Mauritanie, l’ex président Aziz pris la main dans le compteur d’électricité

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Ancien chef de l’Etat mauritanien pendant onze ans, ancien président en exercice de l’Union africaine et de la Ligue arabe surnommé « Président des pauvres », Mohamed Ould Abdel Aziz est aujourd’hui au centre d’un véritable scandale de fraude à  l’électricité.  

Des informations de nos confrères du « Quotidien de Nouakchott »

Les agents de la Somelec, la société nationale mauritanienne délectricité, ont constaté que l’actuel domicile de l’ancien chef de l’Etat a un branchement frauduleux et qu’il n’a jamais payé de facture depuis plus d’un an. Pour étouffer le scandale, Aziz aurait proposé de payer 11 millions d’anciennes ouguiyas mais aussi quatre autres millions comme « compensation ». Mais il semble que la Somelec a refusé de transiger avec son représentant qui a fait le déplacement arguant que le préjudice est beaucoup plus important vu que le branchement date du début du chantier soit plusieurs années de fraude. Soulignons qu’il y a quelques semaines, sa ferme et son usine de décorticage situées à l’Est de Rosso avaient fait face au même problème de branchement illégal. Cette ferme usine entièrement clôturée par les traverses provenant de la SNIM, était branchée directement sur le réseau de haute tension sans aucun compteur  alors que les populations voisines étaient dans le noir. 

Le Président Macron, reçu à l’occasion du G5 Sahel de Nouakchott, ainsi que les autres chefs d’Etat arabes et africains savaient-ils que leur hôte s’adonnait à la fraude vulgaire de l’électricité? Sans doute pas

Prison pour les fraudeurs

L’ancien Président qui se promène paisiblement à Paris, Las Palmas et Londres ne payait même pas de factures d’électricité pour des sites commerciaux et des résidences luxueuses.

Rappelons que c’est ce même Aziz qui avait limogé un ministre des finances parce qu’il avait pris en charge la facture d’électricité du domicile d’un ancien chef de l’Etat qu’il ne portait pas dans son cœur. Depuis Aziz avait changé la loi en plafonnant cette prise en charge, mais apparemment cela ne s’appliquait pas à lui. 

Rappelons que quelques mois avant son départ des dispositions légales plus répressives avaient été adoptées en vue de combattre la fraude à l’électricité allant même jusqu’à prévoir une peine de prison pour les auteurs. L’ancien président sera-t-il la première personne condamnée pour cette malversation ?

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)

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