Le Qatar possible corrupteur de Issa Hayatou, président intérimaire de la FIFA

Nouveau coup de tonnerre à la FIFA. Le président de la Confédération africaine de football, Issa Hayatou, se retrouve président intérimaire de la FIFA alors qu’il est soupçonné d’avoir été corrompu par le Qatar.

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Le tsunami du « FIFAgate » continue de déferler sur le football mondial. Ce jeudi, les sages de la commission d’éthique de la FIFA, véritable tribunal interne de l’instance, ont suspendu pour 90 jours Sepp Blatter, président de la FIFA, et Michel Platini, président de l’UEFA. Conséquence immédiate : les deux dirigeants sont provisoirement remplacés à la tête de leur instance respective. Et c’est ainsi qu’Issa Hayatou, vice-président du comité exécutif de la FIFA et président de la Confédération africaine de football (CAF), est devenu président de la FIFA par intérim. A peine nommé, le boss surprise s’est empressé de publier un communiqué précisant, pour couper court à tout malentendu, qu’il ne serait pas candidat à la prochaine présidentielle de la FIFA, prévue le 26 février.

Opacité et clientélisme
Battu par Sepp Blatter lors de l’élection de 2002, Issa Hayatou s’est depuis mué en soutien indéfectible du Suisse. Au point d’en épouser toutes les dérives. Comme Sepp Blatter, Issa Hayatou a fait fructifier ses différentes compétitions sans réformer la gouvernance de son instance, marquée comme la FIFA par l’opacité et le clientélisme. Comme Sepp Blatter, Issa Hayatou s’est battu contre le principe de la limite d’âge, au point de changer les règles de la CAF à son avantage pour se maintenir au pouvoir après ses 70 ans. Et comme Sepp Blatter, Issa Hayatou a su écarter ses rivaux sans les écraser. Afin, le cas échéant, de transformer les adversaires d’hier en alliés de demain. La gamelle est tellement bonne !

Le Qatar encore et toujours

Conscient de l’importance de son poids à la FIFA pour son prestige continental, Hayatou y a toujours placé des hommes à lui. La promotion la plus récente inclut le Tunisien Tarek Bouchamaoui et le Congolais Constant Omari. Des fidèles du moment… Reste à savoir jusqu’à quand Issa Hayatou tiendra-t-il sans être éclaboussé par le « FIFAgate » ? Le volet suisse du scandale, qui porte sur l’attribution des Mondiaux 2018 et 2022, a de quoi l’inquiéter. Dix personnes ayant participé au processus d’attribution en qualité de membres du comité exécutif de la FIFA auraient déjà été auditionnées par la justice helvétique dans ce dossier. Parmi elles, trois dirigeants africains : l’Ivoirien Jacques Anouma, l’Egyptien Hany Abo Rida et Issa Hayatou lui-même.

Soutiens sans faille de Sepp Blatter, le hiérarque africain a depuis les oreilles qui sifflent. Dans un documentaire diffusé par la chaîne allemande ARD, la lanceuse d’alerte Phaedra Almajid, ancienne membre du comité de candidature du Qatar, avait accusé nommément Anouma, le Nigérian Amos Adamu mais surtout Issa Hayatou d’avoir touché chacun un million et demi de dollars en échange d’un vote en faveur du Qatar lors de l’attribution de la Coupe du monde 2022. Le remplaçant provisoire de Sepp Blatter n’en a donc sans doute pas fini avec la justice.

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