tout ménager Rabat, alors que le bilan de sa politique africaine n’est pas par ailleurs très glorieux. La coopération entre les deux pays en matière de terrorisme et d’Islam n’est-elle pas au beau fixe? L’entente en revanche est nettement moins bonne avec Alger; l’offensive russe en Centrafrique et au Burkina met à mal le pré carré français; le financement de la force G5 Sahel est laborieux; les retards pris par le calendrier électoral en Libye tel qu’il avait été imaginé par la conférence de paris l’année dernière sont considérables.

« Un projet phare »

Une fois de plus comme sous Hollande et Sarkozy, le TGV est un outil diplomatique inespéré entre le Maroc et la France, ou pour reprendre la présentation un peu forcée du Quai d’Orsay, « un projet phare de la relation bilatérale entre la France et le Maroc ».

Peu importe alors que les TGV soit inauguré le 15 novembre aloors que les gares sont à peine prètes. Peu importe que du coté marocain, l’état calamiteux des infrastructures ferroviaires qui explique le grave accident  survenu à Bouknadel le 16 octobre (sept morts), aurait mérité, plus que le TGV Rabat-Tanger, un sérieux effort de mise à niveau.Peu importe que sur les deux milliards d’euros de financement du projet, la France, qui par ailleurs racle les fonds de tiroir pour boucler son budget, mette au pot à hauteur d’un milliard, dont une bonne partie de dons.

L’amitié franco-marocaine n’a pas de prix !

 

 

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)
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Youssef
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Youssef

un TGV ça roule à 300 km heures normalement pourquoi il met 2h10 pour faire 320 km ils auraient dû acheter des TER

enfantdurif
Invité
enfantdurif

Article nul et sans intérêt, on dirait que l’objectif du journaliste est seulement de porter atteinte a l’entente Franco- marocaine.

Nems
Invité
Nems

TGV geste politique, certes ; mais comment douter de l’appui au développement économique ? Alors qu’il relie les régions de Tanger et de Casablanca, régions aux économies les plus dynamiques du pays ? Aurait-on posé 2 milliards d’euros juste pour que les vaches voient un joli train passer ? Le journaliste pond son papier, le train passe… et ça, ça n’a pas de prix !