Le prince Salmane prend le Canada en otage

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Bien que les Saoudiens accentuent leurs pressions sur le gouvernement canadien sommé de présenter des excuses après avoir critiqué l’état des libertés en Arabie Saoudite, Justin Trudeau reste ferme .

Il n’y a plus d’ambassadeur du Canada en Arabie Saoudite et plus d’ambassadeur d’Arabie Saoudite au Canada mais ce sont les tweets saoudiens qui font la une des quotidiens….. Appuyant les campagnes d’Amnesty International et de Human Right Watch pour la libération d’un certain nombre de militantes des Droits de l’Homme -dont la soeur de Raif Badawi- la ministre fédérale des Affaires Etrangères du Canada, Chrystia Freeland, et l’ambassadeur à Ryad, Dennis Horak, s’était montrés préoccupés et demandaient la libération des emprisonnés.

Cette « crise » -c’est le mot qui est utilisé- prend une tournure particulière ici puisque l’épouse de Raif Badawi, Ensaf Haidar, et ses enfants, réfugiés au Québec depuis 2013, ont obtenu la nationalité canadienne il y a quelques mois.Le Premier Ministre du Québec, Philippe Couillard -qui a été médecin en Arabie Saoudite- n’a pas hésité à attirer l’attention de l’opinion publique sur le sort de Raïf Badawi détenu depuis 2012 -et dont l’épouse et les enfants sont maintenant canadiens.

Les autorités saoudiennes ont riposté vertement en stoppant immédiatement toutes relations commerciales entre les deux pays.

Fermeté canadienne

Ce qui n’a pas empêché Justin Trudeau, le 1er ministre fédéral, de rester ferme « C’est non, nous continuerons, poliment mais clairement et fermement à parler des droits humains partout dans le monde ». Le consensus sur ce point reste fort au Canada malgré les sanctions saoudiennes qui pleuvent: retour des étudiants saoudiens dont les bourses risquent d’êtres suspendues s’ils n’obéissent pas, départ des malades saoudiens des hôpitaux du Canada, rupture des relations commerciales, suspension des liaisons aériennes avec Toronto pour la compagnie nationale saoudienne et désinvestissement massif des fonds de pensions du Royaume.

Prise d’otage

L’avis général ici est que le prince Salman a tapé sur le maillon le plus faible en faisant comprendre aux Occidentaux en général, à l’Europe en particulier qu’il ne tolérerait plus de critiques sur les droits de l’homme dans son pays. Et l’on ironise ici sur le silence actuel qui semble jusque la prévaloir dans toutes les capitales qui fournissent des armes au Royaume. On a bien noté que les Etats Unis et la Commission Européenne ont demandé des éclaircissements à Ryad mais sans s’immiscer dans les affaires bilatérales du Canada et du Royaume wahabite.

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