Sissoko Embalo (CEDEAO) prend position pour Abidjan contre Bamako

Sissoko Embalo, président de Guinée Bissau, qui a réussi à se faire élire à la tête de l’organisation ouest-africaine en juillet 2022, vient de prendre position à New York ce jeudi sur RFI en faveur de la version de la Cöte d’Ivoire dans le  contentieux qui oppose ce pays au Mali dans le dossier dit des « 46 soldats ivoiriens détenus à Bamako »

Sissako Embalo, 48 ans lorsqu’il est élu président bissau-guinéenen en 2020, se définissait lui-même comme « antisystème ». Il n’avait pas hésité à affronter ses pairs, Alassane Ouattara et Alpha Condé en condamnant leurs troisièmes mandats qu’il jugeait anticonstitutionnels. Depuis, le contestataire est rentré dans le rang. Il vient de le prouver lors de l’Assemblée générale de l’ONU en affirmant: « les 46 soldats détenus par le Mali ne sont pas des mercenaires »- ce qu’affirme la junte militaire au pouvoir à Bamako accusant les Ivoiriens d’avoir tenté de déstabiliser le Mall. 

L’étrange « force anti putsch »

En s’installant dans le costume de président en exercice de la Cedeao, iSissako Embalo a repris à son compte les habitudes de ses homologues de la sous-région. Lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron à Bissau en juillet, il a ainsi annoncé la création du force anti-putsch pour en finir avec les coups d’Etat dans la sous-région.

Une idée saugrenue, à l’heure où lplusieurs juntes militaires an Mali, au Burkina et en Guinée ont mis fin à des régimes usés et autoritaires. Aucne proposition en revanche sur le Sahel en proie aux menaces djihadistes.

Le cas de la Guinée Conakry

Lors de ce sommet, le cas de la Guinée devrait, lui aussi, être examiné. La Cedeao ayant refusé une transition de 36 mois proposée par le colonel Doumbouya. Interrogé par RFI, Sissoko Embalo a déclaré que ce délai n’était pas négociable et que la Guinée s’exposait à de lourdes sanctions. Ces propos ont déclenché les foudres de la junte au pouvoir à Conakry, les qualifiants de « honte » et reprochant au président bissau-guinéen de pratiquer « une diplomatie de guignols ».  Si la junte exagère, la Cedeao est ici dans son rôle, il n’en reste pas moins qu’elle applique une nouvelle fois, une diplomatie à géométrie variable, puisque le Burkina Faso, lui, n’est pas menacé de mesures disciplinaires…

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