Le prince Mohammed Ben Salmane (MBS) sur le banc des accusés

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Depuis huit jours, Jamal Khashoggi, une figure respectée du monde intellectuel et médiatique séoudien a disparu en Turquie. Sur fond de soupçons d’assassinat contre le pouvoir de Ryad et de demande d’éclaircissements du président Trump.

Jamal Khashoggi, figure respectée du monde intellectuel séoudien, a probablement été assassiné à Istambul

Accompagné de sa fiancée, Jamal Khashoggi pénètre, le 2 octobre, dans l’enceinte du consulat de l’Arabie Saoudite à Istanbul afin d’y récupérer un document officiel attestant de son divorce. Son objectif est de pouvoir se marier avec une citoyenne turque dénommée Khadija.

Depuis il n’existe plus aucune aucune trace du journaliste dont il y a tout lieu de penser qu’il a été assassiné. Les autorités Turques sont ainsi persuadées que cet opposant au régime séoudien a été liquidé physiquement dans l’enceinte du consulat par les services secrets de Ryadh.

                                              Un assassinat programmé ?

Auparavant, le célèbre journaliste qui résidait en Virginie avait fait une demande similaire auprès de l’ambassade séoudienne aux Etats-Unis. Il avait été reçu cordialement par l’ambassadeur Khaled Ben Salmane, frère de Mohammed ben Salmane, dit MBS,qui lui avait recommandé de s’approcher du consulat à Istanbul, son futur lieu de résidence. Jamal Khashoggi, qui avait déjà acheté un bien immobilier à 320000 $, comptait s’ installer définitivement dans la capitale Turqu

Quatre jours avant sa disparition du 2 octobre, il se présenta au consulat de son pays à Istanbul. Le rendez-vous est pris dans l’après-midi de la journée du 4 Octobre. Dès lors, l’organisation de sa disparition est planifiée. L’opposition saoudienne affirme que les employés locaux turcs travaillant dans l’enceinte du consulat ont été conviés à prendre la demi-journée. La même source affirme que 15 personnes furent dépêchées de Dubai et d’Amane sur deux avions.

La fiancée du journaliste a attendu sept heures durant sa sortie mais en vain. Elle a avisé les autorités de son pays et leur  a confié les trois téléphones portale, l’ordinateur et les disques externes de Jamal Khashoggi. Khadija finit sa thèse sur la tolérance interreligieuse et des minorités au Sultanat d’Omman. Un membre de sa famille est un proche conseiller d’Erdogan, le président turc

                           Des palais séoudiens à l’exil

Jamal Khasshogi, qui livrait ses analyses sur « le tournant » pris par MBS à Ryadh, au Washington Post, est passé successivement de la cour royale à l’exil, sans intégrer l’opposition installée à Londres. Il préconisa aux tenants du pouvoir royal de s’attaquer à la question des libertés, de la corruption, du pouvoir des instances religieuses devenue incontrôlable dans son pays. Son parcours fut atypique, dès l’obtention de son diplôme à l’université de l’Indiana en 1982 dans la discipline gestion administrative, il s’attela à son métier de toujours le journalisme jusqu’à en devenir rédacteur en chef du Journal Al Watan. Il fut le premier qui interviewa Oussama Benladen en Afghaistan lors de la guerre contre l’Union Soviétique. Certains affirment que son rôle dépasse le métier de journaliste. Il fut le conseillé de l’émir Turki Al Fayçal lorsque ce dernier occupait le poste du patron des services secrets. Il était l’interlocuteur privilégié des américains, après le prince Bender Ben Sultan, sur les questions sociétales mais aussi sécuritaires dans toute la région du Moyen Orient.

Marqué par une certaine ambivalence en soutenant dès le début la politique anti-corruption de MBS, la guerre au Yémen, mais aussi la propagation du sentiment anti Iranien dans la sphère Sunnite de la région. Il se rendra prématurément compte des limites intellectuelles du prince héritier fraichement installé et de la dangerosité de ses positions impulsives.

                                    A l’ombre des Frères Musulmans

Jamal Khajoggi dispose d’un réseau très étendu au sein de la mouvance Islamiste et tout particulièrement les frères musulmans. L’expérience afghane a consolidé ses liens et déploya ses connaissances dans la crise Syrienne pour la stratégie développée conjointement avec les USA et la Turquie à partir de 2015. La politique interventionniste de l’Arabie provoqua des dissensions au sein de la famille royale, notamment la crise Qataris et le retour de l’Iran sur la scène régionale.

L’opposition évoque des séances de torture avant sa liquidation dans l’enceinte du consulat saoudien à Istanbul. A moins qu’il aie été transféré vers une destination inconnue, afin de lui extraire les informations sur d’éventuelle réorganisation des frères musulmans en Turquie utilisée comme base arrière après la chute de Mohammed MORSI en Egypte. La monarchie Saoudien est inquiète d’avoir perdu sa guerre au Yémen mais aussi voire ses plans en Syrie périclitées. Sa crainte obsessionnelle se confirme du renforcement de l’Iran en Syrie, Irak, Liban, et en fin de près au Yémen.

Jamal Khajoggi préconisait une alliance avec la Turquie sur le plan sécuritaire, souhaitait  desserrer l’étau sur le Qatar et enfin souhaitait que soient revues les relations de Ryad avec les frères musulmans. Sur la base d’intérêts mutuels. Son nouveau regard recèle une recomposition de l’échiquier politique au sein de la famille royale en plein déconvenue. Ainsi, le journaliste est devenu une menace direct pour la famille des Al Sudairi, possible trait d’unionl dans le rassemblement des autres branches de la famille r^gnante Al Saoud comme les Al Shamar, Al Cheikh, Bani Khaled, Al Jilawi.

Le prince héritier, Mohamed Ben Selman, est aujujourd’hui l’homme fort d’un pouvoir qui est aujourd’hui suspecté d’avoir assassiné un opposant prestigieux et respecté.

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